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Brèves

L’actualité en bref

Dimanche 26 janvier, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues en Grèce, dont à Athènes, Thessalonique, Patras et Volos. Elles commémoraient la plus grande catastrophe ferroviaire du pays qui a eu lieu le 28 février 2023 à la suite d’une collision entre deux trains roulant en sens inverse sur les mêmes voies entre Athènes et Thessalonique, et qui a fait 57 morts. Cet accident avait été suivi par de nombreuses manifestations de masse dans tout le pays pour pointer du doigt des années de négligence du réseau ferroviaire après qu’ait été mis en lumière l’état des voies, le manque de système de sécurité, de personnel et les défaillances de communication. Mais ce qui a également été dénoncé lors de ces mobilisations et depuis, c’est la responsabilité du gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, accusé de cacher des preuves montrant qu’une cargaison chimique illégale aurait été transportée dans ce train et aurait provoqué, à la suite de l’accident, un incendie et des dizaines de morts.

Rennes et toute l’Ille-et-Vilaine font face à la tempête Herminia depuis jeudi. En cinq jours, il est tombé l’équivalent d’un mois de précipitations provoquant ainsi la pire inondation qu’a connu Rennes depuis 1981. Les vents violents atteignant 100 km/h aggravent la situation. Météo France prévient que « le pire est à venir », tout comme en témoigne l’évacuation de 400 habitants. Tous les TGV au départ et à l’arrivée de Rennes ont été annulés et les transports en commun de la métropole sont largement perturbés. La municipalité appelle à la solidarité pour venir en aide aux sinistrés. Ce sont pourtant bien Rennes et les communes alentour qui délivrent des permis de construire en zone inondable, au mépris des risques bien connus.

C’est « un impact négligé » de la crise climatique. Selon l’Unicef, l’agence de l’ONU pour l’enfance, des événements météo extrêmes ont perturbé la scolarité de près de 250 millions d’enfants dans le monde en 2024, soit un enfant sur sept. Classes fermées, vacances avancées, réouverture retardée, horaires décalés ou même écoles détruites, au moins 242 millions d’enfants de la maternelle au lycée – une estimation « prudente » en raison notamment de lacunes dans les données – ont subi dans 85 pays une perturbation de leur scolarité en raison de chocs climatiques. La chaleur extrême a été la principale cause, avec au moins 171 millions d’écoliers concernés, dont 118 millions au mois d’avril 2024 seulement, notamment au Bangladesh, au Cambodge, en Inde, en Thaïlande ou aux Philippines. Au-delà de l’impact temporaire, l’agence s’inquiète que des suspensions prolongées des cours augmentent les risques d’une déscolarisation complète de certains enfants, en particulier des filles. Si la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre se poursuit, environ huit fois plus d’enfants devraient être exposés à des canicules en 2050 par rapport à 2000, 3,1 fois plus pour les inondations extrêmes ou encore 1,7 fois plus pour les incendies, selon des projections de l’Unicef.

La cour d’assises de Montpellier a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour actes de « torture et de barbarie » une mère de famille quinquagénaire qui avait infligé des privations de toutes sortes et des sévices à sa fille de 13 ans, finalement décédée d’un arrêt cardiaque et d’une septicémie en août 2020. À sa mort, la jeune fille ne pesait plus que 28 kilos. L’horreur de ce drame ne doit pas faire oublier que les droits des enfants sont ignorés ou bafoués à une large échelle dans le pays. 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année et un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes. Ces chiffres ne tiennent pas compte des autres types de violences (coups, insultes, privations de soins, négligences, etc.). Une société qui martyrise ses enfants est une société malade.

Furieux de voir le ministre de l’Intérieur lui piquer son programme par pans entiers, le Rassemblement national a décidé de réagir. D’où une volée de bois vert à destination du locataire de la Place Beauvau accusé d’être un « faux dur » et un « vrai mou » à propos de sa nouvelle directive sur l’immigration qui durcit drastiquement les conditions de régularisation des migrants. Selon Marine Le Pen et ses amis le texte ne va pas assez loin. Il préconise des régularisations au compte-gouttes et affirme que « régulariser n’est pas un droit mais une mesure exceptionnelle » alors que l’extrême droite propose de les interdire complètement et de ne jamais régulariser les personnes arrivées clandestinement, quelle que soit leur situation. Lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux migrants et à leur famille la surenchère est rude entre droite extrême et extrême droite.

La huitième édition de la Nuit de la solidarité s’est déroulée dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 janvier à Paris et 40 autres villes. Dans la capitale, 1 500 bénévoles et 400 professionnels ont arpenté les rues pour décompter les personnes sans abri et aller à leur rencontre afin de mieux connaître leurs besoins. L’an dernier, 3 492 personnes à la rue avant été recensées, soit une hausse de 16 % par rapport à l’édition de 2023. Cette année, le chiffre devrait être du même ordre, voire supérieur. Plus que jamais il s’agit d’affirmer « Un toit est un droit » et de réquisitionner les logements vacants afin que personne ne dorme dehors.

Près d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, dont Emmanuel Macron, vont se retrouver lundi 27 janvier en Pologne pour commémorer le 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques. C’est dans ce camp que périrent 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs. Cette commémoration va être l’occasion de généreuses déclarations sur l’horreur de la guerre, le respect des droits humains, le « plus jamais ça ». C’est un peu vite oublier que la Seconde Guerre mondiale (60 millions de morts dont 6 millions de Juifs) fut provoquée par le conflit entre puissances impérialistes – dont certains représentants assisteront à la cérémonie – qui, une fois le conflit mondial terminé, se lancèrent dans des guerres coloniales qui firent des dizaines de millions de victimes supplémentaires. Cerise sur le gâteau, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a annoncé que Benyamin Netanyahou et les autres dirigeants israéliens seraient les bienvenus s’ils venaient et que les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale qui les visent pour crimes de guerre et crime contre l’humanité à Gaza ne seraient pas appliqués. Moralité : un génocide peut en cacher un autre.

La cour d’appel de Tunis confirme la peine de prison pour l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani. Sonia Dahmani a été condamnée, en octobre 2023, à deux ans de prison pour avoir dénoncé ouvertement le régime de Kaïs Saïed, y compris les persécutions racistes envers les migrants et migrantes d’Afrique subsaharienne en Tunisie. Son arrestation brutale par des policiers en civil et cagoulés, en direct sur France 24, avait largement indigné. Cette affaire illustre le retour à la censure et à la répression, la volonté claire de museler toute opposition et de consolider un régime autoritaire en Tunisie. Le président Kaïs Saïed peut se cacher derrière des alinéas de la Constitution ou des décrets comme le décret-loi 54 – contre les fausses informations nuisant à l’État – personne n’est dupe.

Jeudi 23 janvier, les salariés de France Travail à Cholet ont fait entendre leur voix en cessant massivement le travail. Leur objectif : obtenir le départ d’une directrice au management qualifié de « toxique ». Leur mobilisation a porté ses fruits, marquant une victoire claire. Mais cette grève soulève des questions plus larges. Derrière la gestion par indicateurs et la pression exercée, c’est toute la logique de France Travail qui ressemble davantage à un France contrôle, pesant autant sur les demandeurs d’emploi que sur les salariés. Cette victoire nous encourage a remettre en cause la loi « Plein Emploi », par bien des aspects une machine à surveiller et contrôler, au détriment des travailleurs, avec ou sans emploi.