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Brèves

L’actualité en bref

Le 23 septembre, l’actrice américaine Meryl Streep avait affirmé devant l’ONU que les femmes afghanes étaient aujourd’hui moins libres qu’un oiseau ou qu’un écureuil. Elle avait notamment déclaré : « Un écureuil a plus de droits qu’une fille en Afghanistan aujourd’hui parce que les parcs publics ont été fermés aux femmes et aux filles par les talibans. […] Un oiseau peut chanter à Kaboul, mais pas une fille, et une femme ne peut pas chanter en public. » Le porte-parole adjoint du gouvernement taliban, Hamdullah Fitrat, a répliqué en qualifiant ces déclarations de « propagande » et déclarant « infondées » les accusations « sur des violations des droits humains et une discrimination de genre ». Bien sûr, les Afghanes n’ont pas le droit d’étudier, de sortir non accompagnées et non voilées, d’entrer dans les parcs, de chanter, de réciter de la poésie en public ou de conduire une voiture. Mais à part ça elles ne sont pas discriminées. La preuve en est qu’on leur accorde encore le droit de respirer.

Le 26 septembre 2014, dans la ville d’Iguala, des policiers tiraient sur des bus qui transportaient des étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa se rendant à une manifestation à Mexico. Six personnes, dont trois normaliens, étaient tuées, tandis que 43 étudiants étaient emmenés par la police. Plus personne ne les a revus. Les enquêtes lancées pour les retrouver mirent en évidence les liens entre la police, l’armée et les Guerreros Unidos, un gang de trafiquants local, mais aucune n’aboutit à son terme. Les familles rencontrèrent à plusieurs reprises le président Andrés Manuel López Obrador, mais ces entrevues se soldèrent par de frustrants échecs. Elles ont manifesté hier dans les rues de la capitale et continuent de se battre pour savoir ce qui est arrivé à leurs enfants. Mais elles se heurtent à un mur où juges, policiers, militaires et politiciens observent la loi du silence sur ce qui est considéré comme un crime d’État.

Les États-Unis, la France, l’Union européenne et plusieurs pays arabes ont appelé à un « cessez-le-feu immédiat de 21 jours » au Liban. Le bureau du Premier ministre israélien a aussitôt publié un communiqué qui affirme : « Il s’agit d’une proposition américano-française à laquelle le Premier ministre n’a même pas répondu », ajoutant que Netanyahou avait ordonné à l’armée de « poursuivre les combats avec toute la force nécessaire ». Cette fin de non-recevoir ne peut étonner dans la mesure où le gouvernement sioniste sait parfaitement, qu’au-delà des protestations et des admonestations « officielles », Washington, Paris et les autres capitales occidentales continuent de soutenir militairement et politiquement Israël, allié essentiel du camp impérialiste dans la région.

Selon le média en ligne Politico des soldats mozambicains étaient chargés de protéger le site de production de gaz naturel de TotalEnergies, dans la péninsule d’Afungi, dans le nord du pays, contre des combattants affiliés à l’État islamique. Ils en ont profité pour martyriser pendant trois mois, durant l’été 2021, un groupe de villageois venus se réfugier près du site. Au total, l’équipe du journaliste Alexander Perry a identifié 97 personnes tuées et 26 personnes enlevées ou disparues ; 12 sont mortes dans les containers qui servaient de prison, 10 tuées par balle, 9 battues à mort et 40 personnes décédées dans d’« autres circonstances ». « Ces données sont partielles : il y a 80 à 150 victimes supplémentaires qui n’ont pas été identifiées », précise l’enquête. Quant à Maxime Rabilloud, directeur général de Mozambique LNG, la filiale locale de TotalEnergies, il affirme tout ignorer de ces massacres. On n’a plus qu’à le croire sur parole.

Scènes de ménage est une série humoristique diffusée sur M6 suivie en moyenne par trois millions de téléspectateurs. L’un des couples de la série, Louise et Jalil, est joué par Claudia Mongumu et Ryad Baxx, l’une étant Noire et l’autre Arabe. Or la chaîne avait fait savoir qu’ils quittaient la série « pour travailler sur d’autres projets ». Mais Mediapart a mené une enquête poussée, montrant que leur mise à l’écart est directement liée à leurs origines, les producteurs expliquant aux deux acteurs que leur « couple ne raconte pas quelque chose de suffisamment universel » et que les téléspectateurs ne se sont pas « identifiés à eux ». Ils leur imputent même en partie la baisse d’audience de la série. Claudia Mongumu a expliqué à Mediapart : « Non seulement aucun d’entre nous n’est blanc, mais nos origines impliquent de jouer des scènes, lors de réunions de famille par exemple, avec plusieurs acteurs noirs et arabes. Et ça fait peut-être beaucoup pour une chaîne qui pense que, ne pas être blanc, c’est ne pas être universel. » M6 a démenti toute intention raciste mais n’est pas revenue sur sa décision.

