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Brèves

L’actualité en bref

Selon le baromètre 2025 du sexisme ordinaire au travail, réalisé à la demande de l’Association française des managers de la diversité, 77 % des femmes salariées interrogées déclarent être encore régulièrement confrontées à des propos ou des décisions sexistes. Plus d’une femme salariée sur sept a déjà été confrontée à une blague sexiste d’un collègue et plus d’une sur deux s’estime moins rémunérée à travail égal. De plus quatre femmes sur dix ont eu à supporter des remarques sur leur physique ou sur leur tenue, qu’il s’agisse de compliments les ayant mises mal à l’aise ou de remarques désobligeantes. L’entreprise reste un bastion du sexisme et du machisme.

Mediapart s’est procuré une évaluation confidentielle des centres éducatifs fermés (CEF), des établissements sociaux et médico-sociaux destinés à accueillir des mineurs délinquants multirécidivistes, généralement âgés de 13 à 18 ans. En théorie, leur objectif principal est la réinsertion sociale et éducative de ces jeunes, en leur proposant un cadre structuré et encadré alternatif à la prison. Les données montrent cependant que leur création n’a pas permis de réduire le nombre de jeunes derrière les barreaux. En fait, le nombre de mineurs enfermés est plus élevé qu’avant leur mise en place, avec une tendance à une « carcéralisation » progressive de ces centres qui tendent à ressembler de plus en plus à des prisons. Ce qui n’empêchera pas les députés de discuter, dans les jours qui viennent, une proposition de loi durcissant encore la justice des mineurs. La répression plutôt que la réinsertion : c’est la philosophie de Macron et compagnie.

Wolfgang Porsche, 81 ans, président du conseil de surveillance de Porsche, veut faire construire un tunnel de 500 mètres, sous la colline du centre-ville de Salzbourg (Autriche), jusqu’au parking privé de son manoir acquis en 2020 pour 8,4 millions d’euros. Le richissime petit-fils des dynasties de l’automobile veut jouer le Bruce Wayne-Batman de sa ville. L’ancienne mairie, complaisante, lui avait donné droit d’usage des sous-sols pour trois fois rien, alors que l’immobilier augmente pour les habitants, qui s’insurgent contre ce passe-droit.

… d’après le bulletin Stellantis CEMR Poissy

Dans la presse, la direction de Renault Flins se vante d’avoir reconditionné 50 000 voitures d’occasion en trois ans et parle d’embauches futures. Sauf que l’activité de reconditionnement de véhicule et de pièces occupe toujours une minorité de salariés à Renault Flins. La majorité travaille toujours à l’emboutissage et au ferrage à faire des pièces pour des véhicules neufs pour des sites d’assemblage Renault. Les « nouvelles activités industrielles », mises en avant pour faire de la pub, sont loin d’assurer à elle seules un avenir au site.

… d’après le bulletin Stellantis CEMR Poissy

Selon un rapport de Claire Hédon, la Défenseure des droits, les femmes ainsi que les personnes d’origine étrangère ou en situation de handicap font face à des discriminations dans l’accès aux soins et leur parcours médical, notamment à travers des douleurs minimisées, un refus de prise en charge ou des actes non consentis. Normalement les professionnels de santé n’ont pas le droit de refuser un patient, sauf si la demande de soin ne correspond pas à leur domaine de compétence ou s’ils ont un nombre trop élevé de patients ou si le patient en question a déjà été violent ou insultant à leur égard. Mais dans les faits et sur le terrain, cette règle fait l’objet de nombreuses entorses, que ce soit dans l’accès aux soins ou le parcours de soins. Et le rapport de noter que « le syndrome méditerranéen, préjugé raciste sans fondement médical selon lequel les personnes d’origine nord-africaine ou noire exagèrent leurs symptômes ou douleurs », a quant à lui « pour effet une minimisation des souffrances exprimées » par ces patients « ou un refus de prise en charge, aux conséquences parfois fatales ». Et là, les femmes sont en première ligne. Autres victimes de ces discriminations, les personnes vulnérables économiquement, comme les patients vivant à la rue ou consommateurs de drogues qui en « raison de leur apparence physique, de leur odeur corporelle ou au motif de l’alcoolisation » peuvent se voir refuser l’accès aux urgences.

Dans l’espoir de relancer la natalité, le Premier ministre hongrois a décidé d’exonérer d’impôts les femmes ayant au moins deux enfants. La loi, qui a été votée mardi 29 avril, fait suite à celle de 2020 qui exonérait déjà les mères de quatre enfants. Pour l’extrême droite, les femmes sont avant tout des mères pondeuses, faites pour peupler leur pays et ses usines.

Le National Health Service (NHS), le système de la santé publique du Royaume-Uni, a décidé de tester pour l’autisme tous les mineurs qui veulent transitionner, avec le préjugé selon lequel l’autisme perturberait la perception du genre, disqualifiant de fait les autistes d’être trans. Une politique d’autant plus révoltante que les personnes qui sont en attente d’un tel diagnostic font déjà face à une attente de plusieurs mois, voire années. Une situation qui va donc de fait empirer.

Le premier mai, la fédération anglaise de football a annoncé interdire aux femmes trans de participer aux compétitions. Un alignement direct avec la cour suprême qui avait décidé de baser la définition de « femme » sur la seule biologie. L’empressement de ce revirement transphobe a de quoi surprendre, d’autant qu’il ne concernerait qu’une trentaine de joueuses amatrices dans le pays.

Toujours fidèle à lui-même et à son obsession migratoire, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, vient de publier une nouvelle circulaire pour restreindre l’accès des étrangers à la nationalité française. En janvier dernier déjà il avait déjà durci les conditions de régularisation. Cette fois, il somme les préfets de durcir leurs critères notamment via le renforcement du niveau de maîtrise requis en langue française ou encore sur « l’adhésion aux valeurs de la République ». En outre, au 1er janvier 2026, sera créé un « examen civique qui permettra de connaître auprès du demandeur sa connaissance de notre Histoire par sa connaissance de la culture civique ». Autant d’obstacles supplémentaires mis sur la voie de celles et ceux qui vivent et travaillent ici et qui doivent bénéficier des mêmes droits que tous les habitants. Acquérir la nationalité doit être un droit qui ne soit pas soumis au bon vouloir du très réactionnaire locataire de la place Beauveau.