Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant et le chef de la branche armée du Hamas Mohammed Deif (décédé en juillet) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Netanyahou a rapidement qualifié d’« antisémite » la décision de la CPI, s’estimant victime d’un nouveau « procès Dreyfus ». Preuve que le ridicule ne tue pas. Malgré le fait que ces mandats d’arrêt ont fort peu de chance d’être exécutés, Israël et les États-Unis ne reconnaissant pas la CPI, leur émission et la publicité qui les entourent mettent de nouveau au premier plan les crimes commis par l’occupant sioniste à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et ailleurs.

Les 19 pays les plus riches de la planète (ainsi que l’Union européenne et l’Union africaine représentant au total 85 % du PIB mondial) sont réunis à Rio-de-Janeiro, au Brésil, dans le cadre du sommet du G20. Tout comme à la réunion de la COP29, la semaine précédente, les négociations font du surplace. Rien de très nouveau à annoncer. Alors on table sur la communication. C’est ainsi que le président brésilien, Lula, a fièrement dévoilé le lancement d’une « Alliance globale contre la faim et la pauvreté ». Pour financer cette initiative, les membres du G20 se sont mis d’accord pour coopérer afin de taxer « effectivement » les plus fortunés. Mais attention, cette hypothétique taxation se fera « dans le plein respect de la souveraineté fiscale » de chaque pays. Les super-riches peuvent donc dormir tranquille. Quant au super-pauvres ils continueront de l’être.

À peine une semaine après la fin de la grève, victorieuse, sur les salaires des deux usines proches de Seattle, la direction de Boeing passe à l’offensive. Ainsi, le 18 novembre, le groupe a annoncé la mise en place d’un plan de licenciements visant à réduire de 10 % les effectifs mondiaux, plan qu’il avait annoncé le 11 octobre, un mois après le début de la grève. Dans les seules usines près de Seattle, ce sont 2 199 travailleurs qui sont concernés sur les 66 797 personnes qui y travaillent. Des annonces du même ordre ont été faites sur de plus petits sites américains, comme dans l’Oregon, le Colorado et la Caroline du Sud. Par cette attaque, les patrons de Boeing entendent faire payer à tous les travailleurs la défaite qu’ils ont subie et les pertes engendrées par la grève. Mais la victoire de ceux de Seattle pourrait bien servir d’exemple à tous ceux qui entendent refuser ce plan de licenciements.

Donald Trump a nommé son ami Elon Musk à la tête d’un futur ministère « de l’efficacité gouvernementale ». Son objectif : réduire d’environ un tiers le budget fédéral américain qui s’élève à 6 750 milliards de dollars (6 115 milliards d’euros). Le milliardaire est connu pour les méthodes musclées qu’il applique dans ses entreprises pour baisser les coûts et augmenter la productivité à n’importe quel prix. Par exemple, dans les usines Tesla de Reno (Nevada) et de Fremont (Californie) des systèmes de sécurité ont été supprimés car ils ralentissaient les chaînes de montage. Résultat : le taux d’accident y est désormais supérieur de 30 % à la moyenne de l’industrie automobile. Idem dans l’usine allemande de Berlin qui subit le même régime avec à la clé cadences infernales, explosion des accidents du travail, interdiction des syndicats… Quant aux salariés de l’entreprise spatiale Space X, à Brownsville (Texas), ils endurent un taux d’accidents sept fois plus élevé que la moyenne de l’industrie spatiale américaine, avec à la clé membres écrasés, électrocutions et amputations. De plus, selon l’agence de presse américaine Reuters, 600 accidents du travail n’auraient pas été déclarés par l’entreprise. Mais Musk ne risque pas grand-chose car les pénalités à payer lors d’accidents, y compris en cas de décès, sont dérisoires. Une goutte d’eau dans une mer de profit.

Les États-Unis viennent d’opposer leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à l’arrêt des hostilités à Gaza. Le texte exigeait « un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent qui doit être respecté par toutes les parties » et « la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages ». Il a recueilli 13 voix pour, une contre (les États-Unis), et une abstention (Royaume-Uni). Rappelons que depuis 1970 Washington a utilisé 35 fois (sur 39) son droit de veto sur une résolution concernant le conflit israélo-palestinien, à chaque fois pour ne pas gêner son allié sioniste dans ses opérations guerrières à Gaza, en Cisjordanie, au Liban ou ailleurs.

Dans un rapport au vitriol transmis au ministre des Sports, qui n’a pas été rendu public mais qu’a réussi à se procurer Le Canard enchaîné, l’Agence française anti-corruption épingle les pratiques de huit fédérations sportives, à savoir celles du football, du tennis, d’équitation, du basket, du handball, de la natation, du judo et du golf. Ces manœuvres douteuses comprennent notamment des dépenses somptuaires non justifiées, le détournement de billets permettant d’assister aux compétitions, le copinage, le népotisme, le bidonnage des appels d’offres pour des marchés publics, les paris truqués, les conflits d’intérêt, etc. À croire que ces valeureuses fédérations sont en compétition pour obtenir la médaille d’or de la corruption.

Le 18 novembre dernier, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, prenait au sérieux son personnage de « Monsieur propre » en affirmant martialement sur le plateau de BFMTV : « Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro un lorsqu’on souhaite être parlementaire de la République. » Cela avait été interprété par beaucoup comme un coup de pied de l’âne à l’égard de Marine Le Pen, condamnée en 2011 pour diffamation et qui, à l’issue de son procès actuel sur l’embauche d’assistants parlementaires bidon au Parlement européen, risque d’être à nouveau sanctionnée. Aussitôt, la direction du RN a fait machine arrière en affirmant que Bardella avait été « mal compris » et qu’il faisait référence uniquement au bulletin no 3 du casier judiciaire, sur lequel sont inscrits les condamnations les plus sérieuses. En oubliant qu’un bulletin no 3 vierge fait déjà partie de la liste des documents que tout candidat à une élection législative doit fournir à la préfecture. Bref, encore une fois, Bardella enfonce une porte ouverte.

Une semaine après avoir annoncé l’acte 2 du « Choc des savoirs », la réforme lancée par Gabriel Attal l’année dernière, la ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet, risque d’avoir à revoir sa copie. En effet le rapporteur public du Conseil d’État a demandé l’« annulation » de l’arrêté du 15 mars 2024 concernant « l’organisation des enseignements dans les classes de collège ». Ce qui signifierait la fin des groupes de niveau, contestés tant par les enseignants que par les associations de parents d’élèves comme menant à une ségrégation sociale dans les classes. Plusieurs recours avaient été déposés devant le Conseil d’État notamment par des syndicats d’enseignants (Snes-FSU, Sgen-CFDT, Unsa éducation), mais aussi par la Fédération des conseils de parents d’élèves, la plus importante association de ce secteur. La décision définitive sera rendue dans trois semaines.

La ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, a annoncé au Sénat qu’en 2025 le taux de remboursement des médicaments par la Sécurité sociale baissera de 5 %, ainsi que la prise en charge des consultations médicales. L’augmentation du « ticket modérateur », généralement pris en charge par les complémentaires santé, sera compensée par une hausse des tarifs des mutuelles payée par les patients. Il s’agit officiellement de contribuer à combler le trou de la Sécu, sans pour autant toucher aux super-profits des laboratoires pharmaceutiques qui prospèrent sur son dos.