Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Légion d’honneur est une babiole créée par Napoléon 1er en 1802 et destinée à récompenser les fidèles serviteurs de l’État. Les titulaires sont supposés faire montre d’une certaine moralité, du moins bourgeoise. Nicolas Sarkozy, condamné à trois ans de prison et à porter un bracelet électronique, peut-il la conserver ? Oui dit Macron, grand maître de l’ordre national de la Légion d’honneur. Pourtant, selon les statuts de la Légion d’honneur, sont normalement « exclues de l’Ordre, les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement sans sursis égale ou supérieure à un an ». Qu’importe. Selon le locataire de l’Élysée, même si Sarkozy a piqué dans la caisse, il mérite « le respect des Français ». C’est un sens de l’honneur à géométrie variable qui, venant de Macron, ne peut étonner. Car il récidive. Il n’y a pas si longtemps, il avait conservé la même babiole au violeur Gérard Depardieu qui, parait-il, rendait « fière la France ». La Légion d’honneur ? Un repaire de repris de justice.

En invoquant la concurrence chinoise, le groupe sidérurgique ArcelorMittal a annoncé le licenciement de 636 salariés à travers le pays. Au total, sept sites sont concernés : Dunkerque et Mardyck, dans le Nord, Desvres, dans le Pas-de-Calais, Florange en Moselle, Mouzon, dans les Ardennes, Basse-Indre en Loire-Atlantique et Montataire dans l’Oise, qui ensemble emploient un total de 7 100 personnes. Le groupe a reçu 75 millions d’euros d’aides de l’État, hors crédit impôt recherche et prise en charge du chômage partiel. Il se gave d’argent public et augmente ses profits en licenciant des salariés. L’implacable logique du capitalisme.

Un nourrisson contaminé par le virus du chikungunya est décédé à l’hôpital Saint-Pierre, portant le nombre de morts à dix sur l’île depuis le début de l’année. Si les neuf autres victimes sont toutes âgées de plus de 70 ans, les nourrissons sont aussi particulièrement fragiles face à ce virus. Quatre d’entre eux sont actuellement hospitalisés dans le sud de l’île. Un habitant sur neuf, soit 100 000 personnes, pourraient avoir été contaminées par cette maladie infectieuse transmise par le moustique tigre, un impact pour l’instant moindre que celui de 2005-2006, marqué par plus de 260 000 cas et 250 décès. Lionel Calenge, le directeur général du CHU local, a expliqué : « Tous les jours depuis plusieurs semaines, on accueille entre 30 et 40 patients sur nos deux services d’urgence », ce qui génère « vraiment une grosse tension sur nos capacités ». Et de détailler : « Nombre de lits insuffisant », « taux d’occupation en médecine et en chirurgie de 95 % », « 581 patients hospitalisés pour chikungunya depuis le début de l’année, avec 127 patients en pédiatrie, 46 en néonatologie et réanimation néonatale ». Et de lancer un appel à l’aide pour faire face à une « hausse de l’activité aux urgences de 12 % sur le dernier mois ». De passage dans l’île, Macron a, comme à son habitude, beaucoup promis. Promesses qui n’engagent que ceux qui les croient.

Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, le nouvel épisode mondial de blanchissement des coraux, en cours depuis janvier 2023, a touché 84 % des récifs coralliens dans le monde. Il s’agit de l’épisode « le plus massif jamais enregistré ». Les coraux sont malades du fait du changement climatique et des activités humaines – surpêche, pollution marine ou encore tourisme de masse. Or s’ils ne représentent que 0,2 % de la surface des océans, ils sont un maillon essentiel de la vie sous-marine. À eux seuls, ils servent de refuge, de réserve alimentaire et de nurserie à 25 % de la biodiversité des océans. Au total environ 850 millions de personnes dans le monde dépendent des récifs coralliens pour leur alimentation, leur emploi ou encore pour la protection des littoraux. Autant dire que leur disparition serait une véritable catastrophe.

