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Brèves

L’actualité en bref

La famille de Souheil El Khalfaoui vient de recevoir un courrier de la juge d’instruction pour les informer que neuf scellés ont été égarés par la justice. Des pièces à conviction avaient « disparu », notamment des images de vidéo surveillance, des enregistrements d’appels aux pompiers et à la police, mais aussi l’audition filmée du policier auteur du tir mortel. En août 2021, Souheil a été abattu d’une balle dans le cœur lors d’un contrôle de police dans le quartier marseillais de la Belle-de-Mai. Cette perte est loin d’être le premier « dysfonctionnement » de l’enquête, entre fichiers illisibles, fausses déclarations des policiers… Alors oui, la police tue ! Et la justice ne semble pas pressée de le reconnaître.

Comme ou pouvait s’y attendre « le conclave sur les retraites » voulu par François Bayrou et qui réunissait organisations patronales et quelques confédérations syndicales ultra-réformistes n’a rien donné après quatre mois de palabres. Et pour cause. Dès le départ, le Premier ministre avait expliqué qu’il n’était pas question de revenir sur la retraite à 64 ans mais que les fameux « partenaires sociaux » pouvaient toujours négocier sur des bricoles. Un os à ronger. Mais même là-dessus ils n’ont pas réussi à vraiment s’entendre. Quant à engager une véritable lutte pour les retraites, cela ne semble pas à l’ordre du jour ni de la gauche syndicale, ni de gauche politique.

Dix associations d’Outre-mer, actives aux Antilles (Guadeloupe et Martinique) mais aussi en Guyane, à Mayotte et à la Réunion dénoncent, dans un rapport commun intitulé Soif de Justice, une « discrimination environnementale territoriale » toujours plus intolérable. En effet pour les habitants de ces régions, boire, se laver, manger devient de plus difficile en raison des problèmes d’infrastructure, des contaminations ou des tarifs prohibitifs de l’eau potable. « Une des causes profondes de ces situations relève de la discrimination systémique entre les territoires ultramarins et l’Hexagone », dénonce Sabrina Cajoly, fondatrice de l’organisation antillaise Kimbé Rèd FWI. Pour preuve, explique-t-elle, les « territoires français des Outre-mer sont exclus d’un traité des droits de l’homme, la Charte sociale européenne, qui porte sur tous les droits économiques et sociaux, y compris l’accès à l’eau ». Une discrimination systémique que Paris n’est pas pressé de faire disparaitre.

Le site Disclose et le quotidien Libération ont enquêté sur les violences sexistes et sexuelles commises par des membres des forces de l’ordre. Entre 2012 et 2025 au moins 429 victimes ont été recensées dans pas moins de 130 villes. Parmi les victimes, 76 % sont des femmes, 6 % sont des hommes et 18 % sont des mineurs, hommes ou femmes. Les femmes policières et gendarmes représentent près de la moitié des victimes. Viennent ensuite des proches (78) des incriminés, puis des personnes interpellées (75) ou des femmes venues déposer plainte (57). Disclose a retrouvé la trace de 215 agresseurs, tous grades confondus. Tous, sans exceptions, ont détourné les moyens de police mis à leur disposition par l’État. Et l’enquête détaille : « Ils ont utilisé les fichiers internes pour récupérer les coordonnées de leurs cibles, simulé des perquisitions, menacé avec leur arme de service, attendu leurs proies à bord d’une voiture siglée ou joué de leur statut pour imposer le silence. » Pour l’instant le ministre de l’Intérieur, Retailleau, n’a toujours pas réagi pour dénoncer les comportements des délinquants en uniforme.

Selon une première estimation de la Cour des comptes, les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont coûté près de 6 milliards d’euros d’argent public dont des « dépenses d’organisation à 2,77 milliards d’euros », de sécurité de 1,4 milliard et des « dépenses liées aux infrastructures à 3,19 milliards d’euros ». Le tout payé par le contribuable. L’écart entre les estimations des organisateurs des Jeux et celles de la Cour des comptes est de l’ordre de un à trois. Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et son président, Tony Estanguet, contestent évidemment ces chiffres en invoquant notamment les « retombées » pour l’économie. On ne peut pas être plus vague. Et ça risque de recommencer. En effet les JO d’hiver se tiendront dans les Alpes françaises en 2030 pour un coût estimé pour l’instant par la Cour entre « trois et cinq milliards d’euros ». Mais qui risque de s’envoler dans les prochaines années comme c’est habituel. Pendant ce temps on manque de stades, de piscines et de profs de gym dans les établissements d’enseignement.

Les principaux pays impérialistes de la planète, réunis au sein du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), ont exprimé leur soutien à Israël dans son agression contre l’Iran. Bien mieux, ils ont affirmé que l’Iran est la principale source d’instabilité et de terrorisme au Moyen-Orient. Pas un mot sur le terrorisme à grande échelle qu’Israël met quotidiennement en œuvre à Gaza contre les Palestiniens. Au moment où les États-Unis bombardent à leur tour l’Iran en soutien à Israël, les appels à la désescalade ne sont que pure hypocrisie.

Un lycée de seconde est décédé à Saint-Lô cette semaine, écrasé par la chute d’une palette de marchandises dans l’entreprise où il faisait son stage de fin d’année. En 2023, l’Éducation nationale avait décidé d’imposer un stage obligatoire de deux semaines aux élèves de seconde… L’absence d’intérêt de ce stage pour des jeunes qui débarquent sans formation avait été pointée par les syndicats. Mais pour nos dirigeants, il n’est jamais trop tôt pour préparer les jeunes à se faire exploiter ! La leçon douloureuse que les lycéens pourront en tirer est que dans cette société, le travail tue.

D’après une étude réalisée par une soixantaine de scientifiques, la plupart des buts fixés lors de la COP 21 à Paris en 2015 ne seront pas atteints. L’objectif principal, limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, n’est désormais plus atteignable. Incapacité à diminuer le niveau de gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer… Autant de preuves qu’il est illusoire de croire que gouvernements et industriels agiront efficacement contre la crise écologique. Au contraire, ils en sont les principaux responsables. Un geste pour le climat ? S’attaquer au pouvoir des capitalistes !

Figure clé des manifestations propalestiniennes sur le campus de l’université Columbia, à New York, Mahmoud Khalil, 30 ans, avait été arrêté le 8 mars dernier par la sinistre police fédérale de l’immigration et transféré à près de 2 000 kilomètres de chez lui, au centre de détention pour immigrants de Jena, en Louisiane. Il était devenu le symbole de la volonté de Donald Trump de museler le mouvement étudiant en général et les soutiens aux Palestiniens en particulier. Né en Syrie de parents palestiniens il est titulaire d’une carte verte de résident permanent. Pour justifier son interpellation le secrétaire d’État Marco Rubio avait simplement indiqué que sa présence posait « potentiellement des conséquences sérieuses pour la politique étrangère » américaine. De nombreuses manifestations de soutien avaient eu lieu sur les campus. « Il s’agit d’une victoire, mais il n’aurait jamais dû être arrêté en premier lieu », a déclaré Elora Mukherjee, professeure de droit à l’université Columbia pour qui la mesure évoquée pour écrouer Mahmoud Khalil n’avait « jamais » été utilisée auparavant sur le titulaire d’un permis de résidence. Mais une victoire en demi-teinte. En effet Khalil a interdiction de quitter le territoire américain et ses déplacements sont limités à quelques États comme New-York, là où il réside, et le Michigan où se trouvent sa femme et son enfant. Le combat pour obtenir la levée de ces restrictions continue.