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Brèves

L’actualité en bref

En annonçant le décalage de six mois de la revalorisation des retraites, Barnier a suscité l’hostilité d’une bonne partie des députés. Cette mesure est en effet particulièrement impopulaire, malgré les campagnes médiatiques qui répètent quotidiennement que les retraités sont des privilégiés. Les députés redoutent en effet d’affronter leurs électeurs sur ce terrain. Le PS a donc proposé que seules soient revalorisées les « petites retraites », dont le seuil serait établi entre 1200 et 1600 euros. Une solution qui conviendrait à Barnier pour sauver la face en donnant un caractère de justice sociale à son attaque contre les retraités. Pour prétendre qu’une retraite de 1600 euros serait une grosse retraite, il faut tout de même un sacré culot…

Pendant longtemps, le Rassemblement national avait critiqué la « flat tax ». Celle-ci consiste à fixer un niveau de prélèvement maximum sur les revenus issus du capital, qui a été établi à 30 %. Or le projet de budget de Barnier prévoit de le faire passer à 33 %. Le RN s’est opposé à cette hausse, sous prétexte qu’elle frapperait les « petits actionnaires ». Ceux-ci ont bon dos. Ce sont bien évidemment les plus riches, notamment les familles propriétaires de grandes entreprises, que le RN veut protéger. Pour parvenir au gouvernement, il a besoin de leur appui et il entend leur démontrer qu’ils n’ont rien à redouter de lui.

Depuis plus de cinq semaines, les salariés de deux des principales usines Boeing, près de Seattle, sont en grève notamment pour obtenir de substantielles augmentations de salaire. Après avoir rejeté plusieurs propositions de la direction ils étaient appelés par leur syndicat, l’Association internationale des machinistes (IAM), à accepter une nouvelle offre qui prévoyait notamment une prime de fin de conflit de 7 000 dollars (6 300 euros) et une augmentation des salaires de 35 % sur quatre ans. Ils ont rejeté massivement ce nouvel accord, 64 % des grévistes s’étant prononcés contre. Pourtant à travers l’intervention de la secrétaire au travail, Julie Su, la Maison-Blanche avait fait pression sur les deux parties pour parvenir à un accord à quelques jours de l’élection présidentielle. Mais les travailleurs ne se sont pas laissés impressionner. La grève continue donc pour obtenir notamment une augmentation de 40 % et le retour de l’indexation des retraites sur l’inflation, une mesure abolie par Boeing il y a quelques années.

Quelque 5 000 personnes en arrêt maladie, en Loire-Atlantique et en Vendée, sont privées actuellement de leurs indemnités, certaines étant dans une situation financière précaire. En cause les dysfonctionnements d’un logiciel, baptisé Arpège, mis en service par l’Assurance maladie dans ces deux départements et qui a vocation à s’étendre à l’échelle nationale à l’horizon 2025. Il est déjà utilisé pour le versement des indemnités journalières des travailleurs indépendants et a connu de nombreux aléas. La CGT et la CFDT ont donc demandé l’arrêt immédiat de son déploiement. À l’évidence un Arpège qui sonne faux…

Samedi 26 octobre a lieu, comme chaque année, un rassemblement de soutien à Georges Ibrahim Abdallah devant la prison de Lannemezan. Ce dernier entame sa 41e année de détention dans les geôles françaises, ce qui en fait le plus vieux prisonnier politique d’Europe. Cofondateur des Fractions armées révolutionnaires libanaises, c’est un fervent défenseur de la cause palestinienne qui n’a jamais abdiqué ses idées. Bien qu’il soit libérable depuis 1999, les différents gouvernements, de gauche comme de droite, se sont toujours opposés à son élargissement. L’acharnement dont fait preuve l’exécutif à son égard est assimilable à une condamnation à mort à peine déguisée. Libérez Georges Ibrahim Abdallah !

Plusieurs dizaines de CRS et de policiers municipaux ont expulsé, manu militari, des membres du Club Lepic Abbesses pétanque, qui avaient établi un camp de tentes sur leur boulodrome pour protester contre la décision de la maire de Paris, Anne Hidalgo, de céder le terrain à un établissement de luxe mitoyen, l’Hôtel Particulier Montmartre, pour qu’il puisse agrandir sa terrasse. Le club bouliste, qui compte environ 300 membres, existe depuis une cinquantaine d’années et est un lieu de rencontre convivial pour les habitants du quartier. Mais entre défendre les intérêts de gens ordinaires et ceux de l’hôtellerie étoilée, Hidalgo n’a pas hésité. Comme d’hab…

Deux migrants sont décédés mercredi matin dans une tentative de traversée de la Manche vers la Grande-Bretagne. Leur canot a fait naufrage à deux kilomètres au large de Calais, 48 autres personnes ont pu être secourues. Le bilan s’alourdit avec 54 morts depuis janvier. Face à un tel drame les autorités se lavent les mains et se donnent bonne conscience en affirmant lutter « contre les passeurs ». Rappelons qu’au cours d’un sommet mi-octobre à Bruxelles, les 27 pays de l’Union européenne ont décidé de durcir encore les règles contre l’immigration irrégulière, prévoyant d’« urgence » une loi pour accélérer les expulsions. Ce qui n’empêchera pas le flot migratoire de continuer et les migrants de risquer chaque jour leur vie.

Dommage collatéral mais pas inattendu des pluies diluviennes de la semaine dernière, la voirie s’est affaissée à Vaulx-en-Velin et la ligne C3 a été déviée. Ce genre de phénomène exceptionnel risque de se répéter avec le dérèglement climatique. Mais manifestement, rien n’est bien en place niveau information voyageurs et les usagers se retrouvent dans le brouillard. Résultat, l’atmosphère dans les bus se tend et ce sont les conducteurs qui se retrouvent en première ligne. Mettre des moyens pour être réactif dans pareille situation ne serait pourtant pas compliqué.

… d’après le bulletin TCL

Des rumeurs circulent sur une éventuelle privatisation du groupe de transport public Transdev. Pour la petite histoire, il y a une dizaine d’années, l’État venait à la rescousse de Veolia, actionnaire de Transdev alors en difficulté, et rachetait ses parts. C’est le rôle de l’État dans la société capitaliste : quand les entreprises perdent de l’argent, il apporte le sien, et quand elles redeviennent rentables, il les revend à des patrons pour qu’ils puissent en profiter.

… d’après le bulletin TCL