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Brèves

L’actualité en bref

Le président Kaïs Saïed vient de procéder à un vaste purge ministérielle sans donner d’explications. Dix-neuf ministres ont été limogés dont ceux des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que trois secrétaires d’État. Déjà, le mois dernier, il s’était débarrassé de son Premier ministre. Élu en 2019, il s’est approprié tous les pouvoirs lors d’un coup de force le 25 juillet 2021. En vue des élections présidentielles du 25 octobre prochain, auxquelles il se représente pour un second mandat, il fait le vide autour de lui. Il a fait poursuivre en justice, condamner et emprisonner au moins huit candidats potentiels qui risquaient de lui faire de l’ombre en les empêchant, de facto, de se présenter. Si avec toutes ces mesures répressives il n’est pas réélu haut la main, c’est que vraiment il n’a pas la baraka.

Pour la première fois depuis août 2021 et le retour des talibans au pouvoir, le gouvernement allemand a annoncé l’expulsion de ressortissants afghans condamnés par la justice. Un avion charter de Qatar Airways à destination de Kaboul est parti de l’aéroport de Leipzig avec 28 Afghans à son bord. Cette mesure intervient alors que le gouvernement vient d’annoncer des mesures plus strictes contre « l’immigration illégale » et les « demandeurs d’asile criminels ». « Notre sécurité compte, notre État de droit agit », a déclaré la ministre de l’Intérieur, Nancy Faeser dans un bref communiqué publié après le décollage de l’avion. Mais cette expulsion n’a pas grand-chose à faire avec la sécurité des citoyens de la République fédérale et tout à voir avec les prochaines élections régionales qui risquent de voir l’extrême droite marquer des points en surfant à fond sur les sentiments anti-migrants. Les partis de la coalition gouvernementale (sociaux-démocrates, libéraux-démocrates et Verts) ne veulent pas se laisser distancer sur ce terrain ni par la droite, ni par l’extrême droite. D’où la multiplication des déclarations et des mesures anti-migrants.

Selon une étude que vient de rendre publique la CGT-chômeurs, plus de la moitié des offres d’emploi publiées par France Travail (ex-Pôle emploi) sont bidon. Elle pointe la responsabilité des sites d’annonce de sociétés privées que l’opérateur public reprend sur son site. Il est indiqué dans le Code du travail que toutes les offres doivent être le strict reflet du contrat de travail qui sera signé et ne pas comporter de mention susceptible d’induire en erreur. Ce n’est pas le cas de la majorité des annonces publiées. Par exemple, indiquer qu’une offre de CDD peut déboucher sur un CDI est illégal parce que cela ne correspond pas à la réalité du contrat signé. Sinon, il s’agirait d’une période d’essai d’un CDI. Il y a aussi des offres qui n’existent pas. Elles sont sur le site de France Travail, mais en cliquant sur le lien pour aller sur le site du partenaire, il est indiqué que l’offre a déjà été pourvue, mais elle n’a pas été retirée du site. Ont été étudiées par la CGT-chômeurs toutes les offres d’emplois extraites du site de France Travail dans des secteurs de l’industrie, de la santé et des services à la personne, dans onze villes cibles. Sur les 1844 offres trouvées, 55 % ne sont pas dans les clous si on se fie au Code du travail. 80 % des offres d’emploi publiées sur le site proviennent de partenaires extérieurs et ne sont peu ou pas vérifiées. De son côté, France Travail n’admet que 7 % d’offres illégales, ce qui est déjà conséquent.

Après un mois et demi d’une vive polémique, la métropole de Lyon s’est vue contrainte de faire machine arrière. Le président de la métropole, Bruno Bernard, a annoncé la levée de l’arrêt de la prise en charge de l’hébergement d’urgence des femmes isolées avec enfants de moins de trois ans, un dispositif dont la collectivité est pourtant responsable, comme les départements. Mais pour des raisons budgétaires et pour mettre l’État et les départements voisins face à leurs propres responsabilités, la métropole, dirigée par des écologistes, avait suspendu mi-juillet les nouvelles prises en charge, tout en maintenant celles déjà engagées. D’où la présence, cet été, de plusieurs nourrissons et de leurs mères dans les rues de la ville. Une situation vivement critiquée par des associations d’entraide et des acteurs sociaux, tout comme la décision de préfecture du Rhône qui avait changé ses critères de prise en charge des familles sans abri. Ces dernières sont traitées comme quantité négligeable tant par les autorités lyonnaises que par celles de l’État. Malheur aux pauvres !

