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Brèves

L’actualité en bref

Le 6 mai 2025, s’est tenue dans le Grand Théâtre de Tours la troisième édition tourangelle de la Nuit du Bien commun. Ce gala de charité etait organisé par l’association du patron milliardaire et mécène de l’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. À l’intérieur, un parterre bien choisi de personnalités des droites, catholiques intégristes et d’associations proches de ces dernières. Dehors, plus de 400 manifestantes et manifestants scandaient des slogans antifascistes ! La municipalité de gauche ferait mieux de répondre aux revendications des musiciennes et musiciens de l’orchestre symphonique de l’Opéra et de rétablir son budget plutôt que d’accueillir cette clique au service du capitalisme !

Le 8 mai 1945, des milliers d’Algériens manifestaient pour réclamer l’indépendance. En quelques jours, plus de 10 000 d’entre eux furent assassinés. La « France libre » du général de Gaulle, qui vantait la victoire de la « démocratie » sur l’Allemagne nazie, déchaîna une répression coloniale impitoyable, cautionnée par un gouvernement à participation socialiste et communiste. L’aviation a rasé plusieurs villages alors que le ministre de l’Air, Charles Tillon, était membre de la direction du PCF. L’Humanité dénonça à l’époque les manifestants algériens comme des « éléments fascistes ». L’impérialisme, même baptisé « démocratique », ça a toujours été la barbarie.

L’État est sur la sellette devant le tribunal de Paris pour sa responsabilité dans la mort de Nathalie Debaillie. En 2019, cette mère de famille avait été assassinée par son ex-compagnon, après avoir pourtant alerté vainement à plusieurs reprises la police sur les menaces de mort dont elle était l’objet. Enlevée sur son lieu de travail avec la complicité de trois hommes, elle avait été enfermée dans le coffre d’une fourgonnette avant d’être bâillonnée, ligotée puis séquestrée. Là, dans une baignoire, elle fut sauvagement égorgée au cutter. En mars de cette année-là, Nathalie avait porté plainte au commissariat de Lille pour menaces de mort réitérées. Accompagnée d’une amie, elle avait fait écouter aux policiers un enregistrement où des proches de son ex-compagnon lui confiaient qu’il recrutait des hommes de main et se procurait des armes pour s’en prendre à elle. Et que fit la police ? Rien. Un policier lui expliqua sans rire : « Rassurez-vous, c’est un escroc. Un escroc, ça ne passe pas à l’acte. Faites attention, mais bon, vous ne risquez pas grand-chose. » Peu après elle était assassinée. Encore une fois la parole d’une femme victime de harcèlement n’avait pas été prise en compte par la police.

Désireux de marquer des points contre le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans la lutte pour la conquête de la présidence des Républicains, l’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, désormais « conseiller spécial » du nouveau président, vient d’annoncer la suppression de toutes les aides financières à l’université de Lyon II, accusée de dérive « islamo-gauchiste ». En 2022 déjà la région Auvergne-Rhône-Alpes (avec Laurent Wauquiez comme président) avait ainsi supprimé ses subventions à Sciences Po Grenoble, en critiquant la « longue dérive idéologique et communautariste de sa direction ». Wauquiez, qui à l’évidence apprécie peu les débats d’idées, fait feu de tout bois pour apparaitre plus à droite et plus réac que Retailleau pour flatter la base LR. C’est pas gagné !

