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Brèves

L’actualité en bref

Le militant de Révolution permanente, Anasse Kazib, et un de ses camarades, devaient être jugés devant la 10e chambre du tribunal de Paris, pour « apologie de terrorisme ». Finalement le tribunal ne s’est pas prononcé sur le fond et a accepté de transmettre à la Cour de cassation, à la demande de leurs deux avocates, une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la présence de certaines organisations sionistes dans les rangs des parties civiles. Une façon de dénoncer le fait que depuis des années, ce sont de telles organisations – dont certaines soutiennent le génocide orchestré par Netanyahou – qui sont en pointe pour multiplier les plaintes et les constitutions de partie civile contre les soutiens au peuple palestinien et œuvrent, avec la complicité du gouvernement et d’une bonne partie de la classe politique, à criminaliser la solidarité avec les Palestiniens.

Une proposition de loi, portée par Les Républicains et soutenue par le gouvernement, veut établir une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers faisant usage de leurs armes. Désormais serait présumé légal un tir policier avant même le début de l’enquête. Dans un communiqué commun, six organisations de défense des droits humains – Stop aux violences d’État, la Ligue des droits de l’homme, Amnesty International, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et Flagrant Déni – demandent la suppression de ce texte qui reviendrait à accorder aux forces de l’ordre un « permis de tuer ». En début de ce mois, la Défenseure des droits avait conclu que le tir du policier qui avait tué le jeune Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine) le 27 juin 2023 n’était ni « absolument nécessaire » ni « proportionné à la gravité de la menace ». Désormais un tel garde fou deviendrait caduc. Le texte doit être examiné à l’Assemblée nationale le 7 juillet prochain.

La chanteuse Parastoo Ahmadi et sept autres artistes de son équipe de production ont été condamnés à 74 coups de fouet chacun par un tribunal pénal de la province de Qom, pour avoir diffusé en ligne un concert où l’artiste de 29 ans est apparue sans voile. En outre ils ont l’interdiction d’exercer toute activité artistique et de quitter le pays pendant deux ans. L’artiste avait donné en décembre 2024 un concert diffusé en direct sur sa chaîne YouTube, apparaissant tête nue accompagnée d’un pianiste, d’un batteur, d’un guitariste et d’un bassiste vêtus de noir. Le concert a depuis été visionné trois millions de fois sur sa chaîne et des milliers de fois supplémentaires sur d’autres réseaux. Le tribunal a retenu contre le groupe une « atteinte à la pudeur pour avoir produit et diffusé sur internet des contenus vulgaires et immoraux ». De son côté Bahar Ghandehari, du Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), basé aux États-Unis, a réagi auprès du quotidien britannique The Guardian en déclarant : « La punition infligée à Ahmad… est un rappel supplémentaire que la situation des droits de l’homme en Iran n’a pas changé, malgré la campagne de propagande menée par les autorités iraniennes en temps de guerre pour redorer leur image. » On s’en serait douté…

La Commission européenne a annoncé une nouvelle fleur fiscale aux grandes entreprises. Il s’agit d’une exonération de la retenue à la source sur tous les paiements transfrontaliers de dividendes, d’intérêts et de redevances entre entreprises de l’Union européenne. Ces mesures s’adressent aux multinationales qui ont des filiales comme des franchises, dans différents pays européens, mais aussi à leurs actionnaires. Les entreprises concernées devraient gagner 8 milliards d’euros aux dépens des finances publiques. Le commissaire à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a justifié cette décision en affirmant : « Partout, les entreprises réclament un environnement réglementaire plus simple, plus rapide et plus intelligent, pour leur permettre de prospérer et d’être plus compétitives sur la scène mondiale. C’est pourquoi nous présentons aujourd’hui un train de mesures ambitieux. » Bref pour l’Union européenne, priorité au Big Business. Comme d’habitude.

