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Brèves

L’actualité en bref

Le militant libanais Georges Abdallah, défenseur infatigable de la cause palestinienne, est emprisonné depuis 40 ans, ce qui fait de lui le plus vieux prisonnier politique d’Europe. Il avait été condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour complicité dans l’assassinat en 1982 en France d’un agent du Mossad israélien et d’un autre de la CIA américaine, crimes qu’il a toujours niés. Neuf demandes de libération conditionnelle ont été déposées par ses avocats depuis le début des années 2000, la dernière en 2015. Sans succès. Le 15 novembre dernier, la justice française a demandé sa libération mais le parquet, aux ordres du gouvernement, a fait appel. Une fois de plus. Il s’agit d’un véritable acharnement judiciaire dans la mesure où, selon la législation, il est libérable depuis 1999. Plus que jamais il faut demander sa libération.

À Paris la manifestation partira samedi 8 février à 14 heures de la place de la République.

Les déclarations tonitruantes de Donald Trump de prendre « le contrôle » de la bande de Gaza, d’en expulser la population palestinienne puis de la reconstruire pour en faire une « Côte d’Azur au Moyen-Orient » ont soulevé une vague de protestations et d’indignation (plus ou moins sincère chez certains) dans le monde entier. Le Quai d’Orsay a indiqué dans un communiqué qu’une telle action des États-Unis « constituerait une violation grave du droit international ». Ce qui est tout à fait exact. Sauf qu’il y a quelques semaines, le même Quai d’Orsay indiquait que Netanyahou et ses complices pourraient venir sans problème à Paris sans être inquiétés, Macron ayant décidé de ne pas appliquer les mandats d’arrêt lancés par la Cour pénale internationale contre certains d’entre eux pour des soupçons de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cela constitue aussi « une violation grave du droit international ». Qui ne semble pas empêcher de dormir le locataire de l’Élysée.

TotalEnergies a annoncé un repli de 26 % de son bénéfice net en 2024. Son PDG, Patrick Pouyanné, a déclaré que, pour redresser la barre, le groupe investirait moins dans les « énergies bas carbone ». Et il est probable qu’il utilisera aussi ce mauvais chiffre pour s’opposer à toute augmentation de salaire. Mais, dans le même temps, il a fait savoir que les dividendes versés aux actionnaires avaient augmenté de 7,6 % et qu’il maintiendrait le rythme des rachats d’actions à 2 milliards d’euros par trimestre. De quoi rassurer les possédants. C’est presque un cas d’école. Les profits baissent et les premiers à trinquer sont l’environnement et les salariés. Mais pour les actionnaires tout baigne.

Une enquête du média d’investigation Disclose révèle les pratiques douteuses, voire carrément criminelles, des plus importants fournisseurs de Decathlon. Salaires misérables au Bangladesh dans des usines qui emploient des enfants et des adolescents, recours au travail forcé des Ouïghours en Chine, utilisation de peaux de bovins au Vietnam en provenance du Brésil pour fabriquer des chaussures « au risque de contribuer à l’éradication des forêts primaires dans le pays », estime Disclose. Et cela dans un contexte où l’Union européenne veut encore assouplir les règles qui obligent les grandes entreprises à vérifier le caractère « éthique » de leurs fournisseurs et sous-traitants. Des règles dont, à l’évidence, Decathlon n’a jamais entendu parler.

