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Brèves

L’actualité en bref

Départ en fanfare en ce début de semaine pour la Bourse de Paris où l’indice vedette, le CAC 40, a gagné près de 2 %. Parmi les valeurs locomotives de cette hausse, tous les grands groupes de luxe. Le géant LVMH de Bernard Arnault a bondi de 4,54 %, Hermès a grimpé de 4,06 % et Kering s’est envolé de 5,54 %. Sans oublier Christian Dior qui s’est octroyé une hausse de 4,09 %. Bref, les riches ne semblent pas avoir trop de problèmes pour s’acheter à profusion bijoux, montres de luxe, parfums, vêtements et accessoires de marque. Ce n’est pas la crise pour tout le monde !

La cour d’appel de Paris a confirmé les condamnations à l’encontre de l’Urbaine de travaux, société appartenant au géant du BTP Fayat, reconnue responsable du décès de Jérémy Wasson, un stagiaire de 21 ans, qui travaillait sur un chantier du projet Éole d’extension du RER parisien à Pantin (Seine-Saint-Denis). Étudiant en première année de l’École spéciale des travaux publics du bâtiment et de l’industrie, le jeune homme était en stage d’observation lorsqu’il a fait une chute de cinq mètres entraînant son décès alors qu’il avait été laissé seul. Il a fallu plus de quatre ans de combat juridique à sa famille pour voir l’Urbaine de travaux condamnée à payer une amende de 240 000 euros. Elle a été reconnue coupable d’« homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail, d’emploi de travailleur temporaire sans organisation et la dispense d’une information et d’une formation pratiques et appropriées en matière de santé et de sécurité, et d’emploi de travailleur sur un chantier de bâtiment et de travaux publics sans mesure de protection contre les chutes de personnes ». Une violation d’un nombre impressionnant d’obligations du Code du travail dont les entreprises du bâtiment sont familières. En moyenne, chaque jour, deux personnes décèdent sur leur lieu de travail.

L’Agence nationale de sécurité du médicament a annoncé avoir « prononcé des sanctions financières à l’encontre de 11 laboratoires pharmaceutiques, pour un montant total de près de 8 millions d’euros ». Ces sanctions s’inscrivent dans un contexte où la loi a été durcie en 2021 envers les groupes pharmaceutiques afin de renforcer leurs obligations en matière de stocks de médicaments. La législation prévoit que les médicaments dits d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) disposent d’un stock de sécurité de quatre mois minimum s’ils ont fait l’objet de ruptures ou risques de rupture réguliers au cours des deux années précédentes. Ce stock est de deux mois pour les autres MITM. Ces médicaments sont ceux pour lesquels une interruption de traitement peut mettre en danger la vie du patient à court ou moyen terme. Quelque 748 médicaments sont concernés. Or l’an dernier plus de 5 000 ruptures de stocks de médicaments ont été constatées, soit 30 % de plus qu’en 2022. Car les laboratoires pharmaceutiques ne produisent qu’en fonction des bénéfices. Et quel que soit le montant des amendes cela ne changera pas. La seule solution : arracher la santé des mains des capitalistes.

Le 21 septembre le député Insoumis du Vaucluse, Raphaël Arnault, réagissant à la mort de deux militants kanak abattus par la police, évoquait sur son compte X « un assassinat de Kanaks par les forces policières envoyées spécialement à 17 000 km » de l’Hexagone. Ce qui n’était que la stricte vérité. Aussitôt le ministre de l’Intérieur avait réagi sur CNews en annonçant qu’il porterait plainte systématiquement contre « toutes celles et ceux qui mettent une cible dans le dos de nos policiers et de nos gendarmes ». Il est donc passé à l’acte contre le parlementaire LFI qui est loin d’être le seul à avoir dénoncé les violences policières conduisant à la mort de personnes que ce soit en Kanaky, en Martinique, en Seine-Saint-Denis, dans les quartiers nord de Marseille ou ailleurs. S’il veut poursuivre tout le monde, Retailleau a du pain sur la planche.

