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Brèves

L’actualité en bref

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail a augmenté de 3,9 % au quatrième trimestre 2024 par rapport au troisième trimestre, la plus forte remontée du chômage en France en une décennie, en dehors des effets de la crise du Covid-19 en 2020. Dans le détail, toutes catégories confondues, ce sont près de 5,5 millions de demandeurs d’emploi qui étaient enregistrés au quatrième trimestre 2024 par France Travail. (+ 1,7 % d’octobre à décembre ; + 1,8 % sur un an). Mais dans le même temps le nombre de chômeurs indemnisés est pratiquement resté stable (+0,2 %). Miracle des statistiques ? Pas du tout. Ce constat amer est dû aux réformes de l’assurance chômage qui ont durci l’accès à l’indemnisation en augmentant le nombre de mois travaillés et cotisés nécessaires pour déclencher les allocations. Un nombre grandissant de chômeurs ne touche rien. À la différence des actionnaires qui, eux, touchent toujours plus.

Avant de s’envoler pour la Pologne, dans le cadre du 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, Macron s’était d’abord rendu au Mémorial de la Shoah à Paris. Là il a signé le Livre d’or en écrivant que « l’universalisme de la France se nourrit de ces combats » contre l’antisémitisme et le racisme. C’est oublier un peu vite qu’une bonne partie des Juifs furent raflés, dans les années 1940, par une police bien française aux ordres du gouvernement légal du pays dirigé par Pétain. Il a fallu attendre 50 ans pour que Jacques Chirac reconnaisse enfin la responsabilité de la France. Après guerre, l’impérialisme français se distingua par son hostilité tous azimuts et sa brutalité à l’égard des Vietnamiens, des Algériens et des Noirs de différents pays d’Afrique sub-saharienne. Une version toute hexagonale et raciste de l’universalisme.

Dimanche 26 janvier, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues en Grèce, dont à Athènes, Thessalonique, Patras et Volos. Elles commémoraient la plus grande catastrophe ferroviaire du pays qui a eu lieu le 28 février 2023 à la suite d’une collision entre deux trains roulant en sens inverse sur les mêmes voies entre Athènes et Thessalonique, et qui a fait 57 morts. Cet accident avait été suivi par de nombreuses manifestations de masse dans tout le pays pour pointer du doigt des années de négligence du réseau ferroviaire après qu’ait été mis en lumière l’état des voies, le manque de système de sécurité, de personnel et les défaillances de communication. Mais ce qui a également été dénoncé lors de ces mobilisations et depuis, c’est la responsabilité du gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, accusé de cacher des preuves montrant qu’une cargaison chimique illégale aurait été transportée dans ce train et aurait provoqué, à la suite de l’accident, un incendie et des dizaines de morts.

Rennes et toute l’Ille-et-Vilaine font face à la tempête Herminia depuis jeudi. En cinq jours, il est tombé l’équivalent d’un mois de précipitations provoquant ainsi la pire inondation qu’a connu Rennes depuis 1981. Les vents violents atteignant 100 km/h aggravent la situation. Météo France prévient que « le pire est à venir », tout comme en témoigne l’évacuation de 400 habitants. Tous les TGV au départ et à l’arrivée de Rennes ont été annulés et les transports en commun de la métropole sont largement perturbés. La municipalité appelle à la solidarité pour venir en aide aux sinistrés. Ce sont pourtant bien Rennes et les communes alentour qui délivrent des permis de construire en zone inondable, au mépris des risques bien connus.

