Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La direction voudrait être sûre qu’on travaille vraiment quand on doit travailler. Les stats ne lui suffisent plus, elle veut le voir de ses propres yeux ! Obligation d’avoir sa caméra allumée lors d’un appel Teams, nous dit-elle, surtout en télétravail. Veut-elle s’assurer que nous ne sommes pas en train de faire du repassage ou notre vaisselle en pleine réunion ? Ou cherche-t-elle des idées décos dans nos intérieurs ? Blague à part, ce genre de flicage est considéré par la Cnil comme une atteinte à la vie privée.

… d’après le bulletin Caisse d’allocations familiales (Nantes)

Le Bureau central palestinien des statistiques a révélé qu’en 2024 les occupants israéliens se sont emparés de 4 600 hectares de terres palestiniennes par des confiscations foncières systématiques. En règle générale l’armée israélienne confisque ces terres « pour ra250401 – Pitié Salpetrièreisons militaires » avant de les céder… aux colons. De son côté, Bezalel Smotrich, le ministre d’extrême droite des Finances, a déclaré, lors d’une visite dans la région en compagnie de son collègue de la Défense, Israël Katz, que l’an dernier la destruction de maisons et de bâtiments appartenant à des Palestiniens « avait battu un record ». Génocidaires, racistes, colonialistes et fiers de l’être…

Selon les estimations rendues publiques par Santé publique France et qui portent sur la période 2007-20019, au moins cinq millions de personnes travaillent dans un cadre trop bruyant pour leur santé, parfois jusqu’à la surdité. Le BTP comptait le plus grand nombre de travailleurs exposés (plus de 1,3 million), devant les transports, la logistique et le tourisme. Et le secteur de la mécanique et du travail des métaux présente la plus grande proportion de travailleurs exposés au bruit (77,9 %). Principale conclusion : 20,5 % des travailleurs étaient exposés en 2019 à un niveau sonore d’au moins 70 décibels pendant une journée de travail, 13,2 % à un niveau de fatigue auditive et 7,3 % à un niveau lésionnel. À 80 %, les personnes concernées sont des hommes. Et de conclure : « L’exposition professionnelle au bruit a des impacts sur la santé. En dessous de 80 décibels sur huit heures de travail, les effets, réversibles, sont auditifs (acouphènes…) et extra-auditifs (fatigue, troubles cardiovasculaires…). Au-delà, le niveau est dit lésionnel, avec des atteintes auditives possiblement irréversibles (surdité). » En 2022, 320 cas de ce type avaient été reconnus dans le régime général de Sécurité sociale, contre 704 en 2016. Alors un progrès ? Pas forcément. Car Santé publique France estime que «… ce chiffre serait largement sous-évalué ». Et de citer la Commission sur la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles qui indique qu’au moins 15 900 cas de surdité n’auraient pas été déclarés en 2022. Un fléau bien réel mais bien caché.

Chaque jour apporte son lot de révélations sur les complicités dont bénéficie l’enseignement catholique au sein de la classe politique. Dernière en date : Mediapart révèle que Caroline Pascal, directrice générale de l’enseignement scolaire et actuelle numéro deux du ministère de l’Éducation nationale, avait affirmé à plusieurs reprises que son administration n’avait jamais recueilli de témoignages sur l’homophobie qui régnait au sein du lycée-collège Stanislas à Paris. Or le député insoumis Paul Vannier lui a opposé, devant la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires, plusieurs documents inédits qui démontrent l’inverse. De même à Pau, outre le fait que Bayrou a couvert pendant des années les pratiques en cours à Notre-Dame de Bétharram, un membre de sa majorité municipale, Frédéric Davan, prenait fait et cause pour un autre établissement sur la sellette, l’Immaculée Conception, en oubliant d’indiquer que ses enfants fréquentaient l’établissement et que lui-même était membre de son conseil d’administration. Les coquins et les copains…

Alors que l’interdiction des expulsions locatives a été levée le 31 mars, on constate d’une année sur l’autre, un nombre croissant de familles jetées à la rue faute d’avoir pu acquitter leurs loyers. En 2024, 24 000 procès-verbaux d’expulsion de ménages ont été délivrés. Cela représente une hausse de 26 % par rapport aux 19 000 de 2023, un chiffre déjà supérieur de 17 % à celui de 2022. Une progression spectaculaire alors que 350 000 personnes sont en attente d’un logement, que les structures d’hébergement sont saturées, laissant chaque soir des centaines de milliers de personnes, dont des enfants, des personnes handicapées ou âgées, à la rue. Plus que jamais un toit est un droit pour lequel il faut se battre.

À partir du 1er avril, trois prestations de la Caisse d’allocations familiales ont été revalorisées de 1,7 % : le revenu de solidarité active (RSA), la prime d’activité et l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). Faibles compensations par rapport à l’aggravation de la précarisation des bénéficiaires de l’assurance chômage et de la baisse d’indemnisation de l’assurance maladie. Mais, de plus, 72 départements sur 104 ont fait savoir qu’ils n’augmenteraient pas le RSA chez eux pour dénoncer les coupes prévues par l’État dans les budgets départementaux. Ces départements sont tous dirigés par la droite et le centre qui, au niveau national, appuient la politique d’austérité tout en répercutant ses conséquences au niveau local sur les plus pauvres. C’est sans doute ce que Macron appelle le « en même temps ».

Le 1er avril est entrée en vigueur une nouvelle convention assurance chômage qui vise encore à taper sur les privés d’emplois. Entre autres mesures, la « mensualisation » du paiement des allocations, c’est-à-dire le versement sur 30 jours, même pour les mois de 31 jours… Résultat : cinq à six jours d’allocations en moins par personne et par an et 450 millions d’euros pris dans la poche des chômeurs… Il suffisait d’y penser !

En septembre 2024, 23 femmes au chômage longue durée ont intégré une formation pour obtenir la qualification de « secrétaire assistant médico-social », proposée par France Travail et dispensée par l’organisme privé Ideko Formation. Une formation permettant un financement par France Travail de 8 900 euros par stagiaire, à condition que cette préparation donne lieu à une embauche immédiate. La formation, censée durer six mois, a été financée pour deux mois seulement, ce qui a entraîné le non-paiement des indemnités durant toute la période de la formation, les entreprises partenaires censées embaucher les stagiaires se sont révélées inexistantes et enfin les modules pour passer le titre professionnel n’ont pas été assurés (pas de plateau technique…). En résumé, un bel exemple de fric gaspillé pour les boites du privé qui s’engraissent sur le dos des chômeurs. Et la direction de France Travail persiste et signe puisqu’elle prévoit 450 millions d’euros pour les sous-traitants !

Grève à Radio France oblige, nous avons passé notre lundi et notre mardi branchés sur les radios privées… Et hasard du calendrier, cela coïncidait avec le défilé médiatique des pleurnicheurs du RN ! Ça fait rigoler cinq minutes, mais à la longue, ça tape sur le système. Les techniciens et journalistes de Radio France ont de bonnes raisons de se battre. Rachida Dati, ministre de la Culture, veut fusionner tout l’audiovisuel public. Ce serait un moyen de faire des économies, mais aussi de continuer à couper le micro à ceux qui font les émissions les plus intéressantes : les reportages de terrain qui mettent en lumière les galères quotidiennes, les enquêtes d’investigation pour révéler les malversations de nos dirigeants, les débats de fond qui donnent la parole à des contestataires… Pour les remplacer, à terme, par des talk-shows qui ressassent toujours les mêmes polémiques, racistes, sexistes, et pro-patronales, comme on entend déjà trop sur Europe 1 ou RMC ?