Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

À l’appel de l’intersyndicale (SNPES, CGT, CFDT, Unsa), les salariés de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) sont appelés à la grève aujourd’hui. Les agents de la PJJ, qui sont au nombre de 9 000 environ, dépendent du ministère de la Justice et sont en charge du suivi de 130 000 mineurs délinquants. Plus de la moitié d’entre eux sont des éducateurs qui travaillent dans différentes structures : établissements de placement éducatif, centres éducatifs fermés, établissements pénitentiaires pour mineurs, etc. Ils sont épaulés par des psychologues et des infirmiers. Ils se mobilisent contre la décision de leur direction de mettre en œuvre un plan d’économie qui va se traduire par la suppression de 239 postes, un chiffre non négligeable dans un secteur déjà fortement fragilisé par une pénurie financière et professionnelle chronique et alors que chaque éducateur a déjà la charge de 25 jeunes, ce qui est mission quasi impossible. Ils avaient déjà fait grève les 14 et 29 août derniers.

Selon un article du média d’investigation ProPublica, Amber Thurman, 28 ans, qui avait pris la pilule abortive, est morte en 2022 des suites d’une « septicémie aigüe » dans un hôpital de Géorgie, car les médecins ont refusé de lui procurer les soins dont elle avait besoin en raison des restrictions liées à l’avortement dans cet État. En effet une loi venait tout juste d’être adoptée, faisant de cette procédure – appelée dilatation et curetage et visant à vider l’utérus – un crime, sauf en cas de rares exceptions. La jeune femme avait d’ailleurs dû se rendre dans un autre État, la Caroline du Nord, pour pouvoir se procurer la pilule. « Ces interdictions dévastatrices ont retardé les soins de routine vitaux dont elle avait besoin », a dénoncé dans un communiqué Mini Timmaraju, de l’organisation Reproductive Freedom for All (Liberté de reproduction pour tous). Il s’agit du premier décès, officiellement reconnu « évitable », lié à un avortement aux États-Unis. Officiellement, car depuis la décision de la Cour suprême de ne plus faire de l’avortement un droit fédéral, des dizaines de femmes ont dû avorter dans la clandestinité et nul ne sait combien en sont mortes.

La première (et principale) vague de nominations des conseillers de Michel Barnier à Matignon ne comprend que 18 % de femmes et 82 % d’hommes. Selon la liste publiée au Journal officiel, l’entourage politique et technique du nouveau Premier ministre ne compte pour l’instant que trois femmes sur seize membres annoncés. Un ratio encore plus faible que sous Gabriel Attal qui s’était entouré de 78 % d’hommes. Il existe bien une loi, votée l’an dernier, sur l’accès des femmes aux responsabilités dans la fonction publique, qui impose aux ministres la nomination dans leur cabinet d’une équipe totalement paritaire. Mais elle ne sera applicable… qu’en 2026. Jusqu’à là les machos s’en donnent à cœur joie.

Première étape de la procédure de destitution du président de la République, 80 députés du Nouveau Front populaire (essentiellement des Insoumis) ont donné leur accord pour le dépôt d’une proposition de résolution allant dans ce sens. La proposition de résolution a été jugée recevable par le bureau de l’Assemblée nationale où la gauche est majoritaire. Mais il y a peu de chance que cela aille beaucoup plus loin. Car la gauche est très minoritaire à l’Assemblée nationale et encore plus au Sénat. Ce serait miraculeux que des chambres archi-réactionnaires donnent satisfaction aux Insoumis. Ces derniers le savent fort bien mais mettent en avant la stratégie « du bruit et de la fureur », chère à Mélenchon, qui permet de faire parler d’eux à bon compte. Mais ce n’est pas dans les enceintes feutrées des palais Bourbon et du Luxembourg que nous pourrons battre Macron et ses soutiens. Mais par nos luttes dans la rue et dans les entreprises.

Il y a quelques jours, le tribunal judiciaire de Paris déclarait le groupe pharmaceutique Sanofi « responsable d’un défaut d’information des risques malformatifs et neurodéveloppementaux » d’un antiépileptique, la Dépakine, prescrit aux femmes enceintes et responsable de malformations congénitales chez des milliers d’enfants. Le trust pharmaceutique s’en tirait plutôt bien en devant verser 285 000 euros à une femme et à ses deux enfants. Mais Sanofi n’en a pas fini avec la justice. Une autre information judiciaire a été ouverte à son encontre concernant cette fois les conditions de fabrication de ce médicament dans son usine de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. Le journal Libération a en effet révélé que la direction avait sciemment dissimulé pendant des années aux autorités les rejets toxiques hors norme dans l’atmosphère de son unité de production avant d’être démasquée en 2018 par Mediapart et l’association de protection de la nature Sepanso. Mais parions que Sanofi, qui il y a peu accueillait Macron dans sa nouvelle usine de Neuville-sur-Saône (Rhône-Alpes), s’en tirera encore une fois avec une tape sur les doigts.

Quatre associations – le Secours catholique, les Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural, Solidarités paysans et la Fédération française des diabétiques – ont tenté de calculer le « coût caché » pour la société de la malbouffe et de la nourriture industrielle. Et les constats sont alarmants. Huit millions de personnes sont en insécurité alimentaire, le nombre de diabétiques a augmenté de 160 % en vingt ans, 18 % des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté et 30 % des oiseaux ont disparu des champs en quinze ans. Le coût de « réparation » pour compenser tous ces impacts négatifs de l’actuel système agroalimentaire est chiffré par ce rapport à 19 milliards d’euros par an. Ce chiffre colossal est en majorité lié au système de santé. Par exemple, soigner le diabète coûte 11 milliards d’euros à la société. Et les choses ne risquent pas de changer. Chaque année l’agrobusiness reçoit 48,3 milliards d’euros d’argent public, sous forme de versements de la PAC européenne ou d’exonérations fiscales, pour continuer à nous empoisonner et à saccager la nature.

L’Assurance maladie veut faire des économies : les dépenses pour accident du travail auraient augmenté de plus de 50 % en dix ans. Pas étonnant vu les conditions de travail de plus en plus insupportables. Alors l’Assurance maladie veut déclarer la guerre à tous ceux qui « multiplient les arrêts maladie de courte durée » : s’arrêter deux fois en six mois deviendra suspect et motif de rappel à l’ordre. Guerre aussi aux médecins jugés trop laxistes qui conseillent le repos quand vous êtes malades et seront encore plus strictement contrôlés. Jamais aucun gouvernement ne va chercher dans les poches des grandes fortunes, au contraire, elles sont exonérées toujours plus de cotisations. Leur préférence va aux acrobaties pour tenter de nous culpabiliser.

Manifestement désœuvré, Macron se rend ce vendredi dans la réserve ornithologique des sept îles au large de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor). Quel énorme enjeu stratégique se cache-t-il derrière cette visite ? Selon nos correspondants locaux, au milieu des colonies de phoques gris, de macareux et de fous de Bassan, il rechercherait un ministre de l’Environnement. Une assemblée générale sur l’île Rouzic s’est tenue hier soir et un mot d ordre de défécation a été voté à une très large majorité. Les services de l’État sont sur les dents.

Sur le site de Stellantis à Vesoul, la direction supprime l’autorisation de fumer ou vapoter à l’extérieur des bâtiments, à l’exception de zones bleues. Ça ne les dérange pas de faire respirer aux ouvriers tous les produits, huiles et autres cochonneries nocives dans les ateliers. En plus, ils nous pourrissent la vie avec des idées débiles !