Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le mouvement de grève des infirmières, entamé depuis plus de six mois, a pris de l’ampleur durant l’été, malgré l’arrestation de plusieurs participantes. À coup de grèves et de manifestations, les infirmières iraniennes réclament de meilleures conditions de travail, une hausse de leur salaire et alertent sur le besoin urgent de réformer le système de santé. Après Karaj, à l’ouest de Téhéran, les mouvements de protestations se sont étendus dans une dizaine de villes iraniennes, dont Mashad ou encore Shiraz. À Ispahan, ces derniers jours, les secouristes se sont joints aux infirmières de l’université des sciences médicales pour scander des slogans exigeant une revalorisation de leur travail. À Behbahan, dans le sud du pays, le personnel soignant a manifesté devant le bureau du gouverneur. Les infirmières gagnent actuellement entre 200 et 250 dollars par mois (180 à 225 euros) et l’inflation galopante que connait le pays ne leur permet plus de joindre les deux bouts. Jusqu’à présent, la répression et les menaces ne les ont pas empêchées de continuer à manifester.

Un rapport du gouvernement, que Mediapart publie en exclusivité, révèle que la France a livré 30 millions d’euros d’armes à Israël en 2023. Le gouvernement refuse toujours de dire si certaines livraisons ont eu lieu après le début de la guerre à Gaza. Déjà en avril dernier, onze ONG avaient attaqué l’État devant le tribunal administratif en déposant trois référés. Elles réclamaient une suspension immédiate des licences d’exportations d’armement vers l’État hébreu, en raison du risque d’utilisation contre les civils à Gaza. Depuis lors c’est silence radio du côté gouvernemental qui n’a rien fait pour stopper ces livraisons et s’est donc rendu complice du massacre des Gazaouis.

Marzieh Hamidi est une athlète afghane de 22 ans, spécialiste du taekwondo, un art martial d’origine sud-coréenne. Réfugiée en France depuis trois ans, elle a lancé le hashtag #LetUsExist (Laissez-nous exister) en solidarité avec les femmes de son pays. Le 27 août, elle a posté sur les réseaux sociaux une vidéo où elle dénonce les nouvelles mesures répressives anti-femmes et sexistes des talibans. Depuis lors elle a reçu des appels téléphoniques insultants, des menaces de mort et même vu des photomontages d’elle avec des commentaires sexuels. Ella a déposé plainte pour « menaces de viol, cyber-harcèlement et appels téléphoniques malveillants ». Obligée de déménager et de se cacher, elle n’en a pas moins indiqué qu’elle poursuivait son combat.

En cette période de rentrée scolaire le dernier numéro du Canard enchaîné a pointé du doigt la ville d’Ivry-sur-Seine où se trouve un collège de 26 classes qui peut accueillir 600 élèves. Mais depuis sa construction en 2015, pour un coût de 20 millions d’euro, il reste vide. Et pour cause. Il a été construit sur l’emplacement qu’occupait auparavant une usine Phillips, fabricant de lampes, parti sans dépolluer le site. Conséquence : de fortes émanations de gaz de mercure rendaient l’air irrespirable. Après des travaux pharaoniques de dépollution, l’Institut national de l’environnement et des risques industriels et l’Agence nationale de santé d’Île-de-France ont donné leur feu vert pour l’ouverture de l’établissement. Mais la préfecture refuse d’obtempérer, sans explication. La rentrée est donc de nouveau reportée. Moralité de l’histoire : les pollueurs sont rarement les payeurs et le gaspillage de l’argent public continue.