On vient d’annoncer la naissance d’une commission d’enquête indépendante sur les violences de toutes sortes commises sur les enfants scolarisés à l’institution catholique de Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce n’est pas trop tôt ! Petit problème : elle a été créée… par la congrégation de Bétharram qui, en outre, en assurera son financement. En guise d’indépendance, ce n’est pas terrible. On attend toujours, et depuis des années, une véritable commission d’enquête de l’Éducation nationale sur les établissements privés catholiques qui vivent de l’argent public mais fonctionnent en toute opacité. Mais de cela nombre d’hommes politiques de droite et d’extrême droite, culs bénis devant l’Éternel, ne veulent pas en entendre parler.

Samedi prochain, jour des funérailles du pape, les drapeaux seront mis en berne sur les édifices publics. Ce qui, dans une république supposée laïque, la fiche un peu mal. Cette laïcité à géométrie variable a suscité des protestations de plusieurs parlementaires de gauche. Par contre, on n’a pas entendu François Bayrou. Pourtant en 2005, lors du décès du pape Jean-Paul II, Bayrou, à l’époque député et président du parti centriste UDF, avait expliqué que la mise en berne des drapeaux décidée par le gouvernement Villepin « ne correspondait pas à la distinction qu’il fallait faire entre convictions spirituelles et choix politiques et nationaux », et de poursuivre (un peu imprudemment vu la suite) qu’il « n’aurait certainement pas pris une telle décision » s’il avait été à la tête du gouvernement. Aujourd’hui, son entourage tente de justifier cette volte-face en expliquant que « les temps changent ». Moins vite cependant que les pseudo-convictions des politiciens.

Intelcia est une entreprise multinationale spécialisée dans « l’outsourcing » en langage patronal, c’est-à-dire en externalisation. Elle emploie de 40 000 salariés dans le monde et a réalisé 734 millions de chiffre d’affaires en 2023. Parmi ses prestataires : France Travail. Intelcia a bénéficié entre 2022 et 2024 de nombreuses « préparations opérationnelles à l’emploi » (POE), dispositifs financés par France Travail où un chômeur perçoit le montant de son allocation tout étant théoriquement en formation. Théoriquement car, dans le cas d’Intelcia, les chômeurs envoyés sous menace de radiation dans ce dispositif, ont bel et bien travaillé en répondant aux appels pour EDF, des mutuelles, etc. Au bilan, pas de formation, mais 700 000 euros versés dans le cadre des POE et 1,5 million donné par France Travail à Intelcia pour le service « France Travail pro » à destination des entreprises. Décidément, l’externalisation a du bon… pour le privé.

Plus de 100 000 Afghans (dont une moitié d’enfants) ont été forcés de quitter le pays depuis le lancement d’une campagne xénophobe d’expulsion massive, le 1er avril dernier. Le régime pakistanais, en mal de popularité, accuse les trois millions de résidents et réfugiés afghans sur son sol d’être « liés au terrorisme et au narcotrafic ». Ils sont également blâmés de « voler le travail des Pakistanais ». Fin 2023 déjà, quelque 800 000 Afghans étaient rentrés dans leur pays d’origine lors d’une première campagne similaire. Leur situation est d’autant plus critique qu’en Afghanistan 28,3 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’aide humanitaire pour survivre, selon l’ONU, ce qui représente une des plus grandes crises humanitaires au monde. Une crise alimentée à la fois par l’incurie totale des talibans (qui par exemple interdisent aux femmes de travailler) mais aussi par le blocus international dont souffre le pays et dont les effets touchent en priorité les plus pauvres.

Une ex-salariée du célèbre Festival de la bande dessinée de la ville avait déposé le 12 février 2024, dans un commissariat parisien, une plainte pour un viol qu’elle aurait subi le 24 janvier précédent lors d’une soirée organisée dans le cadre de cette manifestation artistique. Elle en aurait informé son employeur, la société 9èArt+, organisatrice du festival, qui, pour toute réponse… l’avait licenciée. Finalement ce n’est qu’en février 2025 que la plainte avait été transmise au commissariat d’Angoulême. La procureure de la République de cette ville a annoncé, il y a quelques jours, l’ouverture d’une enquête judiciaire. La justice prend son temps. Mais cette accélération de la procédure n’est sans doute pas étrangère au fait que 400 dessinateurs et auteurs de BD ont signé une pétition menaçant de boycotter l’édition 2026 si 9èArt+ restait aux commandes de l’évènement.