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Brèves

L’actualité en bref

C’est l’Insee qui l’affirme dans une étude qui vient de sortir intitulée « Écart de salaire entre femmes et hommes ». Elle constate d’abord qu’en 2023, parmi les salariés exerçant leur emploi principal dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes était de 21 340 euros annuels, contre 27 430 euros pour les hommes, soit 22,2 % de différence. Mais si on tient compte de la situation familiale des salariés, les mères avaient, quel que soit leur volume de travail, des salaires nettement inférieurs aux pères. Et les écarts s’accentuaient avec le nombre d’enfants. Il était en moyenne de 5,8 % parmi les salariés du privé n’ayant pas d’enfant, mais atteignait 28,2 % entre les mères et les pères de trois enfants ou plus. En conclusion : les femmes sont discriminées au travail et les mères encore plus. On s’en doutait déjà mais cette étude ne fait que le confirmer…

Une fois n’est pas coutume. L’hebdomadaire satirique – qui a longueur de colonnes dénonce les injustices, les combines, voire les patrons voyous – vient d’être condamné par le conseil des prud’hommes de Paris pour discrimination syndicale à l’égard d’un de ses journalistes, le cégétiste Christophe Nobili. L’ancien directeur général du journal, Nicolas Brimo, et son ex-président, Michel Gaillard, ont été condamnés à lui verser chacun 10 000 euros de dommages et intérêts. La direction avait tenté de le licencier pour avoir dénoncé un emploi fictif au sein de la rédaction, une procédure finalement invalidée par l’inspection du travail. Des pratiques dénoncées par deux organisations syndicales, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et le SNJ-CGT, qui avaient apporté leur soutien à Nobili. Une affaire qui ne grandit pas le volatile…

Un nouveau scandale touche le Rassemblement national. Son vice-président et maire de Fréjus, David Rachline, a été interpellé par la police et sa mairie perquisitionnée dans le cadre d’une enquête pour « favoritisme, recel de favoritisme, corruption active et passive d’élu ». N’en jetez plus ! L’ouverture de l’enquête, jusqu’ici tenue secrète, a fait suite à la publication en novembre 2023 de l’ouvrage « Les rapaces », écrit par la journaliste de l’Obs, Camille Vigogne Le Coat. Preuves et exemples à l’appui, elle dénonçait « une véritable mafia varoise de Marine Le Pen », avec argent liquide, corruption et omerta à la clé. Les locaux de plusieurs entreprises locales impliquées dans des marchés publics ont également été perquisitionnés. Une casserole judiciaire de plus pour la direction du RN.

Une étude parue dans la revue scientifique britannique The Lancet alerte sur ce qu’elle considère être une explosion alarmante de l’obésité dans le monde. Elle porte sur 204 pays et territoires et estime que, si rien n’est fait, six adultes sur dix et un enfant et adolescent sur trois seront obèses ou en surpoids d’ici 2050. Pour faire face à ce qu’elle appelle « l’un des plus grands défis sanitaires du 21e siècle », elle préconise d’adopter des plans d’action de cinq ans (2025-2030) avec des mesures phares. D’abord « réglementer la publicité des aliments ultra transformés, intégrer des infrastructures sportives et des terrains de jeux dans les écoles, encourager l’allaitement maternel et les régimes alimentaires équilibrés dès la grossesse et développer des politiques de nutrition adaptées à chaque pays », disent ses auteurs. Fort bien, des solutions existent sauf… qu’elles sont largement inapplicables. Dans les pays dits « riches » une partie de la population modeste n’a pas accès à une alimentation saine faute de moyens financiers. Et on ne voit pas les États mettre la main à la poche pour améliorer les choses. Dans les autres, les gens sont à la recherche d’un repas quotidien et ne peuvent pas être très regardants sur ce qu’ils mangent. Alors l’obésité progresse au même rythme que la pauvreté avec toutes les pathologies qui l’accompagnent et aggravent la situation catastrophique des systèmes de santé. Mais pour mettre fin à cette aberration, c’est d’abord la société qu’il faudra changer.

