Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Conseil constitutionnel, la plus haute instance juridique du pays, n’est pas immunisé contre certains préjugés, notamment sexistes et homophobes. C’est ce que viennent de révéler les comptes rendus de séance relatifs à la discussion de la loi relative au pacte civil de solidarité qui viennent d’être rendus consultables par le public. Lors de la séance du 9 novembre 1999 le politologue Alain Lancelot, un des Sages de l’institution, affirmait : « Force est de reconnaître que la généralisation et la quasi-légitimation de certaines pratiques déviantes sur le plan de la sexualité ont pu et peuvent encore apparaître comme de vraies menaces pour une société fondée sur la liberté, la dignité de la personne ou l’égalité et la paternité : pédophilie, sadomasochisme, bestialité, etc., j’en passe et sans doute des meilleures. » Et de conclure : « À côté, Sodome et Gomorrhe avaient un petit aspect de bal des débutantes. » Ces propos ahurissants, qui aujourd’hui vaudraient des poursuites en justice à leur auteur, ne choquèrent à l’époque aucun membre de l’auguste institution.

Lors de son allocution à l’occasion des vœux aux armées, Macron a insisté sur « l’accélération des périls » que représenterait, selon lui, la guerre d’Ukraine. Il a en profité pour relancer l’idée d’une militarisation de la jeunesse. Il a ainsi annoncé vouloir « proposer à notre jeunesse un engagement fort » pour lui « donner le choix de servir » dans l’armée. Alors que le service national universel, lancé par Gabriel Attal, a du plomb dans l’aile, il a proposé de « rénover » la journée de défense et de citoyenneté qui deviendrait « un moment de temps retrouvé avec les armées ». Objectif : donner aux 800 000 jeunes qui s’y présentent chaque année la possibilité d’être « employés en renfort dans les armées ». À terme, il s’agirait de créer, à l’horizon 2030, une force de réserve de 80 000 hommes. Pas sûr que beaucoup de jeunes soient sensibles à cette propagande belliqueuse.

Deux enquêtes menées par l’association de consommateurs UFC-Que choisir et le laboratoire Eurofins montrent que la quasi-totalité de la population de l’Hexagone est exposée à des substances toxiques en buvant l’eau du robinet. L’acide trifluoroacétique (TFA), issu de la décomposition de produits utilisés par l’industrie, est massivement présent. Son taux est par exemple 60 fois supérieur aux normes de santé dans certains endroits, comme le 10e arrondissement de Paris. Ces substances toxiques sont des « polluants éternels » car il est quasiment impossible de les éliminer. Elles sont cancérigènes et ont des effets dangereux sur le foie. Le seul moyen d’en venir à bout serait de réduire ou mieux encore d’interdire l’utilisation de certaines substances pour la fabrication de divers produits très courants, notamment le gaz réfrigérants, les produits pharmaceutiques et les pesticides. Mais il est peu probable que ces mesures soient prises sans que les industriels y soient contraints par la population…

Le patronat et les politiciens à sa botte ne décolèrent pas que la retraite à 64 ans ne soit pas encore appliquée et que la sous-indexation des retraites ne soit pas non plus passée pour le moment en raison des difficultés pour faire voter le budget. Ils mènent donc une campagne incessante pour présenter les retraités comme des privilégiés, alors que deux millions d’entre eux sont sous le seuil de pauvreté. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a ainsi avancé l’idée de créer une taxe sur les retraites. Face au tollé suscité, elle a un peu reculé et n’envisagerait plus que de taxer les « grosses retraites » qu’elle évalue à partir de 2000 euros par mois. Estimation assez curieuse de la part d’une ministre qui touche cinq fois plus, sans compter tous les avantages de sa fonction : appartement, véhicule, chauffeur et frais divers. Ne soyons pas dupes : les travailleurs en activité n’ont rien à gagner d’une diminution des revenus de leurs aînés.

Alors que le gouvernement prévoit des coupes budgétaires de centaines de millions d’euros dans le secteur de l’enseignement supérieur et que les universités de la France entière se préparent à appliquer les plans d’austérité, les étudiants ainsi que le personnel de l’université de Rennes 2 ont réuni leurs assemblées générales afin de protester contre des fermetures de filières, la suppression de l’enseignement à distance, l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, des suppressions de poste du personnel universitaire… et de construire la mobilisation. Un blocage de la fac dans la journée de mardi a été voté pour permettre aux étudiants de se rendre dans les autres établissements d’enseignement supérieur de la ville et les appeler à se mobiliser à leur tour. L’assemblée générale de Rennes 2 a également lancé un appel à la mobilisation nationale mercredi 29 janvier afin d’étendre le plus massivement possible la protestation.

Parmi la série de mesures prises dès son investiture, Donald Trump a signé un décret retirant les États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en arguant d’une « mauvaise gestion de la pandémie du Covid-19 » et avançant une prétendue injustice entre les traitements des États-Unis et de la Chine. Si on sait que l’OMS n’a pas empêché Trump d’appeler à se soigner du Covid avec de l’eau de javel lors de son premier mandat, le retrait de celle-ci est bien un cadeau aux industriels les plus conspirationnistes, et est la porte ouverte pour des décisions dangereuses pour la santé des classes populaires américaines.

Mardi 21 janvier, Bruno Retailleau s’est adressé en public à la responsable du collectif d’extrême droite Némésis en ces termes : «  Je voudrais vous féliciter. Bravo pour votre combat j’en suis très proche. » Ce groupuscule se prétend féministe mais ne dénonce les violences sexistes et sexuelles infligées aux femmes que lorsque l’agresseur est issu de l’immigration. Faux féminisme et vrai racisme ! Tout à sa campagne anti-immigration, le ministre de l’Intérieur appuie et conforte ce qu’il peut trouver de plus réactionnaire : qui se ressemble s’assemble.

Après que cette mesure ait été abandonnée, voilà que le gouvernement prétend à nouveau nous faire travailler sept heures de plus, soit une journée par an… gratuitement. Cela revient à la fois à un allongement du temps de travail et à une baisse du salaire réel : une attaque frontale contre les travailleurs. Prétendument prévue pour réduire les déficits de l’État, cette mesure n’aboutira qu’à gonfler encore plus les profits patronaux.

La réforme Sérafin-PH (services et établissements : réforme pour une adéquation des financements au parcours des personnes handicapées) devait entrer en vigueur en ce début d’année 2025. Négociée depuis 2014 avec l’appui des syndicats d’employeurs, elle modifie le financement des Établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) en s’inspirant de la tarification à l’acte en vigueur dans la santé (T2A). Ce nouveau mode de financement ne pourra avoir d’autres résultats que ceux qu’il a eus dans les hôpitaux : concurrence généralisée, pressions accrues sur le personnel, suppressions de postes et dégradation des soins et services rendus.