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Brèves

L’actualité en bref

Ces dernières semaines sont marquées par deux procès en lien avec les violences faites aux femmes et aux enfants : les 51 de Mazan et Christophe Ruggia. Florilège de culture du viol ! À Mazan, on a tout entendu : « viol à contrecœur », « viol par reproduction », « viol par emprise », « viol par manipulation », « viol par curiosité », tout est bon pour se déresponsabiliser et même se placer en victime de D. Pélicot… au même titre que Gisèle Pélicot, qui a subi des centaines d’agressions et de viols. De son côté, Ruggia dit, lui, avoir voulu « protéger » Adèle Haenel, alors qu’il est accusé d’agression sexuelle sur une enfant (elle avait 12 ans au début des faits !).

Après avoir tout subi, les victimes doivent encore tout entendre et endurer la violence des procédures judiciaires. Si les rapports de domination et de pouvoir au cœur des VSS peuvent être dénoncés par la justice, seules les mobilisations féministes peuvent réellement les combattre.

Depuis vendredi 6 décembre, les enseignants contractuels de l’académie d’Aix-Marseille, affectés sur des remplacements, reçoivent des mails ou des appels téléphoniques leur indiquant le non-renouvellement de leur contrat. Les titulaires retourneraient-ils tous en même temps dans leurs classes ? Absolument pas ! Plus un sou au rectorat pour les payer, nous dit-on ! Résultat : plus de profs dans les classes et plus de salaires pour les profs ! On sait ce qui nous reste à faire : après le 5 décembre, poursuivre la grève et la mobilisation, notamment en rejoignant les rassemblements et les manifestations du 12 décembre.

C’est environ 30 % des agents qui étaient en grève jeudi 5 décembre au niveau national. Avec pour la première fois des sites fermés. Malgré ce succès l’intersyndicale juge urgent d’attendre. « On sait jamais, si Mathilde Panot est nommée Première ministre » avancent même certains… Pourtant des collègues d’une agence parisienne ont pris l’initiative de débrayer une heure mercredi 11 pour dénoncer les conditions de travail, les salaires trop bas, le traitement des collègues en CDD, l’arbitraire dans l’attribution du télétravail et les nouveaux enregistrements téléphoniques pendant les entretiens entre les demandeurs d’emplois et les agents. Une mobilisation à étendre !

Ismaïl Lghazaoui, un militant de la branche locale du mouvement international de soutien aux Palestiniens « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS) est jugé devant le tribunal de première instance d’Aïn Sebaa, près de Casablanca. Il est accusé d’« incitation à commettre des crimes et des délits ». En détention depuis le 19 novembre, on lui reproche notamment de s’opposer à la « normalisation » entre Israël et le Maroc, voulue par le roi Mohammed VI et qui se poursuit malgré les massacres à Gaza et au Liban. Déjà, fin octobre, BDS protestait contre l’arrestation de plusieurs de ses militants qui avaient ciblé la présence d’une entreprise israélienne au festival international des dattes, dans l’oasis d’Erfoud, ladite entreprise commercialisant des fruits récoltés en Cisjordanie occupée. Au Moyen-Orient, la monarchie marocaine est complètement alignée sur Washington et Paris alors que son opinion publique soutient les Palestiniens.

Après Gaza et le Liban, la Syrie ? Israël a profité de la situation instable entrainée par la chute de Bachar el-Assad pour lancer pas moins de 480 raids aériens en Syrie en 48 heures contre des cibles qualifiées de « militaires ». Dans le même temps, les troupes israéliennes ont avancé au sein de la zone tampon du plateau du Golan syrien, un territoire sous contrôle de l’ONU séparant la Syrie d’Israël et censé être démilitarisé en vertu d’un accord de 1974. Cette incursion constitue une violation évidente de cet accord mais l’État sioniste s’en moque. « Aujourd’hui, tout le monde comprend l’importance capitale de notre présence sur le Golan, et non au pied du Golan », a déclaré Netanyahou lors d’une conférence de presse à Jérusalem. Avant de conclure : « Le Golan fera partie de l’État d’Israël pour l’éternité. » L’expansionnisme israélien continue et n’a pas de limite.

La Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a infligé à Orange une amende de 50 millions d’euros pour avoir glissé dans les boîtes mails de ses clients des encarts publicitaires aux apparences de nouveaux courriels. Le but : faire que les utilisateurs, en ouvrant leur boite de réception, puissent confondre des mails personnels et des contenus d’annonceurs. Ce qui est illégal. Être l’ancien opérateur public, avec toujours une part importante de capitaux publics, n’empêche pas Orange de tenter d’arnaquer ses clients comme une autre entreprise…

C’est le Consortium des bureaux en France (CBF) qui l’affirme : neuf millions de mètres carrées de bureaux sont inoccupés dans le pays, dont deux millions sont en état « de friche ». Selon la définition du CBF, il s’agit « des immeubles de plus de 1 000 mètres carrés entièrement vides depuis plus de deux ans et sans projet ». Et d’ajouter : « Ces deux millions de mètres carrés de friches pourraient loger près de 53 000 habitants à horizon de cinq ans s’ils étaient transformés en logements. » Mais ce serait une mesure homéopathique pour résoudre la question, une goutte d’eau dans l’océan. En effet, environ quatre millions de personnes sont considérées comme mal logées, parmi lesquelles plus d’un million qui ne disposent pas d’un vrai logement personnel, sont sans domicile fixe, vivent dans des habitations de fortune, sont hébergées chez des tiers ou sont en chambres d’hôtel, et plus de deux millions d’autres habitent des logements sans confort (pas d’eau courante, toilettes communes sur le palier, moyen de chauffage très dégradé…). À court terme, pour pallier au plus pressé, il faudrait d’abord réquisitionner les logements et bureaux vides et inoccupés mais aussi les résidences secondaires et autres locations saisonnières. Les préfets ont ce pouvoir de réquisition, mais ils ne s’en servent pratiquement jamais au nom du respect de la sacro-sainte propriété privée.

Par le biais du groupe Vivendi, dont il est le principal actionnaire, Vincent Bolloré est propriétaire de nombreux médias et entreprises de communication comme Havas, CNews, Canal +, Hachette ou Europe 1. Il vient de recevoir le feu vert des autres actionnaires pour diviser son conglomérat en quatre entités qui seront cotées en bourse dans plusieurs pays différents (France, Royaume-Uni, Pays Bas, etc.) dans l’espoir d’améliorer leur rentabilité. Cette réunion d’actionnaires – qui s’est déroulée à Paris au théâtre des Folies Bergères – a été l’occasion de manifestations organisées par la coalition « Désarmer Bolloré » qui compte une centaine de membres (syndicats, associations et collectifs) regroupés pour mener une action unie face à l’extrême droite. Ses membres dénoncent « la banalisation des propos racistes, autoritaires, néo-colonialistes ou climato-sceptiques » dans les médias que contrôle le milliardaire. Cette journée de protestation se voulait le coup d’envoi d’une semaine d’actions décentralisées contre tous les acteurs de la « Bollosphère » prévue du 29 janvier au 2 février prochains.

Alors que Marine Le Pen gardait un silence prudent sur le renversement du régime syrien, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, présentait el-Assad comme un « rempart » contre le déferlement de centaines de milliers de Syriens vers l’Europe. Il a déclaré sur France 3 : « Dans quelques mois, il est possible que nous payions les conséquences de cette prise de pouvoir des fondamentalistes islamistes par des flux migratoires importants », avant d’appeler l’Union européenne à « anticiper le risque d’un déferlement migratoire, où pourraient se glisser des terroristes islamistes ». Même son de cloche chez son allié Éric Ciotti qui a prédit « un chaos aux conséquences incalculables, notamment migratoires, pour l’Europe ». Et ce sans même évoquer les crimes épouvantables que les Assad, père et fils, ont commis contre leur propre peuple – et conduits à l’exil de six millions de personnes – et qui ont toujours été minimisés, voire niés, par l’extrême droite. La joie qu’ont manifestée nombre de Syriens, de l’intérieur comme de l’extérieur, à l’annonce de la chute du dictateur sanglant est tout à fait compréhensible. Mais il est plus que probable que les milices islamistes qui l’ont renversé mettront sur place un régime qui ne sera guère plus démocratique que le précédent. Pour cela il faudrait que le peuple syrien non seulement manifeste dans la rue mais mette sur pied les embryons d’un pouvoir véritablement populaire.