On ne l’a appris que ces jours-ci mais le 28 avril dernier une jeune femme musulmane de 26 ans a été agressée alors qu’elle rentrait chez elle avec son bébé d’un an. Un individu, encore non identifié, lui a arraché le voile qu’elle portait sur la tête en l’insultant et en lui jetant à la figure un liquide. Une enquête a été ouverte pour les chefs de « violences volontaires avec une incapacité totale temporaire de la victime inférieure ou égale à huit jours et pour vol ». La maire, Sandrine Berno Dos Santos, a dénoncé une « agression islamophobe », et, avec diverses organisations, a organisé sur les lieux de l’agression un rassemblement de 200 personnes. Elles ont affirmé leur solidarité avec la victime et leur opposition à toute forme de racisme. Rappelons que 79 actes islamophobes ont été recensés depuis le début de l’année, en augmentation de 72 % par rapport à 2024.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, n’a toujours pas digéré d’avoir été vertement critiquée, lors de la dernière cérémonie des Molières, pour ses coupes claires dans les différents budgets de son ministère. Interviewée dans la matinale de France Inter, elle a nié toutes restrictions budgétaires accusant ses critiques de propager des fausses informations. Un pieu mensonge. Dans la dernière mouture du budget, dont les chiffres ont été publiés au Journal officiel le mois dernier, on apprend que son ministère s’est vu sucrer près de 200 millions d’euros, dont une annulation de 99,9 millions d’euros en autorisations d’engagement et 93,8 millions en crédits de paiements. En matière de fausse information, Dati n’a de leçons à recevoir de personne.

Après Boualem Sansal, qui croupit déjà dans les prisons du régime, c’est un autre écrivain franco-algérien, Kamel Daoud, qui est dans le collimateur du président Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier a lancé deux mandats d’arrêts internationaux contre celui qui a obtenu le prix Goncourt 2024 pour son livre, Houris, qui raconte l’histoire d’une survivante de la guerre civile algérienne. Rien ne peut justifier le fait que l’on veille faire taire des écrivains, de longue date hostiles à un régime qui n’hésite jamais à envoyer ses opposants derrière les barreaux. Ce qui n’empêche que leurs prises de position, généralement dans la presse de droite, sont franchement réactionnaires, que ce soit dans des domaines comme l’immigration, l’islamisme ou la laïcité. Ce qui explique pourquoi la droite, l’extrême droite et une partie des centristes utilisent cette affaire pour déverser leur bile sur l’Algérie en général et les Algériens en particulier, qu’ils vivent ici ou là-bas.

Le cabinet de sécurité de Netanyahou a approuvé un plan qui prévoit l’expansion de son offensive à Gaza et qui comprendra également la conquête du territoire et la promotion du « départ volontaire des Gazaouis ». Il n’y a que les naïfs ou les faux culs qui peuvent s’étonner de telles décisions qui étaient prévisibles dès le début de la guerre. Le gouvernement sioniste a en effet saisi la perche que lui tendait le Hamas par ses massacres du 7 octobre 2023 pour mettre en œuvre son plan d’annexion de Gaza et d’expulsion de sa population. Un sort qui attend aussi sans doute la population palestinienne de Cisjordanie. Car l’extrême droite israélienne, aujourd’hui au gouvernement, rêve depuis des décennies de la création d’un « Grand Israël », allant du Nil à l’Euphrate, et qui engloberait Gaza, la Cisjordanie, l’ensemble du plateau du Golan syrien, une partie du sud Liban et de la Jordanie et des territoires égyptiens. Une façon de mettre un peu plus le Moyen-Orient à feu et à sang.

24 556 familles ont été expulsées de leur domicile en 2024, une hausse de 29 % sur l’année précédente et de 51,5 % par rapport à 2019, a annoncé le ministère du Logement. 71 % des personnes concernées souffrent de problèmes physiques ou psychologiques. Cette progression dramatique est liée, en partie, à la loi Kasbarian-Bergé votée en 2023 qui, sous prétexte de lutter contre « les squatteurs », facilite les expulsions des familles qui ne parviennent plus à payer leur loyer. Cette loi scélérate a également alourdi les peines encourues pour les personnes occupant des logements de « façon illicite », et prévoit jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour les personnes et familles qui, faute d’hébergement d’urgence, se mettent à l’abri dans des logements inhabités. Là encore, malheur aux pauvres ! Il est plus que temps de réquisitionner tous les logements vacants et de les attribuer à celles et ceux qui en ont le plus besoin.