C’est tard dans la nuit du 3 décembre, à 23 heures locales, que le président Yoon Suk-yeol a pris toute la société coréenne de court. Le dirigeant conservateur a déclaré la loi martiale afin de « protéger la Corée du Sud libérale des menaces posées par les forces communistes nord-coréennes et […] anti-étatiques ». La rhétorique anticommuniste n’est qu’un paravent faire taire toute opposition contre son gouvernement impopulaire. Au-delà de son opposition libérale (mais tout aussi conservatrice), ce sont les travailleurs qu’il voulait faire taire. Les syndicats du ferroviaire menaçaient d’appeler à la grève concernant leurs conditions de travail, les ouvriers de Samsung ont tenu durant l’été une grève dure et les médecins luttent depuis le début de l’année contre une réforme de leur secteur. Aussitôt après la déclaration de la loi martiale, la plus importante confédération intersyndicale du pays a appelé ses 1,2 million de membres à entamer une « grève générale illimitée » jusqu’à la démission du président et des milliers de personnes se rassemblaient devant le Parlement, empêchant l’armée d’y entrer. Devant la réaction populaire, le président a finalement été contraint de renoncer et est désormais menacé de destitution.