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Brèves

L’actualité en bref

Lors des « Rencontres de l’avenir », une réunion bien réactionnaire organisée par l’économiste libéral Nicolas Bouzou et le maire LR de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, l’ex-président Nicolas Sarkozy s’est lancé dans une violente diatribe contre les professeurs des écoles, les accusant de ne pas travailler assez longtemps et d’être, peu ou prou, des feignants. Et de conclure : « Il faut dire la vérité : nous n’avons pas les moyens d’avoir un million d’enseignants. » Pour ce qui est de la vérité, il semble complètement ignorer le fait que la France est l’un des pays de l’Union européenne où le nombre d’élèves par enseignant est le plus élevé. Quant aux horaires, c’est sous sa présidence, en 2008, que trois heures de cours avaient été supprimées le samedi matin, fixant à vingt-quatre le nombre d’heures d’enseignement hebdomadaire. À l’évidence, non seulement Sarkozy ne connait pas grand-chose à la réalité du corps enseignant mais, de plus, il a la mémoire qui flanche.

En visite dans la cité phocéenne, les ministres de l’Intérieur Bruno Retailleau et de la Justice Didier Migaud ont multiplié les déclarations choc promettant de faire « front commun » dans la « lutte contre la criminalité organisée ». Selon eux, la lutte contre les trafics de drogue devrait s’appuyer sur les mêmes outils que l’anti-terrorisme. Retailleau promet en outre la création d’un « véritable parquet national » et celle de « quartiers spécifiques » pour les dealers en milieu carcéral. Mais il a aussi envisagé la promulgation d’un « plan anti-stupéfiant » qui comprendrait surtout des mesures anti-pauvres, notamment des punitions collectives à l’égard des familles des jeunes exploités par les trafiquants, comme l’expulsion de logements sociaux ou la suppression d’allocations. Sans que ni l’un, ni l’autre ne s’interrogent pour tenter de comprendre pourquoi les points de deal prospèrent dans les quartiers où vivent les populations les plus démunies.

Le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci a été pris à partie par des travailleurs de chez Michelin en colère et en grève après l’annonce de la fermeture du site par le groupe. Il a dû rapidement quitter les lieux. Venu « pour être au contact et en soutien des salariés qui vivent un drame humain », il est finalement resté trois minutes après un échange tendu avec les grévistes. La déclaration du ministre, qui avait rappelé les « engagements » de l’État, avait provoqué des cris d’indignation : « Vous n’êtes pas le bienvenu », « vous nous baladez ». Après son départ, plusieurs centaines de salariés ont défilé dans la zone industrielle de la ville en scandant « 50 ans pour nous user, 5 minutes pour nous virer » ou « il est beau le Bibendum, toujours le fric avant les hommes », recevant de nombreux signes d’encouragement des passants. Rappelons que Michelin a reçu de l’État en 2023 42 millions d’euros par le biais du Crédit d’impôt recherche.

Des dizaines d’interpellations ont eu lieu dans la capitale des Pays-Bas à la suite de nombreux affrontements qui ont opposé des supporters israéliens du club de foot Maccabi Tel-Aviv à de jeunes Néerlandais à l’occasion de son match l’opposant à l’Ajax d’Amsterdam en Ligue Europa. Aussitôt le Premier ministre néerlandais, Dick Schoof, – suivi de Netanyahou et en France de Retailleau – a dénoncé « des attaques antisémites contre des Israéliens tout à fait inacceptables ». Mais, dans cette affaire, on est bien loin d’actes antisémites, qu’il faudrait effectivement dénoncer. Certains supporters israéliens (ils étaient 3 000 à avoir fait le voyage selon le quotidien israélien Haaretz) sont loin d’être blancs comme neige. La veille du match, la police locale avait rapporté plusieurs incidents, dont un drapeau palestinien arraché d’une façade, puis brûlé par un groupe entonnant des chants et des insultes à l’égard de la cause palestinienne. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de fans du club chantant en hébreu « Finir les Arabes ! On va gagner ! » ou encore « Laissons Tsahal gagner pour finir les Arabes ». Dans l’après-midi, une centaine de supporters israéliens s’étaient rassemblés sur la place du Dam – entourés d’un grand dispositif policier – avant de se rendre au stade Johan Cruyff. Un cortège qui lançait des slogans injurieux envers les populations arabes et moquait la situation humanitaire à Gaza. Cerise sur le gâteau, les supporters israéliens se sont aussi fait remarquer avant la rencontre, refusant de respecter une minute de silence organisée en hommage aux victimes des inondations en Espagne, multipliant à la place, sifflets, utilisation d’engins pyrotechniques et chants. Alors, il faut un certain culot pour présenter ces voyous comme d’innocentes victimes d’odieux actes antisémites.

