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Brèves

L’actualité en bref

La Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur l’Ukraine a accusé Moscou d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » en déportant de force des milliers d’enfants ukrainiens vers la Russie et en entravant leur retour. Si elle a jusqu’à présent confirmé l’expulsion ou le transfert de 1 205 enfants, la commission indique que les autorités russes ont « déporté ou transféré des milliers d’enfants des zones qu’elles occupaient ». Selon Kiev, près de 20 000 enfants ukrainiens ont été emmenés de force depuis le début de l’invasion. Une horreur de plus dans cette guerre qui est une véritable boucherie et qui a fait déjà plus d’un million de morts.

Grâce aux votes de la droite et de l’extrême droite, les députés européens ont adopté en commission une nouvelle loi anti-migrants, la loi « Retour », un règlement visant à renforcer les mécanismes d’expulsion des migrants en situation irrégulière et à durcir les conditions de retour. De plus elle prévoit la création de centres d’accueil situés dans des pays hors Union européenne pour les migrants expulsés. En outre, les personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion peuvent être placées en détention jusqu’à 24 mois, voire plus si un juge l’estime nécessaire « pour des raisons de sécurité ». Une directive scélérate qui prive un peu plus les personnes migrantes de leurs droits.

Bis repetita. Après avoir intimidé des enseignants de primaire pour les empêcher d’apprendre aux enfants des écoles primaires de Commentry la chanson Les Mains d’or de Bernard Lavilliers, l’inspectrice d’académie de l’Allier a enjoint la principale du collège Émile‑Mâle d’interdire à la chorale de son établissement de se produire lors d’un concert de l’harmonie municipale, organisé en soutien aux salariés de l’usine d’Erasteel qui défendent leurs emplois. Le tout en invoquant « l’obligation de neutralité de l’Éducation nationale, le concert étant désormais affiché comme un soutien aux forges de la ville ». La chanson en question n’est pas un hymne révolutionnaire mais décrit la détresse des ouvriers dans une vallée industrielle abandonnée où les usines ferment les unes après les autres. Ce qui risque d’arriver à Commentry. Dans un premier temps, sous la pression des médias et du chanteur lui‑même, les instances de l’Éducation nationale avaient rétropédalé. Mais, chassées par la porte, elles reviennent par la fenêtre.

L’université Paris-1-Panthéon-Sorbonne, en déficit depuis deux ans, ne se maintient à flot que grâce au « dévouement » de son personnel, a alerté sa présidente Christine Neau-Leduc. « Nous arrivons à maintenir nos missions de service public, mais nous sommes en déficit et nous atteignons un point de rupture », a-t-elle déclaré sur France Inter. Ce cri d’alarme a été lancé à l’occasion d’une journée de mobilisation organisée par une intersyndicale de l’enseignement supérieur contre « les suppressions de postes dans le service public » et la « mise au pas des universités et des organismes nationaux de recherche par leur sous-financement chronique ». Des rassemblements ont eu lieu à Paris devant le ministère de l’Enseignement supérieur, en région devant les rectorats et dans les facultés à l’appel de l’Unsa, de la CFDT, de la FSU, de la CGT, de Sud et des organisations étudiantes (Fage, Unef, Union étudiante et FSE). Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public. Ce que nie le ministère bien qu’il reconnaisse qu’un « certain nombre d’universités font face à des difficultés financières ». Doux euphémisme…

Depuis plus d’un mois, le port de Santarém, dans le nord du Brésil, est occupé par plus de 1000 militants autochtones, des peuples Munduruku, Arapiun et Apiaká. Ils s’opposent à Cargill, mastodonte américain de la culture intensive de maïs et de soja, et au président de gauche, Lula, qui soutient ce projet de privatisation de trois rivières affluentes de l’Amazone. Les capitalistes souhaitent draguer ces fleuves, afin de les transformer en véritables autoroutes pour leurs cargaisons à destination des marchés mondiaux, détruisant les écosystèmes dont dépendent une dizaine de peuples autochtones dans la région. Devant cette mobilisation massive, Lula vient de reculer : il a annoncé abandonner le projet. Mais les militants ont déclaré ne pas cesser l’occupation avant la publication d’une déclaration officielle.

En visite à Chypre, Macron a annoncé que la France contribuerait « dans la durée » avec « deux frégates » à l’opération mise en place en 2024 par l’Union européenne en mer Rouge. En tout, a-t-il déclaré, « la présence française qui se déploiera de la Méditerranée orientale, en mer Rouge et justement au large d’Ormuz, mobilisera huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et notre porte-avions Charles-de-Gaulle ». En résumé des bâtiments de guerre tricolores seront positionnés en permanence autour de l’Iran. Un acte de guerre ? Vous n’y êtes pas ! Il s’agit d’actions purement « préventives ». Dirait-on la même chose si des navires de guerre iraniens patrouillaient au large de Marseille ou du Détroit de Gibraltar ?

Alors que la diplomatie française manifeste chaque jour son impuissance dans la crise du Moyen-Orient, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Michel Barrot, se fait donneur de leçons vis-à-vis de l’Iran. Au lendemain de la désignation du nouveau guide suprême, il a déclaré sur France Inter : « Le régime doit consentir des concessions majeures et un changement radical de posture, mettre fin à ces actions de déstabilisation dangereuse pour la région et pour nous-mêmes, et rendre aux Iraniens les clés de leur avenir. » Quant « aux actions de déstabilisation dangereuse » entreprises par les États-Unis et Israël, il n’y trouve rien à redire. Rappelons que les alliés de l’impérialisme français dans la région (Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Arabie saoudite, etc.) sont des dictatures qui privent leurs peuples depuis longtemps des « clés de leur avenir ».

Le Premier ministre a annoncé « un plan exceptionnel » de surveillance pour contrôler les prix du carburant à la pompe, alors que la guerre au Moyen-Orient a des conséquences sur le cours du pétrole. Ce plan consistera en « cinq cents contrôles entre lundi et mercredi pour éviter les hausses abusives des prix à la pompe ». Et de souligner fièrement que cela représente « l’équivalent d’un semestre complet du plan de contrôle habituel ». Quand on sait que le pays compte environ 11 000 stations services, les distributeurs n’ont pas de trop de soucis à se faire puisque moins de 5 % d’entre elles seront contrôlées. Enfin, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a estimé « inconcevable » de baisser les taxes perçues par l’État sur les carburants et qui représentent près de la moitié des prix du détail. Autant dire que ceux du gazole et de l’essence vont continuer de flamber.

Alors qu’elle se tasse dans les sondages du premier tour, Rachida Dati lorgne de plus en plus vers l’extrême droite pour tenter de l’emporter, et en particulier vers la candidate zemmouriste Sarah Knafo. Il y a encore quelques jours, elle la descendait en flèche sur CNews, rappelant notamment qu’elle siégeait au Parlement européen avec les membres du parti d’extrême droite allemand Alternative für Deutschland et d’autres qui se considéraient et se proclamaient ouvertement néonazis. Aujourd’hui tout est oublié. Interviewée sur France Inter, Dati a refusé de classer Knafo à l’extrême droite. Quant à cette dernière elle tend la main à l’ex-ministre de la Culture. Toute la difficulté pour Dati est de parvenir à capter les suffrages zemmouristes sans braquer ses électeurs centristes et de la droite modérée. La politique politicienne est un chemin semé d’embuches électoralistes.