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Brèves

L’actualité en bref

Des inscriptions antisémites ont été taguées sur la synagogue de la ville et sur des bâtiments alentour. La présidente de la communauté juive locale, Natacha Ben Haïm, a déclaré : « Je suis écœurée, c’est lamentable, c’est lâche, abominable, ça ne s’arrête pas. » Et de rappeler qu’un incendie criminel avait déjà touché l’édifice le 17 mai dernier et que depuis il y a eu d’autres incidents, notamment des alertes à la bombe et des menaces. Le 20 décembre, par exemple, lors de la fête juive de Hanouka, un individu s’était introduit dans le bâtiment et avait dessiné une croix gammée sur un mur. Une enquête a été ouverte pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Mais pour l’instant les crétins antisémites auteurs de ces faits courent toujours.

La mort de Jean-Maire Le Pen à 96 ans a donné lieu à des commentaires attristés du Rassemblement national et des réactions « respectueuses » de la part de la droite, de Macron et du gouvernement. Portant, ce triste personnage, longtemps parrain de l’extrême droite, représentait tout ce que nous combattons : le colonialisme, l’anticommunisme, la xénophobie, le racisme dans toutes ses variantes (antisémitisme, islamophobie, anti-noir, etc.). Il s’était distingué par la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie, ses négations des camps de la mort hitlériens et des chambres à gaz, du génocide juif, mais aussi par sa proximité avec d’anciens nazis (avec lesquels il fonda le Front national), etc. Au cours des années, ses idées, qui représentent un péril mortel pour la classe ouvrière, ont infecté l’ensemble de la société. Et plus que jamais, il faut les combattre.

Le 7 janvier 2015, des individus se réclamant de l’islamisme radical décimaient la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dans le 11e arrondissement, abattaient deux policiers puis tuaient quatre clients juifs du magasin Hypercacher de Vincennes. Si le gouvernement et la plupart des partis politiques ont tenu à rendre hommage aux victimes, on n’a guère entendu de voix pour rappeler le contexte de ces attentats meurtriers. Ils étaient en effet une des conséquences de la mainmise des pays impérialistes sur nombre de pays pauvres, mainmise qui a provoqué en retour l’émergence de mouvements islamistes dits « de résistance » sur des bases racistes, antisémites, religieuses et réactionnaires. C’est là la source du « terrorisme islamiste » dont la condamnation est souvent instrumentalisée pour stigmatiser la population immigrée, musulmane en particulier. Mais ces attentats, et ceux qui suivirent plus tard dans l’année (Bataclan, Stade de France…), n’étaient en fait que des sous-produits de la barbarie capitaliste qui sévit partout dans le monde.

Après des années de bras de fer pour maintenir les 300 emplois, la Fonderie de Bretagne était en passe d’être vendue à un groupe allemand. Mais le groupe Renault a finalement refusé de s’engager sur des commandes, alors qu’il est le principal client de cette fonderie du Morbihan. Et d’un trait de plume, il risque de condamner l’usine et tous ses salariés, en pariant sur le fait que l’affaire serait vite bouclée à la veille de Noël.

Les salariés ont protesté et ne veulent pas en rester là. Mais s’ils ont raison de chercher des soutiens face à la casse sociale orchestrée par les grands groupes (et parfois les équipementiers eux-mêmes), encore faut-il cibler les vrais alliés et les faux amis… En effet, la CGT et le patron de l’usine ont envoyé ensemble une lettre à Macron pour dénoncer la désindustrialisation. En plus de ce curieux attelage entre patron et syndicalistes, ils ont fait signer leur bafouille à des élus de tous bords, de LFI à LR, en passant par les socialistes et les macronistes ! Le Medef et l’UIMM du Morbihan ont également signé, à côté de Sophie Binet de la CGT.

Les syndicalistes qui prétendent obtenir gain de cause auprès de Renault avec autant de serviteurs du patronat se plantent sur toute la ligne. Les vrais alliés, ce sont les salariés en lutte pour leurs emplois. En ce moment, il n’en manque pas.

