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Brèves

L’actualité en bref

Anne Genetet, la ministre de l’Éducation nationale, vient de lancer l’acte 2 du « Choc des savoirs ». Les groupes de niveau, rebaptisés « groupes de besoins » mis en place la rentrée dernière pour les 6e et 5e s’appliqueront dès l’année prochaine aux 4e et 3e. Le dispositif consiste à répartir les élèves dans différents groupes selon leurs difficultés en mathématiques et en français. Ce qui risque de conduire à une stigmatisation des « mauvais élèves » contre laquelle proteste le corps enseignant. « Les élèves en difficulté ont besoin de travailler en petits groupes, ils ont besoin de travailler avec des élèves d’un autre niveau pour qu’il y ait une certaine émulation », rappelle Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. Au niveau du lycée les élèves les plus faibles (souvent issus des milieux les plus défavorisés) seront majoritairement orientés dans la voie professionnelle où les heures d’enseignement ont été réduites au profit des stages en entreprise, contrôlés par les patrons. Une réforme de classe qui, à terme, accentuera les discriminations sociales au sein des établissements d’enseignement en n’améliorant en rien le niveau des élèves.

Antoine Gatet, président de France Nature environnement, a dénoncé le fait qu’en une semaine son organisation écologiste a été victime, à trois reprises, d’opérations hostiles revendiquées par des comités locaux de la Coordination rurale, sans que la direction nationale du syndicat agricole juge bon de les condamner. La Coordination surfe sur le mécontentement et la misère du monde agricole pour dénoncer de façon démagogique… les défenseurs d’une agriculture raisonnée et la pseudo « écologie punitive ». Pas les gros capitalistes de l’agrobusiness. Tout en se disant « apolitique » elle ne cache même plus ses liens avec l’extrême droite. C’est ainsi que son antenne du Lot-et-Garonne, qui contrôle la Chambre d’agriculture du département, a reçu en grande pompe Jordan Bardella, le président du Rassemblement national. Le dirigeant local du syndicat, Serge Bousquet-Cassagne, a même affirmé qu’il l’attendait « comme le messie ».

La CGT Michelin appelle à une manifestation aujourd’hui à Clermont-Ferrand devant le siège du groupe de pneumatiques contre la fermeture des usines de Vannes et Cholet, et les licenciements massifs les accompagnant. Mais Michelin (qui a enregistré des bénéfices de 3,4 milliards d’euros en 2023) n’est qu’une des nombreuses entreprises qui s’apprêtent à mettre sur le carreau des milliers de travailleurs. D’après un décompte de la CGT, ce sont au moins 150 000 travailleurs qui sont menacés cet automne par les plans sociaux. Et que fait le gouvernement ? Il promet « beaucoup de moyens » pour accompagner les salariés… vers France Travail (ex-Pôle emploi), c’est-à-dire vers le chômage. Du foutage de gueule. Il faut se battre pour le maintien de tous les emplois et des salaires, le partage du travail entre tous et toutes et l’interdiction des licenciements.

Plusieurs sites avec des taux de grévistes entre 30 et 50 %, des piquets de grève devant plusieurs sites, une certaine de collègues réunis devant la direction générale : la journée du 12 novembre est réussie ! La colère est bien là, face à la politique de la direction générale qui préfère arroser par millions les boîtes privées plutôt qu’embaucher des conseillers ! Une délégation a finalement été reçue… Pas de réponse précise sur les salaires et seulement l’annonce que 120 agents en CDD obtiendraient un CDI au 1er janvier. Cette première journée (non relayée par l’intersyndicale nationale) est un point d’appui pour préparer la grève nationale du 5 décembre.

À l’occasion de la cérémonie du 11 novembre, le Premier ministre britannique et Emmanuel Macron ont déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu et ravivé la flamme sous l’Arc-de-Triomphe à Paris. Cela pour célébrer le 106e anniversaire de l’armistice de 1918. Et s’il est de bon ton de mettre en avant le courage et le sacrifice des soldats, la Première Guerre mondiale fut avant tout une série de massacres qui coûtèrent la vie à neuf millions de civils et à dix millions de militaires dans les deux camps, firent vingt-et-un millions de blessés parmi les soldats et au moins autant parmi les civils, sans compter les disparus et les destructions sans nombre. Une guerre due à la volonté des grandes puissances capitalistes de se partager le monde, volonté qui conduisit la planète à une nouvelle boucherie 21 ans plus tard. Alors pour nous il n’y a vraiment rien à célébrer, sinon faire vivre la mémoire des militants internationalistes qui s’opposèrent à ces deux guerres tout en luttant pour le renversement du capitalisme.

