Comme chaque été, les services d’urgence font les frais d’un manque d’effectifs chronique, particulièrement criant en période de vacances et qui se traduit par des temps d’attente interminables sur des brancards, des fermetures perlées, des témoignages de patients désabusés, etc. Face à cette situation catastrophique le ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, a estimé qu’une « cinquantaine d’hôpitaux sont actuellement en tension » ce qui, selon lui, est « un peu mieux que l’été dernier » et mieux qu’en 2022. Un diagnostic rassurant qui fait donc hurler les professionnels. « Peut-être monsieur le ministre est-il encore sous l’effet euphorisant de l’ambiance des Jeux olympiques », ironise par exemple la coalition Action praticiens hôpital (APH, 14 syndicats de praticiens) dans un communiqué, lui décernant au passage la « médaille d’or de la mauvaise foi ». Et cela ne concerne « pas seulement les urgences », poursuit APH, évoquant des « lignes de Smur (service mobile d’urgence et de réanimation) fermées, avec des retards de prise en charge pour des urgences vitales » ou encore de nombreuses fermetures de lits dans les services. Une triste réalité dont chacun peut se rendre compte au quotidien… sauf le ministre.