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Brèves

L’actualité en bref

Selon les chiffres dévoilés par Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité, au moins 2 043 enfants sont contraints de dormir à la rue. Ce décompte a été réalisé sur la base du nombre d’enfants qui sont restés, dans la nuit du 19 au 20 août, sans solution d’hébergement à la suite de la demande de leur famille au 115, le numéro de téléphone d’urgence pour les personnes sans abri. Ce chiffre représente une hausse de 3 % par rapport à août 2023, de 27 % par rapport à 2022 et de 120 % par rapport à 2020. Et encore est-il largement sous-estimé puisque les enfants dont les parents ont renoncé à appeler le 115 ne sont pas comptabilisés, pas plus que les enfants vivant dans des bidonvilles ou en squats ou encore les mineurs non accompagnés. Une situation « inadmissible », a dénoncé la représentante de l’Unicef, Adeline Hazan, qui a ajouté : « On ne peut pas accepter qu’une société traite les enfants de cette manière » en fustigeant une « violation flagrante des principes de la Convention internationale des droits de l’enfant » ratifiée par Paris… qui s’assoit dessus sans état d’âme. Car on ne peut pas cajoler « en même temps » les sociétés du CAC 40 et les enfants des rues.

La gauche se mobilise depuis que Macron a annoncé son refus de nommer Lucie Castets à Matignon, une décision qu’elle considère comme « un déni de démocratie ». La France insoumise, et plusieurs organisations syndicales étudiantes, ont d’ores et déjà convié à « une grande manifestation contre le coup de force » d’Emmanuel Macron le 7 septembre prochain. De son côté Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a appelé les Français et les élus « à se mobiliser partout là où ils sont, dans les centres-villes, devant les préfectures ». Et d’ajouter : « Avec Lucie Castets Première ministre, nous aurions construit un gouvernement avec d’autres, nous aurions construit des textes de loi avec d’autres, pour construire des majorités sur chaque texte de loi. Nous étions dans un esprit d’ouverture, de construction, de compromis. » Si les mots ont un sens, cela signifie que pour aller au gouvernement le Nouveau Front populaire est prêt à accepter l’appui du centre, voire de la droite. On a déjà connu ce genre de « cohabitation » que ce soit sous Mitterrand ou sous Chirac. Et à chaque fois, c’est la classe ouvrière et les classes populaires qui ont finalement trinqué. Alors, manifester contre Macron et son régime, oui, pour nos revendications, comme le retour de la retraite à 60 ans à taux plein et le Smic à 2000 euros… mais pas pour lui forcer la main pour qu’il appelle Castets à Matignon.

Alors que les Jeux paralympiques sont ouverts, certains des 4 200 salariés, embauchés en CDD par le Comité d’organisation (Cojop), dénoncent des semaines de 60 heures de travail… sans aucun paiement d’heures supplémentaires. Un étirement du temps de travail légal permis par des contrats signés en forfait-jour qui fixe le montant du salaire mais pas les horaires. Une jeune femme concernée a confié à France 3 Régions sous couvert d’anonymat : « J’ai personnellement travaillé plus de 64 heures sur une semaine. On ne pouvait pas prendre de pause. Certains collaborateurs terminaient en pleurs. » La CGT a dénoncé des contrats abusifs et des infractions au Code du travail. « Au lieu d’avoir le nombre de salariés nécessaires pour assumer toute cette activité, ils ont préféré faire signer de façon abusive des contrats au forfait jour. Ce qui permet de tirer ce temps de travail et de ne pas payer des heures supplémentaires », a expliqué Kamel Brahmi, secrétaire général de l’union départementale CGT 93. Et, cerise sur le gâteau, fort peu de CDD ont pu assister aux épreuves sportives. En guise de grande fête du sport, ça a surtout été leur fête.

Un homme a tenté d’incendier la synagogue de la ville samedi dernier. Heureusement cet attentat n’a pas fait de victime. Il semble que l’incendiaire, un Algérien de 33 ans, arrêté peu après avec deux de ses proches, voulait manifester ainsi sa solidarité avec les Palestiniens. Mais à l’évidence, aveuglé peut-être par l’antisémitisme, il s’est trompé de cible en amalgamant tout Juif à Netanyahou et aux méfaits de son armée. Un amalgame d’autant plus courant que les dirigeants israéliens font croire que leurs actions ne sont là que pour protéger la population juive, à l’intérieur comme à l’extérieur d’Israël. Un mythe renforcé par nombre de leaders du centre, de la droite et de l’extrême droite – et de la communauté juive elle-même – qui assimilent tout soutien à la cause palestinienne à de l’antisémitisme. Ce qui revient, dans les faits, à banaliser les sentiments anti-Juifs et à favoriser leur développement. Des préjugés racistes qu’il faut condamner et qui n’ont pas leur place dans le soutien à la cause palestinienne.