La 29 conférence internationale des Nations unies pour le climat s’est ouverte à Bakou. 198 pays sont supposés s’accorder d’ici le 22 novembre sur des engagements permettant de limiter le réchauffement climatique. On peut toujours rêver. L’an dernier, la COP28, qui se déroulait à Dubaï, était présidé par Sultan Ahmed Al-Jaber, le PDG d’un grand groupe pétrolier local. Cette année, les débats seront placés sous la houlette de Mukhtar Babayev, le ministre de l’Écologie et des Ressources naturelles qui a aussi travaillé 16 ans pour la compagnie pétrolière nationale, la Socar. dans un pays qui tire historiquement ses revenus du pétrole et du gaz. La lutte contre les énergies fossiles est mal barrée…

L’ancien candidat à la présidentielle du 6 octobre en Tunisie, Ayachi Zammel, s’est vu infliger une nouvelle condamnation de 32 mois de prison, ce qui porte à 35 ans d’emprisonnement le total des peines prononcées à son encontre. Cet ingénieur, inconnu du grand public et ancien chef d’un petit parti libéral, avait osé se présenter contre le président sortant Kaïs Saïed, qui l’avait fait aussitôt emprisonner pour l’empêcher de faire campagne. Il avait malgré tout récolté 7,35 % des voix. Trois autres candidats avaient été disqualifiés. Depuis, les condamnations à l’encontre de Zammel s’accumulent, pour des pseudo « violations des règles électorales ». Des ONG tunisiennes et étrangères dénoncent depuis trois ans le président Kaïs Saïed pour notamment l’arrestation de plus d’une vingtaine d’opposants ainsi que de syndicalistes, militants de la société civile et journalistes.

Le chef spirituel des anglicans, Justin Welby, est sur la sellette. Il est accusé d’avoir camouflé un scandale qui a fait plus d’une centaine de victimes, essentiellement des garçons mineurs, abusés physiquement et sexuellement par un homme lié à l’institution religieuse. Entre les années 1970 et le milieu des années 2010, John Smyth, un avocat qui présidait une association caritative gérant des camps de vacances avec l’Église d’Angleterre, a agressé 130 garçons et jeunes hommes au Royaume-Uni puis en Afrique, notamment au Zimbabwe et en Afrique du Sud, où il s’était installé. Aujourd’hui décédé, il faisait par exemple venir de jeunes garçons à son domicile où il les battait avec une canne, parfois jusqu’au sang, invoquant des justifications théologiques. Des responsables de l’Église avaient eu connaissance des faits dès le début des années 1980 mais se sont tus dans le cadre d’une campagne de dissimulation. Car ce n’est pas un cas isolé. Cet été déjà avait été révélé le cas d’un prêtre pédophile qui s’était vu proposer une forte somme d’argent pour quitter ses fonctions. Aujourd’hui une pétition demande la démission de Welby. Mais c’est l’institution elle-même qui est gangrenée par la pédophilie, et ce depuis des siècles.

Les présidents de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et du Sénat, Gérard Larcher, sont en terre calédonienne pour une mission dite « concertation » durant laquelle ils rencontrent les leaders loyalistes et indépendantistes. Ils discuteront de tout et de rien, en évitant la seule question qui vaille : celle de la reconnaissance du droit du peuple kanak à disposer de lui-même ce qui implique, dans un premier temps, le rapatriement des militants indépendantistes emprisonnés en métropole et la libération de toutes les personnes arrêtées depuis mai pour avoir protesté contre le projet de Macron d’élargir le corps électoral afin de diluer le vote kanak. Preuve que Paris refuse toujours la volonté des peuples autochtones de se défaire du joug de la puissance coloniale.