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Brèves

L’actualité en bref

Le Parti démocrate a annoncé que la vice-présidente américaine, Kamala Harris, avait recueilli, lors d’un vote en ligne, le soutien de plus de la moitié des délégués à la convention qui doit décider de son investiture comme candidate à l’élection présidentielle. Dans le même temps, son équipe de campagne a fait savoir qu’elle avait récolté 310 millions de dollars (287 millions d’euros) en juillet, plus du double des fonds recueillis par Donald Trump, un montant en grande partie engrangé depuis que la vice-présidente a remplacé Joe Biden pour l’élection de novembre. Cet accent mis sur le montant des sommes recueillies est un clin d’œil à l’électorat pour lui montrer que la candidate a le soutien non seulement d’un nombre grandissant d’électeurs et d’électrices, mais aussi des milieux d’affaires. Car, sans leur soutien, aucun candidat ne peut être élu. Rappelons qu’en 2020, lors de la dernière élection présidentielle, tant Trump que Biden avaient dépensé chacun 1,3 milliard d’euros pour leur campagne, une somme essentiellement destinée à payer des spots de propagande à la télévision. Un système bien rôdé destiné à laisser seuls en lice les deux grands partis de la bourgeoisie, les éventuels candidats « indépendants » étant condamnés, faute de moyens, à ne faire que de la figuration.

Depuis l’attaque au couteau qui a coûté la vie à trois fillettes à Southport, dans le nord-ouest de l’Angleterre et l’émeute qui a suivi, l’extrême droite s’active un peu partout dans le pays pour organiser des manifestations anti-immigrés qui prennent notamment pour cible les mosquées. Après Southport c’est à Sunderland, dans le nord-est du pays, que les racistes sont passés à l’attaque en brûlant notamment une voiture. Et ils se sont livré à des exactions semblables un peu partout dans le pays, notamment à Nottingham, Cardiff ou encore Rotherham où ils s’en sont pris à des hôtels hébergeant des migrants. L’extrême droite se sent pousser des ailes dans un pays où, pendant 14 ans, les différents gouvernements conservateurs ont attisé la haine anti-immigrée, une propagande plus que mollement combattue par les travaillistes. Aux dernières élections législatives, cette extrême droite a recueilli plus de quatre millions de voix et le week-end dernier elle a réussi à rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Londres sur des thèmes islamophobes. Sa croissance constitue un danger, non seulement pour la population immigrée ou issue de l’immigration, mais aussi pour l’ensemble de la classe ouvrière.

Laurent Wauquiez, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) est épinglé par un rapport de la chambre régionale des comptes pour des repas parisiens très coûteux. Des dîners fastueux en 2022, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros, lui valent déjà une enquête du parquet national financier. Le coût de ces repas a été révélé par le quotidien Le Dauphiné libéré, qui s’est procuré le rapport des auditeurs régionaux sur la communication externe de la région Aura, attendu à l’automne. Parmi ses griefs, la Chambre « s’étonne des frais de restauration de Laurent Wauquiez, notamment ses nombreux déjeuners à Paris avec des députés, des sénateurs et des journalistes », écrit Le Dauphiné libéré, évoquant des montants totaux de 77 180 euros pour l’année 2022 et 45 988 euros en 2023. Et un dîner en tête à tête avec l’écrivain Michel Houellebecq s’est élevé à la somme rondelette de 1 248 euros. Wauquiez avait déjà été épinglé par Mediapart pour un dîner avec « des décideurs » qui s’était tenu dans un château le 23 juin 2022 et avait été facturé à la région plus de 100 000 euros. Quand on aime la bonne chère, on ne compte pas… surtout quand on ne règle pas l’addition.

Sur les 10 500 athlètes participants aux Jeux olympiques et paralympiques, 5250 sont des femmes et 5250 des hommes. Ce sont les premiers Jeux olympiques paritaires en termes d’athlètes. Il a fallu plus d’un siècle pour en arriver là ! Mais cette parité ne se retrouve pas au niveau des instances dirigeantes du sport. Les femmes ne représentent actuellement que 40 % des membres du Comité international olympique (CIO) et seulement 33,3 % d’entre elles siègent à la commission exécutive de cet organisme. Enfin, sur 31 commissions olympiques, seules 13 sont présidées par des femmes. Et on retrouve le même déséquilibre au sein des directions des fédérations sportives. Pour la parité il y a encore du boulot…

Dimanche 4 août, les milices gouvernementales ont tué au minimum 99 manifestants. Ce fut une des journées les plus meurtrières depuis le début du mouvement étudiant. Pour autant, le mouvement, démarré au départ sur une injustice concernant les droits d’inscription à l’université, s’approfondit et Students Against Discrimination (principale organisation étudiante), qui appelle à une « marche vers Dacca » lundi 5 août, se donne désormais pour perspective de faire démissionner le gouvernement. Le mouvement est largement soutenu par la population au point que certains militaires, appelés à réprimer les manifestants, refusent d’appliquer les ordres et passent du côté des protestataires. Certains secteurs du monde du travail appellent à rejoindre le mouvement, comme les ouvriers du textile de Gazipur, district du centre du pays. Le gouvernement impose trois jours fériés nationaux pour tenter de briser l’extension du mouvement tandis que certains ministres et industriels ont déjà fui le pays ces derniers jours. À quand le tour de tous les autres ?