C’est « un impact négligé » de la crise climatique. Selon l’Unicef, l’agence de l’ONU pour l’enfance, des événements météo extrêmes ont perturbé la scolarité de près de 250 millions d’enfants dans le monde en 2024, soit un enfant sur sept. Classes fermées, vacances avancées, réouverture retardée, horaires décalés ou même écoles détruites, au moins 242 millions d’enfants de la maternelle au lycée – une estimation « prudente » en raison notamment de lacunes dans les données – ont subi dans 85 pays une perturbation de leur scolarité en raison de chocs climatiques. La chaleur extrême a été la principale cause, avec au moins 171 millions d’écoliers concernés, dont 118 millions au mois d’avril 2024 seulement, notamment au Bangladesh, au Cambodge, en Inde, en Thaïlande ou aux Philippines. Au-delà de l’impact temporaire, l’agence s’inquiète que des suspensions prolongées des cours augmentent les risques d’une déscolarisation complète de certains enfants, en particulier des filles. Si la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre se poursuit, environ huit fois plus d’enfants devraient être exposés à des canicules en 2050 par rapport à 2000, 3,1 fois plus pour les inondations extrêmes ou encore 1,7 fois plus pour les incendies, selon des projections de l’Unicef.

La cour d’assises de Montpellier a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour actes de « torture et de barbarie » une mère de famille quinquagénaire qui avait infligé des privations de toutes sortes et des sévices à sa fille de 13 ans, finalement décédée d’un arrêt cardiaque et d’une septicémie en août 2020. À sa mort, la jeune fille ne pesait plus que 28 kilos. L’horreur de ce drame ne doit pas faire oublier que les droits des enfants sont ignorés ou bafoués à une large échelle dans le pays. 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année et un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes. Ces chiffres ne tiennent pas compte des autres types de violences (coups, insultes, privations de soins, négligences, etc.). Une société qui martyrise ses enfants est une société malade.

Furieux de voir le ministre de l’Intérieur lui piquer son programme par pans entiers, le Rassemblement national a décidé de réagir. D’où une volée de bois vert à destination du locataire de la Place Beauvau accusé d’être un « faux dur » et un « vrai mou » à propos de sa nouvelle directive sur l’immigration qui durcit drastiquement les conditions de régularisation des migrants. Selon Marine Le Pen et ses amis le texte ne va pas assez loin. Il préconise des régularisations au compte-gouttes et affirme que « régulariser n’est pas un droit mais une mesure exceptionnelle » alors que l’extrême droite propose de les interdire complètement et de ne jamais régulariser les personnes arrivées clandestinement, quelle que soit leur situation. Lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux migrants et à leur famille la surenchère est rude entre droite extrême et extrême droite.

La huitième édition de la Nuit de la solidarité s’est déroulée dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 janvier à Paris et 40 autres villes. Dans la capitale, 1 500 bénévoles et 400 professionnels ont arpenté les rues pour décompter les personnes sans abri et aller à leur rencontre afin de mieux connaître leurs besoins. L’an dernier, 3 492 personnes à la rue avant été recensées, soit une hausse de 16 % par rapport à l’édition de 2023. Cette année, le chiffre devrait être du même ordre, voire supérieur. Plus que jamais il s’agit d’affirmer « Un toit est un droit » et de réquisitionner les logements vacants afin que personne ne dorme dehors.

Près d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, dont Emmanuel Macron, vont se retrouver lundi 27 janvier en Pologne pour commémorer le 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques. C’est dans ce camp que périrent 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs. Cette commémoration va être l’occasion de généreuses déclarations sur l’horreur de la guerre, le respect des droits humains, le « plus jamais ça ». C’est un peu vite oublier que la Seconde Guerre mondiale (60 millions de morts dont 6 millions de Juifs) fut provoquée par le conflit entre puissances impérialistes – dont certains représentants assisteront à la cérémonie – qui, une fois le conflit mondial terminé, se lancèrent dans des guerres coloniales qui firent des dizaines de millions de victimes supplémentaires. Cerise sur le gâteau, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a annoncé que Benyamin Netanyahou et les autres dirigeants israéliens seraient les bienvenus s’ils venaient et que les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale qui les visent pour crimes de guerre et crime contre l’humanité à Gaza ne seraient pas appliqués. Moralité : un génocide peut en cacher un autre.