La municipalité de droite de la ville a décidé de consacrer près de 200 000 euros pour fournir des uniformes à 200 élèves d’une école de la ville. Cette mesure entre dans le cadre d’une généralisation de l’uniforme à dix millions d’élèves de l’enseignement public (de la maternelle au lycée) en 2026 décidée par Macron pour satisfaire une vieille lubie de la droite, pour un coût évalué à… deux milliards d’euros. Thibault Bergeron, conseiller régional du PS et lui-même directeur d’école, a déclaré à ce propos : « L’uniforme à Limoges, c’est 1 000 euros par élève ! Alors que les écoles de Limoges sont pauvres, le maire décide de mobiliser 200 000 euros d’argent public pour habiller une unique école de 200 élèves. » Honteux…

Le gouvernement taliban a annoncé la semaine dernière la promulgation d’une loi pour « promouvoir la vertu et prévenir le vice », en conformité avec la charia, la loi islamique. Cette loi de 114 pages comporte 35 articles avec une série d’obligations, notamment vestimentaires, et de nouvelles interdictions pour les femmes, dont celles de chanter et de réciter de la poésie en public. En réponse, des femmes, à l’intérieur de leur pays et à l’étranger, ont posté sur les réseaux sociaux des vidéos d’elles-mêmes en train de chanter, avec des mentions comme « ma voix n’est pas interdite » et « non aux talibans ». Dans l’une de ces vidéos, qui aurait été filmée dans le pays même, une femme chante vêtue de noir des pieds à la tête, un long voile couvrant son visage. « Vous m’avez réduite au silence pour les années à venir », lance-t-elle, « vous m’avez emprisonnée chez moi pour le seul crime d’être une femme ». Des groupes de militantes ont posté des vidéos dans lesquelles on les voit le poing levé ou déchirant des photos du chef suprême des talibans, l’émir Haibatullah Akhundzada. Et un autre groupe scande : « La voix d’une femme, c’est la voix de la justice. » Face à ce véritable apartheid sexiste, des femmes refusent de se soumettre.

En juillet dernier, EDF annonçait comme imminente la mise en service de son super-réacteur pressurisé européen (EPR) et son raccordement, sous peu, au réseau électrique national. Depuis, rien. Et pour cause. De nouveaux pépins sont survenus, notamment au niveau du système de refroidissement du cœur du réacteur, retardant encore une fois son démarrage. Le démarrage initial était prévu… il y a douze ans. Depuis, les incidents se sont succédé en cascades, faisant monter l’addition de 3,3 à 19,1 milliards d’euros. Tout à ça pour montrer l’excellence du pays en matière de maîtrise du nucléaire civil. C’est plutôt loupé. Mais il serait peut-être temps d’arrêter les frais ?

En rendant hommage à son époux gendarme, tué le 26 août à Mougins (Alpes-Maritimes) à la suite d’un refus d’obtempérer, Harmonie Comyn a eu des mots très durs à l’égard de la politique pénale et judiciaire menée ces dernières années. Elle a déclaré au micro : « La France a tué mon mari par son insuffisance, son laxisme et son excès de tolérance. » De plus, par deux fois, elle a fait allusion à l’abolition de la peine de mort sous Mitterrand en 1981, appelant à mots couverts son rétablissement. Plusieurs figures proches de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour se sont engouffrées dans la brèche. De son côté, Éric Ciotti, ex-LR aujourd’hui rallié au RN, était présent à la cérémonie. Il s’est empressé d’aller saluer la veuve du gendarme, reconnaissant qu’elle avait eu « des mots puissants et émouvants » capables, espère-t-il, d’inciter les responsables politiques à « rompre avec l’immobilisme, l’impuissance et le en même temps ». Le suspect étant un Africain originaire du Cap-Vert, condamné à de multiples reprises pour des délits routiers, le président du RN, Jordan Bardella, en a profité pour demander d’arrêter « de tolérer ceux qui pourrissent la vie des Français » avant de conclure : « Expulsons les délinquants et criminels étrangers, rétablissons une justice qui punit sévèrement. » N’importe quel fait divers est utilisé par ces charognards pour diffuser leur discours de haine, de racisme et de xénophobie.

Trois syndicats enseignants – la FSU-SNUipp, la CGT éducation et Sud éducation – appellent à une journée de grève dans les écoles maternelles et élémentaires mardi 10 septembre. Outre le manque de moyens et d’enseignants devenu chronique, ils entendent protester contre la généralisation des évaluations dans toutes les classes de l’école élémentaire. Ces évaluations, qui n’étaient réalisées jusqu’à présent qu’en CP et CE1, sont apparues en CM1 l’année dernière et devraient aussi concerner le CM2 cette année. Guislaine David, de la FSU-SNUipp, explique : « Ces tests sont source de stress pour les enseignants, les élèves et leurs parents. Ils uniformisent les pratiques, limitent la liberté pédagogique des enseignants et ne résolvent en rien les difficultés des élèves. » La grève aura lieu pendant la réalisation des évaluations nationales ce qui devrait gêner leur déroulement.