Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le patron de Tesla, Elon Musk, l’homme que Trump a engagé pour virer des milliers de fonctionnaires, dont des postes indispensables dans la santé et l’éducation, vient de s’attribuer une rémunération de 55,8 millions de dollars (49 millions d’euros). Celle-ci a été approuvée par 70 % des actionnaires de son entreprise. Il s’est néanmoins trouvée une juge de l’État du Delaware pour invalider cette décision. Néanmoins, Musk persiste et signe : il a fait revoter par l’assemblée des actionnaires. De son côté, la juge n’a pas cédé. On ne sait comment cette affaire se terminera. De toute manière, elle ne changera pas grand-chose à la fortune de Musk, évaluée à 395,6 milliards de dollars (352 milliards d’euros).

Le 10 mai, plusieurs centaines de néonazis vêtus de noir, dont une partie portait des cagoules ou des masques, ont défilé dans le 6e arrondissement de Paris. Certains venaient d’Espagne, d’Italie, de Hongrie et d’Allemagne. Ils brandissaient des drapeaux à croix celtique, l’équivalent de la croix gammée trop dévalorisée pour être affichée ouvertement aujourd’hui, mais beaucoup d’entre eux portaient des tatouages de sigles nazis. Cette manifestation avait été autorisée par la justice, qui a considéré qu’une telle démonstration néonazie ne troublait pas l’ordre public. En revanche, toute manifestation de protestation devant cette provocation était rigoureusement interdite et reléguée dans un « village antifasciste » dans un autre arrondissement. C’est ainsi qu’une douzaine d’antifascistes ont été arrêtés par la police à cette occasion à proximité du cortège.

De très nombreux témoignages recueillis par l’université fédérale de São Paulo mettent en lumière le rôle du grand patronat dans les crimes commis par la dictature militaire qui a régné au Brésil de 1964 à 1985. Parmi les très grandes entreprises citées, il y a notamment la compagnie pétrolière Petrobras, la plus importante d’Amérique latine et le groupe automobile Fiat. Leur rôle ne se limitait pas à une complicité passive. Non seulement le patronat a financé le coup d’État et la dictature, mais Fiat et Volkswagen ont, par exemple, fait enlever et assassiner des ouvriers de leurs usines. Volkswagen a même reconnu les faits et versé des indemnités à des familles de victimes. Mais aucun patron n’a été condamné par la justice pour ces crimes, car une loi d’amnistie les protège, adoptée en 1979… sous la dictature militaire.

Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de LR, ne sait plus quoi inventer pour flatter sa clientèle électorale réactionnaire. Après avoir proposé de déporter à Saint-Pierre-et-Miquelon les personnes sous OQTF (obligation de quitter le territoire français), il s’en prend au RSA dont il veut limiter la durée à deux ans. Il a ainsi déclaré dans une interview au Parisien qu’un bénéficiaire du RSA, avec trois enfants, percevrait 2300 euros par mois, soit plus qu’un salarié gagnant 3000 euros brut à qui il reste 2200 euros après déduction des diverses charges. Or non seulement sa comparaison est absurde, mais ses chiffres sont faux. Un bénéficiaire du RSA avec trois enfants perçoit 1422 euros, selon les barèmes officiels de la CAF. Une fois de plus, un politicien n’hésite pas à mentir grossièrement pour s’en prendre aux sans-emploi sous prétexte de faire des économies. Ça ne lui viendrait évidemment pas à l’esprit de faire des économies sur les subventions distribuées généreusement à des patrons qui licencient l’année suivante sans les rembourser.

Friedrich Merz, leader de la droite allemande (CDU-CSU), a été investi chancelier après que son parti est arrivé en tête aux dernières élections. Ultraconservateur déclaré, il a toujours fait état de convictions antiféministes et transphobes. Il a également mené sa campagne électorale en se positionnant contre les migrants et les immigrés, allant jusqu’à voter au Parlement un texte avec le parti d’extrême droite AfD. Il prévoit de baisser les impôts sur les bénéfices des sociétés, une relance économique qui passe par des politiques favorables aux entreprises et maintient le fonds spécial de 500 milliards d’euros destiné à arroser le patronat. Il gouvernera dans le cadre d’une coalition avec le SPD social-démocrate du précédent chancelier, Olaf Scholz, sauf que cette fois, c’est le leader de la droite qui tient les rênes à la place de celui de la gauche… En Allemagne, la gauche et la droite ne prennent même plus la peine de se succéder, ils gouvernent ensemble, tous d’accord pour servir les capitalistes contre les travailleurs.

Amazon France a lancé les « festivités » pour son 25e anniversaire, à grand coup de promotions et de publicités. 25 ans d’exploitation acharnée et de salaires de misère ; 25 ans d’accidents, de blessés et de morts ; 25 ans de turn-over permanent et d’ouvriers usés en quelques mois ; 25 ans à ignorer les normes écologiques, le Code du travail et les impôts, appuyé sur une batterie d’avocats ; 25 ans de profits record surtout, 17 milliards de dollars rien qu’au premier trimestre, en hausse de 9 % par rapport à l’an dernier. Pour fêter ça et en guise de cadeau, préparons leur une belle mobilisation collective, grève et blocage en bonus !

… d’après le bulletin Amazon Bretigny

Amazon exerce une pression sur les tiers vendeurs pour les entreprises de livraison pour maintenir ses profits, et prépare ses clients à des prix plus élevés. La faute à qui ? Aux barrières douanières de Donald Trump, le nouveau meilleur ami du PDG d’Amazon, Andy Jassy, et de son principal actionnaire, Jeff Bezos. Ceux-ci ont même annoncé vouloir faire apparaître le coût des tarifs douaniers pour les clients. Mais voilà que la porte-parole du gouvernement Trump a promptement dénoncé un « acte politique et hostile ». Et hop, petit café entre Trump et Bezos, et le projet est retiré. Les salariés et clients paieront les augmentations, et basta ! Car guerre commerciale ou guerre tout court, ce ne sont jamais les généraux qui meurent, trop occupés à manger des petits fours.

… d’après le bulletin Amazon Bretigny

L’administration américaine va cesser d’alimenter la base de données de référence recensant les catastrophes climatiques aux États-Unis et leur coût. Cette décision est motivée « en raison de l’évolution des priorités, des mandats statutaires et des changements de personnel ». Depuis 1980 jusqu’en 2024, ce pays a subi, d’après cette base de données, 403 catastrophes climatiques d’un coût total de 2900 milliards de dollars (environ 2500 milliards d’euros). Mais pour Trump et ses partisans climato-sceptiques, à quoi bon s’intéresser aux catastrophes générées par la crise climatique, puisque celle-ci ne serait qu’une « fake news » ?

Sa ville natale, Chicago, aura donné plusieurs gloires avant lui : Barack Obama et… Al Capone. Un fidèle serviteur de l’impérialisme et un truand. Rien de bien recommandable pour ce numéro 14 nouvellement promu. Le Léon nouveau n’était pas le choix préféré de Trump : un peu court pour lui donner l’absolution. Mais quand même, son intronisation aura généré du positif : la fumée blanche est sortie au moment du discours de Macron, toujours ça de gagné !