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Brèves

L’actualité en bref

Les cinq associations qui interviennent dans les centres de rétention administrative (CRA) – la Cimade, SOS Solidarité-Assfam, France terre d’asile, Forum réfugiés et Solidarité Mayottte – viennent de dénoncer dans leur rapport annuel « une utilisation de plus en plus massive et disproportionnée de l’enfermement administratif, de situations individuelles dramatiques et de violations fréquentes des droits fondamentaux des personnes détenues ». En 2024 plus de 40 000 personnes ont été enfermées dans ces centres où leurs droits sont foulés au pied. Quant à la durée de rétention elle n’a cessé d’augmenter passant de 13 jours en 2017 à 33 jours en 2024. Pour répondre à ces critiques, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau envisage de retirer à ces associations leurs missions au sein des CRA pour les confier à l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui dépend… du ministère de l’Intérieur. Dans la droite ligne d’une politique migratoire xénophobe qui consiste à accueillir toujours moins et à enfermer toujours plus.

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité au travail, le 28 avril dernier, le quotidien l’Humanité a tenté de chiffrer l’hécatombe dont sont victimes quotidiennement les salariés. Selon les données compilées par le quotidien, en vingt ans, le travail a fauché plus de 21 000 salariés et en a blessé 13,5 millions. Et ces statistiques sont incomplètes car elles ne prennent en compte que les salariés du régime général de la Sécurité sociale. À ces derniers, il convient d’ajouter les données transmises par la Mutualité sociale agricole : ses fichiers font état d’au moins 3 125 agriculteurs morts depuis 2006. Il y a, de plus, huit millions d’actifs (indépendants, auto-entrepreneurs, livreurs à vélo, chauffeurs VTC, agents de la fonction publique, etc.) pour lesquels les données sont lacunaires. Le travail tue et illustre on ne peut mieux la formule : perdre sa vie en la gagnant !

Maître Michel Amas, un avocat qui défend une trentaine d’enfants, a déposé des recours devant les tribunaux de Marseille, Versailles et Évry contre les présidents des Bouches-du-Rhône, des Yvelines et de l’Essonne en tant que responsables des foyers d’accueil de l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans leur département respectif. Il les accuse de ne pas avoir su protéger des enfants placés sous leur responsabilité, conduisant nombre d’entre eux à tomber dans des réseaux de prostitution. L’avocat dénonce au passage un « phénomène national » aux conséquences gravissimes pour les enfants. Et de conclure ; « Nous lançons l’alerte pour que tout le monde sache qu’en France, à l’heure actuelle, des petits garçons et des petites filles se prostituent en très grand nombre, dans l’inaction totale des présidents de département », estimant que l’État « a échoué dans la protection de l’enfance », en livrant « les enfants aux chiens ». L’état lamentable des structures sociales d’aide à l’enfance, souvent sous-financées et en sous-effectif, explique en partie cette situation. Si elle est connue depuis longtemps, puisque 15 000 mineurs – majoritairement des enfants placés – sont victimes de prostitution dans l’Hexagone, le ministère de la Justice n’a réagi que très récemment en imposant un renforcement des contrôles dans les foyers de l’ASE, qui ne sont inspectés que tous les cinq ans par les départements. Preuve que le sort de ces enfants, issus pour la plupart de milieux pauvres, voire très pauvres, intéresse assez peu en haut lieu.

Le chômage a progressé de 8,7 % au premier semestre de cette année selon les chiffres du ministère du Travail. Il y a désormais 3,4 millions de chômeurs en catégorie A, c’est-à-dire qui n’ont aucune activité, soit 7,8 % du total des salariés. Mais les autorités se veulent rassurantes. Cette hausse serait due avant tout à un nouveau mode de calcul de France Travail et au fait que les bénéficiaires du RSA sont désormais automatiquement enregistrés comme chômeurs. Mais, si les mots ont un sens, cela signifie que jusqu’à présent une bonne partie des chômeurs n’était pas incluse dans les statistiques officielles. Si on met de côté ces nouvelles règles de , il n’y aurait eu « que » 25 000 personnes en plus inscrites au chômage. C’est d’autant moins rassurant que, selon la CGT, près de 250 plans de licenciements sont en préparation un peu partout dans le pays qui pourraient toucher entre 170 000 et 200 000 salariés. Plus que jamais il faut se mobiliser pour interdire les licenciements et partager le travail entre tous.

