Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

On disait jadis : « Lorsque vous voulez noyer le poisson, créez une commission d’enquête. »
Le gouvernement vient de moderniser la formule en créant des comités. Après deux années de mauvaises prévisions sur les finances publiques, il vient de mettre sur pied un comité « scientifique » de neuf experts économiques qui formulera des recommandations en vue de la présentation, vers la mi-décembre, d’un plan d’action par les ministres de l’Économie, Antoine Armand, et du Budget, Laurent Saint-Martin. Il s’agit surtout de cacher que les mauvaises prévisions en question sont largement dues aux cadeaux fiscaux et autres qu’ont reçus les entreprises de la part de l’État depuis des années. Ce n’est pas un nouveau comité Bidule qui changera quoi que ce soit à la situation.

Des affrontements violents ont éclaté après l’arrestation de Rodrigue Petitot, la principale figure de la mobilisation contre la vie chère. Ce dernier, à la tête du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens, a été interpellé à Fort-de-France. Aussitôt une manifestation a été organisée devant le commissariat où il était détenu et des barrages routiers ont été installés, obligeant la Régie des transports de Martinique à suspendre les transports publics dans le centre de l’île. C’est sur ordre direct du préfet que celui que l’on appelle le « R » a été arrêté alors qu’il tentait de pénétrer dans la résidence préfectorale pour rencontrer le ministre des Outre-mer, François-Noël Buffet, qui, arrivé lundi au soir pour une visite de quatre jours, avait affirmé être « disposé à rencontrer tout le monde ». On voit ce que valent ses promesses. Libérez Rodrigue Petitot !

Pendant des années, les populations de la Martinique et de la Guadeloupe ont été empoisonnées par le chlordécone, un puissant insecticide utilisé massivement dans les bananeraies, qui a fini par infecter les sols et les zones côtières. Il faudra plusieurs siècles pour épurer les sols les plus touchés. Alors que le produit avait été interdit dès 1976 aux États-Unis, il a continué à être utilisé aux Antilles françaises jusqu’en 1993 avec la complicité des autorités. Depuis des décennies, les victimes tentent d’obtenir réparation et de traduire en justice les fabricants et ceux qui ont répandu ce poison. Jusqu’ici sans succès, la justice ayant prononcé un non-lieu fin 2022. Mais, petite lueur d’espoir, la cour d’appel de Paris vient d’accepter une question prioritaire de constitutionnalité posée par l’un des avocats des parties civiles, ce qui pourrait réouvrir le dossier. Mais la lutte sera encore longue…

Le Haut-Commissariat de Nations unies pour les réfugiés (HCR) vient de présenter à la COP29 son rapport sur les catastrophes liées au changement climatique intitulé : « Pas d’échappatoire : en première ligne face au changement climatique, aux conflits et aux déplacements forcés ». Il indique notamment que le nombre de pays confrontés à des risques climatiques majeurs devraient passer de trois actuellement à 65 en 2040. En dix ans, 220 millions de personnes sont devenues des réfugiés climatiques, c’est-à-dire ont été chassées de chez elles par les catastrophes liées aux modifications du climat. Quant aux grandes puissances, elles s’en lavent les mains. Selon l’OCDE, les États les plus touchés par le phénomène, qui comptent parmi les plus pauvres, n’ont reçu que 10,80 dollars (10,17 euros) par personne et par an au titre des fonds d’adaptation. Sur ce point, la COP29 risque de ne pas changer grand-chose.

Une lycéenne de 16 ans s’est suicidée début novembre après des humiliations répétées dans son lycée pour des comportements jugés « inappropriés ». Arezou Khavari a mis fin à ses jours en se jetant du toit d’un immeuble de la capitale iranienne. Elle avait subi maintes brimades de la part de son directeur qui lui reprochait notamment de rire trop fort, de danser, d’avoir porté un jean et enlevé brièvement son foulard lors d’une sortie scolaire. De nationalité afghane, Arezou Khavari risquait – si elle était exclue – de ne plus pouvoir s’inscrire dans un autre établissement scolaire. Les ressortissants afghans, y compris les enfants, font en Iran l’objet de discriminations fréquentes entravant leur accès à l’éducation, au logement ou encore aux soins de santé. Le désespoir qui a conduit la jeune fille au suicide est symptomatique de la détresse qui touche nombre de femmes dans le pays.

