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Brèves

L’actualité en bref

L’ONU a estimé que la population de la bande de Gaza était confrontée aux pires conditions d’acheminement de l’aide humanitaire depuis le début du conflit il y a un an, s’inquiétant notamment de l’impact dévastateur de cette situation sur les enfants. « Chaque jour, la situation des enfants devient pire que la veille », a déclaré James Elder, le porte-parole de l’agence des Nations unies pour l’enfance, l’Unicef, en ajoutant qu’il y avait eu « plusieurs jours au cours de la semaine dernière où aucun camion de marchandises n’avait été autorisé à pénétrer dans la bande de Gaza ». Bombarder la population tout en la privant d’eau, de nourriture, de médicaments et d’électricité est une caractéristique du génocide que commet l’État sioniste contre le peuple palestinien.

L’Italie vient d’expédier un premier groupe de migrants vers deux centres de rétention qu’elle gère en Albanie en vertu d’un accord entre les deux pays. Ces migrants avaient été arrêtés en mer alors qu’ils tentaient de rejoindre les côtes européennes. Ils vont être envoyés vers une ancienne base militaire à Gjader, qui peut accueillir 3 000 personnes, où ils attendront de savoir si leur demande d’asile est acceptée ou non. Vivant dans des préfabriqués de 12 m2 entourés de hauts murs et de caméras et surveillés par la police, ils seront retenus en vertu d’une mesure de rétention administrative décidée par le préfet de Rome. Une façon de considérer des migrants comme des déchets que l’on envoie vers des pays servant de dépotoirs. La Grande-Bretagne avait déjà tenté de faire de même, mais sans succès, en passant un accord avec le Rwanda. L’Italie et la Hongrie ont proposé d’en étendre le principe à l’ensemble de l’Union européenne en renvoyant des migrants illégaux dans des pays tiers. Aussitôt le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a dit « ne pas écarter » cette proposition. Traiter les migrants et autres réfugiés de façon toujours plus inhumaine est une pratique courante de nos gouvernants.

Le budget présenté par Michel Barnier, qui prévoit notamment 40 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques, 20 millions de hausses d’impôts et de multiples attaques contre les classes laborieuses, est un véritable plan d’austérité qui épargne largement les plus riches. Ce n’est cependant pas la lecture qu’en fait Jean-Luc Mélenchon qui écrit sur son blog : « Le budget Barnier reconnaît notre victoire idéologique, pour nous antilibéraux. Et spécialement pour nous Insoumis. » Et de poursuivre : « L’impôt sur les riches est réhabilité et celui sur les superprofits des entreprises aussi. Peu importent les montants : c’est le raisonnement qui compte. » Selon Mélenchon, « Barnier a enterré les interdits et les tabous du libéralisme des gouvernements macronistes ». Et de conclure : « Nous avons donc raison depuis le début ! » Sur sa lancée va-t-il demander à ses amis de voter le budget pour célébrer sa « victoire » ?

Un nouveau procès pour traite d’êtres humains dans les vignes du bordelais s’est ouvert à Libourne. Deux hommes de 28 et 59 ans, de nationalité marocaine, sont soupçonnés d’avoir fait travailler dans les vignobles six de leurs compatriotes dans des conditions indignes, en oubliant de les payer, en les faisant dormir sur des matelas et sans les déclarer. Une pratique qui n’est malheureusement pas isolée mais « systémique ». Et si les intermédiaires sont parfois poursuivis et (légèrement) condamnés, les propriétaires des prestigieux châteaux, eux, ne sont jamais inquiétés.

Laurent Vinatier, 48 ans, a été condamné à trois ans de prison. Arrêté début juin, ce chercheur français, spécialiste de l’espace post-soviétique, travaillait en Russie pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels. Il est accusé de ne pas s’être enregistré en tant qu’« agent de l’étranger » alors qu’il collectait des « informations dans le domaine des activités militaires » selon les services russes de sécurité. Une affirmation probablement complètement bidon mais qui permet à Moscou de disposer de prisonniers-otages pour les échanger ensuite contre des Russes détenus à l’étranger.

