Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

C’est sous ce titre que l’équipe de journalistes Les Observateurs de France 24 a révélé, après une enquête de deux ans, que des cartouches de chasse du fabricant de munitions Cheddite ont été utilisées en Iran lors de la répression des manifestations de 2022 après la mort de Mahsa Amini. Et ces munitions sont toujours largement disponibles dans le pays, malgré les sanctions européennes en place depuis 2011. L’entreprise appartient au groupe français Sofisport et les cartouches en question sont fabriquées en France, à Bourg-lès-Valence (Drôme) et en Italie, près de Livourne. Elles auraient transité par la Turquie, où Cheddite détenait des parts dans une entreprise d’armement. La presse italienne avait révélé en 2021 que des munitions provenant de la même entreprise avaient été utilisées en Birmanie par les forces de répression pour réprimer des manifestants. Pas étonnant que les dirigeants du groupe, tant en France qu’en Italie, aient refusé de répondre aux questions des journalistes.

Au cours des derniers jours cinq casques bleus ont été blessés au sud du Liban par des tirs ciblés israéliens. Macron a jugé « tout à fait inacceptable » que les forces de l’ONU soient « visées délibérément par les forces armées israéliennes » et a prévenu que la France « ne tolérera pas » de nouveaux tirs. Et si l’État sioniste continue sur sa lancée, que fera Paris ? À l’évidence rien, comme d’habitude. Tout au plus le ministre des Affaires étrangères reconvoquera l’ambassadeur d’Israël à Paris pour lui faire les gros yeux. Netanyahou va trembler.

Alors que la grève paralyse toujours deux usines du groupe aéronautique près de Seattle, Boeing a annoncé une réduction dans les prochains mois d’environ 10 % de son personnel, soit quelque 17 000 emplois supprimés, pour tenter de surmonter ses difficultés financières. Encore une fois ce sont les salariés qui servent de variable d’ajustement au patronat pour maintenir ses profits. Les marchés ne s’y sont pas trompés et l’action Boeing a terminé la séance en hausse de 3 % à la Bourse de New York.

Le ministre du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, a annoncé la suppression de 4 000 postes d’enseignants dans l’Éducation nationale, une mesure dénoncée comme une « véritable saignée » et un « sabordage de l’école publique » par les syndicats et les associations de parents d’élèves. Il a tenté de justifier la mesure par la diminution du nombre d’élèves. Les représentants des familles, comme la Fédération des conseils de parents d’élèves, et les syndicats soulignent que la baisse démographique pourrait représenter un moyen de baisser de façon notable les effectifs dans les classes souvent surchargées. Mais il n’en est pas question. Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du Snes-FSU, est revenue sur des chiffres qui illustrent, au contraire, le manque d’enseignants : « En sept ans : – 8 865 postes de profs dans le 2d degré, + 7 441 élèves. Il faudrait 10 617 emplois pour retrouver le taux d’encadrement de 2017. » Et de rappeler qu’à la rentrée 2024 il manquait toujours un professeur dans 56 % des établissements et que 3 200 postes n’avaient pas été pourvus aux derniers concours enseignants du public et du privé. Quant à la promesse de Macron de mettre un enseignant devant chaque classe, il y a longtemps qu’elle a été remisée dans un tiroir.

C’est le média catholique traditionaliste Le Salon beige qui l’a signalé. Environ 250 jeunes intégristes se sont réunis sur la passerelle Debilly, qui enjambe la Seine dans le 7e arrondissement, pour réciter un « chapelet de réparation sur le lieu du blasphème commis lors des JO ». Le blasphème en question est un tableau vivant de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2024, avec Phillipe Katerine et des drag queens, qui aurait ressemblé à la Cène, le dernier repas du Christ. Ce qui avait mis en fureur l’extrême droite, certains milieux religieux, et même… Mélenchon. Le directeur artistique, Thomas Jolly, avait eu beau assurer qu’il n’y avait eu aucune inspiration du côté de la Bible, rien n’y a fait. Mathieu Goyer, ancien militant de l’organisation catholique intégriste Civitas, désormais interdite, a parlé à ce propos d’un « mélange de blasphème, de satanisme et d’idéologie LGBT ». Lorsque des musulmans organisent une prière de rue, on envoie la police. Là, ô miracle, on n’a pas vu l’ombre d’un uniforme. Retailleau a dû être conseillé par le Très-Haut.