À l’appel d’associations, de syndicats et partis politiques de gauche plusieurs milliers de personnes ont manifesté mercredi soir dans la capitale contre le gala organisé par l’association « Israel is Forever » (Israël est pour toujours) en soutien à l’armée israélienne et à la politique génocidaire du gouvernement Netanyahu. La présidente de l’association, l’avocate franco-israélienne Nili Kupfer-Naouri, a participé notamment au blocage de l’aide humanitaire pour les Gazaouis en déclarant, en outre, « qu’il n’y avait pas de population civile innocente à Gaza ». Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a cru bon d’autoriser la réunion, alors qu’il s’acharne à coup d’arrêtés contre les manifestations de soutien aux Palestiniens.

La revalorisation des retraites prévue par le Code de la sécurité sociale le 1er janvier aurait été reportée au 1er juillet. Face à la colère soulevée par cette attaque contre les plus faibles, une colère en partie relayée par les députés qui redoutent de perdre des voix aux prochaines élections, Barnier a revu sa copie. Les retraites inférieures au Smic seront revalorisées d’un pourcentage équivalent à l’inflation officielle. Mais, mesquinerie minable, celles qui dépassent ce seuil ne seront augmentées que d’un pourcentage représentant la moitié de l’inflation ! Comme si une personne percevant 1550 euros par mois touchait « une grosse retraite ». De plus, non seulement ces revalorisations ne correspondent pas à l’inflation réelle, mais elles interviennent toujours après la période d’inflation. Donc, à chaque fois les retraités perdent un peu. Nous devons exiger l’indexation complète des retraites sur l’inflation et une augmentation d’au moins 400 euros pour tous.

Un sommet conjoint de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique, accueilli par l’Arabie saoudite à Riyad, a appelé à l’unité de tous les territoires palestiniens – bande de Gaza et Cisjordanie occupée – au sein d’un État palestinien, dont il réaffirme que la capitale doit être Jérusalem-Est, occupée par Israël. Mais, au-delà des déclarations de principe, rien de très concret. Et ce n’est guère étonnant. Nombre de ces pays répriment sévèrement chez eux toute manifestation en faveur des Palestiniens et certains (Émirats arabes unis, Bahreïn, Soudan et Maroc) sont liés à l’État sioniste par les accords d’Abraham qu’ils n’ont nullement dénoncés. Quant au poids lourd de la région, l’Arabie saoudite, c’est un allié indéfectible de l’impérialisme américain, tout comme Israël. Avec de tels amis les Palestiniens n’ont pas besoin d’ennemis.

Nouvelle illustration de la grande misère des hôpitaux publics. Pris de douleurs au ventre, fin octobre, un patient s’était rendu aux urgences de l’hôpital de Langres où il avait été hospitalisé. Quelques jours plus tard il est réveillé vers une heure du matin par le personnel soignant qui lui annonce qu’il va être transféré… dans le garage réservé aux véhicules sanitaires, aménagé à la hâte. Il a expliqué sur BFMTV que le personnel lui avait dit : « Quand on n’a plus de place ici, ce n’est pas compliqué : on ouvre le garage et on y met des patients. » Un mois auparavant, le Dr Vincent Escudier, directeur des urgences, avait démissionné pour protester contre la dégradation continue des conditions de travail et d’hospitalisation. Le personnel de l’hôpital avait, lui, manifesté le 19 octobre dernier pour faire part de son inquiétude. Mais aucun d’eux n’a été entendu.