Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

François Héran, professeur au Collège de France, démographe et spécialiste de l’immigration, a estimé poliment que les déclarations du Premier ministre sur un « sentiment de submersion migratoire » étaient infondées. Une façon polie de ne pas dire mensongères. Et de rappeler que la France accueille sur son sol peu d’immigrés comparée à de nombreux autres pays européens. Pour le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, Didier Leschi, le terme est « impropre et maladroit ». Pour ne pas dire plus. Et de rappeler qu’en 2023 le pays comptait 5,6 millions de personnes étrangères, soit 8,2 % de la population totale. On est loin de la submersion. Mais cela Bayrou le sait très bien. Son seul but est de draguer les députés de droite et d’extrême droite en les brossant dans le sens du poil… sur le dos des étrangers en général, et des migrants en particulier.

Les 2 800 salariés de l’Office français de la biodiversité sont appelés aujourd’hui par leur intersyndicale à la grève et à se rassembler devant les préfectures pour protester contre les propos du Premier ministre qui, lors de son discours de politique générale, a estimé que certains « humiliaient » les agriculteurs lors de leurs opérations de contrôle du respect de la biodiversité. Il leur a aussi reproché d’être armés, une situation qui dure…. depuis 40 ans. En fait, s’alignant sur le FNSEA et la Coordination rurale, Bayrou a fait de ces fonctionnaires une cible facile pour certains agriculteurs, persuadés que le respect de normes écologiques est responsable de tous leurs maux. Une affirmation fausse et démagogique reprise sans vergogne par le locataire de Matignon contre des fonctionnaires d’un service public.

L’armée française vient de rétrocéder à l’armée tchadienne la base de Kosseï, dans la capitale N’Djamena, la dernière qu’elle possédait au Sahel. Elle avait déjà dû abandonner celles qu’elle entretenait au Niger, au Mali, au Centrafrique et au Burkina Faso. Ces départs, salués par la population de ces pays, traduisent un affaiblissement de l’impérialisme français en Afrique mais pas sa disparition. Les industriels ont bien d’autres moyens d’exploiter les richesses et les populations locales avec la complicité des dictateurs locaux qui jouent sur tous les tableaux. En outre les soldats tricolores sont toujours présents au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon et à Djibouti. Raison de plus pour être solidaires des peuples de la région et de demander à nouveau « Hors d’Afrique les troupes françaises ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté son plan de redressement de l’industrie européenne baptisé « boussole de compétitivité ». Supposé pallier le décrochage de l’Union européenne par rapport aux États-Unis et à la Chine, le plan propose de booster la compétitivité des entreprises du Vieux Continent en simplifiant les normes en matière de respect de l‘environnement, de santé publique et de droits des salariés voire de tourner le droit du travail, tout en augmentant les aides et investissements publics à l’industrie. Du miel pour les patrons, un danger pour les travailleurs.

 

À partir d’aujourd’hui, les autorités israéliennes ont interdit la présence et l’activité de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Jérusalem-Est. Le rôle de l’agence, active depuis 1949, est essentiel pour fournir à la population palestinienne une assistance dans de nombreux domaines comme les soins médicaux, l’éducation, la formation, l’alimentation, etc. Depuis le début de la guerre de Gaza, l’armée israélienne a bombardé systématiquement les écoles, les dispensaires et les hôpitaux de l’Unrwa, assassinant nombre de ses collaborateurs. Officiellement Israël justifie sa décision par le fait que l’agence serait « infiltrée » par le Hamas. Ce qu’elle n’a jamais démontré malgré les requêtes répétées de l’ONU, pour finalement mettre en cause 9 des 13 000 salariés l’Unrwa. Plus prosaïquement, il s’agit de tenter de rendre plus intenable la vie quotidienne des Palestiniens dans le cadre de la politique sioniste d’apartheid. À noter que cette décision ignoble a reçu, sans surprise, le soutien de Donald Trump.

La chambre criminelle de la Cour de cassation a finalement accepté la demande de dépaysement de la procédure ouverte après les révoltes de mai 2024 et visant plusieurs militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), actifs au sein de la Cellule de coordination des actions de terrain qui avait dirigé le mouvement. Cette demande avait été formulée par huit des treize accusés qui craignaient, à juste titre, que l’appareil judiciaire local soit instrumentalisé par les Caldoches, les anti-indépendantistes. Cette demande avait d’abord été rejetée en septembre par le procureur général de Nouméa qui avait traité les accusées de « voyous » et de « mafieux ». « La décision de sortir de la cocotte-minute de Nouméa est une décision d’apaisement », s’est réjoui François Roux, l’avocat historique du FLNKS. Mais maintenant le plus gros reste à faire : exiger la libération de tous les militants kanak emprisonnés et le rapatriement de tous ceux, dont leur leader Christian Tein, qui ont été déportés en métropole.

Il y a un an, le 25 janvier 2024, Lily, une adolescente de 15 ans, se suicidait par pendaison, dans la chambre de l’hôtel où elle avait été placée par l’aide sociale à l’enfance. Suite à ce drame, Claire Hédon, la défenseure des droits, vient de publier un rapport de soixante pages qui dénonce les « lourdes défaillances » des pouvoirs publics dans ce domaine. Le texte note qu’en dépit de nombreuses interpellations, la situation « se dégrade, de manière plus marquée ces dernières années », et demande au gouvernement de « rendre compte des suites données » à ses recommandations – une trentaine – dans un « délai de quatre mois ». Dans ses recommandations elle appelle l’État à augmenter le soutien financier aux départements et à recruter davantage d’assistants sociaux. Mais cela risque bien de rester lettre morte dans une situation où nos gouvernants continuent de rogner les services sociaux jusqu’à l’os.

Le milliardaire Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH et homme le plus riche d’Europe, s’est livré à une violente charge contre l’augmentation d’impôts temporaire pour les entreprises réalisant plus de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont fait partie son groupe. Alors qu’au cours des années, LVMH a reçu des centaines de millions d’euros de subventions diverses et variées, il a affirmé qu’une telle augmentation « poussait à la délocalisation ». Il a été aussitôt applaudi par Ciotti et Zemmour, à droite et à l’extrême droite. Mais pas seulement. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a déclaré « comprendre sa colère » et le ministre délégué en charge de l’Europe, Benjamin Haddad, a appelé à prendre en compte ses remarques. Lorsqu’il s’agit de puiser dans la poche des classes populaires, de s’en prendre au RSA, aux indemnités des chômeurs, aux retraites ou à la Sécurité sociale, ces gens-là ne protestent pas, au contraire ils applaudissent. Mais écorner un tant soit peu les superprofits des capitalistes les révolte ou leur pose des problèmes de conscience. De conscience de classe, bien sûr.

Guillaume T. s’est suicidé dans sa chambre universitaire du campus de Nanterre (Hauts-de-Seine) le 9 février 2021, après avoir accusé le 20 janvier 2021 sur le réseau X l’élu PCF Maxime Cochard et son compagnon de faits de violences sexuelles à son égard, alors qu’il n’avait que 18 ans, et qu’il était en rupture familiale et sans domicile. Son témoignage avait déclenché le mouvement #MeTooGay. Jeudi 30 janvier 2025, s’ouvre un procès en diffamation intenté par Maxime Cochard contre deux camarades de Guillaume, qui avaient à l’époque publiquement dénoncé les circonstances ayant conduit à sa mort. Un procès qui sonne comme une tentative de faire taire, une fois de plus, la voix de Guillaume et de ceux qui réclament justice.

Rassemblement jeudi 30 janvier 2025 à 12 heures devant le tribunal judiciaire de Paris