Invitée de l’émission Questions politiques sur France Inter et France Info, Astrid Panosyan-Bouvet, la ministre chargée du Travail et de l’Emploi, a expliqué qu’elle était ouverte à toute négociation concernant la réforme des retraites. Elle a insisté sur la tenue d’une « discussion sans tabou mais sans conditions préalables ». Avant de préciser qu’il s’agissait d’échanger sur « des ajustements justes et raisonnables » qui cependant ne devraient pas remettre en cause la réforme elle-même. En perspective donc, des séances de bla-bla pour aboutir à pas grande-chose comme les adorent les partenaires sociaux.

À l’occasion de la Conférence annuelle des ambassadeurs, le président de la République a évoqué plusieurs dossiers internationaux. Il en a profité pour s’en prendre à différents dirigeants africains qui, dans un passé récent, ont demandé aux troupes françaises présentes dans leur pays de plier bagage. Macron a laissé entendre que « la France a eu raison d’intervenir contre le terrorisme en Afrique depuis 2013 » mais a regretté que certains leaders africains « aient oublié de dire merci ». On croit rêver. La présence militaire française là-bas n’a jamais eu pour but de protéger les populations locales. Les troupes étaient là pour s’assurer que les intérêts de la Françafrique – c’est-à-dire des industriels, des transporteurs, des planteurs, des firmes qui contrôlent le commerce de gros et de détail – étaient protégés. Alors merci pour quoi ? Pour avoir pillé ces pays sans vergogne depuis des siècles ? Pour avoir instauré le travail forcé et l’esclavage ? Pour avoir saccagé la nature, déforesté, pollué les sols et les cours d’eau ? Le culot de Macron n’a d’égal que sa morgue et son mépris à l’égard des peuples en général et de ceux d’Afrique en particulier.

Trois semaines après le passage dévastateur du cyclone Chido, Marine Le Pen est venue officiellement dans l’archipel se mettre « à l’écoute » des Mahorais et des Mahoraises. Une visite qui lui a permis surtout de s’en prendre à nouveau aux migrants. « Sans régler le problème de l’immigration clandestine, rien ne sera utile », a-t-elle estimé, en critiquant de nouveau le droit du sol qui permet à une personne née sur place d’obtenir la nationalité française. Elle demande son abolition pure et simple pour les familles originaires des Comores. « C’est évidemment la bonne voie », a aussitôt assuré le ministre de la Justice Gérald Darmanin dans le sillage d’une tribune signée la veille par Sébastien Lecornu (Armée), Manuel Valls (Outre-mer) et Bruno Retailleau (Intérieur). Cette démagogie contre les migrants est non seulement odieuse mais grotesque car les populations des différentes îles de l’archipel des Comores sont les mêmes. Taper sur les migrants ne résoudra en rien le sous-développement chronique dont souffre Mayotte depuis des décennies. Mais ils sont des boucs émissaires faciles pour détourner le désespoir et la colère de la population.

Après sa condamnation à un an de prison ferme dans l’affaire dite Paul Bismuth pour corruption et trafic d’influence, Nicolas Sarkozy comparaît cette fois pour des soupçons de financement clandestin de sa campagne électorale de 2007 par la Libye. Il est accusé d’avoir noué, via ses proches, un « pacte de corruption » avec le l’ex-dictateur Mouammar Khadafi. À ses côtés sur le banc des accusés, douze prévenus dont plusieurs anciens ministres. L’enquête a révélé que Sarkozy avait largement utilisé des fonctionnaires de l’État – notamment ceux des services secrets – pour faire disparaître des preuves gênantes ou exfiltrer du territoire des comparses qui devaient être interrogés par la justice. Un nouvel exemple de l’osmose au sein de l’appareil d’État bourgeois entre politiciens véreux, éléments mafieux et affairistes de tout poil.

Désireux de gagner les bonnes grâces de quelques députés socialistes, écologistes ou communistes, le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, a jugé que des « convergences » existent avec la gauche pour la construction du budget 2025. Et de déclarer sans rire : « Il y a dans ce pays des mécanismes d’optimisation fiscale qui font que des personnes qui ont des revenus importants ne paient pas leur part d’impôt. » Lombard nous prend pour des imbéciles car cela a toujours été le cas sous les gouvernements de droite comme de gauche, tous au service des plus riches. Déjà, à la fin du 19e siècle, le chant révolutionnaire L’Internationale affirmait : « L’État comprime et la loi triche, l’impôt saigne le malheureux, nul devoir ne s’impose au riche, le droit du pauvre est un mot creux. » Et depuis, rien n’a vraiment changé.