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Brèves

L’actualité en bref

Désireux de marquer des points contre le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans la lutte pour la conquête de la présidence des Républicains, l’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, désormais « conseiller spécial » du nouveau président, vient d’annoncer la suppression de toutes les aides financières à l’université de Lyon II, accusée de dérive « islamo-gauchiste ». En 2022 déjà la région Auvergne-Rhône-Alpes (avec Laurent Wauquiez comme président) avait ainsi supprimé ses subventions à Sciences Po Grenoble, en critiquant la « longue dérive idéologique et communautariste de sa direction ». Wauquiez, qui à l’évidence apprécie peu les débats d’idées, fait feu de tout bois pour apparaitre plus à droite et plus réac que Retailleau pour flatter la base LR. C’est pas gagné !

On ne l’a appris que ces jours-ci mais le 28 avril dernier une jeune femme musulmane de 26 ans a été agressée alors qu’elle rentrait chez elle avec son bébé d’un an. Un individu, encore non identifié, lui a arraché le voile qu’elle portait sur la tête en l’insultant et en lui jetant à la figure un liquide. Une enquête a été ouverte pour les chefs de « violences volontaires avec une incapacité totale temporaire de la victime inférieure ou égale à huit jours et pour vol ». La maire, Sandrine Berno Dos Santos, a dénoncé une « agression islamophobe », et, avec diverses organisations, a organisé sur les lieux de l’agression un rassemblement de 200 personnes. Elles ont affirmé leur solidarité avec la victime et leur opposition à toute forme de racisme. Rappelons que 79 actes islamophobes ont été recensés depuis le début de l’année, en augmentation de 72 % par rapport à 2024.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, n’a toujours pas digéré d’avoir été vertement critiquée, lors de la dernière cérémonie des Molières, pour ses coupes claires dans les différents budgets de son ministère. Interviewée dans la matinale de France Inter, elle a nié toutes restrictions budgétaires accusant ses critiques de propager des fausses informations. Un pieu mensonge. Dans la dernière mouture du budget, dont les chiffres ont été publiés au Journal officiel le mois dernier, on apprend que son ministère s’est vu sucrer près de 200 millions d’euros, dont une annulation de 99,9 millions d’euros en autorisations d’engagement et 93,8 millions en crédits de paiements. En matière de fausse information, Dati n’a de leçons à recevoir de personne.

Après Boualem Sansal, qui croupit déjà dans les prisons du régime, c’est un autre écrivain franco-algérien, Kamel Daoud, qui est dans le collimateur du président Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier a lancé deux mandats d’arrêts internationaux contre celui qui a obtenu le prix Goncourt 2024 pour son livre, Houris, qui raconte l’histoire d’une survivante de la guerre civile algérienne. Rien ne peut justifier le fait que l’on veille faire taire des écrivains, de longue date hostiles à un régime qui n’hésite jamais à envoyer ses opposants derrière les barreaux. Ce qui n’empêche que leurs prises de position, généralement dans la presse de droite, sont franchement réactionnaires, que ce soit dans des domaines comme l’immigration, l’islamisme ou la laïcité. Ce qui explique pourquoi la droite, l’extrême droite et une partie des centristes utilisent cette affaire pour déverser leur bile sur l’Algérie en général et les Algériens en particulier, qu’ils vivent ici ou là-bas.

Le cabinet de sécurité de Netanyahou a approuvé un plan qui prévoit l’expansion de son offensive à Gaza et qui comprendra également la conquête du territoire et la promotion du « départ volontaire des Gazaouis ». Il n’y a que les naïfs ou les faux culs qui peuvent s’étonner de telles décisions qui étaient prévisibles dès le début de la guerre. Le gouvernement sioniste a en effet saisi la perche que lui tendait le Hamas par ses massacres du 7 octobre 2023 pour mettre en œuvre son plan d’annexion de Gaza et d’expulsion de sa population. Un sort qui attend aussi sans doute la population palestinienne de Cisjordanie. Car l’extrême droite israélienne, aujourd’hui au gouvernement, rêve depuis des décennies de la création d’un « Grand Israël », allant du Nil à l’Euphrate, et qui engloberait Gaza, la Cisjordanie, l’ensemble du plateau du Golan syrien, une partie du sud Liban et de la Jordanie et des territoires égyptiens. Une façon de mettre un peu plus le Moyen-Orient à feu et à sang.

24 556 familles ont été expulsées de leur domicile en 2024, une hausse de 29 % sur l’année précédente et de 51,5 % par rapport à 2019, a annoncé le ministère du Logement. 71 % des personnes concernées souffrent de problèmes physiques ou psychologiques. Cette progression dramatique est liée, en partie, à la loi Kasbarian-Bergé votée en 2023 qui, sous prétexte de lutter contre « les squatteurs », facilite les expulsions des familles qui ne parviennent plus à payer leur loyer. Cette loi scélérate a également alourdi les peines encourues pour les personnes occupant des logements de « façon illicite », et prévoit jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour les personnes et familles qui, faute d’hébergement d’urgence, se mettent à l’abri dans des logements inhabités. Là encore, malheur aux pauvres ! Il est plus que temps de réquisitionner tous les logements vacants et de les attribuer à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Selon le baromètre 2025 du sexisme ordinaire au travail, réalisé à la demande de l’Association française des managers de la diversité, 77 % des femmes salariées interrogées déclarent être encore régulièrement confrontées à des propos ou des décisions sexistes. Plus d’une femme salariée sur sept a déjà été confrontée à une blague sexiste d’un collègue et plus d’une sur deux s’estime moins rémunérée à travail égal. De plus quatre femmes sur dix ont eu à supporter des remarques sur leur physique ou sur leur tenue, qu’il s’agisse de compliments les ayant mises mal à l’aise ou de remarques désobligeantes. L’entreprise reste un bastion du sexisme et du machisme.

Mediapart s’est procuré une évaluation confidentielle des centres éducatifs fermés (CEF), des établissements sociaux et médico-sociaux destinés à accueillir des mineurs délinquants multirécidivistes, généralement âgés de 13 à 18 ans. En théorie, leur objectif principal est la réinsertion sociale et éducative de ces jeunes, en leur proposant un cadre structuré et encadré alternatif à la prison. Les données montrent cependant que leur création n’a pas permis de réduire le nombre de jeunes derrière les barreaux. En fait, le nombre de mineurs enfermés est plus élevé qu’avant leur mise en place, avec une tendance à une « carcéralisation » progressive de ces centres qui tendent à ressembler de plus en plus à des prisons. Ce qui n’empêchera pas les députés de discuter, dans les jours qui viennent, une proposition de loi durcissant encore la justice des mineurs. La répression plutôt que la réinsertion : c’est la philosophie de Macron et compagnie.

Wolfgang Porsche, 81 ans, président du conseil de surveillance de Porsche, veut faire construire un tunnel de 500 mètres, sous la colline du centre-ville de Salzbourg (Autriche), jusqu’au parking privé de son manoir acquis en 2020 pour 8,4 millions d’euros. Le richissime petit-fils des dynasties de l’automobile veut jouer le Bruce Wayne-Batman de sa ville. L’ancienne mairie, complaisante, lui avait donné droit d’usage des sous-sols pour trois fois rien, alors que l’immobilier augmente pour les habitants, qui s’insurgent contre ce passe-droit.

… d’après le bulletin Stellantis CEMR Poissy