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Brèves

L’actualité en bref

Dans le but de trouver 40 milliards d’euros d’économie pour son prochain budget, le gouvernement part à la chasse aux niches fiscales. On en compterait, paraît-il, 470 qui représenteraient un manque à gagner pour l’État de 85 milliards d’euros chaque année. Selon la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, au moins 50 d’entre elles seraient supprimées ce qui devrait rapporter entre 4 et 8 milliards d’euros. Sauf que parmi cette cinquantaine de niches on ne touche pas à celles qui concernent les entreprises. Pourtant la seule suppression du crédit d’impôt recherche dont elles bénéficient rapporterait d’un coup 7,7 milliards et l’annulation du dispositif visant à alléger les impôts des armateurs (comme le géant CMA-CGM) 1,3 milliard d’euros. Mais la ministre préfère s’attaquer aux plus modestes, notamment aux retraités qui bénéficient d’un crédit d’impôts de 10 % sans pour autant être riches. Une « justice fiscale » à la mode Bayrou.

Selon des informations rapportées par Mediapart, des agents de la préfecture imposent aux usagers en situation irrégulière, en dehors de tout cadre légal, une série de questions portant sur leur culture générale ou leur vie personnelle. Ces interrogatoires surviennent dans un contexte où les personnes sans papiers cherchent à déposer une demande de régularisation. À l’évidence ces pratiques ont pour but de faire pression sur les migrants afin de ralentir, voire de s’opposer, à cette régularisation. C’est le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui doit être content.

Le pape François est mort. Il s’était illustré par une tentative de modernisation de l’Église : soutien à Gaza, aux migrants, adoucissement du discours sur les homosexuels. Ce relooking lui avait valu la sympathie de nombreuses bonnes âmes, y compris à gauche, qui pleurent aujourd’hui la disparition d’une icône morale. Mais derrière ce vernis progressiste, il était resté fidèle aux fondamentaux : défense de la famille (hétérosexuelle bien sûr), de la propriété privée, hostilité à l’avortement. Son soutien à la dictature de Videla dans l’Argentine des années 1980, la défense des prédateurs au sein de l’Église (notamment lors de l’affaire Grassi) en ont fait un fidèle défenseur de l’ordre capitaliste et des multiples oppressions qui en découlent, comme tous ses prédécesseurs. S’il ne reviendra pas à la vie après trois jours comme Jésus à Pâques, pas de doute que les idées réactionnaires de l’Église qu’il a défendues toute sa vie seront ressuscitées à nouveau par son successeur.

La société RTE (Réseau de transport d’électricité), filiale d’EDF, a été condamnée par le conseil des prud’hommes de Metz à réintégrer une salariée et à lui verser 265 000 euros de dommages et intérêts. Cette décision fait suite à la mise à la retraite d’office de cette secrétaire de l’entreprise, après qu’elle a souffert d’un cancer et alors qu’elle souhaitait reprendre son travail à mi-temps après une rémission de sa maladie. Le tribunal a jugé que la décision de mise à la retraite d’office prise par l’employeur était fondée sur des critères discriminatoires. Cette affaire souligne l’importance de la protection des salariés, notamment ceux en situation de handicap ou ayant des problèmes de santé, dont les droits sont trop souvent bafoués par les patrons.

Un tribunal tunisien a prononcé des peines de prison allant de 13 à 66 ans dans le cadre d’un méga-procès, commencé le 4 mars et visant une quarantaine de personnes, dont des membres de l’opposition, accusés de « complot contre la sûreté de l’État » et « d’adhésion à un groupe terroriste ». Accusations jamais prouvées et pour cause. Parmi les condamnés se trouvent des personnalités connues de l’opposition, des avocats, des hommes d’affaires, des artistes dont certains sont emprisonnés depuis leur arrestation il y a deux ans, d’autres en liberté et une partie en exil à l’étranger. À l’issue de ce procès, le juge a terminé de lire l’acte d’accusation et mis sa décision en délibération, sans aucun réquisitoire, ni plaidoiries de la défense. Mais ce type de mascarade judiciaire est devenu monnaie courante depuis le coup de force du président Kaïs Saïed à l’été 2021. Ce qui n’empêche nullement la Commission européenne de considérer la Tunisie comme un État « sûr » vers lequel on peut envoyer les migrants indésirables. Sûr de ses prisons, sans doute.

L’Agence régionale de santé vient de demander au préfet de retirer à Perrier, qui fait partie du géant alimentaire Nestlé, son label « eau minérale naturelle » après que des bactéries pathogènes aient été retrouvées dans l’eau des bouteilles produites dans son usine de Vergèze. Déjà en avril 2024 le groupe avait dû détruire trois millions de bouteilles en raison d’une contamination par des bactéries, issue de germes fécaux. Au cours des années, de nombreux rapports ont prouvé que les ressources en eau exploitées par Nestlé n’étaient plus pures. Mais le géant des eaux minérales a toujours su bénéficier d’appuis en très haut lieu, notamment à Matignon et à l’Élysée, qui lui ont permis jusqu’à présent de passer entre les gouttes. En sera-t-il de même cette fois-ci ?

Depuis 25 ans, l’association Mémoire et partage s’est donnée pour but la reconnaissance de la traite négrière et des méfaits de l’esclavagisme, notamment dans les villes de la côte atlantique. C’est dans ce cadre qu’elle avait demandé à la municipalité biarrote, dirigée par la maire Les Républicains Maider Arosteguy, de changer le nom de la rue, du quartier et de la gare SNCF de « La Négresse ». Par deux fois le tribunal administratif avait estimé que ce terme était « de nature à porter atteinte à la dignité humaine » et ordonné à la municipalité de l’abroger. Mais Arosteguy refuse d’obtempérer et a décidé de se pourvoir devant la Conseil d’État invoquant « la tradition », « le contexte », « la volonté des habitants », etc. Tous les arguments lui sont bons pour défendre cette dénomination à connotation raciste. Mais l’appel n’étant pas suspensif elle a jusqu’au mois prochain pour se conformer aux jugements.

Cocorico ! À la demande d’Emmanuel Macron va se tenir à Paris, le 5 mai prochain, un « sommet de la communauté scientifique » intitulé « Choose France for Science » (Choisissez la France pour la science). L’objectif, précisé par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, est d’accueillir « des centaines » de nouveaux chercheurs venus de l’étranger, et en particulier des États-Unis où ils sont en proie à la vindicte de Trump. Dans un contexte où le gouvernement réduit toujours plus les crédits accordés à la recherche (−5,6 % cette année), on voit mal comment il parviendra à financer la venue de ces chercheurs, « pointures dans leurs domaines » pour reprendre l’expression du ministre. Une fois l’effet d’annonce retombé il ne restera sans doute pas grand-chose de concret de cette initiative.

Certains boulangers et fleuristes s’insurgent de ne pas pouvoir faire travailler leurs employés le 1er mai. Ils ont même le culot de parler de leur rôle éminemment social pour appuyer leur demande d’ouvrir ce jour férié. Comme de juste dès qu’il s’agit d’aggraver les conditions de travail, le gouvernement a exprimé, par la voix de sa ministre du Travail, un avis favorable à l’évolution de la législation. Ils veulent nous faire travailler toujours plus ? À nous de leur rappeler que le 1er mai est avant tout un jour de grève et de lutte des travailleurs et travailleuses !