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Brèves

L’actualité en bref

Le tribunal d’application des peines a accepté la onzième demande de libération conditionnelle du militant libanais pro-palestinien Georges Ibrahim Abdallah, 73 ans, derrière les barreaux depuis 40 ans, actuellement à la prison de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées. Il devrait sortir le 6 décembre prochain. Incarcéré depuis 1984 et condamné la prison à perpétuité pour complicité présumée dans l’assassinat de deux diplomates (un américain et un israélien) Abdallah, soutien indéfectible de la cause palestinienne, a toujours clamé son innocence. Le parquet national antiterroriste a annoncé immédiatement faire appel de cette décision. En 2013, déjà, Georges Ibrahim Abdallah avait failli recouvrer la liberté. Mais, sous pression des États-Unis, les ministres « socialistes » de l’époque, Laurent Fabius aux Affaires étrangères, et Manuel Valls à l’Intérieur, n’avaient pas mis en œuvre l’arrêté d’expulsion auquel la justice avait conditionné sa libération. La même chose pourrait se reproduire aujourd’hui. Raison de plus pour poursuivre la campagne pour qu’il recouvre la liberté.

Carlos Mazón, le président de droite de la région de Valence, a présenté ses « excuses », après les inondations meurtrières qui ont causé la mort de 224 personnes, le dernier bilan provisoire. Il a admis des « erreurs »… tout en justifiant son action. Il a relativisé « le sentiment que l’aide n’arrivait pas ou n’était pas suffisante ». Pendant quatre jours les sinistrés ont été livrés à eux-mêmes, mais cela serait simplement du « ressenti ». De plus, Mazon a clairement minimisé le fait qu’il avait relayé avec douze heures de retard l’alerte rouge lancée par l’agence nationale météorologique Aemet, alors que nombreuses localités étaient déjà inondées et des centaines de personnes étaient coincées sur les routes dans leurs véhicules. Selon lui ce genre d’alertes s’était « produit à 36 reprises durant les 10 dernières années sans qu’aucune d’entre elles ne soit suivie d’inondations brutales comme celles » du mois dernier. Pas étonnant que les manifestations contre lui se poursuivent dans toute la province et que chacune de ses apparitions soit saluée aux cris de « assassin », « menteur » et « démission ».

Ce ne sont pas d’affreux écolos qui l’affirment mais des experts issus des structures on ne peut plus officielles que sont les inspections générales des ministères de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique. La politique mise en œuvre dans le pays pour la préservation et la qualité des ressources en eau est un « échec global ». Les rapporteurs de l’enquête proposent de renforcer la législation actuelle et de durcir les conditions de son application. On peut toujours rêver. Car jusqu’à présent les pouvoirs publics se sont toujours refusés à prendre des mesures rigoureuses contre ceux – agriculteurs, industriels et autres – qui polluent la ressource en eau sous prétexte de ne pas pratiquer « une écologie punitive » et de ne pas nuire à la compétitivité. On en voit le résultat aujourd’hui. Il y a un mois, l’association écologiste Générations futures rappelait que 71 % des pesticides à risque pour l’eau potable ne faisaient l’objet d’aucun suivi dans les eaux souterraines ou l’eau potable.

Le parquet national financier a requis un procès pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, de corruption et trafic d’influence passifs contre Rachida Dati, l’actuelle ministre de la Culture et ancienne ministre de la Justice, et Carlos Ghosn, l’ex-PDG du groupe Renault-Nissan. Elle est soupçonnée d’avoir perçu 900 000 euros de la part de RNBV, filiale de l’alliance Renault-Nissan, sans contrepartie d’un travail réel, entre 2010 et 2012. Elle était alors avocate et députée européenne (2009-2019), ce qui lui permettait de mener une activité masquée de lobbying au Parlement européen au profit du groupe automobile. Quant à Carlos Ghosn, visé depuis avril 2023 par un mandat d’arrêt international et réfugié au Liban, il risque un procès pour abus de pouvoirs par dirigeant de société, abus de confiance, corruption et trafic d’influence actifs. Un exemple parmi d’autres des relations douteuses entre politiciens et industriels.

Stupeur au Parlement de Wellington. Pour dénoncer un projet de loi visant à restreindre les droits de la population autochtone, les députés maoris ont entamé un haka, une danse guerrière traditionnelle, rendue célèbre sur les terrains de sport du monde entier par les All Blacks, l’équipe de rugby nationale. Ces élus dénoncent la tentative de députés de droite de réviser un traité qui date de 1840 et qui définit les droits de la population autochtone. De nombreux Maoris et leurs sympathisants considèrent que le projet de loi porte atteinte aux droits des peuples indigènes, qui représentent environ 20 % des 5,3 millions d’habitants de la Nouvelle-Zélande. Des centaines de personnes ont entamé une marche de neuf jours, depuis le nord du pays jusqu’à la capitale, pour protester contre la législation en discussion, en organisant des rassemblements dans les villes au fur et à mesure de leur progression vers le sud. Ils arriveront dans la capitale mardi prochain, où des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour un grand rassemblement.

