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Brèves

L’actualité en bref

Il y a cinq ans, le 17 mars 2020, le pays, pour la première fois de son histoire, se confinait pour tenter d’empêcher la propagation du virus du Covid-19. Il était apparu en Chine cinq mois auparavant et le 11 mars l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait déclaré l’état de pandémie mondiale. Le virus infecta 777 millions de personnes à travers le monde et causa plus de 7 millions de morts, un chiffre sans doute largement sous-évalué. Aujourd’hui les experts de l’OMS soulignent que « la question n’est pas de savoir s’il y aura une nouvelle pandémie, mais de savoir quand elle aura lieu ». Et de rappeler qu’en vingt ans, le nombre de maladies infectieuses a été multiplié par cinq et que, dans leur grande majorité, ces maladies émergentes sont des zoonoses, c’est-à-dire qu’elles viennent d’agents pathogènes transmis d’animaux à l’homme. Or, avec la déforestation et la réduction des espaces laissés à la faune, les contacts se multiplient, et avec eux les risques. Conclusion : « En 2025, le monde n’est pas prêt à combattre une nouvelle menace pandémique. » Ce qui n’est guère rassurant, d’autant plus que les fonds dont dispose l’OMS ont drastiquement été coupés par l’administration Trump qui met de plus en avant une politique résolument anti-vaccin.

Les syndicats ont condamné unanimement la « trahison » de François Bayrou après que ce dernier a fermé la porte à la possibilité d’un retour à l’âge de la retraite à 62 ans en prenant prétexte de la situation internationale et de la guerre en Ukraine. Ils ont dénoncé des propos « scandaleux » et « incompréhensibles » qui, selon eux, torpilleraient le « dialogue social ». Mais de qui se moquent-ils ? Il était évident depuis le début que, sans mobilisation sociale d’importance, les onze sessions de discussion prévues n’amèneraient au mieux que des miettes et que le gouvernement, avec le soutien du patronat, ne lâcherait pas sur l’âge de la retraite. Dont acte. Les dés étaient pipés d’avance. Cela les directions syndicales le savaient. Mais elles ont préféré jouer ce jeu de dupes par refus de proposer la voie de la lutte.

Lundi 10 mars, plus de 3 000 vols ont été annulés en Allemagne, dus à la grève des employés de treize aéroports. Une « grève d’avertissement » selon le syndicat Ver.di qui demande une augmentation de salaire de 8 % dans le cadre des négociations sur un nouveau contrat de rémunération et de conditions de travail. Pour arracher ces augmentations, il faudra sans doute plus pour faire comprendre au patronat que s’ils veulent que les avions volent… il faut que les salaires prennent de la hauteur.

Selon une étude scientifique récente, la couche d’ozone, qui nous protège de rayonnements solaires dangereux, continue de voir son trou apparu dans les années 1970 se reboucher peu à peu. L’interdiction mondiale édictée en 1987 d’emploi des gaz CFC (qui avaient provoqué ce trou) est à l’origine de ce rebouchage. Autrement dit, quand l’humanité se donne les moyens de protéger l’environnement, elle peut y parvenir. Mais si les capitalistes n’ont pas trop perdu à bannir les gaz CFC, il en va autrement des autres polluants. C’est à nous travailleurs de leur imposer les mesures nécessaires pour protéger le vivant… donc l’humanité toute entière.

Plutôt que de trouver des solutions face à la grande précarité à court et long terme, l’État a organisé cet hiver l’expulsion de plusieurs familles de centres d’hébergement dans le Rhône : au prétexte de « fluidifier » leur accès et de privilégier les plus fragiles, des mères célibataires se sont retrouvées à la rue avec leurs enfants. Face au tollé, l’expérimentation prévue aussi en Haute-Garonne a été annulée, mais elle en dit long sur la logique du gouvernement : l’argent public doit aller au patronat et à l’effort de guerre, tant pis pour les plus pauvres.

La nouvelle carte scolaire prévoit 470 suppressions de postes d’enseignants et 5000 fermetures de classes. La ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, les justifie par la baisse démographique… alors que les classes surchargées pullulent partout ! Heureusement, enseignants et parents d’élèves sont mobilisés depuis plusieurs semaines contre cette mesure : des banderoles et rassemblements fleurissent devant les écoles et la journée de grève du 11 mars a été bien suivie. Les syndicats enseignants appellent à nouveau à la grève pour le jeudi 20 mars contre cette austérité budgétaire.

Dans son livre, Jordan Bardella écrit qu’il veut réunir « les Français issus de la classe populaire et une partie de la bourgeoisie conservatrice ». En bon politicien d’extrême droite, il manie la démagogie soi-disant populaire… au profit des patrons. Selma Labib, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste révolutionnaires, l’a bien démasqué : « Ça se prétend du côté des travailleurs… pour mieux les diviser à grand renfort de racisme et les enchaîner derrière leurs exploiteurs. »

Les mobilisations contre la corruption et le pouvoir en place continuent en Serbie, depuis l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad qui a fait 15 morts le 1er novembre… suite à des travaux bâclés. Les manifestations sont quotidiennes dans Belgrade, la capitale, avec un record atteint ce samedi, où 300 000 personnes venues de tout le pays ont défilé sous le mot d’ordre « la corruption tue ». Le mouvement, étudiant à la base, est maintenant rejoint par de larges couches de la population, notamment des travailleurs et des paysans. De quoi renforcer la lutte et rendre encore plus ridicule la propagande du gouvernement qui voit derrière chaque manifestant un « agent perturbateur de l’étranger ».

Malgré l’accord de cessez-le-feu censé être en vigueur, l’armée israélienne a de nouveau bombardé le nord de Gaza samedi 15 mars faisant au moins neuf morts, dont des journalistes et des employés associatifs. Après avoir bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, Israël a stoppé aussi la fourniture d’électricité et de carburant. La barbarie à l’état pur… qui ne semble pas émouvoir les gouvernements occidentaux, soutiens fidèles de l’État d’Israël.