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Brèves

L’actualité en bref

Dimanche dernier, un commando d’une vingtaine d’assaillants cagoulés a attaqué le local de l’Association culturelle des travailleurs immigré de Turquie (ACTIT) alors que s’y déroulait une projection du film Z de Costa Gavras, organisée par le collectif antifasciste Young Struggle. Sur des vidéos prises par des militants de l’association, on voit notamment plusieurs hommes rouer de coups de pied un individu à terre. Les assaillants étaient également armés de tessons de bouteille. Deux hommes ont été blessés par ces nervis dont un jeune militant de la CGT qui a reçu un coup de couteau. Six des assaillants ont été arrêtés par la police et le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une enquête pour tentative d’homicide volontaire. L’association Young Struggle France a appelé lundi soir à un rassemblement devant la gare de l’Est « pour riposter contre l’extrême droite ».

À 87 %, les journalistes de la rédaction de la chaîne publique Franceinfo TV ont voté le départ de leur directeur, Laurent Delpech. Ils lui reprochent d’avoir, le 5 février dernier, organisé un débat où les invités discutaient des mérites comparés du plan avancé par Trump de transformer la bande de Gaza en « Côte d’Azur », en déportant deux millions de Palestiniens. Face aux réactions houleuses suscitées par cette émission, la chaîne a reconnu « une faute grave » et a supprimé la séquence. Mais le directeur est toujours là. Rappelons que fin janvier la même chaîne avait suspendu un journaliste pour avoir mis à l’écran un bandeau « 200 otages palestiniens libérés » dans le cadre des échanges entre Israël et le Hamas. Deux poids, deux mesures…

Le groupe de travail « logement des jeunes » du Conseil national de l’habitat vient de rendre un rapport qui s’intéresse en particulier aux étudiants. Intitulé « Une urgence sociale », le texte indique notamment que, chaque année, 17 % des étudiants (on en compte trois millions environ) sont contraints d’arrêter leur formation faute d’hébergement abordable. Au total 70 % des étudiants se logent dans le privé, les établissements publics comme les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) et d’autres structures comparables ne prenant en charge qu’un étudiant sur 44 à Paris et un sur 20 dans des villes comme Toulouse et Bordeaux. Les autres doivent se débrouiller comme ils peuvent.

À la suite du scandale pédophile au collège Notre-Dame de Bétharram, couvert de bout en bout par François Bayrou, Pierre Ouzoulias, le vice-président PCF du Sénat, a soulevé une question plus vaste : la quasi-impunité dont jouissent les établissements catholiques privés sous contrat qui sont financés à 80 % avec de l’argent public. Le contrôle de l’État sur leur pédagogie et leurs programmes est réduit au minimum et, de plus, ces établissements s’appuient sur un réseau serré d’élus locaux et régionaux, voire de députés, de sénateurs et de ministres, qui y scolarisent leurs enfants et volent à leur secours à la moindre alerte, prenant systématiquement leur défense. On l’a vu dans l’affaire du lycée-collège Stanislas à Paris et celle qui a aussi touché l’Immaculée Conception à Bordeaux. Comme l’écrit le sénateur : « Ces établissements profitent d’une impunité et d’une omerta qui protègent les auteurs de violences. Les affaires sont pléthores et les sanctions, rarissimes. » Grand temps de mettre fin à ce scandale et de créer un grand service public de l’Éducation laïque, gratuit et obligatoire et qui englobe tous les établissements, sans exception.

Le 14 février, Javier Milei, le président argentin, a fait la promotion d’une nouvelle cryptomonnaie qui devait, selon lui, « stimuler la croissance de l’économie argentine, en finançant les petites entreprises ». Le cours s’est envolé de plusieurs milliers de pourcents en quelques heures… avant de s’effondrer aussi sec : toute la mise de départ était aux mains de quelques initiés qui sont partis avec la caisse. Les milliers de personnes qui avaient suivi les bons conseils de Milei en sont pour 100 millions de dollars envolés. Une bonne vieille arnaque dans laquelle le libertarien professeur d’économie a sauté à pieds joints… aux frais des autres !

