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Brèves

L’actualité en bref

Les représentants du Liban et d’Israël ont publié une déclaration commune, avec ceux des États-Unis, pour officialiser la mise en place d’une trêve alors que la précédente, en vigueur depuis le 17 avril, n’a jamais été respectée par l’État sioniste. Et il en sera sans doute de même cette fois-ci. À peine la nouvelle trêve était-elle annoncée que le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avertissait que cette « déclaration de principes » prévoit « que l’armée, à ce stade, poursuive ses tirs et ses opérations sur le terrain », se maintienne dans la « zone de sécurité » frontalière, « y compris dans le secteur de Beaufort et sans retour de la population ». Selon lui l’accord permet également « la liberté d’action d’Israël, avec l’aval des États-Unis, de frapper Beyrouth en réponse à des tirs contre les localités et le territoire israéliens ». Autant dire que pas grand-chose ne va changer…

Les sénateurs républicains (LR) avaient proposé d’augmenter de 14 milliards la rallonge budgétaire de 36 milliards d’euros prévue dans la loi de programmation militaire qui porterait à 436 milliards le budget des armées à l’horizon 2030. Déçus par le refus du gouvernement d’accepter leur amendement, ils avaient voté contre toute augmentation. Depuis lors, les uns et les autres multiplient les déclarations pour souligner qu’ils ne veulent que du bien à l’armée. Le président LR de la commission de la Défense, Cédric Perrin, a expliqué : « Nous avons considéré que 436 milliards n’étaient pas suffisants pour assurer la sécurité de la France. » De son côté, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a appelé les parlementaires à opter pour un « cadre financier ambitieux et robuste, c’est-à-dire réaliste » et à « faire le choix de l’accélération soutenable du réarmement ». Et il est probable que tout ce petit monde va finir par se mettre d’accord en commission mixte paritaire députés-sénateurs en s’entendant comme larrons en foire… sur le dos des contribuables.

Les députés ont adopté une proposition de loi mise en avant par les écologistes visant à limiter l’exposition de la population au cadmium, un métal lourd toxique. Le texte envisage de réduire drastiquement les taux autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés qui sont source d’accumulation de ce métal dans les sols agricoles, contaminant ensuite les sols et les êtres vivants. L’alimentation est la première source d’exposition au cadmium, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), par exemple via les céréales (blé, riz), très consommées. En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence. Cette situation catastrophique n’a pas empêché le gouvernement de s’opposer au projet de loi au nom de « la défense de la compétitivité de l’agriculture française ». Lecornu et compagnie ont maintenant bon espoir que le projet de loi soit retoqué au Sénat où les tenants de l’agrobusiness comptent de nombreux supporters.

En 1975, le réalisateur allemand Wim Wenders filmait la très jeune actrice Nastassja Kinski, alors âgée de 13 ans, vêtue uniquement d’un slip et allongé à côté d’un homme adulte en sous-vêtements dans Faux Mouvement. Depuis des années, elle demandait, sans succès, le retrait de cette scène du film l’assimilant à de la pédopornographie. Finalement, après avoir qualifié cette demande de « censure », le réalisateur, aujourd’hui âgé de 80 ans, a annoncé le retrait de son film en soulignant qu’à l’époque « Nastassja Kinski aurait dû être mieux protégée » et en admettant que « les nombreuses réactions, remarques et discussions des derniers jours ont largement contribué à affiner mon regard sur les événements d’alors ». Pour Christian Schertz, l’avocat de l’actrice, Faux Mouvement aurait dû être retiré « depuis longtemps » et cette décision n’arrive qu’en raison de « la pression publique ». #MeToo est passé par là.

Le Parlement a adopté une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Ce pesticide a été utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et à la Martinique jusqu’en 1993 malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate. Pendant des décennies, les pouvoirs publics sont restés les bras croisés en laissant les planteurs de bananes utiliser ce produit qui a non seulement empoisonné les populations mais aussi les sols, les eaux et la végétation. L’adoption de cette loi est une petite avancée pour les victimes et leurs familles mais, pour l’instant, leur indemnisation a été repoussée aux calendes.

Dans le cadre du festival « Besac Antifa Fest », l’ancien prisonnier politique et avocat franco-palestinien Salah Hamouri devait prendre la parole le 4 juin lors d’une conférence intitulée « Question palestinienne, où en est-on ? ». Mais la conférence a été interdite par le préfet dans le « contexte géopolitique actuel », prétextant de supposés risques de « troubles à l’ordre public ». En tentant d’interdire sa parole publique, le préfet du Doubs se fait le relais de la répression politique menée à l’encontre de Salah Hamouri par l’État génocidaire d’Israël depuis des décennies. Une censure scandaleuse qui vise à faire taire l’une des principales voix de solidarité avec le peuple palestinien en France et s’inscrit dans une offensive plus large de criminalisation du mouvement de soutien à la Palestine.

La course à l’échalote entre la droite et les macronistes pour augmenter toujours plus budget des armées vient d’avoir une conclusion inattendue au Sénat. Dans le cadre de la loi de programmation militaire, le gouvernement demandait aux sénateurs d’approuver une rallonge de 36 milliards d’euros au budget militaire pour le porter à 436 milliards d’euros d’ici à 2030. Ces derniers, largement par démagogie, trouvaient que des 36 milliards étaient insuffisants et voulaient une augmentation à 50 milliards. Le gouvernement a refusé. Fâchée et vexée de ne pas avoir été entendue, la droite sénatoriale a donc voté contre toute augmentation. Les 36 milliards sont donc passés à la trappe… pour l’instant. Car il n’est pas question de faire de la peine aux galonnés. Mais que ces sommes pharaoniques soient prises dans les poches de contribuables et que ces rallonges militaires se fassent au détriment de l’éducation, de la santé ou d’autres services sociaux ne semblent pas poser de problèmes à la majorité des sénateurs.

Les députés ont décidé de réduire la durée de l’allocation chômage en cas de rupture conventionnelle. Avec comme objectif de faire des économies en rognant sur les droits des salariés. Ces ruptures conventionnelles permettent à un employeur et un salarié de rompre un CDI à l’amiable et au salarié de toucher des allocations chômage. Ce sont ces dernières qui vont être rabotées. Cette durée sera fixée à 20,5 mois pour les plus de 55 ans contre 22,5 mois actuellement pour les 55-56 ans, et 27 mois à partir de 57 ans. Cette loi est la transposition d’un accord sur le sujet conclu entre les organisations patronales d’une part, la CFDT, la CFTC et FO de l’autre. Une fois de plus des bureaucrates syndicaux marchent main dans la main avec le patronat pour porter atteinte aux droits des travailleurs. Au cours des débats, la députée écologiste Sophie Taillé-Polian a souligné que nombre de ruptures conventionnelles sont « en réalité des licenciements déguisés, utilisés par les employeurs pour se débarrasser d’un salarié sans motif et sans risque d’être mis devant les prud’hommes ». Un rappel salutaire…

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a infligé deux amendes de plus de 22 millions d’euros à la marque d’ultra fast-fashion Shein pointant des défaillances en matière de traçabilité des produits, de mentions environnementales, de délais de rétraction et de livraison. Au cours des années, le total des amendes payées par la firme chinoise s’élèvent au total à plus de 210 millions d’euros. Ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de prospérer. Mais plus que la défense des consommateurs, qui est toujours mise en avant, le but de telles sanctions financières est surtout de tenter de protéger les industriels « nationaux » contre la concurrence étrangère, chinoise ou autre. Avec un succès mitigé. Une forme comme une autre de nationalisme économique.