Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Crédit agricole a lancé une campagne de communication sous forme de vidéos destinées à verdir son image. Le troisième plus grand groupe bancaire européen promet de « mettre la pression » sur ses clients pour « préserver l’avenir de la planète ». La réalité est un peu moins reluisante. Une enquête de France 24, en partenariat avec Disclose, Radio France internationale et le Pulitzer Center révèle que la banque détient 240 millions d’euros d’actions et d’obligations dans l’entreprise pétrogazière espagnole Repsol qui pollue la planète sur tous les continents et plus particulièrement en Amazonie péruvienne où elle exploite un immense gisement gazier. Un autre groupe bancaire, la Banque Populaire-Caisse d’Épargne, a participé, en septembre dernier, à une levée de fonds de près d’un milliard de dollars (971 millions d’euros) pour le compte de Repsol. En résume les banques font des campagnes d’écoblanchiment mais s’en mettent plein les poches en polluant la planète.

Après la baisse de 40 millions du réseau national des missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes prévue dans le projet de loi de finances 2025, les 28 missions locales de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se voient imposer une baisse de budget de 30 %. C’est inacceptable. Cerise sur le gâteau : la région retire aussi leurs subventions aux chantiers d’insertion qui pourtant s’adressent aux personnes en grande précarité. Tout ça pour donner 2,5 millions d’euros pour les JO d’hiver de 2030 !

Jeudi 9 janvier, une première journée de grève a été suivie par environ 10 % des salariés. Plus d’une centaine de grévistes se sont rassemblés devant l’hôtel de région à l’appel de la CGT. Une délégation a été reçue : selon le président de la région Paca, les missions locales ont la capacité d’absorber cette baisse et elles peuvent toujours répondre à des appels à projet… Une prochaine action intersyndicale en lien avec les jeunes est en discussion.

Au moins 901 personnes auraient été exécutées dans le pays en 2024, dont une quarantaine en une seule semaine en décembre, a déploré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk. Leur nombre était de 852 en 2023. La plupart des exécutions ont concerné des infractions liées à la drogue, mais des dissidents et des personnes ayant participé aux manifestations de 2022-2023 ont également été mis à mort. Un régime barbare dans toute son horreur.

C’est lors de la réunion des ambassadeurs à l’Élysée que cela a été officiellement annoncé : François Bayrou va se rendre bientôt à Pékin pour rencontrer les dirigeants de l’Empire du Milieu. Pour discuter de la paix du monde, des guerres qui ensanglantent la planète ou de l’esclavage forcé imposé à des millions d’Ouïghours ? Vous n’y êtes pas. Il sera là-bas « pour obtenir des avancées » et trouver « une issue favorable »… à la sur-taxation des spiritueux européens, décidée par Pékin comme mesure de rétorsion à l’imposition par l’Union européenne de droits de douane additionnels sur les véhicules électriques chinois. La mission confiée au soldat Bayrou est donc claire : sauver les ventes de Cognac et d’Armagnac tricolores. C’est à ce genre de combat titanesque que l’on reconnait la stature internationale d’un homme d’État.

À l’occasion de sa visite dans l’archipel, Manuel Valls, le ministre des Outre-mer, avait cosigné une tribune avec ses collègues Bruno Retailleau (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice) demandant la suppression du droit du sol pour les migrants des Comores et leurs familles. Le Canard Enchaîné a retrouvé une déclaration de 2015 du même Valls, alors Premier ministre, qui, depuis Mayotte, déclarait solennellement : « Dans ce domaine de l’immigration clandestine, il faut éviter les faux semblants. La loi s’applique ici comme ailleurs. Pas de remise en cause du droit du sol. » La solidité des convictions de Valls ne résiste pas à l’attrait d’un maroquin ministériel.

Jean-Luc Moudenc (divers droite, ex-Les Républicains), le maire de la ville, a annulé la tenue d’une exposition de Médecins sans frontières, consacrée à la situation vécue par la population civile de Gaza. Intitulée We did what we could (Nous avons fait ce que nous avons pu), elle devait avoir lieu dans le cadre de la 18e édition du festival « Cinéma et droits de l’homme » à l’Espace diversités laïcité, qui dépend la municipalité. L’édile municipal a justifié sa décision en avançant des risques de troubles à l’ordre public. Un prétexte usé jusqu’à la corde ces derniers mois par tous ceux qui veulent masquer la réalité et l’immensité du drame qu’Israël fait vivre au peuple palestinien.

Dans le cadre des commémorations du dixième anniversaire des attentats islamistes de 2015, Macron a fait savoir qu’il souhaitait toujours que soit aménagé près de Paris un musée-mémorial du terrorisme qu’il avait promis… en 2018. Ce lieu devrait ouvrir ses portes en 2027 au Mont-Valérien, dans la commune de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, et coûtera 95 millions d’euros. Selon l’ancien procureur de Paris, François Molins, ce musée sera à la fois « un lieu de mémoire, de culture, de réflexion autour des valeurs de la citoyenneté ». Mais pourquoi ne pas aller plus loin et dédier aussi un musée ou un mémorial aux centaines de milliers de victimes de l’exploitation coloniale, de l’esclavage et des guerres qui ont suivi ? Ce serait « un lieu de mémoire, de culture et de réflexion » pour que les jeunes générations découvrent l’horreur des crimes dont s’est rendu coupable l’État français au « temps béni des colonies ».

Dans un entretien accordé au supplément hebdomadaire du journal Il Corriere della Sera, Giorgia Meloni, la Présidente du conseil d’extrême droite, affirmait entretenir « d’excellentes relations » avec Elon Musk, qu’elle décrivait comme « un génie » et « un innovateur extraordinaire et qui a toujours le regard tourné vers l’avenir ». Elle vient de traduire cette proximité en argent sonnant et trébuchant en négociant un contrat de cybersécurité d’un milliard cinq cents millions d’euros avec l’entreprise Space X, fondée par Musk. Et ce sans appel d’offres. Ce qui a fait tousser une partie de la classe politique et de l’opinion publique italiennes. Mais, c’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas.

Selon l’ONG Oxfam, dans les six premiers jours de 2025, les patrons du CAC 40 ont gagné le salaire moyen de leurs salariés en un an. En 2023, leurs revenus ont représenté 117 fois celui d’un employé ou d’un ouvrier de leurs entreprises. Les champions des écarts de rémunération sont, dans l’ordre, les PDG de Téléperformance (695 fois plus), Carrefour (408 fois plus), Dassault Systèmes (381 fois plus) et Stellantis (280 fois plus). Et ce sont les mêmes et leurs soutiens qui nous expliquent que porter le Smic mensuel à 2 000 euros net ruinerait l’économie. Un sacré culot…