Le procès d’une quarantaine d’opposants au président Kaïs Saïed, accusés de « complot contre la sûreté de l’État » et de liens avec des groupes terroristes, s’est ouvert à Tunis. Au banc des accusés, pêle-mêle, des militants politiques, des avocats, des hommes d’affaires, des militants des droits civiques, des syndicalistes, etc. Comme le dit l’un des accusés, Ahmed Néjib Chebbi, il s’agit d’une procédure judiciaire qui vise « à terroriser les Tunisiens pour les dissuader d’exercer leurs droits politiques ». L’audience s’est ouverte en l’absence des accusés en détention, dont les autorités judiciaires ont décidé qu’ils comparaîtraient par visioconférence, et aucun des avocats de la défense n’a reçu une copie complète du dossier d’accusation. Une parodie de justice dénoncée par nombre d’associations de défense des droits humains qui pointent la persécution systématique des opposants par Saïed.

Près de deux ans après la mort de Nahel Merzouk, un adolescent franco-algérien de 17 ans tué par le tir à bout portant d’un policier le 27 juin 2023 lors d’un contrôle routier, dans les Hauts-de-Seine, le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre contre le policier auteur du tir. Cette mort, devenue un symbole des violences policières, avait déclenché des émeutes pendant six jours dans les quartiers populaires. Une première version policière, selon laquelle le jeune homme aurait foncé sur le motard, avait été infirmée par une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux. L’auteur du coup de feu mortel avait été mis en examen pour meurtre et incarcéré pendant cinq mois, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il avait reçu le soutien de Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale, et de David Le Bars, le secrétaire général du syndicat des commissaires, qui affirmaient que « la place d’un policier n’est pas en prison », même en cas de faute grave. Bien mieux, l’extrême droite avait organisé une collecte en sa faveur. Cela dit, il est possible que dans le contexte actuel de chasse aux Algériens le juge d’instruction, qui a le dernier mot, trouve finalement des circonstances atténuantes à ce flic tueur.

L’Observatoire international des prisons taille en pièces le projet de nouveau régime carcéral d’isolement que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, veut faire adopter par le Parlement, pour y incarcérer notamment les narcotrafiquants les plus dangereux. Selon l’Observatoire ce plan est « attentatoire aux droits fondamentaux des personnes détenues ». De plus il est prévu que la décision de placement dans ces quartiers relève du seul garde des Sceaux, un « nouveau pouvoir discrétionnaire qui présente un risque évident d’arbitraire tant ces critères sont flous et la paranoïa sécuritaire totale ». Et de conclure : « Le garde des Sceaux propose finalement d’instituer ce qui ressemble dangereusement aux QHS : les quartiers de haute sécurité », fermés en 1982 par l’ancien ministre de la Justice Robert Badinter qui dénonçait leur « régime inhumain ». Mais instaurer un régime inhumain pour les prisonniers ne gêne ni Darmanin, ni Macron.

Le conseil des prud’hommes de Lorient a condamné l’union départementale du syndicat Force ouvrière du Finistère à verser près de 240 000 euros d’indemnités à deux anciennes salariées qui dénonçaient notamment des violences sexuelles, du harcèlement moral et un licenciement abusif jugé « sans cause réelle et sérieuse ». Ces salariées avaient attaqué leur employeur syndical pour « montrer les méthodes de Force ouvrière contre les femmes en général, et particulièrement les victimes de violences sexuelles ». Et l’exemple venait de haut. L’ancien responsable local du syndicat, Marc Hébert, avait été condamné en décembre 2023 pour harcèlement sexuel à 18 mois de prison, dont 6 mois ferme. Des comportements inacceptables au sein du mouvement ouvrier comme ailleurs.

Coup de tonnerre et incertitudes pour les salariés des boutiques de jeux vidéos et produits dérivés Micromania. Ryan Cohen, PDG du groupe GameStop, dont l’enseigne Micromania est la filiale française, a annoncé sur X la fermeture des quelque 300 sites français. Accompagnant cette déclaration de commentaires accusant les taxes et le « wokisme », il indique espérer qu’un repreneur sera trouvé. Pourtant l’entreprise affiche, après deux années de difficultés, un bénéfice de 10 millions d’euros pour l’année 2024. En attendant, les quelque 1200 employés qui y travaillent sont dans le brouillard quant aux conséquences des probables restructurations qu’impliqueront cette décision soudaine.