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Brèves

L’actualité en bref

Le 19 mars à 6 heures du matin, des CRS sont venus déloger les quelques dizaines d’étudiants qui occupaient depuis deux jours un bâtiment de la fac contre les coupes budgétaires. Ils sont revenus une deuxième fois dans la journée pour empêcher une autre tentative d’occupation. La présidence de Rennes 2, qui tente depuis le début de diviser les étudiants pour étouffer la mobilisation, à coup de communiqués hypocrites et de fermeture administrative du campus, a franchi un cap en appelant la police, qui plus est deux fois en une journée, mais aussi en fermant une nouvelle fois le campus de Villejean « au moins jusqu’à vendredi 21 mars inclus », pour empêcher les étudiants mobilisés de convaincre les autres de les rejoindre ! Pas étonnant quand on sait que les élus de la fac s’apprêtent à voter pour la suppression de l’enseignement à distance, qui concerne environ 1 800 restrictions personnes à Rennes 2. Ici comme ailleurs, on verse des larmes de crocodile tout en appliquant les restrictions budgétaires ! La liste des villes où les étudiants se font réprimer s’allonge, mais aussi les raisons de se révolter.

Par 136 voix contre 27, les parlementaires ont adopté une loi visant à restreindre les droits des LGBT+. Le gouvernement a utilisé une procédure exceptionnelle pour que la loi soit adoptée le jour même où elle avait été mise en discussion. Elle interdit notamment tout rassemblement visant à promouvoir l’homosexualité et le changement de sexe auprès des mineurs. Les participants à la marche des Fiertés, prévue le 28 juin prochain à Budapest, s’exposent donc à une amende pouvant aller jusqu’à 500 euros. La police a été autorisée à utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les contrevenants. L’opposition parlementaire a perturbé le vote en allumant des fumigènes dans l’hémicycle, dénonçant une tentative de déshumaniser la communauté LGBT+. Déjà en 2021, une première loi avait facilité la répression des personnes homosexuelles. Le Premier ministre, Viktor Orbán, remet ça dans un contexte pré-électoral où il espère renforcer son implantation auprès de l’électorat conservateur.

L’aviation et l’artillerie israéliennes ont pilonné de nombreuses zones de la bande de Gaza faisant, selon les premières estimations, plus de 400 morts, en majorité des civils, dont nombre d’enfants. Le gouvernement israélien a tenu à préciser qu’il avait mené ces actions avec le plein soutien de Washington. Déjà bien fragilisée, la trêve signée le 19 janvier vient de voler en éclats, Israël refusant d’en appliquer la seconde phase, qui prévoyait l’arrêt des combats et le retrait des troupes sionistes du territoire gazaoui. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, que Netanyahou viole allègrement les textes qu’il a signés. Et tant pis pour les otages encore vivants… ce qui compte pour le gouvernement israélien, c’est de tuer et terroriser la population palestinienne.

Il y a quelques semaines le Parti socialiste avait affirmé qu’il refusait de voter la motion de censure contre le gouvernement Bayrou, présentée par la France insoumise, en prétendant avoir obtenu de la part du Premier ministre des « concessions » concernant les négociations sur les retraites menées par les partenaires sociaux. On a vu l’inconsistance de ces pseudo-concessions lorsqu’il y a quelques jours François Bayrou a écarté tout retour de l’âge de départ à la retraite à 62 ans en prétextant le contexte international et la guerre en Ukraine. Qu’à cela ne tienne. Pour Olivier Faure, le patron du PS, le pacte de non-censure entre le gouvernement et les socialistes « n’est pas rompu ». Simplement Bayrou a commis « une erreur ». Et il appelle syndicats ouvriers et patronaux à continuer à blablater sur la question. Une façon de se montrer responsable vis-à-vis de la bourgeoisie en se gardant de provoquer une nouvelle crise ministérielle.

Presque chaque jour les musulmans, ou supposés tels, sont l’objet d’attaques de la part de tel ou tel ministre. Cette fois c’est celui de la Justice, Gérald Darmanin, qui vient de remettre le couvert. Il menace de démissionner si l’on n’interdit pas le port du voile dans les compétitions sportives. Une position que ne partagent ni la ministre des Sports, Marie Barsacq, ni celle de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne. Alors Darmanin fait de la surenchère… sans grand risque puisqu’il sait très bien qu’une proposition de loi dans ce sens, approuvée par Bayrou, a été déposée par Les Républicains avec le soutien de son collègue de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Tout l’exercice consiste donc à apparaître comme le plus en pointe dans l’islamophobie. À ce jeu, la concurrence est rude.

