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Brèves

L’actualité en bref

Quatre ans après avoir été saisie par la CGT, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail vient d’alerter sur les risques physiques et mentaux auxquels sont confrontés les livreurs à vélo employés par des plateformes comme Uber Eats et Deliveroo. Ils sont au moins 71 000, souvent immigrés et parfois sans papiers, et sont sur-exploités. Ils sont payés au lance-pierres et, de plus, on leur refuse le statut de salariés en les obligeant à travailler en tant qu’« auto-entrepreneurs », ce qui les prive de nombre d’avantages et d’une véritable protection sociale. Le seul moyen d’abolir cette galère est la lutte pour l’obtention de véritables contrats de travail et des titres de séjour pour ceux qui en sont dépourvus.

Parmi d’autres dirigeants d’extrême droite européens, Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen ont été invités à participer à Jérusalem à un colloque international contre l’antisémitisme. C’est un peu comme convier des alcooliers à un congrès des Alcooliques anonymes. En fait, là comme souvent, la lutte contre l’antisémitisme n’est qu’un prétexte pour réunir celles et ceux qui désignent les musulmans en général, et les Arabes en particulier, comme la cible à abattre. Et ce beau monde vient en Israël apporter son soutien plein et entier à Netanyahou, qui, en assimilant sionistes et Juifs et en commettant des massacres sans nom, contribue à sa façon au regain de l’antisémitisme.

C’est Le Canard enchaîné qui nous l’apprend. Pour avoir trafiqué ses comptes entre 2008 et 2011 afin de payer moins d’impôts, le groupe Vivendi, de Vincent Bolloré, s’était vu imposer une amende de 320 millions d’euros. Mais, finalement, l’administration fiscale a renoncé à son dû… sans donner officiellement aucune explication. Interrogé par les journalistes de l’hebdomadaire satirique, le ministère des Comptes publics s’est muré dans le silence. La proximité de Bolloré avec l’Élysée explique peut-être cette clémence. Selon que vous soyez puissant ou misérable…

En procès au tribunal judiciaire de Paris, où il doit répondre des accusations d’agression sexuelle sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts en 2022, Gérard Depardieu a tout nié en bloc. Par contre il s’en est pris aux féministes et à « la terreur » déclenchée selon lui par le mouvement #MeToo. Dans un sens il n’a pas complètement tort. Le mouvement féministe a réussi à faire que la peur change de camp et que désormais ce sont les prédateurs sexuels qui sont pointés du doigt et non plus leurs victimes.

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a repris à son compte sur le très droitier média CNews, le concept d’extrême droite « de racisme anti-blanc », une expression contestée par la majorité des chercheurs en sciences sociales. Mettre sur le même plan, comme il le fait, le racisme anti-blanc et le racisme anti-noir ou le racisme anti-arabe revient en fait à minimiser ces derniers. Une étude de l’Institut national d’études démographiques a montré que « le racisme des minoritaires à l’encontre des majoritaires peut blesser verbalement, voire être agressif physiquement, mais il ne fait pas système et ne produit pas d’inégalités sociales ». Ce concept de « racisme anti-blanc » a été inventé par François Duprat, ex-numéro deux du Front national et auteur de thèses négationnistes, qui l’a utilisé pour la première fois en 1978. Il a été remis au goût du jour plus tard, par Marine Le Pen et Jean-François Copé. Ces derniers temps, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, ou le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, se le sont approprié. Roussel, dont la prise de position a provoqué des remous au sein de son propre parti et plus largement à gauche, se retrouve en bien mauvaise compagnie.

Éric Zemmour, le président du parti d’extrême droite Reconquête, a été condamné à une (modeste) amende de 9 000 euros, pour avoir déclaré que la mort d’un lycéen de 16 ans à Crépol, dans la Drôme, en 2023 était due, comme des dizaines d’autres selon lui, à « la main des racailles arabo-musulmanes ». Zemmour a déjà été poursuivi et condamné à plusieurs reprises pour ses sorties sur l’islam et l’immigration. Et il est sûr qu’il va continuer à déverser sa haine raciste, d’autant plus qu’une partie des médias, notamment ceux du groupe Bolloré, lui servent régulièrement la soupe.

Du lundi 17 au samedi 22 mars, une quarantaine de facteurs et colis-postiers ont mené cinq jours de grève consécutifs. Les grévistes demandaient une annulation des réorganisations qui vont supprimer trois tournées de postiers-colis, faisant retomber la distribution de ces colis sur les facteurs. Ils demandaient également quatre CDI pour des salariés en CDD ou contrats d’intérim. La direction a cédé la promesse de six CDI et des renforts. La direction nationale de La Poste prévoit de continuer à mener ces réorganisations, comme elle le fait déjà depuis plusieurs années. Ces fermetures de tournées pourront supprimer plusieurs milliers d’emplois.
Des grèves ont eu lieu ces dernières semaines ou sont en cours dans plusieurs endroits contre des restructurations, comme en Haute-Corse (Biguglia-Luciana), en Ille-et-Vilaine (Rennes) et à Antony (92) où les travailleurs ont obtenu gain de cause. En se battant tous ensemble, les postières et postiers pourront sans nul doute faire reculer La Poste.

Hamdan Ballal, coréalisateur du documentaire No Other land (Pas d’autre terre), qui montre le quotidien de Palestiniens aux prises avec les exactions des colons et des soldats israéliens, a été attaqué et blessé à la tête et au ventre dans son village de Soussiya par des colons armés de bâtons, de couteaux et d’un fusil d’assaut. Il a ensuite été arrêté par l’armée israélienne alors qu’il se trouvait dans une ambulance, puis libéré le lendemain. Son film, coréalisé avec l’Israélien Yuval Abraham, a obtenu un prix au festival international du film de Berlin et un Oscar à Hollywood. No Other land est ainsi devenu un symbole de la répression quotidienne instituée par l’armée israélienne et les colons sur les civils palestiniens. Ce que les sionistes ne lui pardonnent pas.

Patrick Mignola, le ministre des Relations avec le Parlement, a déclaré sur Radio J, une station de radio communautaire juive, qu’il serait « légitime » de se poser la question de « déchéance de nationalité » concernant l’euro-député insoumise Rima Hassan. Cette dernière est une défenseure intransigeante du peuple palestinien, ce que ne supporte pas Mignola et avant lui le ministre de l’Intérieur Retailleau. Née dans un camp palestinien de Syrie, elle est arrivée en France à l’âge de 9 ans avant d’être naturalisée française en 2010. Depuis le début de la guerre de Gaza, ses prises de position ont déplu en haut lieu, ce qui a lui a valu l’accusation récurrente « d’apologie du terrorisme ». On connait la chanson. Par contre il ne viendrait à l’idée ni de Mignola, ni de Retailleau de demander la déchéance de nationalité pour les franco-israéliens qui défendent Netanyahou et sa politique génocidaire à l’égard des Palestiniens.