Les frasques et déclarations tonitruantes, racistes, sexistes et suprémacistes d’Elon Musk et son soutien à divers mouvements d’extrême droite, le tout couronné par le salut nazi lors de l’investiture de Donald Trump, ont eu pour conséquences une chute des ventes de 15 % de sa voiture électrique Tesla en Europe et de 41 % outre-Rhin. Au Royaume-Uni et en Allemagne, certains propriétaires de Tesla affichent sur les pares-brises un sticker qui affirme : « Je l’ai achetée avant qu’on sache qu’Elon était dingue. » Cela est supposé les protéger des tags anti-Musk qui font florès. Aux Pays-Bas, fin janvier, un programme de la télévision publique, EenVandaag, effectuait un sondage auprès des possesseurs de Tesla sur leur rapport à la marque. Un tiers d’entre eux affirmait qu’ils envisageaient de se débarrasser de leur véhicule à cause des prises de position d’Elon Musk. Les Pays-Bas sont le premier marché européen du constructeur. Alors bien sûr cela ne va pas mettre l’homme le plus riche du monde sur la paille, d’autant plus que ses entreprises réalisent plus de 40 % de leur chiffre d’affaires avec l’État américain (Nasa, armée, administrations publiques, etc.). Mais son impopularité grandissante dans une partie de l’opinion internationale est un marqueur positif du rejet que rencontrent ses idées ultra-réactionnaires.

Une médecin de New-York et sa clinique ont été inculpées vendredi 31 janvier pour avoir permis d’avorter à une mineure de Louisiane, dont la mère a aussi été poursuivie. Protégée par les lois new-yorkaises, la médecin, militante pour le droit à l’IVG, ne devrait pas être inquiétée à moins de visiter certains États américains. Dans les États où l’avortement est illégal, les femmes ne peuvent avorter sans risque pour leur santé que si des médecins se mobilisent… ou bien faire des centaines de kilomètres, à leurs risques et périls.

Selon une étude ministérielle récente, un quart des enfants de familles monoparentales n’ont aucun lien avec leur père. Loin des clichés véhiculés par les mouvements masculinistes, il s’agit très souvent de pères qui abandonnent à la mère la responsabilité de l’enfant, les laissant au passage dans la précarité. Les femmes ont toujours en moyenne des revenus inférieurs aux hommes, de l’ordre de 20 % dans le monde du travail. Les mères seules, cas de loin le plus fréquent des familles monoparentales, se retrouvent souvent sans moyen de faire garder leurs enfants et sont souvent contraintes de ne travailler qu’à temps partiel, ce qui les appauvrit d’autant plus.

Après le Parti socialiste, c’est au tour du Rassemblement national d’accorder son appui au Premier ministre. Son président, Jordan Bardella, a plaidé pour que son parti ne censure pas le gouvernement en reprenant presque mot à mot les arguments que le secrétaire national du PS, Olivier Faure, avait utilisé la veille : il s’agirait d’épargner au pays « une période d’incertitude et d’instabilité ». Et Bardella d’enfoncer le clou : « C’est un mauvais budget qui demande des efforts toujours aux mêmes et ne fait pas les bonnes économies. » Donc… ne nous opposons pas à son adoption. Une logique implacable. En fait, Faure et Bardella se retrouvent sur la même ligne. À la place des militants socialistes on serait inquiet !

Cinq euro-députés écologistes ont saisi la Commission européenne pour qu’elle ouvre une enquête sur les pratiques du Groupe Bernard Hayot (GBH). Ce dernier profite d’une position dominante dans la grande distribution, l’agroalimentaire et le secteur automobile aux Antilles, en Kanaky ou à Mayotte pour pressurer la population et augmenter ses profits. Un pouvoir qui lui a permis d’imposer des prix en moyenne 40 % plus chers qu’en Métropole – un gap qui peut même atteindre 78 % en Kanaky. La lettre des députés écologistes pointe le fait que les prix excessifs pratiqués par la distribution dans les territoires ultra-marins mettent à mal la notion d’égalité de tous les citoyens. Ce qui n’empêche pas le groupe Hayot d’encaisser régulièrement des subventions européennes, notamment pour ses bananeraies martiniquaises. GBH, fondé en 1960 grâce à la fortune d’une famille de békés (descendants des blancs esclavagistes arrivés en Martinique en 1690) est devenu, en Martinique, la cible privilégiée des manifestations contre la vie chère.