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Brèves

L’actualité en bref

Trois personnes qui avaient voulu se présenter à la présidentielle de septembre 2024 (remportée encore une fois sans surprise avec 85 % des voix par le président sortant Abdelmadjid Tebboune) – et dont les candidatures avaient été rejetées par une commission électorale aux ordres – viennent d’être condamnées à dix ans de prison ferme pour « corruption ». Saïda Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hamadi iront donc rejoindre dans les geôles du régime les centaines de prisonniers d’opinion qui s’y trouvent déjà. On ne défie pas un dictateur impunément, même dans des élections truquées.

Une chercheuse en mathématiques et sociologie qui travaille au laboratoire de recherches en informatique (Labri) qui dépend de l’université de Bordeaux et du CNRS, s’est vue du jour an lendemain interdite d’accès sans explication. Elle avait été recrutée pour analyser les controverses scientifiques relatives aux impacts environnementaux de l’intelligence artificielle. Mais son labo étant classé en « zone à régime restrictif » (ZRR) son accès dépend du bon vouloir d’un haut fonctionnaire chargé des questions de défense et de sécurité au ministère de l’Enseignement supérieur. Depuis, elle essaie vainement de connaitre les raisons de sa mise à l’écart mais l’université affirme ne pas les connaitre et n’avoir fait qu’appliquer une décision venue d’en haut. La Ligue des droits de l’homme et l’Association française de science politique appuient la chercheuse ainsi que le député écologiste de Gironde, Nicolas Thierry. Ce dernier a rappelé que « 930 laboratoires sont devenus des ZRR et de plus en plus d’étudiants sont blacklistés » du fait de leurs opinions. Vive la liberté académique !

La proposition de loi portée par le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb a commencé à être discutée à l’Assemblée nationale. Parmi ses mesures phares, la réintroduction d’un insecticide néonicotinoïde, l’acétamipride. Il est interdit depuis 2019 en France en raison de ses effets nocifs sur l’environnement et la santé humaine. Il est considéré comme hautement toxique pour les oiseaux, les vers de terre, et les insectes pollinisateurs comme les abeilles. Sur le plan sanitaire, une exposition exceptionnelle ou prolongée à l’acétamipride peut entraîner des troubles neurologiques, des nausées, des vertiges, ou des effets sur la reproduction chez l’animal. Et c’est cette cochonnerie que les gros betteraviers de la FNSEA veulent réintroduire dans les campagnes avec l’appui de la droite et de l’extrême droite. Avec Duplomb, ils ont trouvé le parlementaire idéal pour aller au devant de leurs exigences. En effet ce dernier est un éleveur de vaches laitières à la tête d’une importante exploitation agricole, a été président de la FNSEA de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et président de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire. On n’est jamais mieux servi que par les siens.

Les Émirats arabes unis viennent de connaître la plus forte température jamais enregistrée pour un mois de mai. Le thermomètre a affiché 51,6 degrés Celsius. Ce pays désertique avait déjà connu le mois dernier une chaleur inhabituelle pour la saison, avec une température moyenne de 42,6 degrés. Les scientifiques mettent en rapport ces températures record avec le fait que le nombre de jours extrêmement chauds a presque doublé dans le monde en trois décennies. Ces canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du réchauffement climatique et ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier. La planète brûle et nos gouvernants regardent ailleurs.

Selon l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification – Classification intégrée de la sécurité alimentaire), une agence de l’ONU spécialisée dans la malnutrition, des milliers de jeunes enfants pourraient mourir de faim dans le territoire palestinien d’ici avril 2026. Dans son dernier rapport, l’IPC indique que le territoire est « toujours confronté à un risque critique de famine », précisant que « l’ensemble de la population est confronté à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, tandis qu’un demi-million de personnes (une sur cinq) menacées de famine ». Dans ce cadre, 14 100 enfants de six mois à cinq ans sont actuellement en situation de « malnutrition aiguë sévère ». Le génocide continue…

Le Groupe Bernard Hayot a été une des cibles ces derniers mois des manifestations contre la vie chère aux Antilles. Et pour cause. L’entreprise a une position dominante dans la grande distribution et les concessions automobiles dans plusieurs territoires ultramarins et en profite pour pratiquer des prix prohibitifs. Autant de bonnes raisons sans doute pour lesquelles Bernard Hayot, son PDG, vient d’être promu par Macron grand officier de la Légion d’honneur. Aux exploiteurs et aux profiteurs, la patrie reconnaissante.

À l’appel des collectifs Les Soulèvements de la Terre et Levez les voiles, une flottille d’une cinquantaine de voiliers et d’embarcations à moteur a convergé vers le cap Coz, sur la commune de Fouesnant, dans le Finistère, non loin d’une des propriétés du milliardaire breton Vincent Bolloré. Les manifestants ont envahi la plage de cette commune en brandissant des drapeaux palestiniens et des étendards orange aux couleurs des « Soulèvements de la Terre » alors que dans le ciel un cerf-volant portait l’inscription « Kenavo Bolloré » (Au revoir Bolloré). « Bolloré, marionnettiste d’un monde fasciste », ont affiché les militants sur la plage en lettres géantes, tandis qu’une banderole réclamait « moins de fachos, plus d’oiseaux ». Un porte-parole des manifestants a expliqué : « Le but de l’action est de montrer que Bolloré et ses idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans le Finistère. » Ailleurs non plus…

Avec tambours et trompettes Bayrou avait annoncé qu’il allait publier des « preuves » censées le blanchir dans l’affaire de Bétharram sur un site créé spécialement pour l’occasion, « bayrou.fr ». Las. Dans un premier temps les journalistes qui ont essayé de se connecter n’y sont pas parvenus le site étant inaccessible. Finalement il est devenu opérationnel et les fameuses « preuves » fournies par le Premier ministre sont tout sauf nouvelles. Il reprend la vieille litanie comme quoi il n’avait rien couvert puisqu’il ne savait rien. Au passage il affirme que celles et ceux qui le contredisent soit sont animés de sombres intentions à son égard, soit mentent, soit ont la mémoire qui flanche. Selon Matignon les documents publiés devraient « clore la polémique ». Ce n’est pas gagné !

Alors que l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, des écologistes avaient prévu de manifester vendredi à l’occasion de l’assemblée générale du groupe TotalEnergies, champion des énergies polluantes, qui se déroulait à la Défense. Deux actions distinctes, organisées par Extinction Rebellion et Scientifiques en rébellion, se sont donc déroulées dans la capitale. La première le matin devant le siège de la BNP-Paribas, critiquée pour ses investissements dans les énergies fossiles, la seconde à Montmartre sous forme d’une « contre-AG » en plein air. L’une et l’autre, parfaitement pacifiques, ont été violemment dispersées par des policiers de la Brav-M, brigade connue pour ses méthodes expéditives au mépris de la liberté de manifester. Rappelons que TotalEnergies comparaîtra le 5 juin à Paris devant les tribunaux, sous l’accusation de « publicités mensongères », pour avoir induit le consommateur en erreur en se présentant plus vertueux qu’il ne l’est réellement au sujet de ses ambitions climatiques. C’est ce qu’on appelle l’écoblanchiment.