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Brèves

L’actualité en bref

Dans son classement annuel publié le 2 mai, à la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières alerte sur les menaces économiques pesant sur les médias et les journalistes. Ils sont confrontés à des situations « problématiques », « difficiles » ou « très graves » dans les trois quarts des 180 pays évalués. Multiplication des fermetures de médias, domination des géants du numérique, mainmise de milliardaires… Les pressions économiques menacent partout cette liberté pointant notamment une « dégradation inquiétante » aux États-Unis sous le mandat de Donald Trump. L’économie du secteur est en outre « mise à mal » par les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), dont les plateformes, « largement non régulées, captent une part croissante des revenus publicitaires » et participent à « la prolifération de contenus manipulés ou trompeurs ». Et de noter également qu’en France une « part significative de la presse nationale est contrôlée par quelques grandes fortunes », ce qui interroge sur « l’indépendance réelle des rédactions ». Enfin une trentaine d’États musèlent la presse par la violence interdisant les médias, emprisonnant, voire assassinant les journalistes. En un mot, sous le capitalisme, la presse vraiment libre n’existe qu’à la marge.

Pour la première élection législative partielle depuis le retour des travaillistes au pouvoir l’an dernier, ces derniers ont perdu un siège de justesse au profit du parti d’extrême droite Reform UK. Lors du précédent scrutin, en juillet dernier, le Labour avait remporté la circonscription avec 53 % des suffrages, loin devant Reform UK qui ne récoltait que 18 %. Il n’a fallu que neuf mois de gouvernement « de gauche » de Keir Starmer pour qu’une partie de ses électeurs ouvriers, déçus par sa politique (notamment la suppression de certaines aides sociales) se tournent vers l’extrême droite, les conservateurs étant complètement déconsidérés. Si cette tendance se confirme, cela peut représenter un danger mortel pour les travailleurs que la démagogie anti-migrants de Reform UK ne cherche qu’à diviser.

Lors de la dernière assemblée générale de ses actionnaires, le groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé céder pour 10 milliards d’euros la majorité de sa filiale Opella, qui fabrique notamment le Doliprane, au fond d’investissement américain CD&R. Pour remercier ses actionnaires, le porte-parole du groupe a annoncé que la moitié de cette somme serait consacrée à l’achat de nouvelles actions, ce qui fera mécaniquement monter leur cours. Enfin, le salaire du PDG du groupe va passer de 1,4 en 2024 à 1,6 million d’euros en 2025, soit une hausse de 14,3 %. Un actionnaire a alors demandé, sous forme de boutade : « J’ose espérer que vous allez augmenter les salariés de 14 %. » Ce qui a bien fait rire l’assistance. Mais le jour où les salariés réclameront leur dû, les actionnaires seront moins joyeux.

Après l’assassinat dans la mosquée de La Grand-Combe dans le Gard, d’Aboubakar Cissé, beaucoup avait souligné le manque d’empathie (pour ne pas dire plus) du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, à l’égard de la victime. On lui reprochait notamment d’avoir réagi tardivement et de ne pas avoir reçu la famille du jeune Malien. Explication du même Retailleau lors de l’émission Quotidien sur RMC : Cissé était… en situation irrégulière et sa famille vivait… en Afrique. Un gros mensonge qui a fait réagir Mourad Battikh, l’avocat de cette famille endeuillée, qui non seulement n’a eu aucun problème pour contacter ses proches, mais qui, de plus, avait croisé le ministre dans les locaux de BFMTV et ce dernier ne lui avait rien demandé. Mais on ne peut pas s’étonner que le locataire de la place Beauvau, qui passe son temps à traquer les clandestins, ne réagisse pas trop lorsque l’un d’entre eux est assassiné.

Cela n’a pas tardé. Les incendies monstres qui ont ravagé durant deux jours la région de Jérusalem étaient à peine maîtrisés que Netanyahou blâmait les Palestiniens, affirmant que 18 suspects avaient été arrêtés. Ce qui a été démenti par la police. De son côté, son complice d’extrême droite, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a laissé entendre que les incendies pouvaient être d’origine criminelle. Sans doute pour cacher qu’en 2022 lui-même avait refusé une demande de la police de se doter d’une flotte d’hélicoptères bombardiers d’eau. L’incendie principal a touché le « Parc Canada », situé sur la route reliant Tel-Aviv à Jérusalem. Il s’agit d’une forêt de 1 200 hectares, créée en 1976 sur les ruines de trois villages palestiniens (Yalou, Imwas et Beit Nouba) dont les 10 000 habitants avaient été expulsés de force. Financée par la communauté juive canadienne, cette forêt, censée effacer toute trace de présence palestinienne, avait été plantée de pins, une espèce particulièrement inflammable. Bref, l’impréparation des autorités israéliennes face à ces incendies était totale d’où la nécessité de trouver des boucs émissaires faciles pour se dédouaner.

