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Brèves

L’actualité en bref

C’est Mediapart qui le révèle. Durant l’été 2022, le milliardaire Bernard Arnault a entrepris des démarches auprès de l’administration pour que son dossier fiscal soit classé « secret défense ». Il s’inquiétait du fait que le député de la France insoumise Éric Coquerel ait été élu à la tête de la commission des finances de l’Assemblée nationale et, qu’à ce titre, il puisse exercer son droit de regard. Comme le rappelle Mediapart : « Traditionnellement dévolue à l’opposition, la présidence de la commission des finances dispose en effet, parmi ses prérogatives prévues par la Constitution, de la possibilité d’effectuer un contrôle sur pièces, à Bercy, des dossiers fiscaux des contribuables, afin de s’assurer de la bonne gestion des finances publiques. » On peut se demander ce que le PDG du groupe de luxe LVMH a à cacher. On le saura peut-être un jour (mais il ne faut pas rêver) puisque sa demande a finalement été retoquée par la direction générale des Finances publiques.

Quinze organisations – dont la Quadrature du Net, Amnesty International et l’Association des paralysés de France – ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour dénoncer l’algorithme de la Caisse d’allocations familiales (CAF) visant à débusquer les « profils problématiques », c’est-à-dire, en clair, les fraudeurs. Or l’algorithme en question, supposé être « neutre », cible systématiquement les plus fragiles : femmes seules, bénéficiaires du RSA, etc. Et il en va de même pour ceux utilisés par d’autres organismes publics comme la Caisse nationale de l’assurance maladie, France Travail, l’Urssaf ou l’Assurance retraite. Comme le constate un membre de la Quadrature du Net : « Les publics les plus contrôlés sont aussi ceux qui sont déjà dans la plus grande difficulté. » Malheur aux pauvres !

Depuis 2001, une loi rend obligatoire trois séances annuelles d’éducation à la vie sexuelle et affective dans les écoles, du primaire au lycée. Or un rapport de l’inspection générale de l’Éducation nationale révèle que moins de 20 % des élèves bénéficient de ces séances. En cause : le lobbying incessant organisé par les milieux de droite et d’extrême droite, les catholiques traditionalistes et certains parents d’élèves qui sont vent debout contre cet enseignement assimilé parfois… à de la pornographie ; voire à une fumeuse « théorie du genre » qui n’existe que dans leur imagination maladive. Récemment, c’est le ministre démissionnaire en charge de la réussite scolaire et de l’enseignement professionnel, Alexandre Portier, qui s’engageait « personnellement » à ce qu’un tel enseignement ne soit pas dispensé dans les établissements scolaires. L’an dernier, le Planning familial, Sidaction et SOS Homophobie ont porté plainte pour contraindre l’État à respecter la loi de 2001. Jusqu’ici sans grand effet !

« Une pure justice de classe ». C’est ainsi que maître Jérôme Borzakian, l’avocat d’Alexandre T et Christophe G, deux responsables locaux de la CGT mines-énergie, a qualifié le jugement de la cour d’appel de Bordeaux les condamnant à neuf mois de prison avec sursis et 6 500 euros d’amende pour des coupures de courant dans la capitale girondine pendant le mouvement pour la réforme des retraites. En première instance, ils avaient été relaxés. En plus, ils ont écopé d’une mise à pied sans salaire d’une semaine de la part de leur patron, Enedis. L’un et l’autre se sont pourvus en cassation. Avec la fédération des mines et de l’énergie (FNME-CGT), ces deux « Robin des Bois » avaient également mis en gratuité du courant produit par le service public. Actions qui ont d’ailleurs valu des poursuites judiciaires et disciplinaires à 400 militants sur l’ensemble du territoire, après des dépôts de plainte, émanant notamment du gestionnaire du réseau électrique. Une tentative de museler la combativité ouvrière.

Sarah Knafo, du parti de Zemmour, Reconquête, a proclamé au micro de Sud Radio qu’il y aurait trop de fonctionnaires à France Travail (au passage il y en a aucun…) et que Linkedin était bien suffisant pour trouver un boulot : « 54 000 personnes travaillent chez France Travail ! Vous vous rendez compte ? Il faut supprimer ces gabegies. » En réponse, le directeur général de FT n’a rien trouvé de mieux que de lui proposer de venir visiter une agence. Et pourquoi pas le champagne et les petits fours pendant qu’il y est ? L’extrême droite n’a rien à faire dans les locaux d’un service public !

Certains médicaments se transportent exclusivement au froid. Mais comme la direction supprime des coursiers, les seuls à avoir les glacières, c’est aux infirmières d’aller chercher les médicaments… mais elles n’ont pas de glacières ! Heureusement que ces derniers temps, il faisait froid ! Mais si, au 21e siècle, on doit compter sur la météo pour transporter les médicaments, on n’est pas rendus.

… d’après le bulletin Pitié-Salpêtrière

Au début de la guerre en Ukraine, la France et son ministère des Solidarités se sont dotés de dispositifs pour accueillir les réfugiés. Les titres de séjour « protection temporaire » délivrés sur mesure aux Ukrainiens ayant fui la guerre arrivent à échéance et les financements concernant les dispositifs pour leur hébergement ne sont pas renouvelés. Ainsi les « déplacés ukrainiens » s’apprêtent à connaître le même sort que les autres exilés. Au mieux, certains opérateurs basculent ceux-ci vers l’hébergement d’urgence, engrangeant un travail supplémentaire non négligeable pour ces services sans embauches supplémentaires. Au pire, certains vont se voir expulser sans solution de relogement et seront condamnés à composer le 115.

Avec ses 15 heures d’activité hebdomadaire obligatoires, la réforme du RSA prévue par la loi « Plein-emploi » doit être généralisée à partir de janvier 2025. Il ne manque que les décrets d’application… et des financements ! Par exemple, les services du conseil départemental de Moselle ont calculé que l’application stricte de la loi exigerait 180 postes dédiés pour mettre en œuvre l’accompagnement renforcé des bénéficiaires du RSA, c’est-à-dire au moins plusieurs millions d’euros. Mieux vaudrait utiliser ce fric à augmenter le RSA sans obligation de 15 heures de boulot gratuit.

… d’après le bulletin Secteur social, Metz

Le nombre d’élèves inscrits en première année dans les formations du social a diminué de 2,1 % comparé à 2023 selon les statistiques ministérielles. Parmi eux, 9 % interrompent leur scolarité en cours de route. Le gouvernement orchestre le démantèlement de l’aide et de l’accompagnement social et impose les coupes budgétaires, mais il organise des campagnes publicitaires pour encourager à rejoindre ces filières. Ce n’est pas en tapissant des abris-bus qu’il fera croire qu’il est soucieux de régler un problème dont il s’est rendu lui-même responsable !

… d’après le bulletin Secteur social, Metz