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Brèves

L’actualité en bref

Le Conseil de l’ordre des avocats de Bayonne vient d’assurer de sa totale solidarité ses membres ainsi que des magistrats locaux qui ont été attaqués par la revue d’extrême droite Frontières dans un hors-série titré « Invasion migratoire, les coupables ». Le texte dresse « un palmarès des avocats de clandestins » ayant plaidé pour la régularisation d’étrangers sans papiers, donnant leurs noms mais aussi parfois adresses et photos. Une tentative de faire pression pour que ces avocats n’assurent plus la défense de leurs clients migrants, voire abandonnent la permanence gratuite qu’ils tiennent à cet effet. Plusieurs plaintes ont été déposées contre ce média nauséabond.

Les Victoires de la musique sont, en général, l’occasion pour un petit milieu d’artistes et de responsables politiques, de se lancer des fleurs, voire de s’auto-congratuler. La 40e édition n’a pas manqué à la tradition, sauf qu’il y a eu un petit imprévu. En présence de la ministre de la Culture, Rachida Dati, Thomas Jolly, le directeur artistique de Paris 2024, est monté sur scène pour recevoir le prix de concert de l’année pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques d’été. Mais, dans son discours de remerciement, il a exprimé toute sa colère pour le traitement qui est fait au spectacle vivant et le désengagement de l’État dans ce domaine. Il a poursuivi : « Je m’étonne, en cette période de tourments multiples, de voir ici ou là les moyens pour la culture affaiblis ou tout bonnement retirés. La culture coûte, mais elle rapporte aussi économiquement. » Et de poursuivre : « Mais ce qu’elle rapporte immatériellement est inestimable. Elle est au service de l’intérêt général. » Il a été très applaudi mais pas sûr que cela suffira pour empêcher les coupes claires que l’État, mais aussi les collectivités locales et territoriales, continuent de pratiquer dans les budgets culturels.

L’Humanité vient de publier une enquête sur ceux qui profitent des « plans de sauvegarde de l’emploi », c’est-à-dire des licenciements. Professionnels des restructurations et cabinets de reclassement s’en mettent plein les poches pour une efficacité contestable et contestée. L’enquête cite l’exemple du cabinet qui « accompagne » actuellement les quelque 2 900 salariés de Casino qui vont perdre leur emploi. Le cabinet aurait facturé 2 250 euros par personne licenciée, au total environ de 6,5 millions d’euros. En moyenne, et selon les cas, le coût estimé varie entre 2 000 et 5 000 euros par salarié qui va perdre son emploi. Avec la multiplication des plans de sauvegarde de l’emploi, experts en restructuration, avocats spécialisés en fermeture d’usines, et « coachs » en reclassement s’en mettent plein les poches.

Pour justifier la décision de Donald Trump de geler radicalement l’aide humanitaire américaine partout dans le monde, Elon Musk avait pris un exemple de gaspillage qu’il voulait décisif : la livraison de préservatifs made in USA pour 50 millions de dollars dans la bande de Gaza. Auparavant Trump avait cité le chiffre de 100 millions de dollars. Mais cet exemple s’est révélé complètement bidon, aucune livraison de cet ordre n’ayant été effectué dans le territoire palestinien. Musk a alors fait machine arrière en affirmant qu’il s’était trompé et avait sans doute confondu avec une province… de Tanzanie. Sauf que l’aide humanitaire n’a pas été rétablie. Pour couvrir et justifier leurs méfaits tous azimuts, Trump et son équipe sont prêts à inventer n’importe quoi. Plus c’est gros…

Un exemple parmi d’autres des difficultés croissantes que connaissent les familles modestes : le nombre de dossiers déposés auprès des commissions départementales de surendettement, qui dépendent de la Banque de France, s’est élevé à 134 803 l’an dernier, une hausse de 10,8 % par rapport à 2023. Au total, ce sont 600 000 foyers qui sont fichés pour surendettement, c’est-à-dire qui ne parviennent pas à rembourser les prêts bancaires ou autres, qu’ils ont souscrits, voire payer leur loyer. 55 % des personnes dans cette situation sont des femmes, 20 % des familles monoparentales, 25 % sont au chômage et 53 % sont des ouvriers ou employés. Un échantillon représentatif des classes populaires…