Selon un rapport de l’Institut international de recherche du la paix de Stockholm les dépenses militaires mondiales ont connu en 2024 leur plus forte augmentation depuis la fin de la guerre froide pour atteindre les 2 700 milliards de dollars (2 367 milliards d’euros). Ces dépenses ont bondi de 9,4 % en 2024 par rapport à 2023, la dixième année consécutive à avoir enregistré une hausse. Plus de cent pays ont accru leur budget de défense l’an dernier, en particulier en Europe et au Moyen-Orient. Et ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine ou à Gaza nous donne un avant-goût de ce que nous prépare le capitalisme si nous ne le liquidons avant qu’il ne détruise la planète.

Nouvelle sortie bien démagogique de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice. Il suggère de faire contribuer les détenus à leurs frais de détention. Une mesure qui avait été abolie en 2003 parce qu’elle rapportait des clopinettes. Il faut dire que cette contribution était prélevée sur les salaires des détenus qui acceptaient de travailler pour des salaires représentant en général entre 20 % et 45 % du Smic. Des privilégiés on vous dit ! Aujourd’hui pas loin d’un quart de la population carcérale se trouve en situation d’indigence avec moins de 60 euros à disposition chaque mois. Pour ces personnes en grande précarité, c’est l’administration pénitentiaire qui fournit produits d’hygiène et vêtements, ainsi qu’une aide pour cantiner de 30 euros par mois. Les prisons sont surchargées et plus de 4 000 détenus dorment à même le sol. Et comme l’explique la contrôleuse générale des lieux de liberté, Dominique Simmonot : « Quand vous visitez un endroit qui est occupé à 250 %, bourré de vermine, vous pensez que ça vaut une participation ? » Et de décrire : « Être entassés à trois dans une cellule qui fait neuf mètres carrés, aux murs des punaises qui vous bouffent les bras et des cafards qui grouillent partout, des rats… »

L’Assemblée nationale a observé une minute de silence à la mémoire d’Aboubakar Cissé, le jeune Malien musulman assassiné vendredi dernier dans une mosquée du Gard. Demandée par les députés du Nouveau Front populaire, cette minute de silence avait d’abord été refusée par la conférence des présidents des groupes parlementaires, au sein de laquelle la droite et l’extrême droite sont majoritaires. Il faut dire que, de Marine Le Pen aux centristes, la condamnation de cet assassinat islamophobe avait été tardive et discrète. Raison mise en avant pour justifier leur refus : on ne peut pas faire de minute de silence pour des cas particuliers. Pourtant les mêmes n’avaient pas vu de problème, le 5 mars dernier, pour rendre hommage de cette façon à Ohad Yahalomi, un Franco-Israélien tué alors qu’il était otage du Hamas. Car certains députés et hommes politiques ont la compassion qui varie en fonction de la couleur de la peau, de la religion ou de la nationalité des victimes. La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a finalement cédé sous la pression. Quant au président du Sénat, Gérard Larcher, il s’est opposé catégoriquement à tout hommage.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a été interpellée lors de la 36e Nuit des Molières qui distingue, chaque année, les meilleurs interprètes et spectacles de théâtre. Avant même le début de la cérémonie, à l’appel de la CGT Spectacle, une vingtaine de manifestants avaient attendu Dati aux abords du théâtre parisien où avait lieu l’évènement en scandant « Dati démission » et en brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire « Misère de la Culture. Liberté égalité précarité ». Sur scène, l’humoriste Caroline Vigneaux a dénoncé les coupes budgétaires massives qui frappent le secteur culturel, puis l’acteur Didier Brice s’est écrié : « Depuis 2017, 200 milliards de cadeaux fiscaux ont été faits aux multinationales et aux plus riches ! » mais pas grand-chose pour la Culture. Dati a été rhabillée pour l’été.

Dernier scandale en date qui touche l’enseignement catholique : la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires a révélé que le rapport réalisé en 2023 sur le collège catholique parisien Stanislas avait été caviardé avant publication. Les inspecteurs généraux avaient initialement conclu dans leur rapport à un climat d’homophobie, de sexisme et d’autoritarisme au sein de Stanislas. Mais le texte final a été falsifié intentionnellement pour faire disparaître ces critiques et pour protéger l’établissement. Comment s’en étonner ? Les différents ministres de l’Éducation nationale qui se sont succédé depuis le début du scandale en 2022 (Pap Ndiaye, Gabriel Attal, Amélie Oudéa-Castéra et Élisabeth Borne) ont tous marché sur des œufs pour ne pas se fâcher avec la Catho. Vive la laïcité…