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Brèves

L’actualité en bref

La maire de Paris, Anne Hidalgo, ne se représentera pas aux élections de l’an prochain pour briguer un troisième mandat. À la place elle se verrait bien prendre le poste de Haut-Commissaire aux réfugiés des Nations unies, fonction occupée actuellement par l’italien Fillipo Grandi jusqu’au 1er janvier 2026. Elle serait soutenue par Macron. Selon son entourage, sa désignation serait « une grande victoire diplomatique pour la France ». Encore une ! Cependant, vu la façon dont elle a traité, main dans la main avec la préfecture de police, l’expulsion de jeunes migrants de plusieurs sites de la capitale, elle ne semble pas la mieux qualifiée pour défendre les réfugiés.

Le maire socialiste de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, a décidé la fermeture de trois Espaces jeunesse (Geyter, Péri et La Gare) utilisés par les jeunes de la ville pour des activités sportives et culturelles, entraînant la suppression de trois postes de coordinateurs. Cette mesure est une conséquence directe d’un budget 2025 qui, pour faire des économies, privilégie les coupes dans le secteur social. La CGT des territoriaux a dénoncé le manque de consultation avec le personnel et les usagers tandis que Force ouvrière appelle à la mobilisation et a déposé un préavis de grève reconductible. Cette décision a suscité une vague d’indignation parmi les jeunes et les agents de la ville.

Une délégation de 27 parlementaires et élus français de gauche, appartenant notamment aux écologistes et au PCF, a été interdite d’entrée en Israël, au moment de son départ pour une visite diplomatique prévue pour durer jusqu’au 24 avril 2025. Au cours de cette visite les élus devaient se rendre notamment dans les territoires palestiniens et rencontrer des dirigeants politiques locaux. La délégation a dénoncé « une punition collective à son égard ». Une mesure qui ne peut étonner. Récemment encore, ce sont deux députés travaillistes britanniques qui ont connu le même sort. En fait les autorités sionistes font tout pour empêcher des observateurs indépendants – parlementaires, journalistes, humanitaires, etc. – de venir constater sur place l’étendue de leurs méfaits.

Dans le cadre d’une tournée de cinq jours dans l’océan Indien, Emmanuel Macron a fait une étape d’une dizaine d’heures dans l’archipel ravagé en décembre dernier par le cyclone Chido, qui avait fait au moins 40 morts, détruit des milliers de maisons et causé pour 3,5 milliards d’euros de dégâts. Dès sa descente d’avion, il a tenu à « rendre hommage à la force de résistance de tout le peuple mahorais et de tous nos compatriotes qui ont su résister à des conditions extrêmement difficiles ». Le problème est que les Mahorais en question, dont beaucoup vivent dans la précarité et les bidonvilles, n’ont souvent pas eu d’autre choix que d’attendre, au compte goutte, l’aide de la Métropole. Mais cela va parait-il changer. Le président de la République a dans sa poche un projet de loi de programmation pour « la refondation » de l’archipel, qui vise à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine, l’habitat illégal et l’insécurité. Bref on sortira du sous-développement en faisant la chasse aux migrants et en détruisant leurs habitations de fortune. Il prend vraiment les habitants pour des imbéciles.

Dans le but de trouver 40 milliards d’euros d’économie pour son prochain budget, le gouvernement part à la chasse aux niches fiscales. On en compterait, paraît-il, 470 qui représenteraient un manque à gagner pour l’État de 85 milliards d’euros chaque année. Selon la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, au moins 50 d’entre elles seraient supprimées ce qui devrait rapporter entre 4 et 8 milliards d’euros. Sauf que parmi cette cinquantaine de niches on ne touche pas à celles qui concernent les entreprises. Pourtant la seule suppression du crédit d’impôt recherche dont elles bénéficient rapporterait d’un coup 7,7 milliards et l’annulation du dispositif visant à alléger les impôts des armateurs (comme le géant CMA-CGM) 1,3 milliard d’euros. Mais la ministre préfère s’attaquer aux plus modestes, notamment aux retraités qui bénéficient d’un crédit d’impôts de 10 % sans pour autant être riches. Une « justice fiscale » à la mode Bayrou.

Selon des informations rapportées par Mediapart, des agents de la préfecture imposent aux usagers en situation irrégulière, en dehors de tout cadre légal, une série de questions portant sur leur culture générale ou leur vie personnelle. Ces interrogatoires surviennent dans un contexte où les personnes sans papiers cherchent à déposer une demande de régularisation. À l’évidence ces pratiques ont pour but de faire pression sur les migrants afin de ralentir, voire de s’opposer, à cette régularisation. C’est le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui doit être content.

Le pape François est mort. Il s’était illustré par une tentative de modernisation de l’Église : soutien à Gaza, aux migrants, adoucissement du discours sur les homosexuels. Ce relooking lui avait valu la sympathie de nombreuses bonnes âmes, y compris à gauche, qui pleurent aujourd’hui la disparition d’une icône morale. Mais derrière ce vernis progressiste, il était resté fidèle aux fondamentaux : défense de la famille (hétérosexuelle bien sûr), de la propriété privée, hostilité à l’avortement. Son soutien à la dictature de Videla dans l’Argentine des années 1980, la défense des prédateurs au sein de l’Église (notamment lors de l’affaire Grassi) en ont fait un fidèle défenseur de l’ordre capitaliste et des multiples oppressions qui en découlent, comme tous ses prédécesseurs. S’il ne reviendra pas à la vie après trois jours comme Jésus à Pâques, pas de doute que les idées réactionnaires de l’Église qu’il a défendues toute sa vie seront ressuscitées à nouveau par son successeur.

La société RTE (Réseau de transport d’électricité), filiale d’EDF, a été condamnée par le conseil des prud’hommes de Metz à réintégrer une salariée et à lui verser 265 000 euros de dommages et intérêts. Cette décision fait suite à la mise à la retraite d’office de cette secrétaire de l’entreprise, après qu’elle a souffert d’un cancer et alors qu’elle souhaitait reprendre son travail à mi-temps après une rémission de sa maladie. Le tribunal a jugé que la décision de mise à la retraite d’office prise par l’employeur était fondée sur des critères discriminatoires. Cette affaire souligne l’importance de la protection des salariés, notamment ceux en situation de handicap ou ayant des problèmes de santé, dont les droits sont trop souvent bafoués par les patrons.

Un tribunal tunisien a prononcé des peines de prison allant de 13 à 66 ans dans le cadre d’un méga-procès, commencé le 4 mars et visant une quarantaine de personnes, dont des membres de l’opposition, accusés de « complot contre la sûreté de l’État » et « d’adhésion à un groupe terroriste ». Accusations jamais prouvées et pour cause. Parmi les condamnés se trouvent des personnalités connues de l’opposition, des avocats, des hommes d’affaires, des artistes dont certains sont emprisonnés depuis leur arrestation il y a deux ans, d’autres en liberté et une partie en exil à l’étranger. À l’issue de ce procès, le juge a terminé de lire l’acte d’accusation et mis sa décision en délibération, sans aucun réquisitoire, ni plaidoiries de la défense. Mais ce type de mascarade judiciaire est devenu monnaie courante depuis le coup de force du président Kaïs Saïed à l’été 2021. Ce qui n’empêche nullement la Commission européenne de considérer la Tunisie comme un État « sûr » vers lequel on peut envoyer les migrants indésirables. Sûr de ses prisons, sans doute.