Rhônexpress est le nom du tramway qui relie directement la gare Part-Dieu à l’aéroport Saint-Exupéry. C’est un service à part au sein des transports en commun lyonnais (TCL), conçu initialement pour des voyageurs premium, genre businessmen, vivant entre les salles d’embarquement et les buildings des centres d’affaires, d’où le prix exorbitant d’un aller-simple… 17,10 euros !
Mais les travailleurs de « RX » ne voient pas la couleur de ces recettes de billetterie et ils ont massivement fait grève vendredi 10 juillet pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail.
Depuis le 1er janvier 2025, c’est une filiale de la RATP qui exploite le service et elle a remis en cause certaines dispositions de l’organisation du travail. Elle a notamment raccourci l’amplitude des journées, ce qui n’est pas en soi une mauvaise chose, mais son objectif était surtout de faire des économies en ne payant plus d’heures supplémentaires et en limitant le nombre de repos compensateurs. Par ailleurs, cette refonte des services s’est fait au détriment des temps de pause, d’autant plus que les temps de parcours n’ont pas été révisés depuis longtemps et ne correspondent plus à la réalité du métier.
En bref, la direction pilote une véritable intensification du travail qui va de pair avec une baisse programmée de la qualité du service. Car, contrairement à ce qui était prévu, il n’y a pas que des hommes d’affaires dans le Rhônexpress. Outre les travailleurs de l’aéroport (qui doivent payer 70 euros leur abonnement mensuel, soit autant que pour accéder au reste du réseau), on y trouve beaucoup de voyageurs populaires, par exemple ceux dont le Ouigo s’arrête à Saint-Exupéry TGV. Et pour ces catégories de passagers, il n’est pas question de mettre les petits plats dans les grands : plus de prise en charge en taxi en cas de problème, plus de titres de transport de substitution en cas de service partiel, plus de magazines à disposition dans les rames, etc. Les retards sont quotidiens, notamment car RX n’est plus prioritaire sur le tramway T3 avec lequel il partage les voies. En fait, Rhônexpress ressemble de plus en plus au reste des TCL… à la petite différence que le tarif demeure prohibitif !
Il faudrait niveler les conditions de travail et la qualité de service vers le haut et non vers le bas. Et pour imposer cela, la lutte ne devra pas se limiter à RX mais s’étendre à tout le réseau. C’est justement à cela que réfléchissent les grévistes, avec en tête une mobilisation à la rentrée.
Bastien Thomas
