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Brèves

L’actualité en bref

Cela pourrait sembler anecdotique si ce n’était tragique. Une petite fille de huit ans a succombé à une « insuffisance pulmonaire due à la rougeole » dans un hôpital de Lubbock, au Texas. En février déjà, dans la même ville, c’est un petit garçon de cinq ans qui avait été terrassé. C’était le premier décès dû à la rougeole en dix ans. En effet cette maladie très contagieuse avait été déclarée éradiquée aux États-Unis en 2000 grâce à la vaccination. Mais les contaminations sont reparties à la hausse ces dernières années, à la faveur de la baisse des taux de vaccination enregistrée depuis la pandémie de Covid-19 et les campagnes anti-vax. Cela a été aggravé par les déclarations anti-vaccins de Trump et ses acolytes. L’actuel ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, affirmait, il n’y pas longtemps encore, sans aucune preuve, que le vaccin contre la rougeole pouvait provoquer l’autisme. Cela explique que plus de 600 cas de rougeole aient été enregistrés aujourd’hui principalement au Texas, État farouchement trumpiste. Face à la catastrophe qui s’annonce, Kennedy a changé son fusil d’épaule en déclarant que « le vaccin rougeole, oreillons et rubéole est le moyen le plus efficace de prévenir la propagation de la rougeole ». Mieux vaut tard…

La revue scientifique Environmental Science and Pollution Research (Recherche sur la science de l’environnement et la pollution) a publié simultanément 14 études sur l’empoisonnement des fleuves d’Europe par les microplastiques. De l’Elbe en Allemagne à l’Èbre en Espagne, en passant par la la Tamise à Londres, le Tibre à Rome, la Loire, la Seine ou le Rhône, aucun des cours d’eau étudiés n’est épargné par ce fléau. Les microplastiques sont des particules inférieures à cinq millimètres, les plus petites étant invisibles à l’œil nu. Elles proviennent des fibres de textiles synthétiques issues du lavage, des microparticules qui jaillissent sous les pneus des voitures ou lors du dévissage du bouchon d’une bouteille d’eau, ou des granules vierges de l’industrie du plastique. Enfin, un quart d’entre eux dans les fleuves ne sont pas issus de déchets, mais de plastiques primaires industriels. Pourtant, malgré les risques pour la santé, toute législation visant à interdire les plastiques se heurte un peu partout à un puissant lobby industriel qui est parvenu, jusqu’à présent, à empêcher l’adoption de mesures efficaces contre cette pollution.

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que, si la mortalité maternelle a diminué de 40 % entre 2000 et 2023 dans le monde, la tendance est en train de stagner, voire de s’inverser. Par exemple, l’an dernier, 260 000 femmes sont encore mortes à la suite de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, soit une toutes les deux minutes. Et 70 % des décès maternels ont eu lieu en Afrique subsaharienne, qui comprend certains pays les plus pauvres du globe. L’OMS est pessimiste quant à l’avenir du fait des coupes claires dans les budgets des organisations humanitaires, par l’administration Trump bien sûr mais pas seulement. Car l’augmentation un peu partout des budgets militaires se fait aussi aux dépens de l’aide aux plus défavorisés.

Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée en partance pour diriger la Société générale, a de nouveau refusé de répondre à une convocation d’une commission d’enquête sénatoriale qui voudrait approfondir son implication dans le scandale des eaux minérales trafiquées et, plus particulièrement, ses liens avec le groupe Nestlé. Bien que toute personne dont une commission d’enquête a jugé l’audition utile soit tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée sous peine de deux ans d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, le bras droit de Macron se croit au-dessus des lois. Il est vrai qu’il est protégé par Jupiter en personne. C’est ce que le président appelle, sans rire, le respect de l’état de droit.

Un sondage de l’Ifop, pour le compte de l’association Dons solidaires, révèle que 47 % des ménages déclarent avoir réduit, l’an dernier, leur consommation d’articles d’hygiène pour des raisons financières. Ils n’étaient que 34 % en 2023. Dans le détail, selon ce baromètre, 9 % des sondés se brossent les dents sans dentifrice, 15 % nettoient leur maison sans produit d’entretien, et 17 % d’entre eux ont déjà dû arbitrer entre articles d’hygiène et nourriture. Le maquillage et les soins de coloration sont les grands perdants de ces choix imposés, mais beaucoup renoncent aussi aux déodorants, shampoing, savon, lessive… Le papier toilette est rationné, les douches sont espacées, les bébés sont changés moins souvent faute de quantité de couches suffisantes, ou les serviettes hygiéniques sont remplacées par un substitut de fortune, comme de l’essuie-tout, des mouchoirs, voire des gants de toilettes ou bien des chaussettes. Pour eux, être propre ou manger, il faut choisir…

L’Assemblée nationale a adopté le 2 avril le premier article d’une loi « contre les déserts médicaux ». Si la totalité de la proposition de loi est approuvée début mai, elle servirait, aux dires des députés, à repeupler de médecins les déserts médicaux qui touchent 8 millions de personnes dans le pays, en redirigeant les praticiens hors des zones suffisamment pourvues en praticiens. Pas dit que cela change grand-chose. Car le réel problème reste bien le manque de moyens et de médecins, créé par les coupes budgétaires dans les services publics de santé. Le désert deviendra encore plus aride à mesure que les budgets d’austérité se suivent et aggravent la pénurie.

En mai sera examinée une loi qui vise à ré-autoriser un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. C’est pourquoi plus d’un millier de personnes ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer la destruction du vivant et les maladies provoquées par l’usage massif des pesticides. La manifestation, initiée par des dizaines d’organisations comme Scientifiques en rébellion ou Alerte des médecins contre les pesticides, appelait à changer de modèle agricole, pour la santé des agriculteurs et de tout le vivant. En d’autres termes, changer de modèle économique.

Depuis la reprise des bombardements, des milliers d’Israéliens se mobilisent pour la fin de la guerre, seule solution pour la libération des otages. Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite génocidaire ont au contraire décidé une nouvelle offensive terrestre qui a fait plus d’un miller de morts en une semaine et provoqué de nouveaux exodes. Ne relâchons pas la pression ici non plus face aux massacres à Gaza et la colonisation meurtrière de la Cisjordanie : 4000 personnes ont défilé à Paris ce dimanche.

Depuis le 1er mars, les salariés du public ne reçoivent plus que 90 % de leur salaire en cas d’arrêt maladie de moins de trois mois. Soit une économie de 900 millions d’euros pour le budget de la Sécu. Mais depuis le 1er avril, les salariés du privé sont eux aussi attaqués par une baisse des indemnités journalières, passant d’une cinquantaine d’euros à moins de quarante. Soit une économie de 600 millions d’euros. Au total, la nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale permet de nous voler plus d’un milliard et demi d’euros.