Le géant de l’industrie pharmaceutique Sanofi a annoncé négocier avec le fonds d’investissement américain CD&R pour lui céder le contrôle de sa filiale de produits en vente libre Opella. Selon le quotidien économique Les Échos, le potentiel repreneur américain a offert plus de 15 milliards d’euros pour mettre la main sur Opella, numéro trois mondial des médicaments sans ordonnance, vitamines, minéraux et compléments alimentaires. Cette filiale chapeaute une centaine de marques dont le Doliprane, le médicament le plus vendu en France. Mais Sanofi, qui a reçu des centaines de millions d’euros de la part de l’État pour développer sa production dans le pays, faire preuve de « patriotisme économique » et maintenir l’emploi sur place, considère qu’Opella n’est plus assez rentable et est donc prêt à la vendre au plus offrant. Car le profit d’abord est la seule motivation des patrons.

Emmanuel Macron a décidé de réunir à Paris le 24 octobre une conférence internationale consacrée au Liban. Selon le ministère des Affaires étrangères, seront présents les États partenaires du Liban, les Nations unies, l’Union européenne et « les organisations internationales, régionales et de la société civile ». Que du beau linge ! Mais pourquoi faire ? Officiellement pour « mobiliser la communauté internationale pour répondre aux besoins de protection, aide, secours d’urgence de la population du Liban et d’identifier les voies d’un soutien aux institutions du Liban, en particulier des forces armées libanaises, garantes de la stabilité interne du pays ». En fait, on va sans doute demander aux participants de mettre la main à la poche pour aider la population à reconstruire maisons, écoles, hôpitaux détruits par l’armée israélienne, et venir en aide à l’armée libanaise plus connue pour ses exactions durant la guerre civile que pour ses exploits militaires. Et tout cela sans condamner clairement et sans équivoque la politique de l’État sioniste responsable de 2 000 morts, depuis septembre, d’un million de déplacés et de destructions sans nombre. Pourtant, la meilleure façon de venir en aide à la population libanaise serait de cesser toute aide militaire et économique à Israël. Mais pour Macron et ses amis il n’en est pas question.

C’est Radio France internationale et l’ONG Reporters sans frontières (RSF) qui l’ont annoncé. La journaliste ukrainienne Victoria Roshchyna est décédée le 19 septembre en prison après un an de captivité. Âgée de 27 ans, cette journaliste indépendante travaillait notamment pour le média Ukrainska Pravda. Elle avait été arrêtée le 3 août 2023 alors qu’elle cherchait à se rendre en Ukraine, en passant par la Russie, pour documenter les frappes menées par l’armée russe dans son pays. Elle avait été enfermée dans la prison de Taganrog, au sud-ouest de la Russie, avant d’être transférée à Moscou. Les autorités ont toujours refusé de donner des renseignements la concernant. Selon RSF « elle devient ainsi la treizième journaliste à mourir à cause de l’invasion russe du 24 février 2022 ». Dix-neuf journalistes sont par ailleurs toujours détenus dans les prisons russes.

Les mouvements contre la vie chère se poursuivent en Martinique, où les prix des produits alimentaires sont 40 % supérieurs à ceux pratiqués dans l’Hexagone. Une campagne « île morte » a touché de nombreuses communes. Des opérations escargots ont ralenti un peu partout le trafic et plusieurs barrages ont été érigés sur le réseau routier. Dans la commune du Carbet, quatre gendarmes ont été légèrement blessés alors qu’ils effectuaient une opération de levée de barrage C’est là qu’un bâtiment municipal servant de poste avancé à la toute nouvelle brigade territoriale mobile basée dans la commune, la CRS 8, tristement célèbre pour sa violence, a été totalement incendié. Les autorités ont décrété un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin mais la lutte continue.