Deuxième jour de grève majoritaire pour Forbus, le service de transport de Forbach. À l’appel de la CGT et de FO mercredi 25 septembre, les chauffeurs ont arrêté le travail, rejoints par les techniciens, le personnel de maintenance et la totalité de l’administration. Deuxième jour de lutte pour revendiquer la fin de la sous-traitance des transports scolaires et dénoncer les conditions de travail toujours plus dégradées, mais aussi et surtout un management toxique et un mépris permanent de la direction. Il aura suffi que le réseau soit à l’arrêt pendant 24 heures pour que la direction sorte de son mutisme… en exigeant une prompte reprise du travail, tout en se défendant de toutes les accusations des grévistes et en refusant toujours d’investir dans le réseau.

Solidaires et déterminés, pour leurs conditions de vie et de travail, les grévistes de Forbach ont de nouveau dressé le piquet ce jeudi ! Une lutte qui a de quoi inspirer l’ensemble du secteur dans la région, notamment à Metz où le développement de nouvelles lignes de bus se fait aux dépens de la sécurité des passagers et de la santé des conducteurs.

Face à la grève lancée le 13 septembre dans les deux principales usines du groupe Boeing, l’une située près de Seattle, à Renton, et l’autre à Everett, dans l’État de Washington, la direction a mis sur la table une proposition majorant de 25 % à 30 % son offre d’augmentation de salaire sur quatre ans. Une offre rejetée comme insuffisante par les grévistes et leur syndicat des machinistes (IAM) qui font valoir qu’au cours de la dernière décennie les salaires ont augmenté en moyenne de 8 %, soit un niveau nettement inférieur à celui de l’inflation. En outre, ils réclament des garanties sur l’emploi, car au cours des années la « chasse aux coûts », lancée par la direction, n’a pas seulement eu des conséquences sur l’emploi mais aussi sur la qualité et la sécurité de la production certains avions 737 Max et 777 ayant collectionné les incidents sérieux. La grève continue.

À l’automne 2022, le gouvernement, sous la houlette de Macron, prenait l’engagement qu’il n’y aurait plus d’enfant à la rue l’année suivante. Deux ans après cette promesse, ils n’ont jamais été si nombreux à dormir sur les trottoirs. Le baromètre 2024 de l’Unicef et de la Fédération des acteurs de la solidarité recense une augmentation de 12 % des enfants sans toit en quatre ans et la barre symbolique des 2 000 enfants a été franchie. Sur ce point, la députée écologiste du Rhône, Marie-Charlotte Garin, rappelle un autre engagement du gouvernement. En janvier dernier, 120 millions avaient été promis pour les hébergements d’urgence. Neuf mois plus tard, on n’en a toujours pas vu la couleur. Une promesse non tenue, une de plus.

Un suspect a été interpellé en Suisse après le meurtre de Philippine, une femme de 19 ans dont le cadavre a été découvert au bois de Boulogne, tout à côté de l’université de Paris-Dauphine où elle était étudiante. L’homme arrêté, âgé de 22 ans, est un Marocain en situation irrégulière. Condamné en 2021 pour viol, il avait été libéré en juin 2024 après avoir purgé sa peine. Ce féminicide a servi encore une fois de prétexte à l’extrême droite qui se déchaîne contre les migrants. Par exemple, Marion Maréchal, euro-députée du RN et ex-membre du parti d’Éric Zemmour, a craché son venin : « ENCORE un migrant, ENCORE un clandestin, ENCORE une OQTF non exécutée, ENCORE un criminel récidiviste, ENCORE un violeur laissé en liberté. Si l’information est confirmée, Philippine est ENCORE une petite Française que nos dirigeants ont livrée à un prédateur importé. » Nombre de politiciens de droite lui ont emboîté le pas, dont notamment le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui promet « de faire évoluer l’arsenal juridique » pour « protéger les Français ». Mais qui nous protègera du racisme primaire et écœurant du RN, de la droite et du ministre de l’Intérieur ?