Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Répondant vertement à Thierry Ardisson, qui dans l’émission de France 2, Quelle Époque !,
avait comparé Gaza à Auschwitz (avant de nuancer son propos), Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), n’a pas eu un seul mot pour condamner les actions de l’État sioniste dans le territoire palestinien (bombardements, attaques d’hôpitaux et d’ambulances, blocage de l’aide humanitaire, exécutions sommaires, dynamitage de maisons, etc.). Il a affirmé dans un long tweet : « Aussi tragique soit malheureusement la situation des populations civiles palestiniennes, jetées dans la guerre par le Hamas, il n’y a pas – et heureusement ! – d’extermination. » On croit rêver ! Avec plus de 52 000 Palestiniens tués, au moins autant de disparus et 112 000 blessés, Arfi peut affirmer toute honte bue qui ce n’est pas une extermination. Réaction similaire d’une autre association sionisante, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui, elle aussi, s’offusque de la comparaison avec Auschwitz mais… sans condamner les massacres en cours. En fait, en prenant prétexte de la lutte contre l’antisémitisme, ces gens-là ne font que le service après-vente du gouvernement Netanyahou.

Les députés viennent de débuter l’examen d’un projet de loi sur la fin de vie et le droit de mourir dignement. Une disposition semblable, qui encadre strictement l’euthanasie, existe depuis 23 ans chez nos voisins belges et ne pose aucun problème. Mais ici une partie de la droite et l’extrême droite s’auto-proclament « pro-vie » et s’opposent à cette législation. Ce sont les mêmes qui combattaient bec et ongles la légalisation de l’IVG il y a quelques années. Mais chez eux la valeur de la vie n’est que très relative. Car ces derniers – ou leurs prédécesseurs – défendaient sans état d’âme les faits glorieux de l’armée française lorsqu’elle massacrait à tour de bras à Madagascar, en Indochine, en Algérie, en Afrique sub-saharienne ou ailleurs. Leurs convictions philosophiques sont donc à géométrie variable. Rappelons qu’un sondage Ifop datant de mai 2024 révélait que 92 % des personnes interrogées se déclaraient favorables à l’euthanasie lorsque le patient, atteint d’une maladie insupportable et incurable, la demandait. Une position de bons sens…

Voiles religieux arrachés, insultes, coups de volant au milieu de la route : selon la direction nationale du renseignement territorial, les actes anti-musulmans ont augmenté de 72 % par rapport à l’année dernière sur la même période (79 incidents contre 46 en 2024). C’est le reflet direct des discours racistes dans certains médias, des politiciens et du gouvernement, Retailleau en tête, qui banalisent la stigmatisation des musulmans et ainsi contribuent à légitimer les passages à l’acte.

Mardi 29 avril au matin, un chauffeur de « taxi » tchèque de 60 ans qui livrait des pièces à l’usine s’est écroulé dans la zone de repos des chauffeurs. Il a été déclaré mort à 9 h 17, malgré l’intervention et les soins des pompiers, puis du Smur, qui n’ont pas pu le ranimer. D’où était-il parti cette nuit-là ? Combien d’heures avait-il conduit ? On ne sait pas. On ne sait rien sur sa vie, ses conditions de travail. Stellantis se cache derrière la sous-traitance et nie sa responsabilité. Pourtant c’est bien Stellantis qui met en concurrence les entreprises extérieures et écrase les salaires et les protections des travailleurs de ces entreprises, comme elle détériore sans cesse nos conditions de travail.

La loi du marché ? C’est le système qui veut ça ? Alors c’est un système à renverser.

… d’après le bulletin Stellantis Mulhouse

Le 8 mai, la rabbine Delphine Horvilleur disait « ne plus pouvoir se taire » sur le massacre à Gaza, suivie par Anne Sinclair et Joan Sfar, deux autres personnalités juives dites progressistes. Ils justifient leur silence jusqu’à présent par le refus d’alimenter la montée — bien réelle ! — de l’antisémitisme depuis le 7 octobre 2023. Un silence très long, quand les défenseurs de la cause palestinienne étaient, et sont toujours, réduits par certains à des antisémites. Pendant ce temps, l’armée israélienne a fait plus de 80 000 morts, et va intensifier ses attaques.

Le 10 mai, les dirigeants européens ont tenté de s’inviter dans les négociations entre Trump et Poutine en exigeant un cessez-le-feu de trente jours. Le dictateur russe a répondu par une proposition de négociations « directes » entre la Russie et l’Ukraine, le 15 mai à Istanbul : un pied-de-nez aux puissances de l’Otan. Mais pendant que les puissances impérialistes rivalisent d’ultimatums et de manœuvres diplomatiques, les morts ukrainiens et russes continuent de s’accumuler sur le sol de l’Ukraine.

Le patron de Tesla, Elon Musk, l’homme que Trump a engagé pour virer des milliers de fonctionnaires, dont des postes indispensables dans la santé et l’éducation, vient de s’attribuer une rémunération de 55,8 millions de dollars (49 millions d’euros). Celle-ci a été approuvée par 70 % des actionnaires de son entreprise. Il s’est néanmoins trouvée une juge de l’État du Delaware pour invalider cette décision. Néanmoins, Musk persiste et signe : il a fait revoter par l’assemblée des actionnaires. De son côté, la juge n’a pas cédé. On ne sait comment cette affaire se terminera. De toute manière, elle ne changera pas grand-chose à la fortune de Musk, évaluée à 395,6 milliards de dollars (352 milliards d’euros).

Le 10 mai, plusieurs centaines de néonazis vêtus de noir, dont une partie portait des cagoules ou des masques, ont défilé dans le 6e arrondissement de Paris. Certains venaient d’Espagne, d’Italie, de Hongrie et d’Allemagne. Ils brandissaient des drapeaux à croix celtique, l’équivalent de la croix gammée trop dévalorisée pour être affichée ouvertement aujourd’hui, mais beaucoup d’entre eux portaient des tatouages de sigles nazis. Cette manifestation avait été autorisée par la justice, qui a considéré qu’une telle démonstration néonazie ne troublait pas l’ordre public. En revanche, toute manifestation de protestation devant cette provocation était rigoureusement interdite et reléguée dans un « village antifasciste » dans un autre arrondissement. C’est ainsi qu’une douzaine d’antifascistes ont été arrêtés par la police à cette occasion à proximité du cortège.

De très nombreux témoignages recueillis par l’université fédérale de São Paulo mettent en lumière le rôle du grand patronat dans les crimes commis par la dictature militaire qui a régné au Brésil de 1964 à 1985. Parmi les très grandes entreprises citées, il y a notamment la compagnie pétrolière Petrobras, la plus importante d’Amérique latine et le groupe automobile Fiat. Leur rôle ne se limitait pas à une complicité passive. Non seulement le patronat a financé le coup d’État et la dictature, mais Fiat et Volkswagen ont, par exemple, fait enlever et assassiner des ouvriers de leurs usines. Volkswagen a même reconnu les faits et versé des indemnités à des familles de victimes. Mais aucun patron n’a été condamné par la justice pour ces crimes, car une loi d’amnistie les protège, adoptée en 1979… sous la dictature militaire.