Il y a quelques mois la décision des actionnaires de Stellantis (qui regroupe 14 marques automobiles dont Citroën, Peugeot, Alfa-Roméo, Maserati, Vauxhall…) de porter à 36 millions d’euros par an (soit environ six ans de Smic par jour) la rémunération de leur directeur général, Carlos Tavares, avait suscité quelques remous. D’autres remous sont prévisibles après sa déclaration reproduite sous forme d’une vidéo sur le site de l’Humanité, selon laquelle il ne serait « pas assez fortuné » pour payer le modeste impôt Barnier sur les ultra-riches. Explication : Tavares est… résident fiscal au Portugal, donc il ne déclare en France qu’une infime partie de ses revenus. Ce qui lui permet d’échapper largement à l’impôt hexagonal. Et il est loin d’être le seul dans ce cas parmi les grosses fortunes.

Le 25 octobre prochain marquera le 40e anniversaire de l’emprisonnement du militant libanais pro-palestinien Georges Ibrahim Abdallah, le plus ancien prisonnier politique d’Europe. Il avait été condamné à la prison à perpétuité pour complicité dans les assassinats à Paris, en 1982, d’un haut gradé militaire américain et d’un diplomate israélien sans doute affilié au Mossad. Une complicité qu’il a toujours niée. Il est libérable depuis un quart de siècle, mais les onze demandes présentées en ce sens depuis 2001 ont toutes été rejetées. Son maintien en détention correspond à un acharnement judiciaire, acharnement largement télécommandé par Israël qui ne veut pas le voir libéré.

Pour protester contre les déserts médicaux, Justine Guyot, la maire de la commune de Decize, au sud-est de Nevers, a choisi l’humour. Elle a pris un arrêté municipal dont l’article 1 stipule : « Il est formellement interdit à tout habitant de tomber malade, sous peine de ne recevoir aucune prise en charge médicale en raison de la fermeture répétée des services d’urgence. » Quant à l’article 2, il indique : « Il est recommandé à chacun d’adopter une hygiène de vie exemplaire incluant une consommation journalière de légumes verts, des bains de soleil modérés et une absence totale de stress, particulièrement celui généré par l’état du système de santé local. » L’initiative a été reprise par une vingtaine d’autres maires qui rappellent que la Nièvre ne compte que 68 médecins pour 100 000 habitants, contre une moyenne de 121 ailleurs en France. Il n’y a pas de dermatologue, un seul rhumatologue, un allergologue… et 20 % des patients n’ont pas de médecin traitant. La situation est telle qu’un « pont aérien » avait été mis en place en janvier 2023, afin d’amener depuis Dijon, une fois par semaine au moins, des médecins à l’hôpital de Nevers. Une illustration de l’état de délabrement du système de santé.

Face à la multiplication de cancers pédiatriques dans une même zone géographique, celle de la plaine céréalière d’Aunis, non loin de La Rochelle, des familles, regroupées dans l’association Avenir santé environnement, ont fait analyser les cheveux et les urines de 70 enfants, âgés de 3 à 17 ans. Tous présentent des traces de pesticides. Au total, 14 molécules différentes ont été identifiées dans leurs urines, et 45 dans leurs cheveux. Pour certains, jusqu’à six molécules différentes ont été retrouvées dans leurs urines, dix dans leurs cheveux. Plus encore, plusieurs de ces molécules correspondent à des produits à usage agricole interdits en France. Et face à cela que font les pouvoirs publics ? Rien. Pourtant l’alerte avait été lancée dès 2018 par le CHU de Poitiers sur les cas de cancers pédiatriques à Saint-Rogatien, une commune d’Aunis, et des études de l’Inserm avaient confirmé ces résultats. « Le nombre de cas de cancers d’enfants pour la seule commune de Saint-Rogatien est plus de quatre fois supérieur à la moyenne attendue », a tenu à rappeler sur France info Jean-Marie Piot, président de la Ligue locale contre le cancer. Face à ces enquêtes, l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a déclaré ne pas souhaiter « commenter des études civiles non scientifiquement prouvées ». Bref elle s’en lave les mains…