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Brèves

L’actualité en bref

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hôpital Kamal Adwan, qui était le dernier établissement opérationnel dans le nord du territoire palestinien, est désormais « hors service » après un raid mené par l’armée israélienne. Le directeur de l’hôpital, le Dr Hossam Abou Safiya, et plusieurs dizaines de membres du personnel médical et technique ont été arrêtés et conduits dans un camp de détention. L’OMS indique par ailleurs que les « premières informations font état de services clés incendiés et détruits pendant le raid. Soixante membres du personnel soignant et 25 patients sont dans un état critique ». De son côté, avec sa morgue, son mépris et son cynisme habituels, Israël a déclaré que l’établissement hospitalier abritait « des terroristes ». L’excuse toujours avancée pour massacrer hommes, femmes et enfants et poursuivre ce véritable génocide.

Alors qu’était diffusé sur TF1 un documentaire sur les trente ans de carrière du présentateur vedette de la chaîne, Arthur, l’enfant de la télé, on a pu voir sur les réseaux sociaux différents extraits de son émission À prendre ou à laisser, où il se comporte de manière choquante et ouvertement sexiste à l’égard de certaines candidates. Sur ces images, l’animateur multiplie les remarques et gestes déplacés. Un baiser sur la bouche non consenti, un regard sous la jupe, des grognements pleins de sous-entendus à l’oreille… Il mime des coups de cravache sur le postérieur d’une autre candidate visiblement mal à l’aise. « Enfin on voit vos jambes », lui lance-t-il. Puis, quand il se met à respirer ses cheveux et à être très tactile, elle le repousse. « J’ai toujours aimé les femmes qui me résistaient, qui me parlaient mal. » Pour justifier ses agissements, qui ne sont rien d’autre que des agressions sexuelles, Arthur a simplement déclaré au Parisien : « C’était une autre époque. » Ce qui ne justifie en rien le sexisme maladif de ce pauvre type.

Le ministre délégué en charge de la Santé, Yannick Neuder, a fait savoir dans les colonnes du Parisien qu’il participerait au « Dry January », un mois de janvier sans boire une seule goutte d’alcool. Et d’expliquer vouloir « encourager les Français à réfléchir à leurs habitudes de consommation et à se rendre compte des bénéfices d’une pause, qu’il est ensuite possible de prolonger au-delà du mois de janvier ». Intention louable. Sauf qu’il n’y a pas si longtemps, lorsqu’il était député Les Républicains, il avait tenu en novembre à l’Assemblée un discours complaisant sur le vin pour s’opposer à une taxe généralisée sur l’alcool. Quant à sa ministre de tutelle en charge de la Santé, Catherine Vautrin, elle a suscité la polémique en présentant sur son compte X une bannière vantant les champagnes, produits sur sa terre d’élection, sur fond de vignoble. De son côté, la ministre en charge du Tourisme, Nathalie Delattre, viticultrice dans le Bordelais, assume ouvertement pour sa part être « une affreuse lobbyiste des alcooliers », qui bénéficient donc de soutiens de poids au gouvernement. Champagne pour tout le monde…

Lors de la formation du gouvernement Bayrou, une vingtaine d’associations, réunies au sein de la Dynamique pour les droits de l’enfant, avaient dénoncé la disparition d’un ministère dédié à la protection de l’enfance. Des acteurs engagés dans la lutte contre les violences sexuelles, comme Face à l’inceste et Les Papillons, avaient également déploré l’absence d’un tel ministère. Agnès Canayer, la ministre déléguée sortante chargée de la Famille et de la Petite enfance, n’avait en effet pas été reconduite dans le nouveau gouvernement. Le collectif d’associations rappelait à ce propos qu’à l’heure actuelle un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et que 160 000 sont victimes de violences sexuelles chaque année. Pour se tirer de ce mauvais pas sans se heurter à Bayrou, Macron vient de sortir de son chapeau la création d’un « Haut commissariat à la protection de l’enfance ». On ne sait pas trop quels en seront les attributions, les pouvoirs et les moyens réels, mais l’important c’est l’effet d’annonce, une pratique habituelle du locataire de l’Élysée.