Le tribunal administratif de Paris a rejeté la requête présentée par l’association Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (Capjpo-Europalestine), qui lui demandait d’interdire le « Gala » annoncé par l’association Israel is For Ever (Israël pour toujours) qui doit se tenir le 13 novembre et est destiné à collecter des fonds au profit de l’armée israélienne. Parmi les intervenants prévus, se trouvent Nili Naouri-Kupfer, un Nili Naouri-Kupfer, une avocate franco-israélienne qui organise le blocage de l’entrée des camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, et Bezalel Smotrich, suprématiste fascisant et ministre israélien des Finances, qui nie l’existence du peuple palestinien et estime que « laisser mourir de faim deux millions de Gazaouis peut être quelque chose de moral ». Le tribunal s’appuie sur l’opinion de la préfecture de police de Paris qui affirme « ne pas avoir d’éléments » sur cette réunion. En fait, alors que les préfets et la justice interdisent à tour de bras les meetings de soutien à la Palestine, les qualifiant parfois d’« antisémites », ils laissent les mains libres à l’extrême droite israélienne colonialiste et à ses appuis locaux.

Le Mubi Fest d’Istanbul 2024 devait présenter en ouverture un drame du réalisateur Luca Guadagnino intitulé Queer dans lequel l’acteur Daniel Craig (surtout connu pour avoir interprété James Bond à l’écran) joue le rôle principal. L’histoire raconte la vie de Lee, expatrié américain homosexuel dans le Mexique des années 1940, qui tombe amoureux d’un autre homme. C’en était trop pour le régime islamo-conservateur d’Erdoğan qui a fait savoir, par le biais du gouvernorat du district de Kadıköy de la capitale, « que le film est interdit au motif qu’il contient un contenu provocateur susceptible de mettre en danger la paix publique, l’interdiction étant imposée pour des raisons de sécurité ». En signe de protestation contre la censure et l’atteinte à la liberté d’expression, les organisateurs ont annulé l’ensemble du festival qui devait se terminer le 10 novembre.

« Les émissions de dioxyde de carbone des jets privés ont augmenté de 46 % au cours des cinq dernières années «  selon une étude publiée dans la revue Nature Communications Earth & Environment et citée par le Los Angeles Time. Une étude fondée sur l’analyse de plus de 26 000 appareils et de 18 millions de voyages, soit la plupart des vols privés entre 2019 et 2023. Cette hausse a des répercussions catastrophiques directes sur le climat. Les deux tiers de ces vols concernaient les États-Unis. Pour mémoire, ces avions privés et très polluants ne sont utilisés que par …. 0,003 % de la population. En un mot par les ultrariches…

Après s’être présenté comme candidat indépendant à la primaire de la présidentielle, Robert F. Kennedy Jr., un rejeton de l’illustre famille, s’était finalement rallié à Trump en cours de route. Ce dernier lui avait promis, en cas de victoire, « un rôle important dans le système de santé » en ajoutant : « Il a des opinions avec lesquelles je suis tout à fait d’accord et ce depuis longtemps. » Certaines opinions de ce politicien, connu pour être conspirationniste et anti-vax, méritent un petit détour. Par exemple, lors de la pandémie du Covid-19, il avait suggéré que le virus était ethniquement ciblé pour nuire aux personnes noires et aux personnes blanches, tout en épargnant les Ashkénazes (Juifs originaires de Russie et d’Europe de l’Est) et les Chinois. Avec un tel expert, le système de santé américain ne risque pas de s’améliorer !

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a dénoncé la banderole déployée par les supporters du PSG à l’occasion du match de Ligue des champions du PSG contre l’Atlético Madrid, au Parc des Princes. Une large bâche dans les tribunes affichait le slogan « Free Palestine » (« Libérez la Palestine »), accompagné d’une banderole : « la guerre sur le terrain, mais la paix dans le monde ». Le président du très sioniste Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, a immédiatement réclamé des sanctions. Bruno Retailleau a saisi la balle au bond en demandant au PSG de s’expliquer et en convoquant place Beauvau, siège du ministère, le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, et le directeur général du PSG, Victoriano Melero. Mais les partisans de la cause palestinienne ont reçu un appui inattendu : celui de l’Union des associations européennes de football (UEFA) qui a indiqué qu’elle n’engagerait aucune procédure contre le PSG après cet incident. Son porte-parole a tenu à préciser : « Il n’y aura pas de mesure disciplinaire puisque la banderole déployée ne peut pas être considérée comme provocatrice ou insultante dans ce cas précis. » Dont acte.