Selon un rapport de Claire Hédon, la Défenseure des droits, les femmes ainsi que les personnes d’origine étrangère ou en situation de handicap font face à des discriminations dans l’accès aux soins et leur parcours médical, notamment à travers des douleurs minimisées, un refus de prise en charge ou des actes non consentis. Normalement les professionnels de santé n’ont pas le droit de refuser un patient, sauf si la demande de soin ne correspond pas à leur domaine de compétence ou s’ils ont un nombre trop élevé de patients ou si le patient en question a déjà été violent ou insultant à leur égard. Mais dans les faits et sur le terrain, cette règle fait l’objet de nombreuses entorses, que ce soit dans l’accès aux soins ou le parcours de soins. Et le rapport de noter que « le syndrome méditerranéen, préjugé raciste sans fondement médical selon lequel les personnes d’origine nord-africaine ou noire exagèrent leurs symptômes ou douleurs », a quant à lui « pour effet une minimisation des souffrances exprimées » par ces patients « ou un refus de prise en charge, aux conséquences parfois fatales ». Et là, les femmes sont en première ligne. Autres victimes de ces discriminations, les personnes vulnérables économiquement, comme les patients vivant à la rue ou consommateurs de drogues qui en « raison de leur apparence physique, de leur odeur corporelle ou au motif de l’alcoolisation » peuvent se voir refuser l’accès aux urgences.