Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Depuis le 19 mars, des manifestations sans précédent depuis 2013, ont lieu en Turquie, après les arrestations de dirigeants de l’opposition. La répression s’intensifie mais la contestation tient bon, notamment grâce aux étudiants, dans tout le pays. Alors que le syndicat Disk avait appelé à des mouvements de grève vendredi 28 mars, Erdoğan a prolongé de trois jours les congés de fin de ramadan dans l’espoir de contenir les grèves et les manifestations. L’entrée dans la lutte de la classe ouvrière, aux côtés des étudiants, est en effet ce qu’Erdoğan aurait le plus à craindre.

Depuis que Trump est revenu au pouvoir, des milliers de migrants ont été arrêtés et expulsés. Mais comment faire pour remplacer ces travailleurs indispensables, notamment dans les emplois les moins qualifiés et les moins bien payés ? L’ultra-réac gouverneur de Floride, Ron de Santis, a trouvé la solution miracle : faire travailler les enfants ! Il a donc annoncé un projet de loi pour autoriser le travail de nuit, dès 14 ans, pour les jeunes scolarisés à la maison ou à distance. Hors de la Floride, d’autres États seraient aussi tentés… À quand le rétablissement de l’esclavage ?

Le ministre de la santé de Trump, Robert F. Kennedy Jr., a annoncé la suppression de 10 000 emplois à temps plein dans son ministère (sur 82 000), qui s’ajoutent aux 10 000 départs qui ont déjà eu lieu avec les coupes orchestrées par le milliardaire Elon Musk. Alors que la surveillance des épidémies (notamment la rougeole qui progresse de façon très inquiétante outre-Atlantique) a été déjà été durement attaquée par l’administration Trump, cette nouvelle saignée aura des conséquences sanitaires désastreuses pour les travailleurs et travailleuses américains, notamment les plus précaires et les plus pauvres.

Le mois dernier, le pays a produit 720 millions d’œufs de poule de moins qu’en février 2024, soit une baisse de 10 %. Les prix, ont connu un pic à 7,56 euros la douzaine, voire 14 euros dans certains endroits (en France, les prix varient entre 2 et 4 euros). L’épidémie de grippe aviaire n’en finit pas de se propager aux États-Unis. Depuis 2022, plus de 111 millions d’oiseaux, surtout des poules pondeuses, ont été infectés ou abattus. Les licenciements brutaux de plus de 1300 fonctionnaires chargés de la prévention des épidémies par Trump et Musk n’ont fait qu’aggraver la situation.

Trump s’est lancé dans une grande croisade contre l’écologie. Les expressions « crise climatique » ou « énergie propre » empêchent désormais les chercheurs d’avoir des financements. Des milliers de postes sont supprimés dans les agences fédérales de protection de l’environnement. Tout ça pour les profits des entreprises œuvrant dans les énergies fossiles. L’un de ces patrons, Chris Wright, climatosceptique notoire, est même dans son gouvernement. Ce n’est pas qu’avec ses idées réactionnaires qu’il a prévu de nous polluer.

L’annonce de Trump d’augmenter de 25 % les taxes douanières à l’importation pour les voitures provoque une surenchère des pays exportateurs européens. Les ministres de l’Économie français et allemand réclament « une réponse ferme » et menacent d’augmenter en réponse leurs propres droits de douane. Une guerre commerciale, qui se fera sur le dos des travailleurs de l’automobile, d’Amérique comme d’Europe, à qui l’on va imposer des cadences infernales et des licenciements, et sur celui des consommateurs qui vont voir les prix flamber.

Alors que le parquet national financier a réclamé à l’encontre de Nicolas Sarkozy sept ans de prison et 300 000 € d’amende dans l’affaire du financement de sa campagne présidentielle de 2007 par l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, plusieurs responsables du Rassemblement national sont montés au créneau pour le défendre dénonçant notamment « la politisation des tribunaux ». Une défense qui est tout sauf désintéressée. En effet c’est demain, 31 mars, que Marine Le Pen connaitra le verdict dans l’affaire des assistants parlementaires européens payés par Bruxelles mais qui ne travaillaient que pour son parti. En anticipation d’une décision de justice qui ne leur sera probablement pas favorable, les cadres du RN s’acharnent donc à dénoncer « les juges rouges », sous l’emprise du Syndicat de la magistrature, qui auraient pris pour cibles deux innocents, Sarkozy puis Le Pen. Pas sûr que l’argumentation convainque grand monde.

Le 1er avril est prévue une grève nationale des assistants d’éducation et d’autres catégories du personnel de la fonction publique qui risque de perturber le fonctionnement de nombre d’établissements scolaires. Cette mobilisation vise à revendiquer de meilleures conditions de travail et de rémunération et à protester contre les suppressions d’emplois. En parallèle, un préavis de grève a été déposé par l’Union syndicale Solidaires Fonction publique, couvrant la période du 1er avril au 31 mai 2025 et qui concerne l’ensemble du personnel de la fonction publique. La colère du personnel, enseignants et autres, est née notamment de la décision de leur ministre, Élisabeth Borne, de supprimer 470 postes dans le premier degré pour la rentrée 2025-2026, ce qui devrait entrainer la fermeture de 5 000 classes. La ministre évoque la diminution du nombre d’élèves pour justifier sa décision. Les syndicats regrettent, eux, que le gouvernement n’ait pas fait le choix de maintenir les classes en baissant les effectifs par classe pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants. Mais il ne faut pas rêver. En période d’austérité budgétaire (sauf pour l’armée), l’éducation des enfants n’est pas une priorité pour nos gouvernants.

Les autorités israéliennes ont ouvertement reconnu avoir ouvert le feu sur des ambulances et de voitures de pompiers envoyées pour porter secours à des civils dans le quartier Tel al-Sultant, à Rafah. Neuf secouristes sont portés disparus. Ils étaient membres du Croissant-Rouge palestinien et de la défense civile de Gaza. L’armée israélienne affirme qu’elle avait identifié ces véhicules comme « suspects » mais « après une première enquête, il a été déterminé que certains des véhicules suspects étaient des ambulances et des camions de pompiers ». On tire et on tue d’abord, on enquête ensuite. Une logique implacable d’un occupant génocidaire. Depuis le début de la guerre à Gaza plus de 1000 médecins et infirmiers et 192 travailleurs humanitaires dépendant de l’ONU ont perdu la vie, tous accusés par Israël d’être peu ou prou « complices » des terroristes.