Le quotidien L’Humanité a publié un reportage intitulé « Santé : les urgences à deux vitesses durant les Jeux olympiques » qui montre que le système sanitaire continue de se détériorer un peu partout sauf… autour des Jeux olympiques. Là on a mis le paquet. 1 300 lits ont été ouverts en Île-de-France, dont 750 à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) notamment en médecine, chirurgie ou obstétrique pour soigner au mieux les 15 millions de visiteurs attendus. 16 lignes supplémentaires de la Structure mobile d’urgence et de réanimation (Smur) sont arrivées en renfort. Et les athlètes peuvent bénéficier d’une polyclinique provisoire, installée au cœur même du village olympique. Quant au personnel soignant, il a été en fait réquisitionné. Partout ailleurs dans le pays des services d’urgence sont en difficulté et souffrent de manque de lits et de sous-effectif accentués par l’afflux de touristes. Certains ferment la nuit et ne sont accessibles que par l’appel au 15. Au delà de la frime olympique, une situation qui reste catastrophique. 

Les organisateurs l’avaient promis : les Jeux Olympiques et Paralympiques seraient une mine en terme d’emplois et de retombées économiques. Et pas seulement pour le secteur du tourisme (hôtellerie-restauration et boutiques de luxe notamment) mais aussi pour la population défavorisée à laquelle ils étaient supposés proposer nombre d’emplois. La plupart précaire ou en CDD d’ailleurs. Mais la réalité n’a pas grand chose à voir ces promesses mirifiques. La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) affirmait que les chantiers olympiques avaient créé 30 000 emplois en tout et que 10 % des heures travaillées devaient être réservées à des publics éloignés de l’emploi (chômeurs de longue durée, jeunes sans emploi, bénéficiaires du RSA…). La Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre du pays, était supposée être privilégiée grâce à l’installation du village olympique et d’autres structures. À l’arrivée 1 997 résidents de ce département ont été concernés alors que le nombre de chômeurs de catégorie A s’y élève à 108 000. Une goutte d’eau d’emplois dans un océan de chômage.

La Russie et les Occidentaux viennent d’échanger 26 de leurs ressortissants lors d’un transfert de prisonniers qualifié d « historique » vu son ampleur. Cet accord a permis la libération de 16 personnes détenues en Russie et au Bélarus, en échange de 10 Russes incarcérés aux États-Unis, en Allemagne, en Pologne, en Slovénie et en Norvège. Si on peut se réjouir de la libération d’innocents embastillés par Poutine après que des jugements plus que sommaires, cet accord, comme l’indique Amnesty International laisse « un arrière-goût amer ». En effet, ce n’est un secret pour personne, Poutine a fait emprisonner des ressortissants occidentaux sous des prétextes divers et largement bidons dans le seul but de les échanger contre certains ressortissants russes, dont la plupart étaient des espions et dont au moins un, en Allemagne, avait été condamné pour meurtre. Si Amnesty International s’est dit « soulagée » par ces remises en liberté, cet accord pourrait selon elle encourager le gouvernement russe à « de nouvelles arrestations politiques et violations des droits de l’Homme, sans peur des conséquences ». Car les prisonniers sont « utilisés par Vladimir Poutine comme monnaie d’échange pour faire valoir ses intérêts », poursuit l’organisation. Ce qui est parfaitement exact. Mais le cynisme de Poutine est-il vraiment très différent de celui d’un Biden, complice des massacres de Gaza, ou d’un Macron qui se lave les mains du sort des Sahraouis et « oublie » de condamner les attentats ciblés ordonnés par Netanyahou ? 

La chaîne quatari Al Jazeera, qui émet en anglais et en arabe, a indiqué que son correspondant local Ismaïl al-Ghoul, et le cameraman Rami al-Refee avaient été « pris pour cible par les forces d’occupation israéliennes » lors de leur couverture de la situation dans le camp de réfugiés d’al-Chati dans la ville de Gaza. Tous les deux ont été tués. « Cette attaque contre nos journalistes s’inscrit dans le cadre d’une campagne de ciblage systématique visant les journalistes de la chaîne et leurs familles depuis octobre 2023 », a ajouté Al Jazeera. Depuis le début de la guerre Al Jazeera assure une couverture en continu sur le terrain des effets de l’offensive israélienne sur le territoire palestinien. C’est la seule chaîne encore présente sur place et Israël, qui interdit l’entrée de Gaza aux journalistes, veut la faire taire par tous les moyens. Plusieurs dizaines de journalistes ont rendu hommage à leurs deux confrères en se rassemblant dans la cour de l’hôpital Al-Alhi Arabi, dans le centre ville de Gaza. Depuis le début de l’offensive d’octobre 2013, 165 journalistes ont été tués par l’armée israélienne.