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Brèves

L’actualité en bref

On vient d’annoncer la naissance d’une commission d’enquête indépendante sur les violences de toutes sortes commises sur les enfants scolarisés à l’institution catholique de Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce n’est pas trop tôt ! Petit problème : elle a été créée… par la congrégation de Bétharram qui, en outre, en assurera son financement. En guise d’indépendance, ce n’est pas terrible. On attend toujours, et depuis des années, une véritable commission d’enquête de l’Éducation nationale sur les établissements privés catholiques qui vivent de l’argent public mais fonctionnent en toute opacité. Mais de cela nombre d’hommes politiques de droite et d’extrême droite, culs bénis devant l’Éternel, ne veulent pas en entendre parler.

Samedi prochain, jour des funérailles du pape, les drapeaux seront mis en berne sur les édifices publics. Ce qui, dans une république supposée laïque, la fiche un peu mal. Cette laïcité à géométrie variable a suscité des protestations de plusieurs parlementaires de gauche. Par contre, on n’a pas entendu François Bayrou. Pourtant en 2005, lors du décès du pape Jean-Paul II, Bayrou, à l’époque député et président du parti centriste UDF, avait expliqué que la mise en berne des drapeaux décidée par le gouvernement Villepin « ne correspondait pas à la distinction qu’il fallait faire entre convictions spirituelles et choix politiques et nationaux », et de poursuivre (un peu imprudemment vu la suite) qu’il « n’aurait certainement pas pris une telle décision » s’il avait été à la tête du gouvernement. Aujourd’hui, son entourage tente de justifier cette volte-face en expliquant que « les temps changent ». Moins vite cependant que les pseudo-convictions des politiciens.

Intelcia est une entreprise multinationale spécialisée dans « l’outsourcing » en langage patronal, c’est-à-dire en externalisation. Elle emploie de 40 000 salariés dans le monde et a réalisé 734 millions de chiffre d’affaires en 2023. Parmi ses prestataires : France Travail. Intelcia a bénéficié entre 2022 et 2024 de nombreuses « préparations opérationnelles à l’emploi » (POE), dispositifs financés par France Travail où un chômeur perçoit le montant de son allocation tout étant théoriquement en formation. Théoriquement car, dans le cas d’Intelcia, les chômeurs envoyés sous menace de radiation dans ce dispositif, ont bel et bien travaillé en répondant aux appels pour EDF, des mutuelles, etc. Au bilan, pas de formation, mais 700 000 euros versés dans le cadre des POE et 1,5 million donné par France Travail à Intelcia pour le service « France Travail pro » à destination des entreprises. Décidément, l’externalisation a du bon… pour le privé.

Plus de 100 000 Afghans (dont une moitié d’enfants) ont été forcés de quitter le pays depuis le lancement d’une campagne xénophobe d’expulsion massive, le 1er avril dernier. Le régime pakistanais, en mal de popularité, accuse les trois millions de résidents et réfugiés afghans sur son sol d’être « liés au terrorisme et au narcotrafic ». Ils sont également blâmés de « voler le travail des Pakistanais ». Fin 2023 déjà, quelque 800 000 Afghans étaient rentrés dans leur pays d’origine lors d’une première campagne similaire. Leur situation est d’autant plus critique qu’en Afghanistan 28,3 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’aide humanitaire pour survivre, selon l’ONU, ce qui représente une des plus grandes crises humanitaires au monde. Une crise alimentée à la fois par l’incurie totale des talibans (qui par exemple interdisent aux femmes de travailler) mais aussi par le blocus international dont souffre le pays et dont les effets touchent en priorité les plus pauvres.

Une ex-salariée du célèbre Festival de la bande dessinée de la ville avait déposé le 12 février 2024, dans un commissariat parisien, une plainte pour un viol qu’elle aurait subi le 24 janvier précédent lors d’une soirée organisée dans le cadre de cette manifestation artistique. Elle en aurait informé son employeur, la société 9èArt+, organisatrice du festival, qui, pour toute réponse… l’avait licenciée. Finalement ce n’est qu’en février 2025 que la plainte avait été transmise au commissariat d’Angoulême. La procureure de la République de cette ville a annoncé, il y a quelques jours, l’ouverture d’une enquête judiciaire. La justice prend son temps. Mais cette accélération de la procédure n’est sans doute pas étrangère au fait que 400 dessinateurs et auteurs de BD ont signé une pétition menaçant de boycotter l’édition 2026 si 9èArt+ restait aux commandes de l’évènement.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, ne se représentera pas aux élections de l’an prochain pour briguer un troisième mandat. À la place elle se verrait bien prendre le poste de Haut-Commissaire aux réfugiés des Nations unies, fonction occupée actuellement par l’italien Fillipo Grandi jusqu’au 1er janvier 2026. Elle serait soutenue par Macron. Selon son entourage, sa désignation serait « une grande victoire diplomatique pour la France ». Encore une ! Cependant, vu la façon dont elle a traité, main dans la main avec la préfecture de police, l’expulsion de jeunes migrants de plusieurs sites de la capitale, elle ne semble pas la mieux qualifiée pour défendre les réfugiés.

Le maire socialiste de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, a décidé la fermeture de trois Espaces jeunesse (Geyter, Péri et La Gare) utilisés par les jeunes de la ville pour des activités sportives et culturelles, entraînant la suppression de trois postes de coordinateurs. Cette mesure est une conséquence directe d’un budget 2025 qui, pour faire des économies, privilégie les coupes dans le secteur social. La CGT des territoriaux a dénoncé le manque de consultation avec le personnel et les usagers tandis que Force ouvrière appelle à la mobilisation et a déposé un préavis de grève reconductible. Cette décision a suscité une vague d’indignation parmi les jeunes et les agents de la ville.

Une délégation de 27 parlementaires et élus français de gauche, appartenant notamment aux écologistes et au PCF, a été interdite d’entrée en Israël, au moment de son départ pour une visite diplomatique prévue pour durer jusqu’au 24 avril 2025. Au cours de cette visite les élus devaient se rendre notamment dans les territoires palestiniens et rencontrer des dirigeants politiques locaux. La délégation a dénoncé « une punition collective à son égard ». Une mesure qui ne peut étonner. Récemment encore, ce sont deux députés travaillistes britanniques qui ont connu le même sort. En fait les autorités sionistes font tout pour empêcher des observateurs indépendants – parlementaires, journalistes, humanitaires, etc. – de venir constater sur place l’étendue de leurs méfaits.

Dans le cadre d’une tournée de cinq jours dans l’océan Indien, Emmanuel Macron a fait une étape d’une dizaine d’heures dans l’archipel ravagé en décembre dernier par le cyclone Chido, qui avait fait au moins 40 morts, détruit des milliers de maisons et causé pour 3,5 milliards d’euros de dégâts. Dès sa descente d’avion, il a tenu à « rendre hommage à la force de résistance de tout le peuple mahorais et de tous nos compatriotes qui ont su résister à des conditions extrêmement difficiles ». Le problème est que les Mahorais en question, dont beaucoup vivent dans la précarité et les bidonvilles, n’ont souvent pas eu d’autre choix que d’attendre, au compte goutte, l’aide de la Métropole. Mais cela va parait-il changer. Le président de la République a dans sa poche un projet de loi de programmation pour « la refondation » de l’archipel, qui vise à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine, l’habitat illégal et l’insécurité. Bref on sortira du sous-développement en faisant la chasse aux migrants et en détruisant leurs habitations de fortune. Il prend vraiment les habitants pour des imbéciles.