Cela n’a pas tardé. Le très réactionnaire nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, vient d’indiquer qu’il allait s’attaquer à l’aide médicale d’État (AME), qui garantit aux étrangers en situation irrégulière en France la prise en charge gratuite de certains soins médicaux. Elle serait transformée en une vague « aide médicale d’urgence » qui ne serait plus accessible à nombre de migrants. Sur les réseaux sociaux, des médecins ont dénoncé le « naufrage moral » et la « bombe sanitaire à retardement » que constituerait la suppression de l’AME. Le médecin urgentiste et ancien ministre de la Santé dans le gouvernement d’Élisabeth Borne, François Braun, a déclaré qu’une telle mesure serait « complètement stupide pour la santé publique mais aussi pour les finances de l’Assurance maladie » en faisant valoir que « refuser de soigner des gens qui ont des pathologies chroniques, c’est in fine arriver à des maladies qui se compliquent, (ce qui) coûtera beaucoup plus cher ». Mais de cela, Retailleau et Barnier s’en moquent puisque pour eux tout est bon pour montrer du doigt les migrants comme étant en partie responsables du déficit des finances publiques. Suite aux déclarations du ministre de l’Intérieur, 3 500 médecins ont signé une tribune affirmant qu’ils refuseraient d’appliquer cette mesure si elle était votée à l’Assemblée nationale en décembre prochain. Un bon début…

L’artillerie et l’aviation israéliennes bombardent systématiquement depuis plusieurs jours le sud du Liban, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés. La population civile fuit en masse la zone dévastée. Désormais Netanyahou, ses ministres et son état-major ne cachent plus leur intention d’ouvrir un second front au nord du pays, en traitant les civils libanais comme ils traitent ceux de Gaza. Les grandes puissances, les États-Unis en tête, suivis de la France, appellent hypocritement « au calme » et à la « retenue » tout en continuant à livrer à flux tendu des armes à l’État sioniste, le garant le plus sûr du maintien de l’ordre impérialiste au Moyen-Orient.

Selon une estimation de la Fédération européenne des associations travaillant avec des personnes sans-abri, au moins 400 000 mineurs sont sans domicile fixe dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, et des millions d’autres sont mal-logés. En Allemagne, la dernière enquête statistique en date révèle que plus de 28 % des personnes vivant dans des structures d’accueil et d’accompagnement sont mineures. En France, les derniers chiffres disponibles font état de plus de 1 500 enfants à la rue. À ces enfants sans domicile s’ajoutent ceux et celles vivant dans des conditions de logement inadéquates. En dix ans, la part des ménages pauvres avec enfants occupant ces logements a augmenté de 65 % en France, et de plus de moitié en Espagne (+ 55 %) et à Malte (+ 57 %). En outre, plus de cinq millions de ménages étaient en situation de précarité énergétique, soit 11 % des familles européennes. Et ce dans une des régions considérées comme une des plus prospères de la planète. Sauf que cette prétendue prospérité profite toujours en priorité à la part la plus aisée de la population.

Un adolescent de 17 ans a été frappé par un groupe de jeunes à Mazamet après avoir déclaré qu’il « aim(ait) les garçons ». Alors qu’il était près de la gare avec une amie, il a été interpellé par une jeune fille qui les a interrogés sur leur « couple » présumé. L’adolescent a alors répondu qu’il était homosexuel. La jeune fille a ensuite appelé une dizaine de personnes, âgées de 13 à 20 ans, qui ont violemment frappé le couple jusqu’à ce que l’intervention d’un passant provoque la fuite des agresseurs. Si la classe politique a généralement condamné cette agression homophobe, deux exceptions de taille : le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, et la secrétaire d’État à la Consommation, Laurence Garnier, bien connus pour leurs multiples prises de position anti-LGBT.

Des représentants des peuples autochtones de Guyane et du Suriname sont venus cette semaine dans la capitale pour réclamer le retour des dépouilles de six personnes mortes en France au 19e siècle. Celles-ci reposent dans des cartons conservés dans les collections du musée de l’Homme. Leurs descendants veulent récupérer leurs restes afin de les inhumer selon les rites des populations du Maroni. Ces hommes et ces femmes faisaient partie d’un groupe de 33 Amérindiens kali’nas et arawaks qui ont embarqué au début de l’année 1892 pour l’Europe pour être exhibés ensuite dans des zoos humains, dont l’un situé au Jardin d’acclimatation, à Neuilly-sur-Seine, en banlieue parisienne. Une façon de montrer pour le colonialisme triomphant que ces peuples étaient inférieurs et assimilables à des animaux. Ces exhibitions se poursuivront jusque dans les années 1950. On estime que 35 000 personnes, venues d’Afrique, d’Asie, d’Amérique ou d’Océanie, ont ainsi été montrées aux 19e et 20e siècles en Europe ou aux États-Unis. Une face des plus dégradantes du colonialisme.