C’était attendu depuis des semaines. L’Ukraine et les États-Unis ont signé un accord sur la création d’un fonds d’investissement commun destiné à la reconstruction de l’Ukraine. Selon le texte, Washington bénéficiera d’un accès préférentiel aux nouveaux contrats sur les ressources naturelles, sur l’exploitation de minerais, du pétrole, de gaz et de terres rares pendant les dix prochaines années. En théorie, Kiev « conservera l’entière propriété et le contrôle » de ces richesses mais, vu le rapport de force entre les deux pays, il est certain que c’est Washington qui fera la loi. Un bémol cependant : la majeure partie des gisements de charbon et 40 % des ressources métalliques du pays se trouvent dans la partie du pays occupé par la Russie, qui n’a pas l’intention de s’en dessaisir. Quant aux impérialistes européens, ils font la gueule pour avoir été écartés de la table du festin.

30 % de la population vit dans « un désert médical », c’est-à-dire n’arrive pas à trouver un médecin pour se soigner. Ces déserts médicaux concernent principalement les zones rurales, où l’accès aux soins est limité en raison d’une insuffisance de professionnels de santé. Cependant, ce problème ne se limite pas uniquement aux campagnes : certaines périphéries urbaines et quartiers défavorisés sont également touchés. Face à ces situations dramatiques, les pouvoirs publics veulent obliger les nouveaux médecins à s’installer dans ces déserts, voire forcer ceux déjà installés ailleurs à passer deux jours par mois dans les zones affectées. Des « solutions » à la petite semaine qui masquent le problème essentiel : le manque flagrant de médecins et de personnel soignant et des budgets en diminution constante pour la formation du personnel soignant à tous les niveaux. Dans une société tournée vers l’intérêt général, la priorité serait d’organiser la répartition des soignants, médecins compris, pour assurer un accès équitable aux soins, non de défendre des intérêts privés sous couvert de « liberté ». Faute de changer de politique, le gouvernement prétend régler le problème en développant également les maisons de santé et centres pluridisciplinaires, la télé-médecine ou les soins mobiles. Des initiatives qui peuvent ponctuellement dépanner mais qui ne font en réalité que répartir la pénurie.

Six ans après leur rédaction, les cahiers de doléances du « Grand débat national », lancé au premier semestre 2019 dans la foulée du mouvement des Gilets jaunes, sont désormais accessibles à tous les citoyens par un décret gouvernemental paru au Journal officiel. Cette consultation, dite « citoyenne », avait été l’une des réponses de Macron au vaste mouvement populaire de contestation, fin 2018, contre la vie chère, la casse des services publics, les inégalités et les lacunes de la démocratie. Et que sont devenues les revendications contenues dans ces 19 000 « cahiers citoyens » ? Rien. Elles ont été remisées aux Archives nationales et aucun des problèmes importants qu’elles soulevaient n’a été résolu. Une initiative de communication sans lendemain dont le locataire de l’Élysée est un spécialiste.

À l’initiative de la Ligue des droits de l’homme, un rassemblement commémoratif a été organisé au pont du Carrousel, à Paris, en hommage à Brahim Bouarram, un Marocain de 29 ans, jeté dans la Seine en crue par Mickaël Fréminet, un militant d’extrême droite, le 1er mai 1995. Ce dernier, en compagnie de trois acolytes, participait à un défilé du Front national qui passait par là. À la vue de Bouarram, quatre participants sortirent du cortège, entourèrent le malheureux et l’insultèrent avant de le précipiter dans le fleuve en crue où il se noya. Ses agresseurs furent finalement identifiés et condamnés à des peines de prison trois ans plus tard. Quant à Jean-Marie Le Pen, égal à lui-même, loin de condamner ce crime raciste il le commenta en ces termes : « Je regrette qu’un malheureux se soit noyé, mais dans une agglomération de dix millions d’habitants, ce genre de faits divers peut toujours se produire, ou même être créé à volonté. » À la limite, la mort de Bouarram avait été « créée » de toutes pièces pour nuire au Front national. Nauséabond.