C’est le 9 mars que se tiendra dans les salons Hoche, de l’avenue du même nom située dans le très chic 8e arrondissement de Paris, le 88e salon israélien de l’immobilier et de l’investissement (Icube). L’agence de marketing Garkan, basée non loin de Tel-Aviv, présente l’évènement comme « un salon de vente dédié aux Juifs en France qui envisagent de venir vivre en Israël. » Mais derrière cette formulation très neutre se cache une réalité plus sombre. Les journalistes du média en ligne Blast, qui avaient infiltré les deux précédentes éditions l’an dernier, avaient montré que Garkan proposait aussi à la vente des appartements situés à Avnei Hefetz, une colonie israélienne située en territoire palestinien. Une pratique frauduleuse et délictueuse au regard du droit international, la Cour internationale de justice, ayant de nouveau déclaré illégales, le 19 juillet 2024, l’occupation et la colonisation dans la région. Alertés, ni le Quai d’Orsay, ni la préfecture de police de Paris ne sont intervenus et laissent faire. Comme dirait Macron en sermonnant Trump : « Il faut respecter le droit international. » Cause toujours…

On fêtait hier la Saint-Valentin, la fête des amoureux. Si, à cette occasion, vous avez offert des fleurs à l’être aimé, vous avez peut-être, sans le savoir, mis sa santé en danger. En effet l’UFC-Que Choisir vient de publier une enquête qui montre que les bouquets de fleurs sont infestés par les pesticides. L’association de défense des consommateurs a testé quinze bouquets (roses, gerberas et chrysanthèmes), achetés chez des fleuristes, en grande distribution et en ligne. Verdict : 100 % des fleurs sont contaminées par des pesticides, dont certains interdits dans l’Union européenne. Et d’ajouter : « Ces substances incluent des cancérogènes avérés et des perturbateurs endocriniens qui menacent directement la santé de ceux qui les manipulent quotidiennement. À ce jour, aucune réglementation ne limite la présence de résidus de pesticides dans les fleurs coupées, dont 80 % sont importées de pays autorisant encore l’usage de substances hautement toxiques. » La prochaine fois optez plutôt pour des bonbons. C’est plein de sucre mais c’est moins risqué.

Le très médiatisé Bernard-Henri Lévy (BHL), qui fut proche des maoïstes dans sa jeunesse avant de jouer le rôle de tête de gondole des auto-proclamés « nouveaux philosophes » (Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Pascal Bruckner, etc.), devenus au cours des années anti-marxistes et anti-communistes, occupe depuis 32 ans la présidence du conseil de surveillance de la chaîne de télévision publique Arte France. A ce titre il est visé pour une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêts. Il aurait profité de sa fonction pour recevoir, entre 2011 et 2022, 750 000 euros de subvention d’Arte afin de financer les documentaires qu’il produisait par ailleurs à titre personnel. Un douteux mélange des genres. BHL hurle à « une campagne de harcèlement ». Chez lui c’est une habitude !

Depuis 2021, le calcul du temps de travail à l’hôpital se fait par heures et non plus par jours travaillés. On commence aujourd’hui à ressentir les effets de cette mesure. Tous les agents doivent des heures à l’hôpital et on nous bassine qu’on ne travaille pas assez… Pourtant l’épuisement se fait sentir dans toutes les équipes, au point qu’il est difficile de recruter de nouveaux agents dans ces conditions et que les lits d’hospitalisation ferment en conséquence. La faute au… logiciel, nous dit-on. Personne n’y peut rien et le logiciel a toujours raison ! Mais derrière ce logiciel inhumain, il y a les personnes qui le gèrent et en tirent des moyens de pression. La logique du soin, de « la qualité de vie au travail » comme ils disent, leur est totalement étrangère. Il ne s’agit que d’une gestion purement économique, bureaucratique et autoritaire.

… d’après le bulletin de l’hôpital de Saint-Malo