Le coût de la rentrée universitaire a « atteint pour septembre 2024 la somme de 3 157,01 euros » par étudiant, selon le dernier baromètre de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), soit une augmentation de 85,69 euros par rapport à 2023 (+ 3,79 %). Dans ce rapport, la Fage déplore « le coût considérable » que représente cette rentrée pour les étudiants, « les mettant en grande difficulté financière ». Une fois le logement, premier poste de dépense, payé, il ne reste pas grand-chose pour se nourrir, « et tout simplement pour vivre », alerte Maëlle Nizan, la représentante de l’organisation étudiante. Ainsi, le loyer est d’environ de 520 euros par mois en province et 688 euros en Île-de-France. « Les étudiants sautent en moyenne plus de trois repas par semaine » et « près de 20 % ne mangent pas à leur faim » poursuit-elle. De son côté Hania Hamidi, la secrétaire générale de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), a dénoncé « le mépris de Macron vis-à-vis de la jeunesse, qui se traduit par une augmentation du coût de la vie de 27,76 % depuis son arrivée au pouvoir ». L’Unef revendique les repas à un euro « pour tou·te·s les étudiant·e·s » et une réforme du système de bourse, mais aussi la mise en place d’un « statut d’étudiant·e », visant à « permettre à tou·te·s les jeunes d’accéder à l’enseignement supérieur sans que leur situation sociale ne constitue un frein ».

Des militants du Democratic Socialist Movement (DSM), une organisation marxiste nigériane engagée dans la défense des droits des travailleurs et des étudiants, ont été arrêtés par la police et les services secrets. Détenus dans des conditions inhumaines, avec un accès restreint à la nourriture, ils risquent de lourdes peines, y compris la peine de mort, lors de leur procès prévu pour mercredi prochain. La région africaine de la Confédération syndicale internationale résume ainsi la situation : « Le Nigeria, qui est désormais la capitale de la pauvreté mondiale, après l’Inde, se trouve à un carrefour critique. Les chiffres du Bureau national des statistiques (NBS) du pays montrent que 133 millions de personnes vivent dans une pauvreté multidimensionnelle. Les crises de l’inflation des denrées alimentaires et des carburants (34,19 %, son plus haut niveau depuis 28 ans) et le chômage endémique ont plongé des millions de personnes dans des conditions de vie extrêmement difficiles et dans la misère. » Le DSM, parmi les principales organisatrices des mouvements de protestation, fait face à une répression accrue pour son opposition aux politiques capitalistes du gouvernement. De nombreuses manifestations ainsi qu’une campagne internationale de soutien ont été lancées pour demander la libération des militants emprisonnés.

Ne sachant plus quoi faire pour diviser les travailleurs des PIC (centres de tri), la direction nationale de La Poste a mis en place une prime dite Logissimo que ne touchent que les collègues qui font plus de 60 % de travail de logistique. Dans un même service, comme celui du cedex 9 ou du concentrateur, certains collègues l’ont touché et d’autres non. Nous n’avons toujours pas compris comment est fait ce savant calcul. Quant aux services de production qui passent leur temps à porter des colis, à faire des liasses d’imprimés publicitaires ou à empaqueter des pièces de voiture, ils ne la toucheront tout simplement pas. Avec ce genre de provocation, La Poste espère diviser pour mieux régner. De l’argent nous en avons pourtant tous besoin, il va falloir déjouer ces petites bassesses et rester unis pour imposer que nos salaires augmentent, et pour tous.

… d’après le bulletin La Poste PIC de Lille

Douze Falcon et six Rafale ont été livrés au premier semestre 2024 et la direction a pour objectif d’en produire respectivement 35 et 20 d’ici la fin de l’année. Dans une interview pour Boursorama lors de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef, Éric Trappier, PDG de Dassault, prévoit une accélération des cadences pour tenir les objectifs. Lui-même juge que « c’est sportif pour y arriver », pourtant une chose est sûre : ce n’est pas lui qui va transpirer ! Et nous, on devrait accepter de bosser encore deux fois plus vite ?

… d’après le bulletin Dassault Mérignac et Martignas (33)

Au premier semestre, le bénéfice net de Dassault était de 476 millions d’euros, une hausse de 31,5 % par rapport aux 362 millions au premier semestre 2023. Et nous qui produisons cette fortune, nous sommes récompensés par des augmentations… des cadences. Quant à nos salaires, ils sont loin d’avoir suivi les mêmes augmentations, pas même celle de l’inflation. La trésorerie n’est pas le problème, la rapacité des capitalistes qui nous dirigent par contre…

… d’après le bulletin Dassault Mérignac et Martignas (33)