Haïm Korsia, le patron du judaïsme français, a accordé une interview à BFM TV dans laquelle il s’aligne complètement sur Netanyahou et le gouvernement israélien. Il se livre à une apologie des massacres à Gaza en affirmant que « tout le monde serait content qu’Israël finisse le boulot » et d’ajouter : « Je n’ai absolument pas à rougir de ce qu’Israël fait » puis, plus loin : « Je ne suis jamais mal à l’aise avec une politique qui consiste à défendre ses ressortissants. » La démarche de Korsia, grand rabbin de France et un des membres les plus en vue de la communauté juive, consiste en fait à laisser entendre que tous les Juifs (auxquels il ne demande pas leur avis) sont solidaires du génocide des Gazouis. Une attitude déplorable qui ne peut que contribuer au développement des sentiments et des actes antisémites qui se sont multipliés ces derniers mois.

En 2017 des centaines de milliers de Rohingyas, minorité musulmane dans un pays majoritairement bouddhiste, fuyaient les persécutions religieuses du régime en se réfugiant au Bangladesh voisin. Mais environ 600 000 d’entre eux sont restés dans l’État de Rakhine, à l’ouest du pays, où ils se sont retrouvés au cœur d’un conflit qui s’intensifie entre les forces armées birmanes, dirigées par la junte militaire au pouvoir, et l’Armée de l’Arakan (AA), un des nombreux groupes rebelles ethniques qui poursuit une guérilla contre le régime. L’armée birmane a recruté de force des Rohingyas pour combattre l’AA et, de son côté, cette dernière a répliqué avec les mêmes armes que la junte, à savoir des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements, des recrutements forcés, des bombardements aveugles de villages et des incendies criminels. Volker Türk, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a demandé la fin de ces exactions. Bien peu de chance qu’il soit entendu.

Comme chaque été, les services d’urgence font les frais d’un manque d’effectifs chronique, particulièrement criant en période de vacances et qui se traduit par des temps d’attente interminables sur des brancards, des fermetures perlées, des témoignages de patients désabusés, etc. Face à cette situation catastrophique le ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, a estimé qu’une « cinquantaine d’hôpitaux sont actuellement en tension » ce qui, selon lui, est « un peu mieux que l’été dernier » et mieux qu’en 2022. Un diagnostic rassurant qui fait donc hurler les professionnels. « Peut-être monsieur le ministre est-il encore sous l’effet euphorisant de l’ambiance des Jeux olympiques », ironise par exemple la coalition Action praticiens hôpital (APH, 14 syndicats de praticiens) dans un communiqué, lui décernant au passage la « médaille d’or de la mauvaise foi ». Et cela ne concerne « pas seulement les urgences », poursuit APH, évoquant des « lignes de Smur (service mobile d’urgence et de réanimation) fermées, avec des retards de prise en charge pour des urgences vitales » ou encore de nombreuses fermetures de lits dans les services. Une triste réalité dont chacun peut se rendre compte au quotidien… sauf le ministre.

À l’occasion des Jeux paralympiques, Macron va se gargariser, comme à son habitude, de son action en faveur des handicapés. Mais, hasard du calendrier, la date de clôture de ces Jeux, le 8 septembre, va coïncider avec celle qui marquera la fin de l’échéance légale pour la mise aux normes d’accessibilité des établissements recevant du public aux personnes handicapées. Or l’immense majorité des lieux concernés, qui sont au nombre de deux millions, ne respecte pas ces normes et les pouvoirs publics laissent faire. Bien mieux, c’est Macron qui a fait baisser dans la loi, de 100 % à 20 %, le taux de logements neufs accessibles aux handicapés. Ces derniers, qui sont dix millions dans le pays, apprécieront l’action du président de la République dans ce domaine.

La cour d’appel de Paris a jugé irrecevables les demandes de Tran To N’a, une Franco-Vietnamienne de 82 ans, visant à faire reconnaître la responsabilité de Bayer-Monsanto et de 13 autres groupes agrochimiques, fournisseurs de « l’agent orange », un défoliant ultra-toxique utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam. Les troupes US voulaient à l’époque détruire les forêts qui protégeaient les combattants vietnamiens de la guérilla. Résultat, selon l’association Vietnam Dioxine, ce défoliant a fait « plus de trois millions de victimes » entre les morts, les blessés, les malades chroniques, les enfants nés avec des malformations, etc. La cour d’appel a repris les arguments du jugement de première instance qui avait estimé que les entreprises mises en cause – dont Bayer-Monsanto, Dow Chemical et Hercules – avaient « agi sur ordre et pour le compte de l’État américain » et qu’elles pouvaient, de ce fait, se prévaloir de « l’immunité de juridiction dont les sociétés bénéficient ». De plus elles n’auraient fait que vendre un herbicide à l’armée américaine, pas une arme chimique. Et elles ne peuvent donc être tenues responsables de la mauvaise utilisation faite de leur produit. Business is business. Jugement parfaitement scandaleux et hypocrite qui tend à blanchir les trusts chimiques. Mme Tran To N’a va se pouvoir en cassation.