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Brèves

L’actualité en bref

L’Agence régionale de santé vient de demander au préfet de retirer à Perrier, qui fait partie du géant alimentaire Nestlé, son label « eau minérale naturelle » après que des bactéries pathogènes aient été retrouvées dans l’eau des bouteilles produites dans son usine de Vergèze. Déjà en avril 2024 le groupe avait dû détruire trois millions de bouteilles en raison d’une contamination par des bactéries, issue de germes fécaux. Au cours des années, de nombreux rapports ont prouvé que les ressources en eau exploitées par Nestlé n’étaient plus pures. Mais le géant des eaux minérales a toujours su bénéficier d’appuis en très haut lieu, notamment à Matignon et à l’Élysée, qui lui ont permis jusqu’à présent de passer entre les gouttes. En sera-t-il de même cette fois-ci ?

Depuis 25 ans, l’association Mémoire et partage s’est donnée pour but la reconnaissance de la traite négrière et des méfaits de l’esclavagisme, notamment dans les villes de la côte atlantique. C’est dans ce cadre qu’elle avait demandé à la municipalité biarrote, dirigée par la maire Les Républicains Maider Arosteguy, de changer le nom de la rue, du quartier et de la gare SNCF de « La Négresse ». Par deux fois le tribunal administratif avait estimé que ce terme était « de nature à porter atteinte à la dignité humaine » et ordonné à la municipalité de l’abroger. Mais Arosteguy refuse d’obtempérer et a décidé de se pourvoir devant la Conseil d’État invoquant « la tradition », « le contexte », « la volonté des habitants », etc. Tous les arguments lui sont bons pour défendre cette dénomination à connotation raciste. Mais l’appel n’étant pas suspensif elle a jusqu’au mois prochain pour se conformer aux jugements.

Cocorico ! À la demande d’Emmanuel Macron va se tenir à Paris, le 5 mai prochain, un « sommet de la communauté scientifique » intitulé « Choose France for Science » (Choisissez la France pour la science). L’objectif, précisé par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, est d’accueillir « des centaines » de nouveaux chercheurs venus de l’étranger, et en particulier des États-Unis où ils sont en proie à la vindicte de Trump. Dans un contexte où le gouvernement réduit toujours plus les crédits accordés à la recherche (−5,6 % cette année), on voit mal comment il parviendra à financer la venue de ces chercheurs, « pointures dans leurs domaines » pour reprendre l’expression du ministre. Une fois l’effet d’annonce retombé il ne restera sans doute pas grand-chose de concret de cette initiative.

Certains boulangers et fleuristes s’insurgent de ne pas pouvoir faire travailler leurs employés le 1er mai. Ils ont même le culot de parler de leur rôle éminemment social pour appuyer leur demande d’ouvrir ce jour férié. Comme de juste dès qu’il s’agit d’aggraver les conditions de travail, le gouvernement a exprimé, par la voix de sa ministre du Travail, un avis favorable à l’évolution de la législation. Ils veulent nous faire travailler toujours plus ? À nous de leur rappeler que le 1er mai est avant tout un jour de grève et de lutte des travailleurs et travailleuses !

Une étude de la revue américaine Science montre que près d’un sixième des sols agricoles dans le monde sont massivement pollués par des métaux toxiques. Au total, près de 1,4 milliard de personnes vivent dans ces régions à risques, tant sanitaires qu’écologiques. De plus, n’étant pas dégradables, ils s’accumulent dans les sols durant plusieurs décennies. Pour parvenir à ce résultat, sept scientifiques ont analysé plus de 1 000 études régionales pour lesquelles 796 000 prélèvements ont été isolés. Ce constat alarmant est dû principalement à l’activité minière effrénée et à l’irrigation avec des eaux polluées. Et ils alertent : « La pollution des sols par les métaux est un problème mondial qui devrait s’aggraver avec la demande croissante de métaux toxiques dans les nouvelles technologies. » On va droit dans le mur, mais on continue de creuser.

Le 24 avril va paraître un livre intitulé Le silence de Bétharram : la plus grande affaire de pédophilie jamais révélée en France. Ce livre est coécrit par la journaliste Clémence Badault et Alain Esquerre, le fondateur du collectif des victimes de l’établissement catholique. Et parmi les témoignages d’enfants martyrisés dans cet établissement on trouve celui… d’Hélène Bayrou, la fille aînée du Premier ministre. Ce dernier continue d’affirmer sans rire qu’il n’était au courant de rien en tant que conseiller général, président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, député, maire de Pau, ministre de l’Éducation nationale, mais aussi père de famille. Bref, une omerta à côte de laquelle celles observées dans les mafias sicilienne, calabraise ou napolitaine sont de la douce rigolade. Il nous prend vraiment pour des jambons de Bayonne ou quoi ?

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué avec emphase « un succès diplomatique pour la France » sur LCI. En quoi consiste ce triomphe ? « C’est la première fois que les Américains, les Ukrainiens et les Européens sont autour de la même table », a dit le ministre. Et qu’ont-ils décidé ? Rien. Bien mieux, à la sortie de la réunion, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, présent à Paris, a jeté un froid en déclarant que « les États-Unis avaient d’autres priorités que l’Ukraine ». Un « succès diplomatique » donc dans la droite ligne des opérations de communication qui tiennent lieu de politique chez Macron.

La députée européenne de la France insoumise, Rima Hassan, a été entendue par la Brigade de répression de la délinquance aux personnes pendant près de onze heures et demie sans pause. Elle a été sommée de s’expliquer sur des tweets de soutien à la cause palestinienne. Elle doit encore être auditionnée pour quatre affaires ayant également trait à son soutien à la Palestine. Rima Hassan, une avocate franco-palestinienne, est depuis de longs mois la cible de toute une partie de la classe politique qui soutient Netanyahou et ses guerres à Gaza et en Cisjordanie. Mais elle n’est pas la seule dans ce cas. De nombreux militants politiques et syndicaux sont eux aussi poursuivis pour apologie du terrorisme du fait qu’ils défendent les Palestiniens. Par contre, parmi tous les politiciens qui sont corps et âme derrière l’offensive militaire sioniste, aucun n’a été inquiété pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Un choix délibéré.

Que ne ferait-on pas pour un scoop. Sur son site internet, le quotidien Le Parisien a interviewé un agresseur sexuel et violeur d’enfants condamné à trois reprises. Sa dernière victime, Yanis, s’est suicidée à trois jours de ses dix-huit ans, en apprenant la libération de son bourreau et son installation à trois kilomètres de son domicile. Reconnu coupable des agressions contre Yanis, il avait été condamné en 2023 à cinq ans de prison ferme et quinze ans de suivi socio-judiciaire par le tribunal de Bonneville, en Haute-Savoie. Mais il a bénéficié rapidement d’un aménagement de peine et, de plus, aucune mesure d’éloignement n’a été prise à son encontre. Si la justice a une part de responsabilité dans cette affaire, cela n’enlève rien au caractère indécent et scandaleux d’une telle interview ressentie comme une insulte pas toutes les victimes de tels actes et leurs familles.