Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Emmanuel Macron s’est rendu à Cesson-Sévigné, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), pour une cérémonie de vœux aux forces armées dans l’enceinte du Commandement de l’appui numérique et cyber, un organisme crée l’an dernier pour garantir une supposée « supériorité opérationnelle des forces terrestres ». À cette occasion, il a défendu la loi de programmation militaire pour 2024-2030 qui prévoit de mettre sur la table un budget de 413 milliards d’euros. Et il a redit fièrement ce qu’il avait déjà déclaré lors de la réunion des ambassadeurs début janvier : « Au terme de la loi de programmation militaire, nous aurons doublé notre budget militaire en dix ans. Quel autre pays peut en dire autant ? » Quant aux budgets de la Santé et de l’Éducation nationale, aucune chance qu’ils connaissent une progression aussi spectaculaire. Priorité aux marchands de canons.

Fin décembre, la sauteuse à ski Selina Freitag dénonçait les différences de récompenses offertes aux vainqueurs entre hommes et femmes dans le ski de haut niveau : 3 200 euros pour les hommes, mais gel douche, shampoing et serviettes pour les femmes… Énième symptôme d’une société qui charrie inégalités et oppressions, notamment dans le sport, et qu’il nous tarde de mettre à la poubelle !

Trump vient de remplacer Biden : l’impérialisme américain a une nouvelle équipe à la tête de son gouvernement, composée de milliardaires et de réactionnaires de tout poil issus de l’extrême droite. Au programme : coupes claires dans les services publics, poursuite de la remise en cause de l’IVG, attaques racistes redoublées contre les migrants. Au niveau international, cette fine équipe ne réclame rien de moins que l’annexion du canal de Panama, du Groenland et du Canada ! Trump a prétendu pendant sa campagne qu’il arrêterait la guerre d’Ukraine en 24 heures, mais ce délai est passé à plusieurs semaines, puis à plusieurs mois. Quant au massacre de Gaza, malgré la trêve imposée à Netanyahou, il est sûr que son soutien à l’État d’Israël, qui a toujours été la politique de l’impérialisme américain, ne faiblira pas. Au-delà des effets d’annonce et de la démagogie, il s’agit d’affirmer la soif de puissance du chef de file de l’impérialisme occidental et l’avidité sans limite de ses capitalistes. Mais « puissance » n’est pas synonyme de « toute puissance ». Les travailleurs et travailleuses américains ont déjà mené de grandes grèves ces dernières années. Ils pourraient bien continuer sur leur lancée, bousculer les plans du grand patronat et les empêcher de nuire.

Chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles révélations sur les viols, attouchements et autres agressions sexuelles commis par l’abbé Pierre. Un comportement connu depuis longtemps par la hiérarchie catholique, qui l’a passé sciemment sous silence. C’est pourquoi la déclaration d’Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, selon laquelle « il faut aller jusqu’au bout de la vérité » est particulièrement hypocrite. Il a fallu que le scandale éclate pour que l’Église catholique fasse mine de le découvrir. Ce qui ne l’empêche nullement, dans le même temps, de mettre un voile pudique sur les crimes sexuels, notamment pédophiles, qui continuent de se produire dans ses rangs.

L’ONG « Foodwatch » (Veille alimentaire) qui veille sur le contenu de nos assiettes, a enquêté sur plus de 400 produits alimentaires vendus par les cinq principales chaînes de grandes surfaces (Auchan, Carrefour, Super U, Leclerc et Intermarché) qui contrôlent 80 % du marché. Et les produits « premier prix », c’est-à-dire les moins chers et ceux achetés en priorité par les familles les plus modestes, sont ceux qui contiennent le plus de sucre, que ce soit les petits pois, les biscottes, les pizzas, les cordons bleus, voire la mayonnaise. Ces produits trop sucrés ont un impact direct sur la santé. Le nombre de diabétiques a bondi de 160 % en dix ans et les cas d’obésité ont quadruplé chez les 18-24 ans. On estime à 19 milliards d’euros l’argent public investi depuis 2021 pour lutter contre les effets de cette malbouffe. Ce qui n’empêche pas de dormir la grande distribution qui continue dans ses promotions de privilégier ces produits qui lui rapportent gros.

Le gouvernement pioche à nouveau dans la poche des plus modestes. Dernière mesure en date : la décision du ministère de l’Économie de faire baisser, au 1er février prochain, les taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire, de 3 à 2,4 %, ainsi que du Livret d’épargne populaire (LEP), de 4 à 3,5 %. Ces baisses permettront à l’État d’utiliser cet argent en versant des intérêts moindres. Bien souvent ces livrets – qui concernent 57 millions de personnes – contiennent les économies des familles modestes. Par cette mesure ce sont elles qui vont trinquer alors que les actionnaires des entreprises continuent de se gaver.

On vient de célébrer le cinquantième anniversaire de la loi Veil qui, promulguée le 17 janvier 1975, dépénalisait l’avortement. En un demi-siècle bien des choses ont évolué et le recours à la pilule abortive a pris le pas sur les avortements chirurgicaux. Depuis 1975, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse est resté stable, s’établissant à environ 250 000 par an. Pour qu’il baisse, il faudrait mettre l’accent sur l’éducation et l’information sexuelles, améliorer l’accès à la contraception et surtout donner un coup de pouce à des organismes comme le planning familial, victimes de restrictions budgétaires. En outre il existe de grandes disparités dans l’accès à l’IVG selon les départements, certains centres ayant dû fermer faute de personnel et d’autres aux effectifs insuffisants. Beaucoup de luttes restent donc à mener pour que ce droit soit accessible à toutes les femmes.

Sept personnes ayant embarqué à bord d’un canot pneumatique ont péri noyées en mer Égée au large des côtes ouest de la Turquie. Un groupe d’une quarantaine de migrants avait pris place à bord à proximité de la station balnéaire turque de Kusadasi, située à une quinzaine de kilomètres de l’île grecque de Samos qu’ils tentaient de rejoindre. Les malheureux sont tombés à l’eau alors que les garde-côtes turcs tentaient d’intercepter leur embarcation. Dix-huit adultes et treize mineurs ont été ramenés à terre. L’Union européenne paie la Turquie pour empêcher par tous les moyens les migrants de gagner les côtes grecques et italiennes. Une politique criminelle qui conduit nombre de migrants à la mort. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, 2 333 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en 2024. Et l’année 2025 risque de s’avérer aussi mortelle.

Plusieurs milliers d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont manifesté partout dans le pays pour dénoncer des rémunérations indécentes, un statut très peu protecteur, l’absence de formation et des conditions de travail qui se dégradent. Les AESH sont chargés de fournir aux élèves handicapés qu’ils (le plus souvent elles) accompagnent en classe un appui pédagogique, une surveillance de tous les instants, une protection contre le harcèlement, etc. Elles suppléent à leur niveau au manque de profs. Après plusieurs années d’ancienneté certaines ne gagnent que 1 000 euros par mois. Aujourd’hui les AESH sont 80 000 environ et constituent le second métier de l’Éducation nationale. Leur nombre a augmenté de 90 % depuis 2013. Leur ministre, Élisabeth Borne, a promis d’en recruter 2 000 supplémentaires et se propose d’entamer des discussions « pour pouvoir leur proposer un vrai parcours professionnel ». Il n’y a plus qu’à la croire.