« Nous sommes tous des enfants d’immigrés », scandaient les manifestants, mardi 18 mars, alors que gendarmes et CRS arrivaient devant le théâtre de la Gaîté Lyrique, à Paris, pour en expulser les 450 jeunes migrants qui, faute d’autre logement, l’occupaient depuis trois mois. Les manifestants venus les soutenir étaient là depuis la veille au soir, dès qu’avait été connue la décision de la préfecture de procéder à l’évacuation. Et c’est à coups de matraques, de gaz lacrymogène que CRS et gendarmes mobiles, arrivés sur place un peu avant 6 heures du matin, sont intervenus pour fendre le cordon des manifestants et expulser les jeunes mineurs.

Ces migrants sont des mineurs arrivés en France sans leur famille et sans logement. Officiellement couverts par la loi, en tant que « mineurs isolés », ils n’ont pourtant aucune structure d’accueil, même si certains d’entre eux étaient inscrits dans un établissement scolaire. Mais ville de Paris et préfecture se renvoyaient la balle, personne ne voulant assumer leur logement. Pour le ministre de l’Intérieur c’était une occasion de satisfaire la clientèle électorale de l’extrême droite en se montrant une fois de plus champion du racisme anti-migrant.

Washington et Moscou ont annoncé qu’aujourd’hui Trump et Poutine allaient avoir un entretien téléphonique. En préalable, Trump a annoncé la couleur. Les discussions devront notamment porter sur les « partages » de « terres » et d’« usines de production d’énergie », entre l’Ukraine et la Russie. Rappelons que Trump a déjà forcé la main du président ukrainien pour se voir accorder de juteux contrats sur les mines, les riches terres agricoles et la reconstruction du pays. Le plan de dépeçage de l’Ukraine se poursuit donc malgré les cris d’orfraies des puissances capitalistes européennes – dont la France – furieuses de ne pas être conviées au festin.

Le rectorat de Bordeaux a lancé une inspection de Notre-Dame de Bétharram, l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques au cœur d’un scandale de violences sexuelles et physiques se déroulant sur plusieurs décennies. La dernière (et seule) visite d’un inspecteur dans ce collège-lycée sous contrat remontait au printemps 1996. Ce n’est pas une exception. Le budget de l’enseignement catholique, qui scolarise plus de deux millions d’élèves, est abondé à 80-90 % par l’argent public. Mais il est rarement contrôlé, et encore moins sanctionné, par ses organismes de tutelle grâce notamment au réseau de complicités qu’il entretient dans la classe politique et jusqu’au plus haut niveau de l’État. D’où la multitude de violences sexistes et sexuelles dont il s’est rendu coupable, son recrutement élitiste, son opposition à la mixité sociale, etc. Mais cela va, parait-il changer. C’est la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne qui l’affirme. Grâce au déploiement de « 60 inspecteurs supplémentaires, 40 % des établissements privés sous contrat seront inspectés dans les deux prochaines années ». Et les 60 % restants ? Ils attendront encore 30 ans ?

On constate actuellement une pénurie d’œufs dans les magasins et une forte augmentation de leur prix. Les spécialistes attribuent cette situation à plusieurs facteurs : la propagation de la grippe aviaire dans les élevages, la hausse des prix des aliments pour les poules pondeuses et enfin l’augmentation des coûts de production et de transport due à l’inflation générale. Ce n’est cependant pas l’avis d’une prétendue « experte » interrogée sur BFMTV qui a mis en cause les musulmans dans cette pénurie, les accusant de consommer trop d’œufs durant la période du ramadan ! En 2022 déjà, dans une situation de pénurie d’huile et de farine, provoquée par le contexte international marqué par la guerre en Ukraine, Michel-Édouard Leclerc avait affirmé que la consommation d’huile avait fortement augmenté à cause du ramadan durant lequel les musulmans faisaient « frire des moutons ». Il s’était ensuite excusé. Les stupides fantasmes anti-musulmans se suivent et se ressemblent.