Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Depuis le premier janvier 2025, les tickets restaurant ne peuvent plus être utilisés que pour l’achat de nourriture prête à être consommée. Pour une bonne partie des cinq millions de salariés qui en bénéficient, il n’était pas tellement question de les utiliser au restaurant. Mais c’était une aide appréciée pour payer une partie des courses alimentaires : pâtes, riz, viande fraîche, œufs, huile… Voilà ces ingrédients désormais exclus, au contraire des « snacking » ou des « plats préparés », produits phares des industriels de la malbouffe. Un sale coup qui frappe de plein fouet des foyers populaires.

Le quotidien Libération du 10 janvier publie tout un dossier sur le Groupe Bernard Hayot (GBH), à la tête d’un véritable empire de la grande distribution avec de nombreux hypermarchés, dont Carrefour, 15 000 salariés dans 19 pays et territoires différents. Assigné devant le tribunal de commerce par des lanceurs d’alerte, le groupe vient de publier ses comptes. Avec au moins 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ils sont largement sous-estimés, puisqu’ils ne prennent pas en compte les nombreuses filiales du groupe. Cette famille de békés (descendants des colons esclavagistes) profite de son monopole commercial et cache soigneusement les marges faramineuses qu’il réalise sur le dos des populations d’outre-mer. Une « pwofitasyon » scandaleuse, dénoncée depuis des mois par le mouvement contre la vie chère en Martinique.

Alors que Mayotte a été ravagée par le cyclone Chido il y a trois semaines, l’archipel a dû affronter une nouvelle tempête tropicale le week-end du 11 et 12 janvier, avec de très fortes pluies impliquant inondations et risques de glissements de terrain. La population est démunie et les nombreux habitants des bidonvilles ont été empêchés par la préfecture de se reconstruire des abris. L’État français ne gère son département le plus pauvre que par la répression, et profite des catastrophes naturelles pour amplifier ses attaques contre les plus vulnérables, sans papiers et sans droits. Mayotte est comorienne, mais la France divise pour mieux régner, et conserver un territoire stratégique dans le canal du Mozambique, sans aucun égard pour sa population.

La Ligue pour la protection des oiseaux est une association de protection de la nature qui emploie environ 700 personnes en France, dont 300 à LPO France. Depuis quelques années, la direction s’acharne contre un travailleur, Anatole, et sa section syndicale CGT. Anatole a contesté son second avertissement reçu dans le cadre de son mandat de représentant du personnel. Les prud’hommes lui ont donné raison : l’employeur ne peut pas reprocher l’insubordination dans le cadre d’un mandat CSE. Mais la direction s’obstine, et fait appel de la décision au tribunal de Poitiers. Elle entend protéger les animaux, mais pas les travailleurs qui doivent rester aux ordres. 50 collègues ont signé la pétition pour Anatole. La seule protection contre le canardage des militants syndicaux et de nos conditions de travail, c’est la solidarité et l’organisation !

Une étude, que vient de publier la revue scientifique Nature, indique qu’un quart (24 %) de la faune d’eau douce, notamment les crustacés, poissons et insectes, fait face à un « risque élevé d’extinction » en raison de « pressions considérables » comme la pollution, les barrages ou l’agriculture intensive. Les surfaces d’eaux douces, comprenant les rivières, les lacs ou les zones humides, abritent plus de 10 % des espèces connues, dont environ un tiers des vertébrés et la moitié des poissons, alors qu’elles représentent moins de 1 % de la surface de la Terre. L’exploitation capitaliste de la planète menace l’existence même d’espèces indispensables à la survie de milliards d’êtres humains.

La popularité d’Emmanuel Macron ne cesse de baisser. Elle vient même de franchir un nouveau record. Selon un sondage YouGov pour Le Huffpost, réalisé entre les 7 et 10 janvier, seules 17 % des personnes interrogées jugeaient favorablement son action. Encore moins que lors du mouvement des Gilets jaunes, en décembre 2018, où ils étaient 18 % à approuver sa politique. Et la nouvelle équipe gouvernementale ne risque pas de rebooster la popularité de l’exécutif. Seulement 15 % des sondés jugent son action positive. Quant à François Bayrou, crédité de 18 % de jugements favorables, il est le Premier ministre le plus impopulaire d’Emmanuel Macron, à égalité avec Élisabeth Borne en mai 2023. En résumé, moins d’une personne sur cinq fait confiance au président et à son Premier ministre. Mais, les mauvais sondages ne les empêchent pas de mener leur politique en faveur des plus riches. Pour changer ça, il faudra une mobilisation de la classe ouvrière.

La préfecture a annoncé qu’à partir du 1er septembre, les contrats liant l’État au groupe scolaire musulman Al-Kindi, situé à Décimes-Charpieu, en périphérie de Lyon, et qui accueille plus de 600 élève du CP à la terminale, seront résiliés. Les autorités reprochent à l’établissement des atteintes à la laïcité, un positionnement pédagogique problématique et une proximité supposée « avec la pensée des frères musulmans ». Avant même que l’appel interjecté par les avocats d’Al-Kindi arrive en justice, Laurent Wauquiez (Les Républicains) a annoncé l’arrêt immédiat de la subvention versée par la région Auvergne-Rhône-Alpes et le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est ouvertement réjoui de cette décision. Force est de constater que lorsque qu’un établissement d’enseignement catholique dérape vers l’intégrisme – comme cela a été le cas récemment pour le lycée-collège Stanislas à Paris – non seulement son contrat avec l’État n’est pas rompu, mais il continue de recevoir sans problème des subventions régionales. Comme aurait pu le dire La Fontaine : « Selon que vous serez catho ou musulman, les gens du rectorat vous rendront blanc ou noir. »

Le préfet, Jacques Witkowski, a menacé d’expulser les parents étrangers de mineurs délinquants après les violences de la nuit de la Saint-Sylvestre qui se sont notamment produites à Strasbourg et dans les environs. Les familles étrangères sont convoquées à des entretiens à la préfecture dans les prochains jours. L’absence à ces rendez-vous pourrait entraîner un réexamen de leur droit de séjour. Ces menaces viseraient, parait-il, à « responsabiliser les familles » et ont reçu le soutien du ministère de l’Intérieur. Une mesure qui ne résoudra en rien la question de la délinquance, mais qui a comme unique but de désigner les familles immigrées comme boucs émissaires. Une fois de plus.

Le gouvernement polonais a déclaré qu’il garantirait un accès « libre et sûr » aux responsables israéliens souhaitant assister aux commémorations le 27 janvier des 80 ans de la libération par l’Armée rouge du camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou et plusieurs de ses ministres sont sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en novembre par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre à Gaza. La Pologne devrait les arrêter en vertu de ce mandat s’ils se trouvaient sur son territoire. Elle n’en fera rien. Un autre exemple de l’instrumentalisation du génocide juif et de ses six millions de victimes pour excuser, voire justifier, la politique génocidaire de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien et de la vacuité du « droit international ».