Annoncée avec force publicité, la visite de François Bayrou et de cinq ministres – dont Élisabeth Borne et Manuel Valls – s’est réduite au fil des heures comme peau de chagrin. Il devait rester deux jours sur place mais ce sera finalement moins d’une journée. La délégation ministérielle arrivera lundi matin et repartira en fin d’après-midi même pour La Réunion. Entre temps il aura eu tout le temps de se faire photographier avec des Mahoraises et des Mahorais. C’est d’ailleurs tout le but de l’opération. Car, dans la pratique, les collectifs citoyens de Mayotte dénoncent « l’insuffisance criante des mesures » de soutien après le passage du cyclone le 14 décembre, et notent que : « L’arrivée des secouristes – techniciens, ingénieurs et personnels spécialisés – a été marquée par une lenteur inacceptable, et leur nombre reste dramatiquement en dessous des besoins réels ? » « Une lenteur » à porter toute entière au crédit du gouvernement.

5,6 millions de ménages modestes ont droit, au titre de l’année 2024, à un chèque énergie, d’un montant qui varie de 48 à 277 euros selon les revenus et la situation familiale. Créé en 2018, ce chèque permet de contribuer au paiement des dépenses d’énergie et est supposé être envoyé automatiquement par les services de l’État aux personnes concernées. Mais, à quelques jours de la fin de l’année, un million de ménages bénéficiaires potentiels n’ont toujours rien vu venir et seuls 100 000 ont effectué une réclamation sur une plate-forme en ligne dédiée. L’administration se retranche derrière l’excuse que la suppression de la taxe d’habitation a rendu leur localisation plus aléatoire. Mais les associations dénoncent surtout le manque d’information de l’État qui favorise le non-recours. La Confédération logement cadre de vie, qui regroupe une quinzaine d’associations, s’inquiète de la « complexification » du dispositif et y voit une attaque « frontale » contre l’accès au chèque énergie. Encore une fois, ce seront les foyers isolés ou qui n’ont pas accès à Internet qui seront lésés. C’est-à-dire parmi les plus précaires.

Le Haut-commissariat de la République, c’est-à-dire le représentant officiel de l’État français sur place, a fait savoir qu’un couvre-feu sera instauré de une à six heures du matin les 1er et 2 janvier à Nouméa et les communes avoisinantes compte tenu « du contexte que connaît le territoire depuis plusieurs mois ». Les défilés et feux d’artifice sont interdits. Une situation explosive créée de toute pièce par le gouvernement qui avait tenté de changer le système électoral pour désavantager les Kanak. Quant aux anti-indépendantistes locaux du parti « Calédonie ensemble », ils viennent de jeter un peu plus d’huile sur le feu en démissionnant du gouvernement collégial à la tête du territoire, entraînant automatiquement la chute de l’exécutif local et plongeant l’archipel dans l’incertitude. Pendant ce temps, le pouvoir colonial continue de faire croupir dans les prisons des dizaines de militants indépendantistes, dont sept de leurs leaders en métropole.

Le gouvernement malien a annoncé que près de 70 personnes étaient portées disparues lors d’un naufrage d’une embarcation qui tentait de rejoindre les côtes espagnoles à partir du Maroc. Au total, plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de gagner l’Espagne en 2024, selon un rapport de l’ONG Caminando Fronteras. Soit 30 décès par jour en moyenne, entre janvier et le 15 décembre 2024. Une augmentation de 58 % par rapport à l’année précédente où le nombre de victimes s’était établi à 6 618 personnes. 2024 devient ainsi l’année la plus meurtrière depuis le début de ces décomptes. Pendant ce temps l’Union européenne renforce sa politique anti-migrants et programme ainsi une augmentation du nombre des victimes.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait savoir que Paris « condamnait fermement » les attaques aux missiles et aux drones menées ces derniers jours contre l’État sioniste par les rebelles houthis du Yémen. Il a tenu à réaffirmer « son attachement à la stabilité de la région et à la sécurité d’Israël ». Quant à condamner les attaques israéliennes contre les peuples palestinien, libanais, syrien, et yéménite qui mettent à mal « la stabilité de la région », il n’en a pas été question. Comme d’habitude…