La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale vient de publier une « note d’information » sur les résultats des lycéens entrant en seconde selon qu’ils appartiennent à des lycées plus ou moins socialement favorisés. Et le résultat est probant et montre qu’un lycéen de milieu aisé qui fréquente un établissement situé dans le très chic Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) obtient de meilleurs résultats en mathématiques et en français que son camarade de milieu modeste scolarisé en Seine-Saint-Denis. Dans les lycées généraux et technologiques, 46 % des élèves des établissements les moins favorisés appartiennent au groupe peu performant en mathématiques contre 11 % pour ceux scolarisés dans des lycées favorisés. En français, les pourcentages sont respectivement de 38 % contre 10 %. Conclusion de la note : « La France fait partie des pays où les inégalités sociales de résultats scolaires sont les plus fortes. » Pas de quoi s’en vanter.

Les Sociétés des journalistes de Radio France et de France Culture ont déploré la diffusion à l’antenne de France Culture d’un montage « fallacieux » laissant croire que Mélenchon avait tenu des propos antisémites et le comparant au leader d’extrême droite et fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen. Au cours d’un long entretien avec Marine Le Pen, le présentateur de la matinale, Guillaume Erner, avait diffusé l’extrait d’un montage audio trouvé de son propre aveu « sur les réseaux sociaux », on y entendait en parallèle la description que Jean-Marie Le Pen faisait des Juifs et des déclarations de Jean-Luc Mélenchon censées s’en rapprocher. Or, dans ce passage précis, Jean-Luc Mélenchon ne parlait jamais de religion, de près ou de loin, et encore moins des Juifs. Il évoquait, face à Natacha Polony, une « énorme disjonction entre ce qu’on appelle les élites, pour moi c’est la caste, c’est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques, politiques qui vivent dans un autre monde et ne leur permet pas de mesurer ce qui se passe, et notamment l’extrême pauvreté ». Rien d’antisémite là-dedans. Emer, qui a fini par s’excuser, n’a fait que verser sa petite contribution à la diabolisation de Mélenchon et de la France insoumise, dans l’air du temps dans une bonne partie de la classe politique, de droite, d’extrême droite, voire de gauche.

Mi-juin, des milliers d’étudiants se sont opposés aux forces répressives du gouvernement indonésien pour protester contre l’augmentation du coût de la vie, la corruption et l’autoritarisme croissant – notamment dans les universités – des classes dirigeantes. De quoi rappeler des épisodes similaires récents : au Maroc, à Madagascar ou au Népal. Partout sur la planète, une partie de la jeunesse refuse la société existante et cherche les moyens de la changer par la lutte. En France aussi, on aurait bien raison de s’y mettre.

L’hebdomadaire économique Investir-Le Journal des Finances a publié son palmarès des rémunérations annuelles des patrons du CAC40, c’est-à-dire des 40 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Paris. En moyenne ces derniers ont reçu l’an dernier 3,2 millions d’euros, soit une hausse de 13 % par rapport à l’exercice précédent. Dans le même temps, l’ensemble des salariés a vu son salaire moyen progresser de 2,5 %, soit cinq fois moins. Et ces chiffres sont très fortement sous-évalués. Par exemple l’homme le plus riche de France, Bernard Arnault, le PDG de LVMH, ne figure qu’à la quinzième place avec une misérable rémunération de 3,34 millions d’euros. Mais cette dernière ne comprend pas les 3,22 milliards d’euros de dividendes qu’Arnault et ses enfants ont perçu en tant que détenteurs de 51 % du capital de LVMH. Une paille…

Une vidéo circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Elle montre un groupe de jeunes, verre à la main, dans le fumoir d’une discothèque, le Loft 89, en train d’entonner un chant raciste à la gloire de Marine Le Pen dont le refrain est : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ». Ce qui a amené Laurent Alexandre, le député LFI de la circonscription, à saisir le procureur qui a ouvert une enquête pour « provocation à la haine ou à la violence ». Interrogée sur France Culture, la cheffe du Rassemblement national s’est dédouanée en affirmant qu’elle n’avait rien à voir avec ça. Il n’empêche. Que des jeunes abrutis associent sans problème son nom à la chasse aux Arabes démontre une fois de plus les limites de la « dédiabolisation » du RN qu’elle a entreprise depuis plusieurs années.