Le procès de l’ancien patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, se déroule devant le tribunal correctionnel de Paris. Il lui est reproché d’avoir, entre 2013 et 2016, mobilisé ses réseaux pour espionner François Ruffin et son journal satirique Fakir pour le compte de Bernard Arnault. Le patron du groupe de luxe LVMH n’avait pas apprécié le film de Ruffin, Merci patron !, qui le tournait en ridicule. Mais Arnault, le donneur d’ordre, est absent du banc des accusés. En effet, en 2021 il a passé un accord avec la justice qui, contre le paiement d’une amende de dix millions d’euros, a abandonné toute poursuite à son encontre. La justice est la même pour tous… sauf pour les très riches.

Dans son dossier annuel sur l’état de la pauvreté en France, qui vient de sortir, le Secours catholique dénonce le nombre record de ménages sans aucune ressource. En cause : des politiques qui stigmatisent les plus précaires. De plus, accéder aux droits sociaux devient, pour beaucoup, un véritable parcours du combattant. Outre l’absence totale d’aide pour les ménages étrangers sans titre de séjour, les durcissements des critères d’éligibilité aux droits sociaux ont fait baisser le nombre de bénéficiaires. Et d’affirmer sur ce point : « Les réformes de l’assurance chômage ne sont pas pour rien dans le recul de la part de ménages percevant des indemnités (deux points de moins en deux ans) et dans le basculement d’une partie des chômeurs, découragés, vers l’inactivité. » Parmi ses bénéficiaires, le Secours catholique note un niveau de vie déjà très faible pour les chômeurs, désormais en recul : 655 euros par mois en 2023 contre 685 en 2018. En ce qui concerne les allocations familiales, le rapport note : « En 2023, 24 % des ménages français éligibles rencontrés ne les percevaient pas, contre 15 % en 2010. Le chiffre atteint même 42 % chez les ménages étrangers éligibles en 2023, contrairement à bien des idées reçues. » Enfin, le non-recours aux prestations sociales est en hausse. En 2010, 26 % des ménages accompagnés par le Secours catholique avaient droit au RSA mais ne le percevaient pas. En 2023, ce chiffre est plus élevé de dix points et atteint 36 %, soit plus d’un tiers des bénéficiaires. Bref, les pauvres sont toujours plus pauvres.

Conclusion du dernier rapport de l’ONG Human Rights Watch sur la situation à Gaza : le gouvernement israélien commet un « crime de guerre » et un « crime contre l’humanité » en obligeant la population civile à se déplacer, sans lui apporter de solution sécurisée. Selon ce rapport, la stratégie de l’armée israélienne « semble également correspondre à la définition du nettoyage ethnique ». Et de noter les attaques généralisées et systématiques contre la population civile, la destruction de maisons, d’écoles, d’hôpitaux, du réseau d’eau potable, des centrales électriques, etc. De plus l’armée sioniste a systématiquement rasé des vergers, des champs, des serres et d’autres infrastructures civiles, faisant tout pour que les Palestiniens ne puissent plus rentrer chez eux. Enfin les recherches de l’ONG mettent en pièce l’argument avancé par les responsables israéliens selon lequel le déplacement des civils palestiniens serait nécessaire pour s’attaquer aux groupes armés palestiniens. Un réquisitoire de plus (fruit d’une enquête menée entre novembre 2023 et juin 2024) sur le génocide que subissent les Gazaouis avec la complicité de nos gouvernants.

À l’issue des réquisitoires des deux procureurs, des peines de prison ferme aménageables, des peines complémentaires d’inéligibilité ainsi que de fortes amendes, ont été requises contre des anciens dirigeants du Front national (devenu le Rassemblement national) pour des emplois fictifs d’assistants parlementaires payés par le Parlement européen. En particulier cinq ans de prison dont trois avec sursis, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité ont été demandés contre Marine Le Pen. Il est révélateur de constater que l’extrême droite, toujours prompte à dénoncer « les magouilles » de la classe politique, est la première à se servir dans la caisse lorsque l’occasion se présente. En outre, habituée à s’en prendre au « laxisme de la justice », elle estime cette fois que le jugement est « trop sévère, indigne, violent, et irrationnel ». Somme toute, l’histoire de l’arroseur arrosé…