Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Après que cette mesure ait été abandonnée, voilà que le gouvernement prétend à nouveau nous faire travailler sept heures de plus, soit une journée par an… gratuitement. Cela revient à la fois à un allongement du temps de travail et à une baisse du salaire réel : une attaque frontale contre les travailleurs. Prétendument prévue pour réduire les déficits de l’État, cette mesure n’aboutira qu’à gonfler encore plus les profits patronaux.

La réforme Sérafin-PH (services et établissements : réforme pour une adéquation des financements au parcours des personnes handicapées) devait entrer en vigueur en ce début d’année 2025. Négociée depuis 2014 avec l’appui des syndicats d’employeurs, elle modifie le financement des Établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) en s’inspirant de la tarification à l’acte en vigueur dans la santé (T2A). Ce nouveau mode de financement ne pourra avoir d’autres résultats que ceux qu’il a eus dans les hôpitaux : concurrence généralisée, pressions accrues sur le personnel, suppressions de postes et dégradation des soins et services rendus.

Bayrou a annoncé que les 500 licenciements à France Travail inscrits dans le projet de budget 2025 étaient annulées. L’intersyndicale s’est saisie de l’occasion pour annuler la grève prévue le 4 février. Et pourtant, aucune des revendications du personnel n’a été satisfaite, en particulier l’embauche massive de CDI et la titularisation des employés en contrat précaire. Les grèves du 12 novembre en Île-de-France et nationale du 5 décembre, suivies par 30 % des salariés, avaient pourtant été des succès. Alors à nous tous et toutes de continuer à mettre la pression pour aller vers un mouvement d’ensemble.

Plusieurs agglomérations sont en train de mettre en place une politique qui consiste à supprimer les lignes fixes de bus pour les remplacer par des navettes à la demande. L’objectif est évidemment de faire des économies sur le dos des usagers. Par exemple, l’agglomération de Saint-Malo a fait appel à la société Transdev pour gérer un système de navettes. Celui-ci oblige le voyageur à commander sa navette par téléphone au moins une heure à l’avance. En théorie, il ne devrait pas attendre plus d’une heure, ce qui est déjà beaucoup. Mais, en pratique, certains ont dû attendre quatre et d’autres n’ont pas eu de navette du tout. De plus, ce système s’accompagne du paiement de 1,40 euro par réservation qui s’ajoute à l’abonnement. L’instauration de ce dispositif le 6 janvier a suscité une grande colère. Une pétition a déjà recueilli près de 3000 signatures.

Après avoir gracié les émeutiers du Capitole, Trump vient de gracier Ross Ulbricht, une sorte de baron de la drogue. Ce personnage avait été condamné à la prison à vie en 2015 pour avoir vendu près de 200 millions de drogue à l’aide d’un site internet baptisé Sil Road. Mais il se trouve que sa mère appartient au parti libertarien qui a soutenu Trump aux élections. Le nouveau président s’est donc empressé de lui annoncer publiquement son cadeau de remerciement. Les libertariens revendiquent la liberté absolue du commerce et des capitalistes dans tous les domaines, la suppression de toute réglementation susceptible de freiner les affaires. Après tout, la drogue n’est qu’une marchandise, comme les armes, ou le béton qui a permis à Trump de faire fortune. Ce qui ne l’empêche pas de prôner la tolérance zéro quand il s’agit des travailleurs sans papiers venus d’Amérique latine…

L’investiture de Trump était tout en symboles. Une multitude de mesures expresses plus réactionnaires et anti-ouvrières les unes que les autres : chasse aux immigrés, attaques contre les services publics, hausse des prix des médicaments, menaces contre le Groenland, etc. Pour l’applaudir, un parterre de milliardaires, parmi lesquels Bernard Arnault, patron de LVMH et premier ou deuxième homme le plus riche du monde. Ami de longue date de Trump, Arnault espère bien que la maroquinerie et le cognac, sources de sa richesse, échappent encore aux barrières douanières que promet d’instaurer Trump.

L’ex-PDG de France Télécom et son numéro deux ont été définitivement condamnés à un an de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour avoir harcelé jusqu’à la dépression et au suicide des dizaines d’employés entre 2007 et 2010. Ils avaient osé faire appel, ce que la Cour de cassation a rejeté mardi 21 janvier. Quant à France Télécom, devenue Orange, elle avait été condamnée à la modique somme de 75 000 euros pour harcèlement moral institutionnel. Quand on est patron, ça ne coûte pas cher de pousser des employés au suicide…

Hasard du calendrier, la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, dans les Alpes suisses, qui réunit le gratin du monde capitaliste, s’est ouverte alors même que se déroulait à Washington l’investiture de Donald Trump. Plus de 60 chefs d’État et de gouvernement sont attendus, avec pour point d’orgue une intervention en visioconférence du nouveau président des États-Unis. L’ONG Oxfam a publié, à cette occasion, son rapport annuel sur les inégalités qui montre que la fortune des milliardaires s’est envolée l’an dernier de 2 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale, soit trois fois plus qu’en 2023, pour atteindre 15 000 milliards. Elle dénonce « une nouvelle oligarchie aristocratique, héritière de milliers de milliards, (qui) exerce un pouvoir tentaculaire sur nos systèmes politiques et économiques ». Illustration de cette situation : Elon Musk, Jeff Bezos (Amazon, Blue Origin) et Mark Zuckerberg (Meta), proches soutiens de Donald Trump, possèdent aujourd’hui à eux trois plus de richesses que la moitié la plus pauvre de la société américaine. Une situation qui ne cesse d’empirer.

Pour se « venger » de la libération de prisonniers palestiniens, suite à l’accord de cessez-le-feu à Gaza, des colons ont pris pour cibles une demi-douzaine de villages à coup de pierres et de cocktails Molotov. Une vidéo, dans laquelle on les voit attaquer la localité de Turmusaya, a été largement reprise sur les réseaux sociaux. Et, comme d’habitude, l’armée israélienne a laissé faire. L’an dernier on a recensé 1 400 attaques par des colons israéliens sur des Palestiniens en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est. Un chiffre record. Et si l’accord de trêve prévoit, durant une première phase de 42 jours, la libération de 33 otages israéliens contre environ 1 900 Palestiniens détenus par Israël, il faut rappeler qu’actuellement ils sont plus de 10 000 à croupir dans les prisons sionistes.