L’élue démocrate de New-York, Alexandria Ocasio-Cortez (dite AOC) a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les « citoyens des États-Unis ou non » sur leurs droits face à la police américaine de l’immigration ICE (Immigration and Customs Enforcement) que Trump a déployée en force. Dans le cadre de cette campagne, baptisée « Connaissez vos droits », AOC a publié des « guides » pratiques sur Instagram et Twitter, largement repris dans tout le pays, et organisé une conférence sur Facebook pour apprendre à contrer les flics de l’ICE. Aussitôt Tom Homan, chargé par Trump d’expulser les migrants et surnommé « le tsar des frontières », a saisi le procureur adjoint des États-Unis pour « entrave à l’application de la loi » affirmant que par son initiative l’élue new-yorkaise cherche « à aider les sans-papiers à échapper aux arrestations ». Celle-ci est restée droite dans ses bottes en affirmant qu’elle ne faisait qu’appliquer la loi. Il en faudra bien sûr beaucoup plus pour empêcher Trump de mener ses politiques criminelles à l’égard des migrants, notamment des mobilisations de masse qui n’hésiteront pas sortir du cadre de la légalité, ce qu’AOC refuse de faire.

Le docteur Hussam Abu Safiya est un pédiatre qui dirigeait à Gaza l’hôpital Kama Adwan avant son arrestation en décembre dernier par les forces israéliennes après une opération visant l’établissement hospitalier. Il est actuellement détenu dans la prison d’Ofer, en Cisjordanie. Les autorités sionistes viennent de faire savoir qu’il avait été placé dans la catégorie des « combattants illégaux », une législation qui viole les conventions internationales sur les prisonniers de guerre et qui permet de le détenir en prison indéfiniment, sans procès et sans connaître les charges retenues contre lui. Son avocat, qui avait enfin pu le rencontrer cette semaine, a indiqué qu’il a été soumis à la torture et aux mauvais traitements dans les centres de détention israéliens. Ce qui n’étonnera plus personne.

Le Conseil de l’ordre des avocats de Bayonne vient d’assurer de sa totale solidarité ses membres ainsi que des magistrats locaux qui ont été attaqués par la revue d’extrême droite Frontières dans un hors-série titré « Invasion migratoire, les coupables ». Le texte dresse « un palmarès des avocats de clandestins » ayant plaidé pour la régularisation d’étrangers sans papiers, donnant leurs noms mais aussi parfois adresses et photos. Une tentative de faire pression pour que ces avocats n’assurent plus la défense de leurs clients migrants, voire abandonnent la permanence gratuite qu’ils tiennent à cet effet. Plusieurs plaintes ont été déposées contre ce média nauséabond.

Les Victoires de la musique sont, en général, l’occasion pour un petit milieu d’artistes et de responsables politiques, de se lancer des fleurs, voire de s’auto-congratuler. La 40e édition n’a pas manqué à la tradition, sauf qu’il y a eu un petit imprévu. En présence de la ministre de la Culture, Rachida Dati, Thomas Jolly, le directeur artistique de Paris 2024, est monté sur scène pour recevoir le prix de concert de l’année pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques d’été. Mais, dans son discours de remerciement, il a exprimé toute sa colère pour le traitement qui est fait au spectacle vivant et le désengagement de l’État dans ce domaine. Il a poursuivi : « Je m’étonne, en cette période de tourments multiples, de voir ici ou là les moyens pour la culture affaiblis ou tout bonnement retirés. La culture coûte, mais elle rapporte aussi économiquement. » Et de poursuivre : « Mais ce qu’elle rapporte immatériellement est inestimable. Elle est au service de l’intérêt général. » Il a été très applaudi mais pas sûr que cela suffira pour empêcher les coupes claires que l’État, mais aussi les collectivités locales et territoriales, continuent de pratiquer dans les budgets culturels.