Au prétexte de désengorger les juridictions, qui font face à plus de 5 000 dossiers en retard, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait inscrire dans son projet de réforme de la justice criminelle, actuellement examiné par le Sénat, une nouvelle procédure dite du « plaider-coupable ». Elle s’appliquera principalement aux affaires de viol et permettra aux accusés, sur reconnaissance de culpabilité, de négocier directement leurs peines avec le juge. Ce dernier pourra, toujours au nom de l’efficacité, décider de réduire le nombre de témoins entendus. Cette procédure expéditive, si elle est adoptée, privera les victimes, leurs familles et la défense de la possibilité de pouvoir s’expliquer en audience publique. Pour Darmanin, il ne s’agit nullement d’améliorer le fonctionnement et la qualité de la justice mais de faire du chiffre. Pour dénoncer ce projet, des milliers d’avocats ont manifesté dans tout le pays et certains ont entrepris une grève du zèle.